jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101535 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête n° 2101535, enregistrée le 4 mars 2021, Mme C E épouse A, représentée par Me Vernet (SCP Robin - Vernet), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 février 2020 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Rhône a rejeté son recours préalable contre la décision du 12 décembre 2017 mettant à sa charge un indu de prime d'activité d'un montant de 1 859,34 euros constitué pour la période du 1er décembre 2016 au 31 août 2017 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Rhône, à titre principal, de lui verser les sommes retenues sur le versement de ses prestations augmentées des intérêts au taux légal à compter de la date de chacune des retenues réalisées, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour Me Vernet de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'agent de la caisse d'allocations familiales ayant effectué le contrôle ne disposait pas d'un agrément et n'avait pas fait l'objet d'une assermentation ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la situation de reprise de vie commune invoquée par la caisse d'allocations familiales n'est pas établie pour la période en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête en soutenant qu'elle n'est pas fondée.
II) Par une requête n° 2101537, enregistrée le 4 mars 2021, Mme C E épouse A, représentée par Me Vernet (SCP Robin - Vernet), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 février 2020 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Rhône a rejeté son recours préalable contre la décision du 12 décembre 2017 mettant à sa charge un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 10 087,80 euros, constitué pour la période du 1er mars 2015 au 31 décembre 2017 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Rhône, à titre principal, de lui verser les sommes retenues sur le versement de ses prestations augmentées des intérêts au taux légal à compter de la date de chacune des retenues réalisées, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour Me Vernet de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'agent de la caisse d'allocations familiales ayant effectué le contrôle ne disposait pas d'un agrément et n'avait pas fait l'objet d'une assermentation ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la situation de reprise de vie commune invoquée par la caisse d'allocations familiales n'est pas établie pour la période en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête en soutenant qu'elle n'est pas fondée.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 29 décembre 2020.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Schmerber, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schmerber, vice-présidente,
- et les observations de Me Lulé, substituant Me Vernet, représentant Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été bénéficiaire de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement en tant que personne isolée avec trois enfants à charge depuis le 1er juin 2006, un quatrième enfant étant né en 2008. A l'issue d'un contrôle de sa situation réalisé le 15 juin 2017, la caisse d'allocations familiales du Rhône a considéré que Mme A avait repris une vie commune avec M. A depuis le 3 février 2015, situation qui n'avait jamais été déclarée. Par suite, le directeur de cet organisme a régularisé ses droits en intégrant les revenus de son époux dans les ressources du foyer et a levé la prescription biennale pour fraude. Par un courrier du 12 décembre 2017, la caisse d'allocations familiales lui a notifié un indu de prime d'activité de 1 859,34 euros au titre de la période du 1er décembre 2016 au 31 août 2017, ainsi qu'un indu d'aide personnalisée au logement de 10 087,80 euros au titre de la période du 1er mars 2015 au 31 décembre 2017. Par un recours administratif préalable du 6 février 2018, complété le 7 mars 2018, adressé à la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Rhône, Mme A a contesté le bien-fondé de ces indus. Ces demandes ont été rejetées par des décisions de la commission du 5 avril 2018 qui ont été annulées par un jugement du tribunal administratif de Lyon du 31 décembre 2019, lequel a enjoint à la caisse d'allocations familiales du Rhône de réexaminer la situation de la requérante. Par deux autres décisions du 20 février 2020, notifiées le 11 août 2020, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Rhône a confirmé le rejet dudit recours. Mme A demande l'annulation de ces dernières décisions.
2. Les requêtes n°s 2101535 et 2101537 portent sur les indus de prime d'activité et d'aide personnalisée au logement mis à la charge de la même allocataire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par le même jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne la régularité des indus de prime d'activité et d'aide personnalisée au logement :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 845-1 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 procèdent aux contrôles et aux enquêtes concernant la prime d'activité et prononcent, le cas échéant, des sanctions selon les règles, procédures et moyens d'investigation prévus aux articles L. 114-9 à L. 114-17, L. 114-19 à L. 114-22, L. 161-1-4 et L. 161-1-5 ". En outre, aux termes de l'article L. 351-12 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " Les informations nécessaires à l'appréciation des conditions d'ouverture, au maintien des droits et au calcul de l'aide personnalisée au logement, notamment les ressources, peuvent être obtenues par les organismes chargés du paiement de l'aide selon les modalités de l'article L. 114-14 du code de la sécurité sociale. () / Lorsque les informations ne peuvent pas être obtenues dans les conditions prévues au premier alinéa, les bénéficiaires, les demandeurs ou les bailleurs les communiquent par déclaration auxdits organismes. - Sous réserve des dispositions de l'article L. 353-11, le contrôle des déclarations des demandeurs ou des bénéficiaires de l'aide personnalisée au logement est assuré par le personnel assermenté des organismes et des services chargés du paiement de l'aide. Il peut également contrôler les déclarations des bailleurs, afin de vérifier notamment l'existence ou l'occupation du logement pour lequel l'aide personnalisée au logement est perçue. Les administrations publiques, notamment par application de l'article L. 152 du livre des procédures fiscales, sont tenues de communiquer à ce personnel toutes les pièces nécessaires à l'exercice de ce contrôle. ".
4. D'autre part, selon l'article L. 114-9 du code de la sécurité sociale, les directeurs des caisses d'allocations familiales " sont tenus, lorsqu'ils ont connaissance d'informations ou de faits pouvant être de nature à constituer une fraude, de procéder aux contrôles et enquêtes nécessaires. () ". Aux termes de l'article L. 114-10 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes de sécurité sociale confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ". Les conditions d'agrément des agents des caisses d'allocations familiales exerçant une mission de contrôle sont définies par un arrêté du ministre de la santé et de la protection sociale et du ministre de la famille et de l'enfance du 30 juillet 2004, qui renvoie aux dispositions de l'article L. 243-9 du code de la sécurité sociale en ce qui concerne les conditions d'assermentation.
5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles sur les déclarations des bénéficiaires du revenu de solidarité active sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.
6. Il résulte de l'instruction que Mme B D, qui a procédé au contrôle à l'origine des décisions attaquées et dont les nom et prénom sont apposés en fin du rapport d'enquête du 13 septembre 2017, en qualité de contrôleur assermenté, a été agréée pour exercer les fonctions d'agent de contrôle en matière de prestations familiales auprès de la caisse d'allocations familiales du Rhône par une décision du 12 avril 2017 et a prêté serment devant le tribunal de police de Lyon le 17 octobre 2016. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité du contrôle diligenté par la caisse d'allocations familiales du Rhône doit être écarté et les constatations que cet agent a pu ainsi relever lors de son contrôle ont valeur probante.
En ce qui concerne le bien-fondé des indus :
7. D'une part, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer () ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; () ". Selon l'article L. 842-7 du même code : () Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui, notamment, ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges. Lorsque l'un des membres du couple réside à l'étranger, n'est pas considéré comme isolé celui qui réside en France. ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 351-3 du code de la construction et de l'habitation alors applicable : " Le montant de l'aide personnalisée au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1. La situation de famille du demandeur de l'aide occupant le logement et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer. / 2. Les ressources du demandeur et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer () ". Aux termes de l'article R. 351-5 du même code : " Les ressources prises en considération pour le calcul de l'aide personnalisée [au logement] sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. Sont considérées comme vivant habituellement au foyer les personnes y ayant résidé plus de six mois au cours de l'année civile précédant la période de paiement prévue par l'article R. 351-4 et qui y résident encore au moment de la demande ou au début de la période de paiement. / Sont retenues les ressources perçues pendant l'année civile de référence. L'année civile de référence est l'avant-dernière année précédant la période de paiement prévue à l'article R. 351-4. () / II. - Les ressources prises en considération s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu d'après le barème, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu, ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () ".
9. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article L. 842-2 du code de la sécurité sociale s'agissant de la prime d'activité.
10. Il résulte de l'instruction que Mme A a bénéficié depuis 2006 de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement en déclarant vivre seule avec ses quatre enfants à charge. A la suite du contrôle au domicile de Mme A, un rapport d'enquête a été établi le 13 septembre 2017 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales. Il ressort de ce rapport que Mme A a repris une vie maritale avec son époux depuis le 3 février 2015, date à laquelle ce dernier a déclaré pouvoir être visité au domicile de la requérante dans le cadre d'un arrêt de travail. Si la requérante soutient que son ex-époux n'avait pas de résidence stable et que son adresse permettait à celui-ci de recevoir du courrier, il résulte de l'instruction, et particulièrement des termes du rapport d'enquête précité, que le bail, les quittances de loyer et la boîte aux lettres comportent leurs deux noms et que M. A est déclaré comme marié auprès de son employeur à la date de la décision contestée. En outre, pour la période en litige, M. A est déclaré à la même adresse que la requérante auprès des services fiscaux, de son employeur, de la caisse primaire d'assurance maladie et de sa banque. Si la déclaration de revenus de l'année 2017 de M. A mentionne une adresse à Vaulx-en-Velin, il ne s'agit que d'une adresse d'envoi, l'adresse d'imposition au 1er janvier 2017 étant celle de Mme A. Il résulte en outre des mentions de ce même rapport que M. et Mme A ont partagé des intérêts financiers, affectifs et matériels depuis 2006, dès lors qu'ils ont eu un enfant en commun en 2008, que la procédure de divorce n'a été engagée qu'à compter de 2018 et que Mme A a sollicité une pension alimentaire pour leurs quatre enfants qu'en 2016. La preuve des paiements en espèces du loyer ne permet pas d'établir que Mme A supporte seule cette charge. Enfin, les attestations produites, dont certaines établies par des voisins, sont insuffisamment circonstanciées et ne permettent pas d'infirmer les constatations effectuées par l'agent assermenté. De même, si Mme A se prévaut d'attestations précisant qu'elle s'occupe seule de la scolarité et de l'éducation des enfants du couple, ces seuls éléments ne permettent pas, à eux-seuls de contester utilement la reprise d'une vie commune entre Mme A et son ancien époux sur la période en litige. Par suite, les éléments exposés par la requérante ne permettent pas de remettre en cause le faisceau d'indices concordants exposé par la caisse d'allocations familiales du Rhône quant à la reprise d'une vie de couple durant la période en litige. Dans ces conditions, M. et Mme A doivent être regardés comme ayant repris, au cours de la période en litige, une vie de couple stable et continue, et comme constituant, par suite, un foyer au sens des dispositions du code de la sécurité sociale.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requêtes et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
12. Les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de la caisse d'allocations familiales du Rhône, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2101535 et 2101537 présentées par Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E épouse A et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La magistrate désignée,
C. SchmerberLa greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2101535 - 2101537
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026