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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2508829

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2508829

vendredi 31 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2508829
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme B... tendant à suspendre la décision de France Travail lui réclamant un trop-perçu d'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) de 17 093,40 euros. Le juge a estimé que le litige, portant sur une prestation du régime d'assurance chômage, relève de la compétence exclusive de la juridiction judiciaire, conformément à l'article L. 5312-12 du code du travail et à la loi du 13 février 2008. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente, sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'urgence ou le doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2025, Mme B..., demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la décision du 16 juin 2025 par laquelle France Travail Grand Est a mis à sa charge la somme de 17 093,40 euros correspondant à un trop-perçu d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).

Elle soutient que :

Sur l’urgence :
la décision contestée la place dans une situation de grande précarité matérielle ;

Sur l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision :
elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
elle est entachée d’erreurs de fait et d’appréciation quant à sa présence sur le territoire français.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
le code de la sécurité sociale ;
la loi n°2008-126 du 13 février 2008 ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thomas Gros pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :
Aux termes des dispositions du 1er alinéa de l’article 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». Aux termes des dispositions de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
Aux termes de l’article L. 5312-12 du code du travail : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l’institution, pour le compte de l’organisme chargé de la gestion du régime d’assurance chômage ou de l’Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ». Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a entendu prévoir que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi, devenu France Travail au 1er janvier 2024, à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assédic), reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage. Par conséquent, le litige qui oppose un particulier à France Travail, relatif à l'ouverture du droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), s’agissant d’une prestation du régime d'assurance chômage, ne relève pas de la compétence du juge administratif, mais du seul juge judiciaire.
Il ressort des pièces du dossier que Mme B... saisit le tribunal d’une requête relative au bénéfice de l’ARE, servie par France Travail au titre du régime d’assurance chômage. Une telle demande relève, dès lors, manifestement de la compétence de la juridiction judiciaire. Il s’ensuit que par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative la requête de Mme B... doit être rejetée comme étant portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée comme étant portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B....


Fait à Strasbourg, le 31 octobre 2025.


Le juge des référés,




T. GROS





La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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