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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2006165

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2006165

mardi 11 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2006165
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantCABINET ARSENE TAXAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 31 août 2020, le 4 mars 2021, le 22 décembre 2021 et le 10 février 2022 sous le numéro 2006165, la société Becker Industrie SAS, représentée par Me Vergniolle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision de rejet de l'administration en date du 24 juin 2020 ;

2°) de prononcer le non-lieu à statuer à hauteur des sommes dégrevées soit 52 613 euros ;

3°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises mises à sa charge au titre des exercices 2014 à 2017 à hauteur de la somme de 72 334 euros ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les sprinklers et autres installations de lutte contre l'incendie sont spécifiquement adaptés au processus industriel mis en œuvre et doivent donc bénéficier de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts ;

- il en va de même de toutes les immobilisations répertoriées dans le tableau présenté dans sa requête ;

- il en va de même de l'immobilisation intitulée " Câble tableaux poste de garde " d'une valeur de 18 800 euros, qui est directement liée au système spécifique de protection contre l'incendie ;

- il en va de même de l'immobilisation intitulée " Chauffage et ventilation " d'une valeur de 41 000 euros, qui est nécessairement spécifique au regard de l'activité de la société qui génère des émanations toxiques et a le statut d'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) Seveso ;

- il en va de même de l'immobilisation intitulée " Laboratoire process " d'une valeur de 38 237 euros, qui correspond aux travaux de réhabilitation du laboratoire dans lequel s'effectue directement une partie de l'activité de tests et de contrôle des produits chimiques en amont et en aval de la production des peintures ;

- il en va de même de l'immobilisation intitulée " Détection incendie et gaz " inscrite pour des prix de revient de 2 571,5 euros et 6 000,18 euros, qui n'est adaptée que pour des établissements industriels ;

- il en va de même des immobilisations intitulées " Détection incendie " dont le reliquat n'a pas été exonéré par l'administration à hauteur de 10 300 euros, 28 500 euros et 5 000 euros, mais qui font partie intégrante des différents systèmes de sprinklage dont est équipé l'établissement de Montbrison ;

- il en va de même de l'immobilisation intitulée " Poste de transformation " d'une valeur de 200 920 euros, dès lors que cette alimentation basse tension est spécifiquement adaptée aux activités exercées dans un bâtiment industriel ;

- il en va de même de l'immobilisation intitulée " Installation chauffage hall 3 et 4 " d'un montant de 36 273,41 euros, pour laquelle le critère de la dissociabilité n'est pas pertinent ;

- il en va de même de l'immobilisation intitulée " Arrêt d'urgence " d'une valeur de 1 454 euros et 3 972 euros, qui permet spécifiquement d'arrêter une machine dont le fonctionnement devient dangereux ;

- il en va de même de l'immobilisation intitulée " Détection incendie ensemble " d'une valeur de 28 500 euros, qui est directement liée au système spécifique de protection contre l'incendie.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 décembre 2020, le 30 août 2021 et le 11 janvier 2022, l'administrateur général des finances publiques de la direction du contrôle fiscal Centre-Est conclut au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements prononcés, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- pour le site de Montbrison, les impositions en litige ont fait l'objet de dégrèvements à hauteur de 740 euros au titre de l'année 2014, 11 101 euros au titre de l'année 2015, 11 192 euros au titre de l'année 2016 et 18 322 euros au titre de l'année 2017 ;

- pour le site de Savigneux, les impositions en litige ont fait l'objet de dégrèvements à hauteur de 2 635 euros au titre de l'année 2014, 2 654 euros au titre de l'année 2015, 2 980 euros au titre de l'année 2016 et 2 989 euros au titre de l'année 2017 ;

- les installations dont l'imposition est maintenue n'apparaissent pas spécifiques à l'exercice d'une activité industrielle ;

- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 août 2021 et le 1er juillet 2022 sous le numéro 2106873, la société Becker Industrie SAS, représentée par Me Vergniolle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision de rejet de l'administration en date du 25 juin 2021 ;

2°) de prononcer le non-lieu à statuer à hauteur des sommes dégrevées soit 35 734 euros ;

3°) de prononcer la décharge des cotisations primitives de taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre de l'exercice 2019 à hauteur des sommes de 14 972 euros au titre de l'établissement de Savigneux et de 29 442 euros au titre de l'établissement de Montbrison ;

4°) de prononcer la décharge des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises mises à sa charge au titre de l'exercice 2019 à hauteur de la somme de 25 057 euros au titre de l'établissement de Savigneux ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les sprinklers et autres installations de lutte contre l'incendie sont spécifiquement adaptés au processus industriel mis en œuvre et doivent donc bénéficier de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts ;

- il en va de même de toutes les immobilisations répertoriées dans le tableau joint à la requête pour les motifs qui y sont indiqués.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques de la région Auvergne Rhône-Alpes conclut au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements prononcés, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- pour le site de Montbrison, les impositions en litige ont fait l'objet de dégrèvements à hauteur de 22 088 euros puis 882 euros au titre de la taxe foncière sur les propriétés bâties ;

- pour le site de Savigneux, les impositions en litige ont fait l'objet de dégrèvements à hauteur de 6 611 euros puis 978 euros au titre de la taxe foncière sur les propriétés bâties et 7 035 euros puis 1 143 euros au titre de la cotisation foncière des entreprises ;

- les installations dont l'imposition est maintenue n'apparaissent pas spécifiques à l'exercice d'une activité industrielle ;

- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tocut, rapporteure,

- les conclusions de Mme Lacroix, rapporteure publique,

- et les observations de Me Scholz, représentant la société Becker Industrie.

Une note en délibéré présentée pour la société Becker Industrie a été enregistrée le 28 septembre 2022 dans l'affaire n° 2106873.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2006165 et 2106873 concernent le même contribuable et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. A la suite d'une vérification de comptabilité, la société Becker Industrie, qui exerce une activité de fabrication de peintures industrielles, a fait l'objet de rappels de cotisation foncière des entreprises au titre des années 2014 à 2017 à raison de l'établissement industriel qu'elle exploite sur deux sites situés sur les communes de Montbrison et Savigneux (Loire). La société Becker Industrie sollicite la décharge partielle des impositions supplémentaires ainsi mises à sa charge. Elle sollicite également la décharge partielle des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et de cotisation foncière des entreprises mises à sa charge pour ses établissements situés à Montbrison et Savigneux, au titre de l'année 2019.

Sur l'étendue du litige :

3. En premier lieu, par une décision postérieure à l'introduction de la requête n° 2006165, l'administration a dégrevé la cotisation foncière des entreprises contestée à hauteur de 3 375 euros au titre de l'année 2014, de 13 755 euros au titre de l'année 2015, de 14 172 euros au titre de l'année 2016, et de 21 311 euros au titre de l'année 2017. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge à hauteur de ce montant.

4. En deuxième lieu, par des décisions postérieures à l'introduction de la requête n° 2106873, l'administration a prononcé des dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés bâties pour le site de Montbrison, à hauteur de 22 088 euros puis 882 euros au titre de l'année 2019. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge à ce titre à hauteur de la somme totale de 22 970 euros.

5. En troisième lieu, par des décisions postérieures à l'introduction de la requête n° 2106873, l'administration a prononcé des dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés bâties pour le site de Savigneux, à hauteur de 6 611 euros puis 978 euros au titre de l'année 2019. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge à ce titre à hauteur de la somme totale de 7 589 euros.

6. En quatrième lieu, par des décisions postérieures à l'introduction de la requête n° 2106873, l'administration a prononcé des dégrèvements de cotisation foncière des entreprises pour le site de Savigneux, à hauteur de 7 035 euros puis 1 143 euros au titre de l'année 2019. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge à ce titre à hauteur de la somme totale de 8 178 euros.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

Sur le terrain de la loi fiscale :

7. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication () ". Aux termes de son article 1382 : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381. ". L'article 1497 du même code dispose : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 1495 de ce code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Aux termes du II de l'article 324 B de l'annexe III au même code : " Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation ".

8. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.

9. En premier lieu, s'agissant des installations liées à la protection du site contre l'incendie, que l'administration a partiellement accepté d'exonérer, la société requérante ne produit que des factures renvoyant à des devis non produits ne permettant pas d'apprécier l'ampleur et la consistance exacte des travaux ni, par suite, leur adaptation spécifique à une activité susceptible d'être exercée dans un établissement industriel. En outre, s'agissant des immobilisations n° 2013.302, n° 2015.353 et n° 2016.352, celles-ci correspondent à la construction d'ouvrages en maçonnerie, et ne peuvent donc être exonérées en application du 1° de l'article 1381 du code général des impôts. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à solliciter l'exonération de cotisation foncière des entreprises des immobilisations n° 2013.302 " Zone sprinkler ", n° 2013.353 " Installation protection incendie sprinkler ", n° 2015.353 " Installation protection incendie sprinkler ", n° 2006.357 " Détection incendie ", n° 2007.355 " Détection incendie et gaz ", n° 2015.352 " Détection incendie " et n° 2016.352 " Installation protection incendie (ph3) ".

10. En deuxième lieu, la société Becker Industrie soutient que plusieurs de ses installations électriques devraient bénéficier de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts, eu égard à leur caractère spécialement adapté à l'exercice d'une activité industrielle. Toutefois, d'une part, en ce qui concerne l'immobilisation n° 2010.355 " Local électrique ", il résulte de la facture fournie qu'elle concerne les travaux de construction d'un local électrique et constitue donc un ouvrage en maçonnerie au sens du 1° de l'article 1381 du code général des impôts. Par suite, la société requérante ne peut demander que cette immobilisation soit exonérée de cotisation foncière des entreprises. D'autre part, en ce qui concerne, les immobilisations n° 2015.354 " Câblage tableaux poste de garde ", n° 2000.352 " Agencement électrique hall 18 ", n° 2014.354 " Agencement électrique ", n° 98405 " Installation électrique local process ", n° 98407 " Installation électrique hall condition ", n° 98409 " Installation électrique hall 1 à 4 ", et n° 98411 " Extension local électrique BT ", il ne résulte pas de l'instruction que ces installations électriques mises en place au sein de l'établissement exploité par la société Becker Industrie seraient spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel, en l'absence de précision supplémentaire quant aux caractéristiques techniques des réseaux électriques en cause, que seule la société requérante peut apporter. Les seuls libellés des immobilisations en cause ne permettent pas davantage de déduire que ces immobilisations seraient spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel. Par suite, ces biens ne pouvaient bénéficier de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts.

11. Cependant, il résulte de l'instruction que l'immobilisation n° 2006.351 " Poste de transformation (câblage) ", d'un montant de 200 919,91 euros, qui est un poste de transformation électrique basse tension de 1600 kVA doit nécessairement être regardée, au regard de ses dimensions et de sa puissance, comme spécifiquement adaptée à une activité susceptible d'être exercée dans un établissement industriel. La société est donc fondée à solliciter la décharge des impositions litigieuses dans cette mesure.

12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que l'immobilisation n° 2003.353 " Aménagement sécurité table élévatrice ", d'un montant de 4 293,10 euros, correspond à des aménagements spécifiques à la sécurisation d'une table élévatrice utilisée dans le processus industriel, une table élévatrice non industrielle ne requérant pas de telle mesures. Par suite, la société est fondée à soutenir que cette immobilisation peut bénéficier de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts, et à solliciter la décharge des impositions litigieuses dans cette mesure.

13. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que les immobilisations n° 2003.354 " Arrêt d'urgence ", d'un montant de 1 453,71 euros, et n° 2007.353 " Arrêt d'urgence ", d'un montant de 3 972 euros concernent, d'une part, la pose d'un élément coupe-feu sur le transformateur électrique qui est, ainsi qu'il a été dit au point 7, spécialement adapté à l'exercice d'une activité industrielle, d'autre part, des installations permettant l'arrêt d'urgence des machines de nature industrielle fonctionnant dans l'établissement. Par suite, la société est fondée à soutenir que ces immobilisations peuvent bénéficier de l'exonération prévue par le 11° de l'article 1382 du code général des impôts, et à solliciter la décharge des impositions litigieuses dans cette mesure.

14. En dernier lieu, en ce qui concerne les autres immobilisations dont la société revendique l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties et de cotisation foncière des entreprises sur le fondement du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, il ne résulte pas de l'instruction que ces installations seraient spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel, en l'absence de précision suffisante quant à leurs caractéristiques techniques, que seule la société requérante peut apporter, les factures produites ne permettant pas de caractériser la spécificité industrielle de ces installations. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à solliciter leur exonération de cotisation foncière des entreprises.

Sur le terrain de l'interprétation de la loi fiscale soulevé dans l'affaire n° 2106873 :

15. La société requérante doit être regardée, à la lecture du tableau élaboré par elle, comme se prévalant, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de plusieurs interprétations administratives de la loi fiscale qui devraient, selon elle, conduire plusieurs de ses immobilisations à être exonérées de taxe foncière sur les propriétés bâties et de cotisation foncière des entreprises.

16. En premier lieu, le paragraphe n° 170 de l'instruction fiscale BOI-IF-TFB-10-50-30, qui précise que sont exonérées, notamment, les installations électriques à usage spécifiquement industriel ou commercial et les outillages spécifiquement adaptés à une activité industrielle, ne donne pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle indiquée au point 6. En outre, contrairement à ce que soutient la société requérante, ce paragraphe n'envisage pas l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties des enseignes lumineuses et panneaux publicitaires. Enfin, si ce paragraphe prévoit l'exonération des conduites de chauffage, il s'agit uniquement des conduites de chauffage collectif réalisées par une entreprise exploitant un établissement industriel de chauffage collectif, ce que n'est pas la société Becker Industrie. La société requérante n'est donc pas fondée à se prévaloir de cette instruction.

17. En deuxième lieu, si le paragraphe n° 130 de l'instruction fiscale BOI-IF-TFB-10-10-20 prévoit que les canalisations ne sont pas passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il ne résulte pas de leur seul intitulé que les immobilisations " Plus-value plomberie ", " Raccordements eau ", " Aménagement écoulement eau ", " Raccordement s/réseau égout " et " Mise en conformité réseaux eaux pluv " constituent des canalisations au sens de cette instruction. La société n'est donc pas fondée à s'en prévaloir.

18. En troisième lieu, si la société se prévaut de l'instruction fiscale BOI-IF-TFB-10-10-10, selon laquelle seules sont soumises à la taxe foncière sur le propriétés bâties les constructions fixées au sol à perpétuelle demeure et présentant le caractère de véritable bâtiment, elle ne produit aucun élément permettant de connaître la consistance et la fixité des immobilisations intitulées " Algeco vestiaire coil ", " Mat pavillon ", " Plantation ", " Taxe équipement ", " Taxe équipement hall F5 ", " Taxe local d'équipement ext. Ateli ", " Cabines de douche ", " Ossature porteuse tuber acier " et " Cabinet 2000X2000MM ". La société n'est donc pas fondée à s'en prévaloir.

19. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante est seulement fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires liées à l'intégration dans les bases de taxe foncière sur la propriété bâtie et de cotisation foncière des entreprises des immobilisations n° 2006.351 à hauteur de 200 919,91 euros, n° 2003.353 à hauteur de 4 293,10 euros, n° 2003.354 à hauteur de 1 453,71 euros et n° 2007.353 à hauteur de 3 9723 972 euros. Le surplus de ses demandes de décharge doit être rejeté.

Sur les frais de l'instance :

20. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au bénéfice de la société Becker Industrie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2006165 à hauteur de la somme totale de 52 613 euros.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2106873 à hauteur de la somme totale de 22 970 euros en ce qui concerne la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre du site de Montbrison.

Article 3 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2106873 à hauteur de la somme totale de 7 589 euros en ce qui concerne la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre du site de Savigneux.

Article 4 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2106873 à hauteur de la somme totale de 8 178 euros en ce qui concerne la cotisation foncière des entreprises au titre du site de Savigneux.

Article 5 : La société Becker Industrie est déchargée des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises mises à sa charge au titre des années 2014 et 2017 pour ses établissements situés à Montbrison et Savigneux, selon les bases indiquées au point 19.

Article 6 : La société Becker Industrie est déchargée des cotisations taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre de l'année 2019 pour son établissement situé à Montbrison, selon les bases indiquées au point 19.

Article 7 : L'Etat versera à la société Becker Industrie une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2006165 et n° 2106873 de la société Becker Industrie est rejeté.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié à la société Becker Industrie et à l'administrateur général des finances publiques de la direction du contrôle fiscal Centre-Est.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Tocut, première conseillère,

Mme Gros, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.

La rapporteure,

C. Tocut

Le président,

M. A La greffière,

T. Andujar

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

2 - 2106873

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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