mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2102071 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mars 2021, M. B A, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 janvier 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé que la somme de 3 000 euros qu'il a perçue au mois de mai 2018, au titre du premier versement du complément de l'indemnité de fidélisation en secteur difficile, ferait l'objet d'un remboursement par retenue sur son traitement, à partir du mois de mars 2021 et selon la quotité saisissable ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, aucune disposition ne conditionnant le versement du complément de fidélisation à l'agent ayant réussi le concours prévu au II de l'article 6 du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 à une affectation pendant une durée de huit années dans la région Ile-de-France ;
- dès lors que la décision, prise en mai 2018, de lui attribuer un complément de l'indemnité de fidélisation était légale, l'administration ne pouvait, sans méconnaître les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, en décider le retrait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant, la décision d'attribuer un complément d'indemnité à l'intéressé n'ayant pas été retirée ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 99-1055 du 15 décembre 1999 portant attribution d'une indemnité de fidélisation en secteur difficile aux fonctionnaires actifs de la police nationale ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale ;
- l'arrêté du 6 janvier 2011 fixant les montants forfaitaires de l'indemnité de fidélisation en secteur difficile attribuée aux fonctionnaires actifs de la police nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, président-rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Deniel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, gardien de la paix nommé dans la circonscription de sécurité publique de Boissy-Saint-Léger à l'issue de sa réussite au concours national à affectation régionale en Île-de-France, a bénéficié en mai 2018, au terme de sa première année d'affectation, du complément de l'indemnité de fidélisation en secteur difficile, d'un montant de 3 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article 1er du décret du 15 décembre 1999 portant attribution d'une indemnité de fidélisation en secteur difficile aux fonctionnaires actifs de la police nationale. Par une décision du 29 janvier 2021, l'adjointe au chef du bureau des rémunérations et des pensions de la préfecture de police de Paris l'a informé de ce que, compte tenu de sa mutation à la circonscription de sécurité publique du Gier à compter du 1er mars 2021, il devrait rembourser cette somme, par retenue sur son traitement, à partir du mois de mars 2021 et selon la quotité saisissable. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes du II de l'article 6 du décret visé ci-dessus du 23 décembre 2004, portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale : " II. - Les concours mentionnés au I peuvent être ouverts pour une affectation régionale en Ile-de-France. Les gardiens de la paix recrutés par un tel concours sont affectés dans cette région pendant une durée minimale de huit ans à compter de leur nomination en qualité de gardien de la paix stagiaire. / () ".
3. Aux termes de l'article 1er du décret visé ci-dessus du 15 décembre 1999, portant attribution d'une indemnité de fidélisation en secteur difficile aux fonctionnaires actifs de la police nationale : " Les fonctionnaires actifs de la police nationale peuvent bénéficier d'une indemnité de fidélisation en secteur difficile : / () Après la première, la sixième et la dixième année révolue de service continu en secteur difficile, les fonctionnaires du corps d'encadrement et d'application nommés à l'issue de la réussite au concours national à affectation régionale en Ile-de-France prévu par le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale peuvent bénéficier d'un complément d'indemnité de fidélisation. " Enfin, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 6 janvier 2011 fixant les montants forfaitaires de l'indemnité de fidélisation en secteur difficile attribuée aux fonctionnaires actifs de la police nationale : " Le montant du complément d'indemnité de fidélisation prévu au dernier alinéa de l'article 1er du décret du 15 décembre 1999 précité est fixé à 9 000 euros versé par tiers comme suit : / 3 000 euros à l'issue de la première année révolue de service continu ; / 3 000 euros à l'issue de la sixième année révolue de service continu ; / 3 000 euros à l'issue de la dixième année révolue de service continu. "
4. Il est constant qu'à la date à laquelle M. A a perçu la somme de 3 000 euros correspondant au complément d'indemnité de fidélisation servi à l'issue de sa première année révolue de service continu en Ile-de-France, il remplissait toutes les conditions pour bénéficier de ce complément d'indemnité. Il ne résulte d'aucune des dispositions des décrets des 15 décembre 1999 et 23 décembre 2004 que cet avantage financier puisse être légalement retiré au motif, retenu par l'administration dans la décision en litige, qu'en obtenant une mutation, son bénéficiaire a rompu son engagement de servir huit années dans la région Ile-de-France prévu par le décret du 23 décembre 2004. Une telle circonstance n'est de nature, le cas échéant, qu'à justifier que les deux autres parties du montant total du complément d'indemnité de fidélisation ne soient pas à l'avenir versées à l'agent. Si, pour fonder sa décision, le ministre de l'intérieur invoque en défense sa circulaire du 12 mai 2017, relative à l'attribution et au paiement de l'indemnité de fidélisation et du complément d'indemnité de fidélisation, selon laquelle " toute rupture de l'engagement durant cette période de huit ans, qui serait du fait de l'agent et quel qu'en serait le motif, entraînera le remboursement des sommes perçues au titre de ce complément d'indemnité de fidélisation ", une telle circulaire n'a pu légalement ajouter aux conditions posées par les dispositions réglementaires citées ci-dessus. Le requérant est donc fondé à soutenir que la décision en litige est entachée d'une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'illégalité et doit être annulée.
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, que le ministre de l'intérieur prenne une nouvelle décision sur la situation de M. A, afin que lui soient remboursées les sommes qui ont été prélevées sur son traitement pour la répétition de la somme de 3 000 euros correspondant à la première tranche du complément d'indemnité de fidélisation. En conséquence, il y a lieu d'enjoindre au ministre de procéder à cette mesure d'exécution, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros au profit de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision attaquée du 29 janvier 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de prendre une nouvelle décision sur la situation de M. A, afin que lui soient remboursées les sommes qui ont été prélevées sur son traitement pour la répétition de la somme de 3 000 euros, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
Mme Gagey, première conseillère,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le président-rapporteur, L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
J.-P. Chenevey N. Gagey
La greffière
F. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026