Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2608579

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2608579
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMANLA AHMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 septembre 2026, M. B... A..., représenté par Me Manla Ahmad, demande au juge des référés :

1°) de l’admettre provisoirement à l’aide juridictionnelle ;

2°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 10 septembre 2026 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « salarié » ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Moselle, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et dans l’attente de ce réexamen de lui délivrer, sans délai et au plus tard dans un délai de quarante-huit heures, un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour l’autorisant expressément à exercer une activité professionnelle ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi n° 91‑647 du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de son avocat à percevoir la contribution versée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l’urgence : elle est présumée, s’agissant de la décision refusant le renouvellement d’un titre de séjour.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux, complet et individualisé de sa situation ;
- elle est entachée d’une erreur de droit et le caractère contradictoire du motif tiré de l'absence d'autorisation de travail, au regard de l'absence de récépissé et des pièces effectivement produites ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de l’ancienneté et de la stabilité exceptionnelles de son insertion professionnelle ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le préfet de la Moselle a commis une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.


Vu :
‑ les autres pièces du dossier ;
‑ la requête enregistrée le 23 septembre 2026 sous le numéro n° 2608571 tendant à l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
‑ la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
‑ le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
‑ la loi n° 91‑647 du 10 juillet 1991 ;
‑ le décret n° 2020‑1717 du 28 décembre 2020 ;
‑ le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. C... pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle‑ci est mal fondée.

2. Aucun des moyens invoqués par M. A... à l’encontre de l’arrêté du 10 septembre 2026 n’est manifestement de nature, au vu de la demande, à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. A... selon la procédure prévue à l’article L. 522‑3 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d’injonction et ses conclusions tendant à l’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et à l’application des dispositions de l'article L. 761‑1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :


Article 1 : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à Me Manla Ahmad.


Fait à Strasbourg, le 1 octobre 2026.


Le juge des référés,




J‑B. C...


La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Le greffier,