Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2608253
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2608253 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BAYOU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoire enregistrés le 15 septembre 2026 et le 24 septembre 2026, Mme D... B..., agissant en sa qualité de représentante légale de son fils C... E..., représentée par Me Bayou, demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le recteur de l’académie de Strasbourg a refusé d’exécuter la décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées du Bas‑Rhin du 23 juillet 2026 attribuant au jeune C... un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) au titre de l’aide mutualisée ;
2°) d’enjoindre le recteur de l’académie de Strasbourg d’exécuter cette décision en assurant l’accompagnement effectif du jeune C... par un accompagnant des élèves en situation de handicap au titre de l’aide mutualisée, qu’il s’agisse de l’accompagnante désignée ou, à défaut, de tout autre accompagnant, dans un délai d’une semaine à compter de la notification de l’ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire de différer la clôture de l’instruction au 2 octobre 2026 en application de l’article R. 522‑8 du code de justice administrative, et inviter le recteur de l’académie de Strasbourg à justifier, avant cette date, de la prise de fonctions effective d’un accompagnant auprès du jeune C... et de son emploi du temps ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 600 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l’urgence :
‑ en l'espèce, C... a quatre ans et l'instruction lui est obligatoire, depuis le premier jour de la rentrée, il ne bénéficie d'aucun accompagnement ; il ne parle pas, sa compréhension orale n'est acquise qu'en relation duelle avec un adulte, il ne tient aucun outil scripteur et, sans adulte à ses côtés, il interrompt son activité et se promène dans la classe, dans une classe de vingt‑huit élèves, l'enseignante a elle‑même écrit qu'elle éprouvait des « difficultés certaines » à lui accorder l'attention individuelle dont il a besoin ;
‑ aucun aménagement de substitution n'a été mis en place dans l'attente.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
‑ elle est entachée d’une erreur de droit dès lors qu’elle méconnaît l’égal accès à l’instruction est garanti par la Constitution, les articles L. 111‑1, L. 111‑3, L. 131‑1, L. 351‑3 et L. 351‑2 du code de l’éducation, l’article 3‑1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
‑ elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
‑ le recteur de l’académie de Strasbourg n’a pas contesté la décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées du Bas‑Rhin du 23 juillet 2026 ;
‑ sa décision n’est pas motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2026, le recteur de l’académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire qu’aucun des moyens soulevés n’est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Vu :
‑ les autres pièces du dossier ;
‑ la requête enregistrée le 15 septembre 2026 sous le numéro n° 2608252 tendant à l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
‑ le code de l’éducation ;
‑ le code de l'action sociale et des familles ;
‑ le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. Sibileau comme juge des référés sur le fondement de l’article L. 511‑2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue le 25 septembre 2026 :
‑ le rapport de M. Sibileau, juge des référés ;
‑ les observations de Me Clausmann, substituant Me Bayou, pour la requérante qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
‑ les observations de M. E..., père du jeune C... ;
‑ et les observations de Mme A... pour le recteur de l’académie de Strasbourg.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique du 25 septembre 2026 à 9 heures 54.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
2. Mme B..., qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions précitées lui demande essentiellement de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le recteur de l’académie de Strasbourg a refusé d’exécuter la décision du 23 juillet 2026 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées a accordé à son fils C... le bénéfice d’une mise à disposition d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) pour une aide mutualisée.
3. L’existence même d’une décision administrative de refus opposée à Mme B... n’est pas établie par le seul retard, pour regrettable qu’il soit, dans l’exécution par l’administration de la décision. De surcroît s’il résulte de l’instruction que la requérante a mis en demeure l’administration d’exécuter la décision du 23 juillet 2026, cette demande n’a, au jour de la présente ordonnance, fait l’objet d’aucune décision de refus, implicite ou explicite. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B..., Me Bayou et au recteur de l’académie de Strasbourg.
Fait à Strasbourg, le 1 octobre 2026.
Le juge des référés,
J‑B. SIBILEAU
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Par une requête et deux mémoire enregistrés le 15 septembre 2026 et le 24 septembre 2026, Mme D... B..., agissant en sa qualité de représentante légale de son fils C... E..., représentée par Me Bayou, demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le recteur de l’académie de Strasbourg a refusé d’exécuter la décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées du Bas‑Rhin du 23 juillet 2026 attribuant au jeune C... un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) au titre de l’aide mutualisée ;
2°) d’enjoindre le recteur de l’académie de Strasbourg d’exécuter cette décision en assurant l’accompagnement effectif du jeune C... par un accompagnant des élèves en situation de handicap au titre de l’aide mutualisée, qu’il s’agisse de l’accompagnante désignée ou, à défaut, de tout autre accompagnant, dans un délai d’une semaine à compter de la notification de l’ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire de différer la clôture de l’instruction au 2 octobre 2026 en application de l’article R. 522‑8 du code de justice administrative, et inviter le recteur de l’académie de Strasbourg à justifier, avant cette date, de la prise de fonctions effective d’un accompagnant auprès du jeune C... et de son emploi du temps ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 600 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l’urgence :
‑ en l'espèce, C... a quatre ans et l'instruction lui est obligatoire, depuis le premier jour de la rentrée, il ne bénéficie d'aucun accompagnement ; il ne parle pas, sa compréhension orale n'est acquise qu'en relation duelle avec un adulte, il ne tient aucun outil scripteur et, sans adulte à ses côtés, il interrompt son activité et se promène dans la classe, dans une classe de vingt‑huit élèves, l'enseignante a elle‑même écrit qu'elle éprouvait des « difficultés certaines » à lui accorder l'attention individuelle dont il a besoin ;
‑ aucun aménagement de substitution n'a été mis en place dans l'attente.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
‑ elle est entachée d’une erreur de droit dès lors qu’elle méconnaît l’égal accès à l’instruction est garanti par la Constitution, les articles L. 111‑1, L. 111‑3, L. 131‑1, L. 351‑3 et L. 351‑2 du code de l’éducation, l’article 3‑1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
‑ elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
‑ le recteur de l’académie de Strasbourg n’a pas contesté la décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées du Bas‑Rhin du 23 juillet 2026 ;
‑ sa décision n’est pas motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2026, le recteur de l’académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire qu’aucun des moyens soulevés n’est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Vu :
‑ les autres pièces du dossier ;
‑ la requête enregistrée le 15 septembre 2026 sous le numéro n° 2608252 tendant à l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
‑ le code de l’éducation ;
‑ le code de l'action sociale et des familles ;
‑ le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. Sibileau comme juge des référés sur le fondement de l’article L. 511‑2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue le 25 septembre 2026 :
‑ le rapport de M. Sibileau, juge des référés ;
‑ les observations de Me Clausmann, substituant Me Bayou, pour la requérante qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
‑ les observations de M. E..., père du jeune C... ;
‑ et les observations de Mme A... pour le recteur de l’académie de Strasbourg.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique du 25 septembre 2026 à 9 heures 54.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
2. Mme B..., qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions précitées lui demande essentiellement de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le recteur de l’académie de Strasbourg a refusé d’exécuter la décision du 23 juillet 2026 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées a accordé à son fils C... le bénéfice d’une mise à disposition d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) pour une aide mutualisée.
3. L’existence même d’une décision administrative de refus opposée à Mme B... n’est pas établie par le seul retard, pour regrettable qu’il soit, dans l’exécution par l’administration de la décision. De surcroît s’il résulte de l’instruction que la requérante a mis en demeure l’administration d’exécuter la décision du 23 juillet 2026, cette demande n’a, au jour de la présente ordonnance, fait l’objet d’aucune décision de refus, implicite ou explicite. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B..., Me Bayou et au recteur de l’académie de Strasbourg.
Fait à Strasbourg, le 1 octobre 2026.
Le juge des référés,
J‑B. SIBILEAU
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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