jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101092 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 février 2021, la SCI Janvier, représentée par la SELARL Urban Conseil, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre le 14 décembre 2020 par la commune de Ternay au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 11 000 euros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Ternay la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCI Janvier soutient que :
- le titre de recettes ne mentionne pas les bases de liquidation de la créance, contrairement à ce qu'impose l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 ;
- il ne précise pas les nom, prénom et qualité du signataire du titre, en méconnaissance de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;
- la créance est prescrite, en application de l'article 2224 du code civil, la procédure contentieuse n'ayant pas eu d'effet suspensif ; le raccordement au réseau d'assainissement est intervenu au plus tard à l'achèvement des travaux autorisés le 13 octobre 2011, soit avant que les boxes soient donnés à bail commercial, entre le 1er avril 2014 et le 1er décembre 2015.
Par un mémoire enregistré le 31 août 2022, la commune de Ternay, représentée par la SELARL Cabinet d'avocats Philippe Petit et associés, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par la SCI Janvier ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités locales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me Manzoni, pour la SCI Janvier, société requérante ;
- et les observations de Me Rubio, substituant Me Pyanet, pour la commune de Ternay.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Janvier a obtenu du maire de Ternay, le 13 octobre 2011, un permis de construire en vue de l'extension d'un entrepôt existant et de son aménagement en dix boxes destinés à accueillir des activités artisanales. Après l'instauration sur le territoire communal, par délibération du 26 juin 2012, de la participation pour le financement de l'assainissement collectif, la commune de Ternay a émis, le 16 décembre 2016, à l'encontre de la société, un titre exécutoire pour cette participation, en lien avec ce permis de construire, pour un montant de 11 000 euros. Le recours intenté par la société contre ce titre exécutoire a été rejeté par jugement du tribunal administratif du 17 février 2017, puis annulé, en raison d'une irrégularité formelle, par la cour administrative d'appel le 4 juin 2020. Elle demande l'annulation du titre de recettes n° 17 émis pour le même montant le 14 décembre 2020, ainsi que la décharge de l'obligation de payer.
2. Lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre. Statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
3. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. (). / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () ".
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
5. Il résulte de l'instruction que la copie destinée à la SCI Janvier formant avis des sommes à payer rendu exécutoire le 14 décembre 2020 n'est pas signée et ne mentionne ni le nom, ni le prénom, ni la qualité de son auteur. La commune ne peut utilement soutenir que, dans le cadre de l'émission du précédent titre annulé, a été produit le bordereau des titres exécutoires émis le 16 décembre 2016 comprenant celui assujettissant la SCI Janvier à la participation au financement de l'assainissement collectif, signé d'un adjoint délégué du maire, ce dont elle ne justifie pas au demeurant. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces versées au dossier que la commune de Ternay a transmis à la société débitrice des documents contemporains du titre de recettes litigieux, émis plus de quatre ans après le précédent, permettant d'en identifier le signataire et sa qualité à la date d'émission. Dans ces conditions, la SCI Janvier est fondée à soutenir que le titre exécutoire émis le 14 décembre 2020 est irrégulier.
6. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin de statuer sur le second moyen portant sur la régularité de l'avis des sommes à payer, que la SCI Janvier est fondée à en demander l'annulation. En revanche, alors que la créance n'est pas prescrite, ses conclusions en vue de la décharge de l'obligation de payer la somme de 11 000 euros doivent être rejetées.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la SCI Janvier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société sur ce fondement.
DÉCIDE :
Article 1er : Le titre exécutoire n° 17 émis le 14 décembre 2020 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Janvier et à la commune de Ternay.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
K. A
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026