mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2100603 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | GRILLAT & DANCHAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 janvier 2021 et le 15 avril 2021, M. A D, représenté par Me Grillat, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la profession d'infirmier libéral s'effectue principalement au domicile des patients ;
- le requérant dispose bien d'un local répondant aux normes réglementaires lui permettant d'accueillir ses patients en cas de besoin, en se coordonnant avec les autres occupants du local ;
- une salle d'attente n'est pas obligatoire pour un local infirmier ;
- les tâches administratives n'ont pas à être effectuées au cabinet infirmier pour considérer que celui-ci existe.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2021, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, infirmier libéral disposant d'un cabinet à Vaulx-en-Velin, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, à l'issue de laquelle l'administration a remis en cause le bénéfice de l'exonération fiscale dont il a bénéficié au titre de l'article 44 octies A du code général des impôts au titre des années 2016 et 2017. M. D sollicite la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu ainsi mises à sa charge.
2. L'article 44 octies A du code général des impôts, dans sa version alors applicable, dispose : " I.- Les contribuables qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2020, créent des activités dans les zones franches urbaines - territoires entrepreneurs définies au B du 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire, ainsi que ceux qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2011, exercent des activités dans les zones franches urbaines - territoires entrepreneurs définies au deuxième alinéa du B du 3 de l'article 42 de la même loi sont exonérés d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices provenant des activités implantées dans la zone jusqu'au 31 décembre 2010 pour les contribuables qui y exercent déjà une activité au 1er janvier 2006 ou, dans le cas contraire, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui du début de leur activité dans l'une de ces zones. Ces bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés à concurrence de 40 %, 60 % ou 80 % de leur montant selon qu'ils sont réalisés respectivement au cours de la première, de la deuxième ou de la troisième période de douze mois suivant cette période d'exonération. / Pour bénéficier de l'exonération, l'entreprise doit répondre cumulativement aux conditions suivantes : () d) Son activité doit être une activité industrielle, commerciale ou artisanale au sens de l'article 34 et du 5° du I de l'article 35 ou une activité professionnelle non commerciale au sens du 1 de l'article 92. () / Lorsque l'activité non sédentaire d'un contribuable est implantée dans une zone franche urbaine-territoire entrepreneur mais est exercée en tout ou partie en dehors d'une telle zone, l'exonération s'applique si ce contribuable emploie au moins un salarié sédentaire à temps plein ou équivalent, exerçant ses fonctions dans les locaux affectés à l'activité, ou si ce contribuable réalise au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs. () ".
3. Il résulte de l'article 44 octies A du code général des impôts que, pour pouvoir bénéficier du régime d'exonération qu'il institue, un professionnel doit exercer une activité dans une zone franche urbaine et doit y disposer des moyens d'exploitation nécessaires à cette activité.
4. Il résulte de l'instruction que M. D exerce la profession d'infirmier libéral, activité non sédentaire qu'il exerce principalement au domicile de ses patients. Pour son cabinet, il bénéficie, pour un loyer de 100 euros par mois, de la disposition d'une pièce de 10 mètres carrés située dans un appartement d'habitation à Vaulx-en-Velin, en zone franche urbaine, dont les trois autres chambres sont louées à des étudiants et dont le salon, la cuisine et la salle d'eau sont communs à tous les occupants. Ce local, qui comporte un canapé, un divan d'examen, un point d'eau, une armoire munie de matériel médical, une chaise et un bureau, est partagé entre M. D et six autres professionnels de santé, dont un infirmier et cinq kinésithérapeutes, qui s'en répartissent l'usage par un système de réservation à la demande. En outre, il résulte du constat d'huissier produit par le requérant que trois autres sociétés sont domiciliées dans ce local, qui comporte en tout dix boîtes aux lettres. Si M. D soutient que la configuration des lieux, en dépit de l'absence de salle d'attente, lui permet d'accueillir ses patients dès lors qu'il peut les recevoir sur rendez-vous en ayant réservé l'usage exclusif du local auprès des autres occupants, il ne conteste pas ne pas avoir la disposition permanente ni régulière de ce local, et devoir amener lui-même une caisse réfrigérée au cas où il devrait transporter des produits nécessitant une conservation au frais, le local étant dépourvu de réfrigérateur. De même, si M. D soutient qu'il peut réaliser des tâches administratives liées à sa profession dans ce local, il reconnaît lui-même devoir pour cela amener son ordinateur portable, le local litigieux n'étant équipé ni d'un ordinateur, ni d'une connexion à internet, ni d'une armoire sécurisée pour stocker les dossiers des patients, dont le requérant indique qu'il en conserve la version physique à son domicile. Enfin, M. D ne produit aucun élément de nature à établir qu'il aurait déjà effectivement exercé une quelconque activité dans ce local ou qu'il en aurait déjà réservé l'occupation auprès des autres locataires, alors qu'il n'indique pas disposer de moyen de communication avec eux autrement que par voie d'affichage au sein du local.
5. Ainsi, au regard des conditions d'utilisation de son cabinet et des moyens d'exploitation dont il dispose au sein de celui-ci, M. D ne peut être regardé comme ayant exercé une activité implantée en zone franche urbaine ouvrant droit au bénéfice de l'exonération prévue par l'article 44 octies du code général des impôts. Par suite, il n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge pour les années 2016 et 2017.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles formées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au directeur régional des finances publiques d'Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Tocut, première conseillère,
Mme Gros, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
La rapporteure,
C. B
Le président,
M. C La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026