jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2101942 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL FRANCOIS DUMOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mars 2021, Mme A C, représentée par la SELARL François Dumoulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 janvier 2020 par laquelle le maire de Lyon a refusé le renouvellement de son engagement contractuel ;
2°) de condamner la ville de Lyon à lui verser une indemnité de 8 000 euros, en réparation du préjudice causé par l'irrégularité de cette décision, et une indemnité de 1 000 euros, en réparation du préjudice causé par la méconnaissance du délai de prévenance attaché à sa qualité de travailleuse handicapée, ainsi que les intérêts ayant couru sur ces sommes à compter du 19 novembre 2020 ;
3) de mettre à la charge de la ville de Lyon le versement à son conseil d'une somme de 400 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, outre le versement d'une somme de 1 400 euros à son profit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- le refus de renouveler son contrat n'était justifié ni par l'intérêt du service, ni par sa manière de servir ; il est nécessairement entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et poursuit une fin étrangère à l'intérêt du service ;
- le préjudice causé par la souffrance liée à sa situation professionnelle doit être chiffré à 8 000 euros ;
- le délai de préavis prévu à l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 pour les travailleurs handicapés n'a pas été respecté, ce qui constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la ville de Lyon ;
- elle peut prétendre à ce titre à une indemnité de 1 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 5 mai 2022, la ville de Lyon conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 29 janvier 2020, notifiée à l'intéressée le 1er février suivant, sont irrecevables, pour avoir été enregistrées plus de deux mois après la notification de la décision d'admission à l'aide juridictionnelle ;
- cette décision, justifiée par les carences de l'intéressée dans sa manière de servir, n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de renouveler l'engagement contractuel de la requérante n'était dès lors pas fautif ;
- le lien de causalité entre les fautes invoquées et les préjudices allégués n'est pas établi.
Par ordonnance du 6 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 mai 2022.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 18 septembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991, portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de Mme Deniel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme B, représentant la ville de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, alors assistante de vie auprès d'élèves handicapés dans des écoles maternelles du 7ème arrondissement de Lyon, elle-même reconnue travailleuse handicapée, s'est portée candidate en juillet 2019 pour un recrutement sans concours d'agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM). Par un contrat conclu le 9 septembre 2019, elle a été recrutée par la ville de Lyon pour assurer les fonctions d'agent d'accompagnement de l'enfant, pour une période s'achevant le 31 décembre 2019. Par un contrat conclu le 15 janvier 2020, son engagement a été prolongé jusqu'au 12 février 2020. Toutefois, par une décision du 29 janvier 2020, le maire de Lyon l'a informée de ce que son engagement ne serait pas renouvelé au-delà du terme de ce second contrat. Par lettre datée du 17 novembre 2020, l'intéressée a saisi le maire de Lyon d'un recours gracieux contre cette décision et demandé le versement d'une indemnité. Le maire lui ayant opposé un refus par une décision du 21 janvier 2021, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 29 janvier 2020 et de condamner la ville de Lyon à l'indemniser.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ne saurait être déduit de la circonstance que la décision du 29 janvier 2020, qui n'entre dans aucune catégorie d'actes devant être motivés, n'énonce pas les motifs du refus de renouvellement du contrat de Mme C, que ce refus serait seulement fondé sur l'expiration de ce contrat, sans prise en compte de la manière de servir de l'agente, ni de l'intérêt du service. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la réponse au recours gracieux de Mme C, que la décision de ne pas renouveler son contrat est fondée sur un courriel du 9 janvier 2020 émanant de la responsable de proximité du secteur K2 couvrant l'école Parc Blandan où elle était affectée, selon lequel la requérante respectait le cadre de travail, les horaires et le protocole d'entretien, mais était brusque dans ses relations avec les enfants, qu'elle réveillait pendant leur temps de sieste ou tirait par le bras pour les forcer à l'accompagner, et a tenu devant eux des propos déplacés. Si Mme C produit une pétition émanant de membres du personnel en fonction dans l'école, et des attestations de trois professeurs des écoles témoignant de son respect des consignes et de son efficacité, cette pétition et ces attestations, rédigés en des termes généraux, ne contredisent pas les faits relatés par la responsable de proximité, dont la requérante ne conteste pas précisément la réalité. Dans ces circonstances, le moyen tiré de ce que la décision du 29 janvier 2020 serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. Dès lors, les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la ville de Lyon.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. En premier lieu, la décision portant refus de renouvellement du contrat de Mme C n'étant entachée d'aucune illégalité, la requérante n'est pas fondée à soutenir que ce refus est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de la ville de Lyon.
4. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 visé ci-dessus : " Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : - huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois () Ces durées sont doublées, dans la limite de quatre mois, pour les personnels handicapés mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail, dans la mesure où la reconnaissance du handicap aura été préalablement déclarée à l'employeur et dans des délais suffisants () ".
5. La ville de Lyon ne conteste pas qu'en l'espèce, la décision du 29 janvier 2020 n'a pas été notifiée au moins 16 jours avant le terme du contrat de Mme C. Toutefois, cette dernière, qui se borne à invoquer la méconnaissance des dispositions citées ci-dessus, n'établit pas que celle-ci lui aurait causé un préjudice. Elle n'est dès lors fondée à demander aucune indemnité à ce titre.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus font obstacle à ce que le tribunal mette à la charge de la ville de Lyon les sommes que Mme C et son avocat réclament au titre des frais exposés pour l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la ville de Lyon.
Copie en sera adressée à la SELARL François Dumoulin.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
M. Arnould, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
J. D
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026