mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101804 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL REFLEX DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant-dire droit du 2 décembre 2021, le tribunal administratif de Lyon, avant de statuer sur la requête présentée par M. A C tendant à la condamnation de la commune de Lamastre et du département de l'Ardèche à réparer les préjudices résultant de l'accident de la circulation dont il a été victime le 16 août 2018, a :
1°) déclaré la commune de Lamastre et le département de l'Ardèche responsables in solidum des conséquences dommageables de l'accident subi par M. C le 16 août 2018 ;
2°) ordonné la désignation d'un expert afin de :
1° - décrire en détail les lésions initiales, les modalités de traitement, en précisant le cas échéant les durées exactes d'hospitalisation et, pour chaque période d'hospitalisation, le nom de l'établissement, les services concernés et la nature des soins et les affections subies par M. C dans les suites de la chute survenue le 16 août 2018 et en indiquer la nature, le siège et l'importance ;
2° - recueillir les doléances de la victime et au besoin de ses proches et les transcrire fidèlement, l'interroger sur les conditions d'apparition des lésions, l'importance, la répétition et la durée des douleurs ;
3° - décrire l'état antérieur de la victime mais uniquement s'il est susceptible d'avoir une incidence directe sur les lésions ou leurs séquelles ;
4° - procéder contradictoirement à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime ;
5° - analyser dans un exposé précis et synthétique la réalité des lésions, la réalité de l'état séquellaire et l'imputabilité de certaines des séquelles aux lésions initiales dont se plaint notamment la victime en précisant l'incidence d'un état antérieur ;
6° - indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité d'exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle ;
7° - indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles et, en cas de déficit partiel, décrire le ou les niveaux de déficit et préciser leur durée ;
8° - fixer la date de consolidation et, en l'absence, dire à quelle date il conviendra de revoir la victime ;
9° - indiquer si, après la consolidation, la victime subit un déficit fonctionnel permanent et évaluer l'altération permanente d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles mentales ou psychiques en en chiffrant le taux, dire si des douleurs permanentes existent, décrire les conséquences de ces altérations permanentes et de ces douleurs sur la qualité de vie de la victime et préciser en quoi l'accident a eu une incidence sur cet état antérieur et décrire les conséquences ;
10° - dire si l'état de M. C a justifié la présence d'une tierce personne ; fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention ;
11° - décrire les soins futurs et les aides compensatoires au handicap éventuel en précisant la fréquence de leur renouvellement et donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (frais de logement et/ou de véhicule adapté, incidence professionnelle, souffrances endurées, préjudice esthétique et préjudice d'agrément) subis par M. C et, le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable à l'accident de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé.
Le rapport d'expertise a été déposé le 24 juin 2022.
Par un mémoire enregistré le 26 septembre 2022, M. A C, représenté par M B, demande au Tribunal :
1°) de condamner solidairement la commune de Lamastre et le département de l'Ardèche à lui verser, en réparation des préjudices qu'il a subis, la somme de 36 603 euros augmentée des intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2021 et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lamastre et du département de l'Ardèche solidairement une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
M. C soutient que :
- il a subi un préjudice résultant de son déficit fonctionnel temporaire évalué à 4 315 euros ;
- il a enduré des souffrances évaluées à 7 000 euros ;
- il a subi un préjudice esthétique temporaire évalué à 3 000 euros ;
- il subit un déficit fonctionnel permanent évalué à 6 400 euros ;
- il subit un préjudice esthétique permanent estimé à 2 000 euros ;
- il subit un préjudice d'agrément qui peut être évalué à 2 500 euros ;
- il a subi un préjudice financier résultant de dépenses de santé restées à sa charge d'un montant de 97,60 euros ;
- il a eu recours à l'aide d'une tierce personne pour un montant de 6 340 euros ;
- il a subi un préjudice financier résultant du remplacement de ses biens endommagés dans l'accident, pour un montant de 829,05 euros ;
- il a subi une perte de gains professionnels estimée à 1 596,39 euros ;
- il a dû exposer la somme de 172 euros pour se rendre à l'expertise diligentée par le tribunal.
Par un mémoire enregistré le 5 octobre 2022, la commune de Lamastre, représentée par la Selarl Abeille et associés (Me Pontier), conclut à ce que le tribunal ramène la demande indemnitaire à de plus justes proportions.
La commune de Lamastre soutient que :
- le déficit fonctionnel temporaire ne peut être indemnisé à un niveau supérieur à 2 219,38 euros ;
- les souffrances endurées peuvent être indemnisées à hauteur de 3 000 euros ;
- le préjudice esthétique temporaire peut être évalué à 500 euros ;
- le déficit fonctionnel permanent peut être évalué à 4 380 euros ;
- le préjudice esthétique permanent peut être indemnisé à hauteur de 700 euros ;
- le préjudice d'agrément n'est pas établi et ne peut donc être indemnisé ;
- les dépenses de santé restées à la charge de M. C ne sont pas établies ;
- le recours à une tierce personne ne peut être évalué à plus de 4 082 euros ;
- l'indemnisation du remboursement du casque n'est pas justifiée ;
- la réalité de la perte de gains professionnels n'est pas établie.
Par des mémoires enregistrés les 5 octobre et 8 novembre 2022, le département de l'Ardèche, représenté par la SELARL Reflex Droit Public (Me Bonicatto), conclut à titre principal au rejet des prétentions indemnitaires de M. C et à titre subsidiaire à ce qu'il y soit fait droit dans de plus justes proportions.
Il soutient que :
- le déficit fonctionnel temporaire ne peut être indemnisé à un niveau supérieur à 2 234,05 euros ;
- l'indemnisation des souffrances endurées est surévaluée ;
- le préjudice esthétique peut être évalué à 1 000 euros ;
- le déficit fonctionnel permanent doit être indemnisé dans de plus justes proportions ;
- le préjudice d'agrément n'est pas établi et ne peut donc être indemnisé ;
- les dépenses de santé restées à la charge de M. C ne sont pas établies ;
- le recours à une tierce personne ne peut être indemnisé à plus de 4 082 euros ;
- le préjudice résultant d'une perte de gains professionnels n'est établi ni dans son principe ni dans son quantum ;
- la perte alléguée des vêtements dont il est demandé l'indemnisation n'est pas établie ;
- le remplacement du casque de moto ne peut être indemnisé, ce casque appartenant à la société Immostep ;
- les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) sont irrecevables, faute de liaison préalable du litige et le mémoire n'ayant pas été signé par le directeur de la caisse primaire ;
- subsidiairement, les débours ne sont pas établis précisément et la CPAM du Puy-de-Dôme ne peut revendiquer le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion à son profit.
Par un mémoire enregistré le 25 octobre 2022, la caisse primaire d'assurances maladie (CPAM) du Puy-de-Dôme, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Ardèche, conclut à la condamnation du conseil départemental de l'Ardèche et de la commune de Lamastre à lui rembourser ses débours, à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion et à ce qu'une somme de 250 euros soit mise à la charge de ces deux collectivités en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a exposé la somme de 3 962,22 euros au titre de ses débours,
- elle peut prétendre au versement d'une somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale :
- l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soubié, première conseillère,
- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,
- et les observations de Me B, représentant M. C, ainsi que celles de Me Viguier, représentant la commune de Lamastre et celles de Me Bonicatto représentant le département de l'Ardèche.
Considérant ce qui suit :
1. Alors qu'il circulait en moto sur une route départementale sur le territoire de la commune de Lamastre le 16 août 2018, M. C a fait une chute. Par un jugement avant-dire droit du 2 décembre 2021, le tribunal n'a pas admis l'intervention de la société Immostep, a déclaré la commune de Lamastre et le département de l'Ardèche responsables solidairement du dommage et a ordonné la désignation d'un expert afin d'évaluer les préjudices de M. C. Ce dernier sollicite la condamnation solidaire de la commune de Lamastre et du département de l'Ardèche à lui verser la somme de 36 603 euros en réparation de ses préjudices. La caisse primaire du Puy-de-Dôme demande le versement d'une somme de 3 962,22 euros au titre de ses débours et de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les préjudices :
2. Il résulte de l'instruction qu'en raison de son accident du 16 août 2018, M. C a subi une fracture isolée de la malléole externe. Hospitalisé dans le service de chirurgie orthopédique, il a subi, le 16 août 2018, une ostéosynthèse, et a pu regagner son domicile le 18 août 2018. Le 3 juillet 2020, M. C a été hospitalisé en ambulatoire pour l'ablation de la plaque et des vis mises en place au niveau de la cheville. La date de consolidation de son état de santé a été fixée au 27 octobre 2020.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
3. En premier lieu, lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
4. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que l'accident du 16 août 2018 subi par M. C a occasionné pour ce dernier un besoin d'assistance par tierce personne, non spécialisée, à hauteur de trois heures par jour du 19 août 2018 au 30 octobre 2018. Par ailleurs, l'expert désigné par le tribunal a estimé que M. C a eu besoin d'une assistance de cinq heures par semaine du 1er novembre 2018 au 28 février 2019 puis du 4 juillet au 19 juillet 2020. Le coût moyen d'une telle assistance, compte tenu du salaire minimum interprofessionnel de croissance durant ces périodes, augmenté des charges sociales, doit être fixé au taux horaire de 14 euros pour cette aide non spécialisée, et doit être calculé sur la base de 412 jours par an pour tenir compte des congés payés annuels. Dans ces conditions, le préjudice subi par M. C résultant de l'assistance par tierce personne doit être fixé à la somme de 4 000 euros.
5. En deuxième lieu, M. C fait état d'un reste à charge pour l'acquisition de cannes hautes et d'une botte. A cet égard, il produit une feuille de soins faisant apparaître la somme de 97,60 euros au titre de ce reste à charge. Par suite, il y a lieu de fixer ce préjudice à la somme de 97,60 euros.
6. En troisième lieu, le requérant se prévaut du coût du remplacement des vêtements et chaussures portés lors de l'accident et qui ont été endommagés. Toutefois, la seule production de factures pour l'achat de produits présentés comme équivalents ne suffit pas à établir la réalité du préjudice, en l'absence de toute précision sur les vêtements et chaussures portés par le requérant le jour de l'accident. S'agissant du casque porté le 16 août 2018, la facture produite pour l'achat d'un casque équivalent porte la mention de la société de M. C. Il n'est ainsi pas établi qu'il aurait lui-même payé le nouveau casque, commandé en août 2018. Par suite, ce chef de préjudice ne peut être indemnisé.
7. En quatrième lieu, M. C fait état d'une perte de gains professionnels. Toutefois, ce préjudice n'est pas établi par les seuls documents fiscaux et comptables relatifs à l'année 2018 et en l'absence de tout élément venant corroborer les dires du requérant quant au développement de son activité. Ainsi, ce préjudice est hypothétique et ne peut être indemnisé.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
8. En premier lieu, M. C se prévaut du préjudice subi en raison de son déficit fonctionnel temporaire. Il résulte du rapport d'expertise établi par l'expert désigné par le tribunal que M. C a présenté un déficit fonctionnel total pendant quatre jours correspondant aux périodes d'hospitalisation, soit les 16 et 18 août 2018 puis le 3 juillet 2020, un déficit partiel de 30 % pour les périodes du 1er novembre 2018 au 28 février 2019 et du 4 juillet 2020 au 19 juillet 2020, de 15 % du 1er mars 2020 au 2 juillet 2020 et enfin de 10 % du 20 juillet 2020 au 26 octobre 2020, veille de la consolidation de son état. Au regard des différents taux et périodes précités, et en retenant un montant de 13 euros par jour, il sera fait une juste appréciation du préjudice résultant du déficit fonctionnel temporaire total et partiel de M. C en lui allouant la somme totale de 2 200 euros.
9. En deuxième lieu, M. C fait état des souffrances endurées à la suite de l'accident, en raison des interventions subies et durant sa convalescence. Il résulte de l'instruction que ces souffrances ont été évaluées par l'expert à 3 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à 3 500 euros.
10. En troisième lieu, le requérant fait état d'un préjudice esthétique en raison notamment du port d'une botte médicale. Il résulte de l'instruction que ce préjudice a été évalué à 2 sur une échelle de 7 pour la période du 19 août 2018 au 30 octobre 2018. Le préjudice esthétique permanent résultant de la cicatrice au niveau de la cheville d'une longueur de douze centimètres a été évalué par le rapport d'expertise à 2 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique en le fixant à 1 000 euros.
11. En quatrième lieu, M. C se prévaut du préjudice subi en raison de son déficit fonctionnel permanent, du fait d'une raideur de la cheville et une dysesthésie d'allure neuropathique avec adhérence cicatricielle en regard de la malléole, que le rapport d'expertise évalue à 4%. Compte tenu de l'âge du requérant à la date de la consolidation et du taux du déficit retenu par l'expert, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à 5 000 euros.
12. Enfin, M. C fait état d'un préjudice d'agrément, dès lors qu'il a dû arrêter la pratique de plusieurs sports en raison d'une appréhension à leur pratique compte tenu de sa blessure à la cheville. Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément établissant sa pratique sportive avant l'accident, laquelle n'est pas suffisamment établie par les seules déclarations qu'il a faites au médecin désigné par le tribunal. Par suite, ce chef de préjudice ne peut être indemnisé.
13. Il résulte de ce qui précède, que la commune de Lamastre et le département de l'Ardèche doivent être condamnés solidairement à verser à M. C la somme de 15 797,60 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2021, date demandée par le requérant. Ces intérêts seront capitalisés au 2 décembre 2022.
Sur les débours de la caisse primaire d'assurance maladie et l'indemnité forfaitaire de gestion :
14. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. Conformément à l'article 1346-3 du code civil, la subrogation ne peut nuire à la victime subrogeante, créancière de l'indemnisation, lorsqu'elle n'a été prise en charge que partiellement par les prestations sociales ; en ce cas, l'assuré social peut exercer ses droits contre le responsable, par préférence à la caisse subrogée. () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 susvisé : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 110 € et 1 114 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022. "
15. Le département de l'Ardèche soutient que le mémoire de la caisse primaire d'assurance maladie doit être écarté, faute d'avoir été signé par une autorité compétente. Toutefois, en vertu des dispositions combinées des articles R. 414-1 et R. 414-3 du code de justice administrative, lorsqu'une partie adresse au tribunal un mémoire ou des pièces par l'intermédiaire de l'application informatique dénommée Télérecours, son identification selon les modalités prévues pour le fonctionnement de cette application vaut signature par l'autorité compétente pour l'application des dispositions du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.
16. Si le département de l'Ardèche fait valoir que le contentieux indemnitaire n'a pas été lié par la caisse primaire d'assurance maladie, il résulte des dispositions citées au point 15 qu'aucune réclamation préalable n'est exigée des caisses primaires pour obtenir du tiers responsable, y compris lorsqu'il s'agit d'une personne publique, le remboursement des débours. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le département de l'Ardèche doit être écartée.
17. Au vu du récapitulatif produit par la caisse primaire qui établit suffisamment la réalité des débours, la caisse primaire a droit, au titre des prestations de suivi médical et de pharmacie à une somme de 3 962,22 euros. Il y a lieu de mettre à la charge, conjointement, de la commune de Lamastre et du département de l'Ardèche, le versement à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme de cette somme.
18. La caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme a droit, en application de l'arrêté en vigueur à la date de sa demande, à l'indemnité forfaitaire au taux de 1 114 euros. Il y a donc lieu de mettre cette somme à la charge solidaire de la commune de Lamastre et du département de l'Ardèche, à charge pour la caisse primaire de reverser cette indemnité à l'organisme national d'assurance maladie.
Sur les dépens et les frais liés au litige :
19. Les frais de l'expertise judiciaire ont été taxés et liquidés par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Lyon du 27 juillet 2022 à la somme de 1 250 euros, à laquelle il y a lieu d'ajouter la somme de 172 euros exposée par M. C pour se rendre à l'expertise. Dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre la somme de 1 422 euros à la charge définitive pour moitié de la commune de Lamastre et pour moitié du département de l'Ardèche.
20. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Lamastre et du département de l'Ardèche le versement à M. C d'une somme de 700 euros chacun au titre des frais d'instance. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme au titre de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Lamastre et le département de l'Ardèche sont condamnés solidairement à verser à M. C la somme de 15 797,60 euros (quinze mille sept cent quatre-vingt-dix-sept euros et soixante centimes). Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2021. Ces intérêts seront capitalisés au 2 décembre 2022.
Article 2 : La commune de Lamastre et le département de l'Ardèche sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme la somme de 3 962,22 euros (trois mille neuf cent soixante-deux euros et vingt-deux centimes).
Article 3 : La commune de Lamastre et le département de l'Ardèche sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme une indemnité de gestion d'un montant de 1 114 (mille cent quatorze) euros.
Article 4 : Les dépens d'un montant total de 1 422 (mille quatre cent vingt-deux) euros, sont mis à la charge définitive pour moitié de la commune de Lamastre et pour moitié du département de l'Ardèche.
Article 5 : La commune de Lamastre versera à M. C la somme de 700 (sept cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le département de l'Ardèche versera à M. C la somme de 700 (sept cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme en tant que pôle national RCT travailleurs indépendants, à la commune de Lamastre et au département de l'Ardèche.
Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
A-S. Soubié
La présidente,
V. Vaccaro-PlanchetLa greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026