mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2007567 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 4ème chambre |
| Avocat requérant | GL CONSEIL ET ASSOCIÉ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2020, la société Ségny Automobiles, représentée par Me Lagneaux, demande au tribunal :
1°) à titre principal de prononcer la décharge des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018 à raison d'un établissement qu'elle exploite à Ségny ;
2°) à titre subsidiaire de prononcer cette décharge pour la part des cotisations excédant celles qui résultent de la loi du 13 juillet 1972 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les concessions automobiles sont exclues du champ d'application de la taxe sur les surfaces commerciales ;
- la proposition de rectification de l'administration n'est pas motivée en droit ;
- le décret du 26 janvier 1995 est illégal ;
- les dispositions de l'article 3 de la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972, du fait de l'imprévisibilité de leur application à la vente automobile, sont contraires aux stipulations de l'alinéa 1er de l'article 7 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (pas de peine sans loi) ;
- elles sont contraires aux principes de sécurité juridique et de confiance légitime du droit de l'Union européenne ;
- les conditions de la taxation n'étaient pas réunies ;
- le calcul de l'assiette est erroné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2021, le directeur du contrôle fiscal centre-est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 mars 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 25 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 ;
- le décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A, magistrate honoraire, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique,
- et les conclusions de Mme Lacroix, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Ségny Automobiles exerce une activité de vente de véhicules automobiles à Ségny (Ain). A la suite d'une vérification de comptabilité, portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, une proposition de rectification lui a été adressée le 31 juillet 2019, portant sur la taxe sur les surfaces commerciales. La société Ségny demande la décharge des cotisations mises à sa charge pour un montant de 31 162 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Aux termes de l'article L. 76 du même livre : " Les bases ou les éléments de calcul servant au calcul des impositions d'office sont portés à la connaissance du contribuable, trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions, au moyen d'une notification qui précise les modalités de leur détermination () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
3. La proposition de rectification du 31 juillet 2019 rappelle les dispositions de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 et celles du décret du 26 janvier 1995. Elle précise la nature des activités de la société Ségny, son chiffre d'affaires et les surfaces retenues pour le calcul de l'imposition, par année d'imposition. Dans ces conditions, la proposition de rectification, qui, contrairement à ce que soutient la requérante, vise spécifiquement les dispositions du décret du 26 janvier 1995, instituant une réduction de taux de 30% pour l'activité de vente de véhicules automobiles, conclut que la société Ségny est imposable à la taxe sur les surfaces commerciales sur la base du chiffre d'affaires concernant les ventes au détail. Cette motivation, qui a permis à la société de présenter toute observation utile, est suffisamment motivée.
4. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 (). Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". L'obligation faite par l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales à l'administration fiscale d'informer le contribuable de l'origine et de la teneur des renseignements qu'elle a utilisés pour procéder à des rectifications a pour objet de permettre à celui-ci, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée.
5. La société Ségny Automobiles soutient que les surfaces sur la base desquelles elle a été imposée sont issues de renseignements et documents obtenus de tiers, qui n'auraient pas été portés à sa connaissance. Il résulte toutefois de l'instruction que la proposition de rectification du 31 juillet 2019, qui donnait le détail des surfaces, renvoyait à des plans joints en annexe. La société qui n'établit, au demeurant, pas avoir adressé une demande au service en vue d'obtenir d'autres documents, a donc été mise à même de discuter de la teneur et de la portée desdits documents. Le moyen tiré de la méconnaissance par le service de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales manque en fait.
En ce qui concerne l'assujettissement à la taxe sur les surfaces commerciales :
Sur les moyens relatifs à l'illégalité ou la non-conformité de la norme :
6. Aux termes de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 : " Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente des magasins de commerce de détail, dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés des établissements ouverts à partir du 1er janvier 1960 quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite. Ne sont pas considérés comme magasins de commerce de détail les établissements de commerce de gros dont la clientèle est composée de professionnels pour les besoins de leur activité ou de collectivités. Lorsque ces établissements réalisent à titre accessoire des ventes à des consommateurs pour un usage domestique, ces ventes constituent des ventes au détail qui sont soumises à la taxe dans les conditions de droit commun. / Toutefois, le seuil de superficie de 400 mètres carrés ne s'applique pas aux établissements contrôlés directement ou indirectement par une même personne et exploités sous une même enseigne commerciale lorsque la surface de vente cumulée de l'ensemble de ces établissements excède 4 000 mètres carrés./ La surface de vente des magasins de commerce de détail, prise en compte pour le calcul de la taxe, et celle visée à l'article L. 720-5 du code de commerce, s'entendent des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, de ceux affectés à l'exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement, et de ceux affectés à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. () Si ces établissements, à l'exception de ceux dont l'activité principale est la vente ou la réparation de véhicules automobiles, ont également une activité de vente au détail de carburants, l'assiette de la taxe comprend en outre une surface calculée forfaitairement en fonction du nombre de position de ravitaillement dans la limite de 70 mètres carrés par position de ravitaillement. Le décret prévu à l'article 20 fixe la surface forfaitaire par emplacement à un montant compris entre 35 et 70 mètres carrés. Pour les établissements dont le chiffre d'affaires au mètre carré est inférieur à 3 000 euros, le taux de cette taxe est de 5,74 euros au mètre carré de surface définie au troisième alinéa. Pour les établissements dont le chiffre d'affaires au mètre carré est supérieur à 12 000 euros, le taux est fixé à 34,12 euros. A l'exclusion des établissements qui ont pour activité principale la vente ou la réparation de véhicules automobiles, les taux mentionnés à l'alinéa précédent sont respectivement portés à 8,32 euros ou 35,70 euros () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 26 janvier 1995 relatif à la taxe sur les surfaces commerciales dans sa rédaction alors applicable : " A. La réduction de taux prévue au dix-huitième alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 susvisée en faveur des professions dont l'exercice requiert des superficies de vente anormalement élevées est fixée à 30 % en ce qui concerne la vente à titre principal des marchandises énumérées ci-après : () - véhicules automobiles ".
7. En premier lieu, il résulte clairement de la lettre même des dispositions de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 citées ci-dessus, qui prévoient notamment des règles propres à ces établissements, que les établissements dont l'activité principale est la vente ou la réparation de véhicules automobiles, qu'ils soient neufs ou d'occasion, sont inclus dans le champ d'application de la taxe sur les surfaces commerciales. Par suite, la société requérante, qui ne peut en l'espèce invoquer les travaux parlementaires, n'est pas fondée à soutenir qu'eu égard à son activité de vente de véhicules automobiles, elle ne pouvait légalement être assujettie à la taxe sur les surfaces commerciales. La circonstance tirée de ce que les modalités de vente de véhicules présenteraient des spécificités, notamment parce ce qu'elles seraient effectuées à partir de bons de commande décrivant, selon les choix et options du client, le véhicule objet de la transaction, ou donneraient lieu à un mode de financement par crédit spécifique que l'on ne retrouverait pas dans le secteur de la grande distribution, n'est pas de nature à ôter aux transactions en cause le caractère de vente au détail de biens en l'état. Si les véhicules ne font pas l'objet d'un emport immédiat et si l'essentiel des ventes de véhicules est réalisé hors concession, ces circonstances ne sont pas davantage de nature à exclure ces ventes du champ d'assujettissement à l'imposition.
8. En deuxième lieu, il résulte de ce qui vient d'être exposé au point précédent que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le pouvoir réglementaire aurait excédé sa compétence en mentionnant, dans le décret du 26 janvier 1995, la vente de véhicules automobiles parmi les activités soumises à cette taxe.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui, au moment où elle a été commise, ne constituait pas une infraction d'après le droit national ou international. De même il n'est infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'infraction a été commise () ".
10. La société Ségny Automobiles ne peut utilement invoquer à l'encontre de son assujettissement à la taxe en litige, lequel ne saurait être regardé comme une sanction, les stipulations de l'article 7 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, relatives à la légalité des délits et des peines.
11. En quatrième lieu, l'absence d'application des dispositions de la loi du 13 juillet 2012 et du décret du 26 janvier 1995, dont les termes étaient pourtant clairs et précis, ne peut être regardée comme ayant constitué une assurance précise, inconditionnelle et concordante, émanant de sources autorisées et fiables, fournie au contribuable. Par suite la société Ségny Automobiles n'est pas fondée à soutenir qu'en la taxant, pour la première fois, au titre des années en litige l'administration aurait porté atteinte à une situation constituée, en cours et aux principes de confiance légitime et sécurité juridique.
Sur les autres moyens :
S'agissant de la surface de vente :
12. Il résulte des dispositions précitées de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 que le seuil de superficie de 400 mètres carrés ne s'applique pas aux établissements contrôlés directement ou indirectement par une même personne et exploités sous une même enseigne commerciale lorsque la surface de vente cumulée de l'ensemble de ces établissements excède 4 000 mètres carrés.
13. En premier lieu, la société Ségny Automobiles conteste l'existence d'une même enseigne commerciale contrôlant plusieurs établissements, dont celui de Ségny. L'administration a constaté que la SARL Méditerranée Auto contrôle directement ou indirectement plusieurs concessions, sous l'enseigne commune " groupe Maurin " doté d'un logo apparent sur les bannières situées à l'extérieur des bâtiments, sur les documents édités pour les clients, notamment les factures, sur les plaques d'immatriculation des véhicules et sur les porte-clefs offerts lors de la livraison des véhicules. Le nom du " groupe Maurin " se retrouve en outre dans les adresses Internet des enseignes du groupe, dont l'enseigne de Ségny. Le nom du " groupe Maurin " est présent dans de nombreuses actions publicitaires. La société Ségny Automobiles ne conteste pas sérieusement que ce " groupe Maurin " constitue l'enseigne sous laquelle sont exploitées notamment les concessions de Ségny, Savoie Motors et Garage du Lac, retenues par le vérificateur pour justifier de l'existence d'une surface cumulée supérieure à 4 000 m² en se bornant à faire valoir que la concession de Ségny aurait une enseigne propre, que les concessions prises pour exemple vendent des véhicules de marques différentes et que l'administration aurait abandonné un précédent redressement concernant la société Garage du Lac, dès lors que cet abandon ne constitue pas une prise de position formelle quant à l'inexistence d'un " groupe Maurin ". Par suite, l'administration fiscale a pu légalement assujettir à la taxe sur les surfaces commerciales la concession détenue par la société Ségny Automobiles, alors même que sa superficie est inférieure à 400 mètres carrés.
14. En deuxième lieu, la requérante soutient que les concessions de Ségny, Savoie Motors et Garage du Lac ne totalisent pas une surface de vente cumulée supérieure à 4 000 m². Elle se prévaut des superficies mentionnées pour ces concessions, pour un total de 3 441 m², dans une autre procédure. Mais, en tout état de cause, la proposition de rectification mentionnait, à sa page 5, l'ensemble des concessions du " groupe Maurin ", au nombre d'une cinquantaine et le vérificateur a conclu que le seuil de 4 000 m² étant atteint avec les trois sociétés susvisées (Ségny, Savoie Motors et Garage du Lac), il ne peut qu'être largement dépassé dès lors qu'il est tenu compte de l'ensemble des sociétés contrôlées par la SARL Méditerranée Auto. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme établissant l'existence d'une surface de vente cumulée supérieure à 4 000 m².
S'agissant du chiffre d'affaires :
15. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées de la loi du 13 juillet 1972 et du décret du 26 janvier 1995, que le chiffre d'affaires à prendre en compte pour le calcul de la taxe sur les surfaces commerciales est celui réalisé par les surfaces de ventes au détail, en l'état, sans qu'il y ait lieu de distinguer selon que l'acheteur est un particulier ou un professionnel. Par suite, la société Ségny Automobiles n'est pas fondée à soutenir que, par principe, le chiffre des ventes de détail aux professionnels, qui achètent un véhicule pour les besoins de leur activité, devait être écarté de la base taxable. Elle ne peut utilement se prévaloir de la position de l'ORGANIC chargé jusqu'en 2009 du recouvrement de la taxe sur les surfaces commerciales, qui ne constitue pas une prise de position de l'administration fiscale. Elle ne peut davantage se prévaloir de l'instruction administrative 13-K-324 du 10 août 1998, relative à l'interprétation de l'article 1649 bis A du code général des impôts et rapportée depuis le 12 septembre 2012 par l'instruction 13 A-2-12 du 7 septembre 2012. Au surplus, il résulte de l'instruction que le vérificateur a seulement pris en compte les ventes aux sociétés de leasing, faute de certitude quant à l'objet des autres acquisitions.
16. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le vérificateur aurait pris en compte le chiffre d'affaires lié à des prestations de service ou aux pièces détachées. La critique de la société sur ces points est donc inopérante.
17. En troisième lieu, il résulte des dispositions précitées que le chiffre d'affaires à prendre en compte pour le calcul du taux de la taxe sur les surfaces commerciales est celui résultant de l'ensemble des ventes réalisées par l'établissement au titre duquel cette taxe est établie, sans qu'il y ait lieu, s'agissant d'un établissement ayant pour activité principale la vente de véhicules automobiles, de distinguer selon que les véhicules vendus sont présentés ou stockés à l'extérieur ou à l'intérieur de l'établissement, ou que la société reprenne le véhicule précédemment détenu par le client. Par suite, le chiffre d'affaires à prendre en compte pour le calcul du taux de la taxe devait inclure les ventes portant sur des véhicules d'occasion présentés ou stockés à l'extérieur de l'établissement qu'elles aient ou non été associées à la reprise d'un ancien véhicule.
18. Pour les mêmes motifs, le chiffre d'affaires à prendre en compte pour le calcul du taux de la taxe devait inclure, d'une part, outre celui afférent aux ventes de modèles exposés, celui correspondant aux ventes de véhicules neufs, quand bien même ceux-ci seraient commandés et livrés postérieurement à la commande.
19. Il résulte de ce qui précède que la société Ségny Automobiles n'est pas fondée à soutenir que seules les ventes à des particuliers de véhicules neufs présentés dans la concession pouvaient entrer dans la base taxable.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la société Ségny Automobiles doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés par la société Ségny Automobiles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Segny Automobiles est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Segny Automobiles et au directeur du contrôle fiscal du centre-est.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
La magistrate désignée,
A. A
Le greffier,
J-P. Duret
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2007567
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026