mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101008 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BALLEYDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 février 2021, M. D B, représenté par Me Balleydier, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2014 et 2015.
Il soutient que :
- il n'est pas associé de la société Trivial Unipessoal LTD, dont l'administration soutient qu'il aurait reçu des revenus distribués ;
- l'administration n'a pas réintégré dans les comptes de cette société de recettes ou de charges occultes ;
- les opérations de recettes et leur règlement ont été régulièrement comptabilisées et ne présentent pas de caractère occulte ;
- en raison des difficultés rencontrées par la société Trivial Unipessoal LTD pour ouvrir un compte bancaire en France, les règlements des ventes ont simplement transité par un compte associé et un compte " divers " appartenant à M. B.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2021, l'administratrice générale des finances publiques de la direction spécialisée du contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est salarié de la société Trivial Unipessoal LTD, qui a fait l'objet d'une rectification de comptabilité aboutissant à des redressements de ses résultats. L'administration ayant considéré que M. B était gérant de fait de cette société et qu'il avait perçu des sommes de sa part, elle a mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2014 et 2015. M. B sollicite la décharge de ces cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu.
2. L'article 111 du code général des impôts dispose : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () / c. les rémunérations et avantages occultes () ". Lorsqu'une société a accordé un avantage à un tiers sans que la comptabilisation de cette opération ne révèle, par elle-même, l'octroi d'un avantage, il appartient à l'administration, si elle entend faire application des dispositions précitées du c de l'article 111 du code général des impôts pour imposer, dans les mains du tiers, cette somme, d'établir, d'une part, que cet avantage ne comportait pas de contrepartie pour la société, et d'autre part, qu'il existait une intention, pour celle-ci, d'octroyer, et pour le tiers, de recevoir, une libéralité.
Sur les revenus de l'année 2014 :
3. Il résulte de l'instruction qu'au cours de l'année 2014, M. B a perçu sur son compte bancaire personnel des sommes versées par la société Trivial Unipessoal LTD à hauteur de 38 500 euros, des versements de la société Bernard TRS rémunérant des prestations effectuées par la société Trivial Unipessoal LTD à hauteur de 19 000 euros, ainsi que des versements à hauteur de 8 850 euros d'origine inconnue. La société Trivial Unipessoal LTD a indiqué que le compte bancaire de M. B était un compte " mixte " utilisé à la fois à titre personnel et professionnel pour le compte de cette société, dont il est employé et dont sa fille est gérante de droit et unique associée. Dans ce contexte, l'administration a considéré que l'ensemble de ces sommes devaient être regardées comme des distributions occultes de la société Trivial Unipessoal LTD à M. B.
4. En premier lieu, le requérant soutient qu'il n'est pas associé de la société Trivial Unipessoal LTD mais que cette société a simplement utilisé son compte bancaire personnel faute d'avoir pu en ouvrir un elle-même en France en raison de sa domiciliation au Portugal. Toutefois, l'administration relève sans être contredite que la société Trivial Unipessoal LTD a ouvert un compte bancaire en France le 14 novembre 2013, sur lequel M. B dispose d'une procuration. En outre, la vérification de comptabilité de la société Trivial Unipessoal LTD n'a pas permis de constater le reversement de ces sommes sur l'un des comptes de la société.
5. En second lieu, M. B soutient que l'administration n'a pas réintégré dans les comptes de la société Trivial Unipessoal LTD de recettes ou de charges occultes. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'administration n'a pas imposé les sommes litigieuses comme des revenus distribués prélevés sur les bénéfices de la société sur le fondement de l'article 109 du code général des impôts, mais comme des distributions occultes directement perçues par M. B sur le fondement du c. de l'article 111 du même code. Par suite, la circonstance que l'administration n'ait pas procédé à la réintégration de recettes ou de charges dans les résultats de cette société est sans incidence sur le bien-fondé des impositions mises à la charge de M. B.
6. En dernier lieu, M. B soutient que les opérations de recettes et leur règlement ont été régulièrement comptabilisés dans les comptes de la société et ne présentent donc pas de caractère occulte. Toutefois, si les sommes versées directement par la société à M. B ont effectivement été inscrites dans sa comptabilité comme des prélèvements sur le compte-courant d'associé n°455, cette inscription ne permet pas d'établir à quel titre ces prélèvements ont eu lieu, alors que M. B indique lui-même ne pas être associé de cette société et qu'aucune contrepartie à ces prélèvements n'est indiquée en comptabilité. Par suite, et alors que de telles sommes ne peuvent être regardées comme des sommes mises à disposition d'un des associés de la société, c'est à bon droit que l'administration les a regardées comme des distributions occultes. De même, s'agissant des sommes versées par la société Bernard TRS directement sur le compte bancaire du requérant, si M. B soutient qu'elles apparaissent en recettes dans les documents comptables de la société, ces documents ne font pas apparaître le fait que ces sommes ont été encaissées par M. B. Par suite, c'est à bon droit que l'administration les a regardées comme des distributions occultes.
Sur les revenus de l'année 2015 :
7. L'article L. 193 du livre des procédures fiscales dispose : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Il résulte de l'instruction que M. B n'a pas déclaré ses revenus de l'année 2015 en dépit d'une mise en demeure en ce sens reçue le 29 octobre 2016, et a donc fait l'objet d'une imposition d'office de ses revenus de l'année 2015.
8. Il résulte de l'instruction qu'au cours de l'année 2015, M. B a perçu sur son compte bancaire personnel des sommes versées par la société Trivial Unipessoal LTD à hauteur de 74 025,60 euros.
9. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 4, en soutenant qu'il n'est pas associé de la société Trivial Unipessoal LTD mais que cette société a simplement utilisé son compte bancaire personnel faute d'avoir pu en ouvrir un elle-même en France en raison de sa domiciliation au Portugal, M. B n'établit pas que les sommes imposées ne constituent pas des revenus distribués imposables entre ses mains.
10. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 5, la circonstance que l'administration n'a pas procédé à la réintégration de recettes ou de charges dans les résultats de la société Trivial Unipessoal LTD est sans incidence sur le bien-fondé des impositions mises à la charge de M. B.
11. En dernier lieu, si M. B soutient que les opérations de recettes et leur règlement ont été régulièrement comptabilisées dans les comptes de la société et ne présentent donc pas de caractère occulte, il résulte de l'instruction que seule une somme de 10 000 euros a été inscrite en comptabilité sur un compte " fournisseurs ", sans que M. B n'établisse la nature et la réalité des prestations fournies ainsi rémunérées. Par suite, il n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, du caractère exagéré des impositions mises à sa charge.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à l'administratrice générale des finances publiques de la direction spécialisée du contrôle fiscal Centre-Est
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Tocut, première conseillère,
Mme Gros, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
La rapporteure,
C. A
Le président,
M. C La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026