Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2608604

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2608604
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPEREZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 septembre 2026, M. B... A..., représenté par Me Perez, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 5 février 2026 par laquelle le préfet du Bas‑Rhin a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet du Bas‑Rhin, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi n° 91‑647 du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de son avocat à percevoir la contribution versée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l’urgence :
‑ la décision attaquée fait obstacle depuis plusieurs mois à tout examen de sa situation administrative alors qu’il justifie d’une insertion professionnelle particulièrement ancienne et stable ;
‑ plus de sept mois se sont déroulés depuis la décision attaquée ;
‑ l’attente du jugement au fond prolongerait encore la précarité de sa situation administrative et professionnelle particulièrement grave au regard de la stabilité exceptionnelle de son emploi ;
‑ le dispositif prévu par l’article L. 435‑4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a un caractère temporaire dont il ne pourrait profiter alors qu’il lui est favorable ;


Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
‑ est illégal le refus d’enregistrer une demande complète de titre de séjour comportant des éléments nouveaux ;
‑ le préfet du Bas‑Rhin n’a pas procédé à un examen sérieux de sa situation ;
‑ elle méconnaît l’article L. 432‑1‑1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
‑ elle est discordante.


Vu :
‑ les autres pièces du dossier ;
‑ la requête enregistrée le 24 septembre 2026 sous le numéro n° 2608601 tendant à l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
‑ le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
‑ le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu’elle est dénuée d’urgence, ou qu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle‑ci est mal fondée.

2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui‑ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d’un acte administratif, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

3. Il résulte de l’instruction que la décision du 5 février 2026 a été notifié à M. A... et selon ses propres termes « plusieurs mois » avant l’introduction de la présente requête. Le requérant n’établit pas que des circonstances particulières justifieraient un tel délai. Les circonstances ainsi invoquées ne sont pas de nature à justifier de l’urgence qui s’attacherait à la suspension des effets de la décision du 5 février 2026. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. A... selon la procédure prévue à l’article L. 522‑3 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d’injonction et ses conclusions tendant à l’application des dispositions de l'article L. 761‑1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :


Article 1 : La requête de M. A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à Me Perez.


Fait à Strasbourg, le 1 octobre 2026.


Le juge des référés,




J‑B. C...


La République mande et ordonne au préfet du Bas‑Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Le greffier,