mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101009 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PALOMARES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 février 2021, la société AFG, représentée par Me Palomares, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre des exercices clos en 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la provision comptabilisée à hauteur de 110 000 euros pour dépréciation de stock concernant une maison située à Rillieux-la-Pape est justifiée par l'évolution des prix du marché en 2015 ;
- les frais de déplacements exposés par le président de la société pour le compte de celle-ci doivent être admis en déduction en intégralité, dès lors qu'ils ne présentent aucune incohérence au regard des besoins de la société et des trajets effectués ;
- les frais de repas et de cadeaux exposés sur des week-end ou jours fériés sont justifiés par les besoins d'intervention auprès des locataires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2021, l'administrateur général de la direction du contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société AFG ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société AFG, qui exerce une activité de marchand de biens et de gestion locative, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2015 et 2016, à l'issue de laquelle elle a fait l'objet de plusieurs rectifications en matière d'impôt sur les sociétés. Les rectifications initialement proposées ont été réduites sur avis de la commission départementale des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires. La société AFG sollicite la décharge des sommes maintenues à sa charge.
Sur la provision pour dépréciation de stock :
2. L'article 38 du code général des impôts, dans sa version alors applicable, dispose : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. / () / 3. Pour l'application des 1 et 2, les stocks sont évalués au prix de revient ou au cours du jour de la clôture de l'exercice, si ce cours est inférieur au prix de revient. () ". L'article 39 du même code, dans sa version alors applicable, dispose : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice. () S'agissant des produits en stock à la clôture d'un exercice, les dépenses non engagées à cette date en vue de leur commercialisation ultérieure ne peuvent, à la date de cette clôture, être retenues pour l'évaluation de ces produits en application des dispositions du 3 de l'article 38, ni faire l'objet d'une provision pour perte. () ".
3. Il résulte de l'instruction qu'au titre de l'exercice clos en 2015, la société AFG a constitué une provision pour dépréciation de stock au titre de la perte de valeur d'une maison d'habitation située à Rillieux-la-Pape. Pour justifier de cette baisse de valeur, la société se prévaut d'une autre transaction immobilière, intervenue dans le même lotissement au début de l'année 2015, pour un prix au mètre carré inférieur à celui auquel elle avait acquis son propre bien immobilier, la différence de valeur, en appliquant le prix au mètre carré correspondant à cette vente, aboutissant à une baisse de valeur de 110 000 euros. Mais d'une part, la société requérante, qui ne produit aucun document probant relatif à la vente dont elle se prévaut et ne fournit aucun détail sur les qualités propres de son bien et du bien vendu, n'établit pas que ces biens seraient comparables, indépendamment de leur localisation. D'autre part, si la société requérante se prévaut d'autre ventes de biens immobiliers dans le même secteur géographique, là encore sans apporter d'élément permettant d'apprécier les caractéristiques des biens vendus, ces ventes ont eu lieu au cours de l'année 2016, et ne peuvent donc justifier l'inscription d'une provision sur l'exercice 2015. Par suite, la société requérante n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, du caractère probable de la perte de valeur de son bien au cours de l'exercice 2015, et n'est donc pas fondée à contester la réintégration à son résultat de la provision constatée à ce titre.
Sur les charges exposées par le président de la société :
4. L'article 39 du code général des impôts dispose : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. () ".
5. En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions du 1 de l'article 39 du code général des impôts selon lesquelles le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, de justifier tant du montant des créances de tiers, amortissements, provisions et charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. En ce qui concerne les charges, le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée.
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société AFG a déduit de ses résultats une somme de 3 003 euros en 2015 et 1 672 euros en 2016 au titre de frais de repas et de cadeaux exposés par son dirigeant à l'occasion de ses déplacements professionnels, notamment les week-end et jours fériés. Toutefois, la société ne produit aucun élément justifiant de la destination de ces achats ni de l'identité des personnes ayant bénéficié des repas, alors qu'elle ne conteste pas avoir par ailleurs comptabilisé des sommes de 528,40 euros pour 2015 et 400 euros pour 2016 au titre de " cadeaux à la clientèle ". C'est donc à bon droit que l'administration a réintégré ces sommes à son résultat.
7. En second lieu, il résulte de l'instruction que la société AFG a déduit de ses résultats une somme de 26 811,20 euros en 2015 et 26 256,69 euros en 2016 au titre des indemnités kilométriques correspondant aux déplacements professionnels de son dirigeant réalisés avec l'un de ses véhicules personnels. A l'issue de la réunion de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, l'administration a accepté de prendre en compte la somme de 8 020 euros par exercice, correspondant à 20 000 kilomètres par an. Si la société requérante produit un constat d'huissier indiquant l'évolution du kilométrage du véhicule de son dirigeant entre novembre 2014 et novembre 2015, elle ne produit aucun justificatif relatif aux déplacements effectués, alors qu'elle n'a produit devant l'administration que les relevés des trajets réalisés sur autoroute, qui ont permis la prise en compte de 20 000 kilomètres par an, et alors qu'il s'agit d'un véhicule personnel nécessairement utilisé par son propriétaire pour des trajets non professionnels. Par suite, la société n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, que son dirigeant aurait parcouru, pour son compte et avec son véhicule personnel, plus de 20 000 kilomètres par an. Elle n'est donc pas fondée à contester la réintégration partielle dans son résultat des sommes litigieuses.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par la société AFG doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions formées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société AFG est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société AFG et à l'administrateur général de la direction du contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Tocut, première conseillère,
Mme Gros, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
La rapporteure,
C. A
Le président,
M. B La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026