jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP BAULIEUX BOHE MUGNIER RINCK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2021, M. E A, représenté par la SCP Baulieux - Bohe - Mugnier - Rinck, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 septembre 2020 par lequel le maire de Lyon s'est opposé à la déclaration préalable déposée pour des travaux de modification de toiture et réaménagement d'un grenier dans des combles en local d'habitation, sur un bâtiment situé rue du Dauphiné, ensemble la décision du 15 décembre 2020 de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge la ville de Lyon la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- des travaux similaires à ceux qu'il projette ont été réalisés par un autre propriétaire de l'immeuble trois ans auparavant ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit dès lors que le maire de Lyon a méconnu l'étendue de sa compétence en s'estimant lié par l'avis du service départemental d'incendie et de secours ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que cet avis du service départemental d'incendie et de secours n'est pas motivé ;
- le motif de refus d'autorisation d'urbanisme fondé sur la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est entaché d'erreur d'appréciation, dès lors que le risque allégué pour les occupants de l'immeuble n'est pas établi ; les travaux envisagés ne modifient pas les conditions d'accessibilité au grenier ; ces travaux respectent les exigences de la circulaire du 13 décembre 1982 ;
- le motif de refus fondé sur l'insuffisante hauteur sous plafond est illégal dès lors qu'elle sera de 2,50 mètres, alors que l'article 40.4 du règlement sanitaire départemental du Rhône impose une hauteur minimale de 2,30 mètres ;
- le motif de refus fondé sur l'insuffisante superficie de la pièce est illégal, le 2ème alinéa de l'article 40.3 du règlement sanitaire départemental du Rhône imposant une superficie minimale de 7 m² seulement pour les pièces d'habitation autres que la pièce principale ; les travaux projetés ont pour objet la réalisation d'une chambre annexe à son logement, laquelle ne peut, en conséquence, être qualifiée de logement à part entière ;
- le motif de refus fondé sur l'insuffisance du dossier est entaché d'erreur d'appréciation, le dossier permettant d'apprécier l'intégration à l'environnement bâti du velux qui sera agrandi par les travaux projetés.
Par un mémoire enregistré le 25 novembre 2022, la ville de Lyon conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B D,
- les conclusions de Mme Marie Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me Broux, substituant Me Baulieux, représentant M. A, requérant,
- et les observations de Mme C, représentant la ville de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 11 septembre 2020, le maire de Lyon s'est opposé à la déclaration préalable déposée par M. A pour la réalisation de travaux de modification de toiture et réaménagement d'un grenier dans des combles en local d'habitation, sur un bâtiment situé rue du Dauphiné. M. A demande l'annulation de cette décision, ainsi que de la décision du 15 décembre 2020 rejetant son recours gracieux.
2. En premier lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe n'imposant la motivation des avis rendus par les services d'incendie et de secours dans le cadre de l'instruction des demandes d'autorisations d'urbanisme tendant à la réalisation de locaux d'habitation dans un grenier, le moyen tiré du vice de procédure qui entacherait, pour défaut de motivation de l'avis émis le 2 juillet 2020 par le service départemental-métropolitain d'incendie et de secours, le motif de refus de l'acte attaqué fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire de Lyon, qui reste libre de s'approprier les termes de l'avis du service départemental-métropolitain d'incendie et de secours après avoir porté sa propre appréciation, se serait cru, à tort, lié par l'avis émis par ce service le 2 juillet 2020. Le moyen tiré de l'erreur de droit qui entacherait le motif de refus de l'acte attaqué fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit, par suite, être écarté.
4. En dernier lieu, d'une part, aux termes de L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ". L'article L. 421-7 du même code précise que : " Lorsque les constructions, aménagements, installations et travaux font l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à leur exécution ou imposer des prescriptions lorsque les conditions prévues à l'article L. 421-6 ne sont pas réunies. ". En vertu de l'article R. 431-2 de ce code : " () La demande précise que le demandeur et, le cas échéant, l'architecte, ont connaissance de l'existence de règles générales de construction prévues par le chapitre Ier du titre Ier du livre Ier du code de la construction et de l'habitation et notamment, lorsque la construction y est soumise, des règles d'accessibilité fixées en application de l'article L. 111-7 de ce code et de l'obligation de respecter ces règles. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
6. Il résulte de la combinaison des textes cités au point 4, eu égard à la portée du principe de l'indépendance des législations, que, sauf dispositions expressément contraires, les règles générales de construction, au nombre desquelles figurent notamment les recommandations contenues dans la circulaire ministérielle du 13 décembre 1982 relative à la sécurité des personnes et à la protection contre l'incendie, applicables aux travaux exécutés dans les bâtiments d'habitation ne sont pas au nombre des règles d'urbanisme dont il appartient à l'administration d'assurer le respect lors de la délivrance d'un permis de construire ou d'une décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux. Néanmoins, le maire, saisi d'une demande de permis de construire ou d'une déclaration préalable de travaux ayant pour objet de transformer en logement un local annexe impropre à l'habitation, peut valablement opposer les dispositions du code de l'urbanisme citées au point 5 s'il apparaît que le logement ainsi envisagé porte atteinte à la sécurité publique, laquelle peut notamment être appréciée à la lumière des recommandations de la circulaire du 13 décembre 1982.
7. Il ressort des pièces du dossier que, comme le souligne la commune en défense, les travaux déclarés par M. A tendent à transformer un grenier en local d'habitation au moyen de travaux d'isolation, d'installation d'une nouvelle porte d'entrée, d'un réseau électrique et d'un réseau de plomberie, pour la création d'une salle de bain avec toilettes et d'une kitchenette, et d'agrandissement du velux existant. Par suite, et contrairement à ce que soutient M. A, les travaux projetés ont pour objet de créer, non pas seulement une chambre annexe à son logement, mais un studio, qui disposera d'ailleurs d'une entrée indépendante de celle du logement. Alors que le service départemental-métropolitain d'incendie et de secours a émis un avis défavorable au projet en raison des conditions d'accessibilité ne répondant notamment pas aux recommandations de la circulaire du 13 décembre 1982, le requérant, qui se borne à soutenir que les conditions d'accessibilité au local objet des travaux ne seront pas modifiées et que la résistance au feu du grenier sera renforcée, n'apporte aucun élément de nature à établir que la configuration des lieux, notamment les caractéristiques de l'escalier des parties communes ou le positionnement et les dimensions du velux, permettrait aux occupants de l'appartement, en cas d'incendie, de manifester leur présence à l'attention des services de secours ou permettrait que ces derniers les utilisent, en tant que de besoin, pour accéder à cet appartement ou procéder à son évacuation. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que l'aménagement de son grenier en logement n'entraînerait pas des difficultés d'intervention des services publics de secours et de lutte contre l'incendie ainsi que d'évacuation de ses occupants et, par suite, ne porterait pas atteinte à la sécurité publique. Le maire n'a ainsi commis aucune erreur d'appréciation en opposant à la demande d'autorisation d'urbanisme déposée par M. A la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
8. Le motif tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme étant, à lui seul, de nature à justifier le refus de permis de construire, l'éventuelle illégalité des autres motifs de refus d'autorisation d'urbanisme ne serait pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, dès lors qu'il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que le motif dont la légalité est confirmée par le présent jugement.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 septembre 2020 et de la décision de rejet du recours gracieux doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et à la ville de Lyon.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606980
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante camerounaise, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Norvège, responsable de sa demande d'asile en vertu du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, le préfet ayant visé le règlement et indiqué que Mme B... détenait un visa norvégien périmé depuis moins de six mois. Il a également estimé que le préfet avait procédé à un examen particulier de sa situation, incluant sa vulnérabilité, et que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606981
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. C..., un ressortissant libyen, qui contestait le refus de l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil pour demandeur d'asile. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant la décision suffisamment fondée en droit et en fait. Il a également estimé que l'OFII n'avait pas commis d'erreur de droit en refusant l'accueil au seul motif que M. C... avait présenté une demande de réexamen, et que le requérant n'avait pas démontré que sa vulnérabilité ou la dignité humaine avaient été méconnues. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 551-15, et la directive 2013/33/UE.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606983
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante burkinabée, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Belgique pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a écarté les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4, 5, 21 et 3 du règlement (UE) n°604/2013. La solution retenue confirme la légalité de la procédure de détermination de l'État responsable, fondée sur le visa délivré par les autorités belges.
01/06/2026