mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2102157 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 26 mars et le 29 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Philippe, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des années 2014, 2015 et 2016 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014, 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la proposition de rectification du 17 mai 2018 ne mentionne pas, au titre du droit de communication, l'identité et les coordonnées de chaque client contacté, la procédure mise en œuvre (droit de communication ou simple demande de renseignements), la date de mise en œuvre de la procédure, l'information obtenue, sa date et son support ; en conséquence la procédure d'imposition tirée de l'exploitation de ces demandes par droit de communication, ou par simple demande de renseignements, est irrégulière (BOFIP-BOI-CF-PGR-30-10 n°200) ;
- l'obligation de communication prévue à l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales n'a pas été respectée dès lors que les réponses obtenues des clients ne lui ont pas été communiquées ; (BOFIP-BOI-CF-PGR-30-10 n°210) ;
- le recours à la procédure d'évaluation d'office au titre des BIC des années 2015 et 2016 est irrégulier dès lors que la mise en demeure du 27 décembre 2017 ne mentionne pas la date à laquelle les documents réclamés auraient dû être déposés ou présentés, ni les textes législatifs en prescrivant le dépôt ou la production (BOI-CF-IOR-50-20) ; il aurait en conséquence dû bénéficier de toutes les garanties attachées à la procédure de rectification contradictoire et sa réponse réceptionnée le 26 juillet 2018, aurait dû être prise en compte dès lors que sa demande de prorogation de délais du 25 mai 2018 est valable ; il était en tout état de cause d'usage de répondre ainsi que le recommande la doctrine (BOFIP-BOI-CF-IOR-10-50 n°400) ; en l'absence de réponse à ses observations, l'imposition au titre IR/BIC, qui relève de la procédure contradictoire, est viciée ;
- les modalités de détermination de son bénéfice imposable ne sont pas conformes aux dispositions de l'article 38-2 du code général des impôts dès lors qu'il appartenait au service de déterminer le chiffre d'affaires imposable au titre de chaque exercice en fonction de la date de livraison des biens, ou le cas échéant de l'achèvement de la prestation pour les fournitures de services ; le service n'a procédé à aucune analyse de ce type puisqu'il a déterminé les chiffres d'affaires en fonction des crédits figurant sur ses comptes bancaires sans rechercher si ces encaissements correspondent à des livraisons de biens faites sur l'exercice ou à des prestations de service achevées sur l'exercice ; (BOI-CTX-DG-20-20-20) ;
- le régime micro-BIC est bien applicable au titre de l'année 2015 contrairement à ce qu'a retenu le service dès lors que l'article 50-0 du code général des impôts précise que l'exclusion prend effet à compter du 1er janvier de l'année qui suit celle de leur assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- le chiffre d'affaires des années 2014, 2015 et 2016 doit être diminué des acomptes qui constituent de simples flux de trésorerie d'un montant respectif de 8 333 euros, 36 085,34 euros et de 3 583,34 euros ;
- le service n'est pas fondé à remettre en cause le bénéfice de la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée dès lors que le droit applicable prévoit que les seuils d'application, pour bénéficier de la franchise, s'apprécient, non au regard des encaissements figurant sur les comptes bancaires, mais par rapport au montant hors taxe sur la valeur ajoutée correspondant aux livraisons de biens effectués ou aux prestations de service exécutées par un assujetti au cours de l'année (BOI-TVA-DECLA-40-10-10) ; il est en conséquence fondé à solliciter la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée de 21 116 euros au titre de l'année 2015 et de 9 867 euros au titre de l'année 2016 ;
- l'exigibilité de la taxe sur la valeur ajoutée grevant des ventes n'est pas constituée par l'encaissement du prix mais par la livraison du bien en application des dispositions de l'article 269 du code général des impôts ;
- la pénalité de 40 %, prévue à l'article 1728 1 b du code général des impôts, et appliquée aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2015 et 2016 est illégale dès lors que la mise en demeure de déposer la déclaration n'indique pas le délai limite de 30 jours, ni le texte prévoyant les conséquences en cas de retard (BOFIP-BOI-CV-IOR-50-20) ; en outre, la pénalité retenue au titre de l'année 2016 est également illégale dès lors que la mise en demeure, qui lui a été adressée, qui requérait la production d'une déclaration annuelle, n'est pas applicable puisqu'il était soumis au dépôt de déclarations mensuelles au vu de son chiffre d'affaires supérieur à 15 000 euros ;
- la pénalité de 40 %, prévue à l'article 1728 1 b du code général des impôts, et appliquée aux cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus des années 2015 et 2016 est illégale dès lors que la mise en demeure de déposer la déclaration n'indique pas le délai limite de 30 jours, ni le texte prévoyant les conséquences en cas de retard (BOFIP-BOI-CV-IOR-50-20) ; en outre, la pénalité retenue au titre de l'année 2015 est également illégale dès lors, ainsi qu'il a été dit plus haut, qu'il relevait alors du régime micro-BIC et qu'il n'était en conséquence pas tenu de déposer une déclaration.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 25 juin 2021 et le 24 février 2022, la directrice du contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées le 22 juin 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de substituer d'office aux pénalités prévues par le b du 1. de l'article 1728 du code général des impôts aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2015 et 2016, les pénalités prévues par le a du 1. du même article en raison de l'irrégularité de la mise en demeure du 27 novembre 2017 résultant de l'absence de mention de tout délai fixé pour le dépôt des déclarations.
L'administration a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public enregistrées le 28 juin 2022 dans lesquelles elle indique avoir procédé à un dégrèvement de 10 162 euros au titre des pénalités portant sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2015 et 2016 correspondant à la substitution du taux de 40 % initialement appliqué à celui de 10% et qu'il n'y a dès lors plus lieu à statuer à hauteur de ce dégrèvement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2017 à l'issue de laquelle des rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur le revenu lui ont été notifiées. Les rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2014, 2015 et 2016 ont été mises en œuvre selon la procédure de taxation d'office, celles portant sur les bénéfices industriels et commerciaux ont été réalisées dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire au titre de l'année 2014 et de celle de l'évaluation d'office au titre des années 2015 et 2016. Les rectifications en matière d'impôt sur le revenu, qui procèdent uniquement des rectifications catégorielles en bénéfices industriels et commerciaux, ont été mises en œuvre selon la procédure de rectification contradictoire au titre des années 2014 et 2015, et selon la procédure de taxation d'office au titre de l'année 2016. Les impositions supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur le revenu résultant de ces rectifications ont été respectivement mises en recouvrement le 11 octobre et le 31 décembre 2018. A la suite du rejet de sa réclamation préalable, M. A demande au tribunal la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des années 2014, 2015 et 2016 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de ces mêmes années.
Sur l'étendue du litige :
2. L'administration fiscale a prononcé le 28 juin 2022 par une décision postérieure à l'introduction de la requête un dégrèvement à titre gracieux à hauteur d'un montant de 10 162 euros au titre des pénalités portant sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2015 et 2016 auxquelles M. A a été assujetti au titre des années 2015 et 2016. Dans cette mesure, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin de décharge présentées par M. A.
Sur la procédure d'imposition :
3 En premier lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". L'obligation ainsi faite à l'administration fiscale d'informer le contribuable de l'origine et de la teneur des renseignements qu'elle a utilisés pour procéder à des rectifications a pour objet de permettre à celui-ci, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'administration demeure sans conséquence sur le bien-fondé de l'imposition s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu du contribuable, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
4. D'une part, il résulte des termes de la proposition de rectification du 17 mai 2018 que les impositions litigieuses ont été établies notamment après exercice du droit de communication du 27 novembre 2017 (réponse du 6 décembre 2017) concernant cinq comptes bancaires dont les numéros sont mentionnés ainsi que les trois organismes bancaires concernés en vue d'obtenir les relevés de ces comptes ainsi que les copies recto-verso des chèques. Cette proposition de rectification mentionne qu'un droit de communication a également été exercé, d'une part, auprès du site d'annonces en ligne " leboncoin " qui a révélé le dépôt de 41 annonces entre mars et décembre 2016 utilisant les identifiants et l'adresse courriel de son activité en nom propre pour permettre aux clients de le joindre, et d'autre part auprès de 21 fournisseurs précisément identifiés les 18 octobre 2017, 8 décembre 2017, 19 décembre 2017 et 27 décembre 2017. La proposition de rectification indique qu'un droit de communication exercé auprès de la SA Bertolit a révélé l'émission d'une facture du 22 février 2016 d'un montant de 6 000 euros en provenance de A Arts Kustoms, également annexée à la proposition de rectification. Enfin, si la proposition de rectification indique également sans autre précision que des droits de communication ou demandes d'informations ont été exercés auprès des émetteurs de chèques et de virements, il résulte des annexes 9 et 10 jointes à cette proposition de rectification, relatives à l'intégralité des sommes prises en compte par le service au titre de la reconstitution du chiffre d'affaires de M. A au titre des années 2015 et 2016, que celles-ci font précisément état, pour chacune d'elles, de l'identité des émetteurs de chèques ou de virements et de la nature du document ou de l'information obtenue par le service (facture ou objet de l'opération). Ces informations permettaient ainsi à M. A de discuter utilement la provenance des renseignements obtenus et de demander, ainsi qu'il l'a fait, que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Par suite, M. A a été suffisamment informé de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels l'administration s'est fondée pour établir l'imposition. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 76 B précité du livre des procédures fiscales doit être écarté
5. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'à la suite de sa demande du 2 juillet 2018, le service a communiqué à l'intéressé par courrier réceptionné le 18 juillet 2018, soit préalablement à la mise en recouvrement, les documents obtenus des établissements bancaires, des fournisseurs et des clients dans le cadre de ces divers droits de communication fondant les impositions en litige. Alors que l'administration indique en défense que cette communication de 617 pages comprenait les documents obtenus des établissements bancaires, des fournisseurs et des clients et produit l'accusé de réception de ce pli par l'intéressé du 18 juillet 2018, M A, qui ne conteste pas avoir été destinataire de ce pli, se borne à faire valoir dans la présente instance que celui-ci ne contenait pas les documents auprès de ses clients sans produire d'éléments établissant ses allégations et il ne démontre pas ainsi le caractère incomplet de cette communication, ni au demeurant qu'il aurait sollicité la communication des informations prétendument manquantes. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du second alinéa de l'article L. 76 B précité du livre des procédures fiscales doit être écarté
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales: " Peuvent être évalués d'office : 1° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales, ou des revenus d'exploitations agricoles imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53 A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal; () les dispositions de l'article L. 68 sont applicables dans les cas d'évaluation d'office prévus aux 1° et 2°". Aux termes de l'article 68 du code général des impôts : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. ".
7. Il résulte de l'instruction, que malgré deux mises en demeure du 27 novembre 2017, réceptionnées le 29 novembre 2017, au titre des bénéfices des années 2015 et 2016, M. A n'a pas déposé la déclaration n°2031 des résultats, ni les tableaux annexes, dans le délai de trente jours à compter de leur réception qui était alors imparti. Contrairement à ce que fait valoir le requérant, ces mises en demeure, formulées sur un imprimé 2116 et qui comportent en l'espèce les déclarations requises, les années et les services concernés ainsi que les textes applicables en matière de taxation et d'évaluation d'office, sont suffisamment précises alors même qu'elles ne mentionnent pas la date à laquelle ces documents auraient dû être déposés ou présentés, ni n'indiquent les textes législatifs ou règlementaires en prescrivant le dépôt ou la production. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir, au regard du moyen ainsi invoqué, que la procédure de taxation d'office pour les rectifications entreprises au titre des bénéfices industriels et commerciaux au titre des années 2015 et 2016 serait irrégulière.
8. En troisième lieu, si M. A se prévaut, s'agissant des rectifications opérées selon la procédure de rectification contradictoire, d'une demande du 25 mai 2018 tendant à la prorogation de 30 jours du délai de réponse à la proposition de rectification du 17 mai 2018, qui aurait accompagné un autre courrier dont le service a accusé réception, le requérant n'établit pas par les pièces produites la réception par le service de cette lettre de demande de prorogation du 25 mai 2018, dont il n'est notamment pas démontré qu'elle accompagnait une autre lettre réceptionnée par le service le 29 mai 2018.
9. En dernier lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des documentations référencées BOFIP-BOI-CF-PGR-30-10, BOI-CF-IOR-50-20 et BOFIP-BOI-CF-IOR-10-50 qui sont relatives à la procédure d'imposition.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
En ce qui concerne l'évaluation des bénéfices industriels et commerciaux des années 2014, 2015 et 2016:
10. Aux termes de l'article L 192 du livre des procédures fiscales dans sa version applicable : Lorsque l'une des commissions ou le comité mentionnés à l'article L. 59 est saisi d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission ou le comité. Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission ou du comité. La charge de la preuve des graves irrégularités invoquées par l'administration incombe, en tout état de cause, à cette dernière lorsque le litige ou la rectification est soumis au juge. Elle incombe également au contribuable à défaut de comptabilité ou de pièces en tenant lieu, comme en cas de taxation d'office à l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle en application des dispositions des articles L. 16 et L. 69. "
11. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes des propositions de rectification du 19 décembre 2017 et du 17 mai 2018, que le service a relevé que M. A, qui avait déclaré une activité permanente de peintre, sculpteur, tôlerie sous le nom commercial de " A Arts Kustoms " exercée sous le régime spécial des bénéfices non commerciaux et en franchise en base en matière de taxe sur la valeur ajoutée et a déclaré sa cessation d'activité au 31 décembre 2015 au cours des contrôles, qu'au regard des informations obtenues dans le cadre des droits de communication et des demandes d'information et de l'incapacité de M. A à justifier la source de ses revenus, son activité entrait de de plein droit dans le champ des bénéfices industriels et commerciaux et que les revenus encaissés sur ses différents comptes bancaires relevaient de cette catégorie. Après avoir constaté un défaut de présentation des pièces comptables et l'absence de comptabilité, le service a procédé à la reconstitution du chiffre d'affaires au titre des exercices 2014, 2015 et 2016 sur la base des crédits bancaires encaissés sur ses comptes bancaires à hauteur de la somme de 42 657 euros en 2014, de 177 720 euros hors taxe en 2015, et de 49 333 euros hors taxe en 2016.
12. En premier lieu, en se bornant à faire valoir qu'il appartenait au service de déterminer le chiffre d'affaires imposable au titre de l'exercice 2014 en fonction de la date de livraison des biens, ou le cas échéant de l'achèvement de la prestation pour les fournitures de services, et non sur la base des encaissements constatés sur ses comptes bancaires, l'intéressé, qui n'a produit aucune pièce comptable, ne démontre pas que la méthode de reconstitution de son chiffre d'affaires sur la base des recettes encaissées fausserait de manière significative l'évaluation de son chiffre d'affaires. Ainsi, M. A n'établit pas que la méthode de reconstitution de son chiffre d'affaires mise en œuvre par le service serait excessivement sommaire ou radicalement viciée.
13. En deuxième lieu, si M. A fait valoir que le chiffre d'affaires retenu au titre des années 2014, 2015 et 2016 devrait être corrigé de différents acomptes d'un montant respectif de 10 000 euros, 36 085,34 euros et 3 583,34 euros qui n'emportent pas la livraison de biens au sens de l'article 38-2 du code général des impôts, il ne produit aucune pièce justificative probante à l'appui de ses allégations de nature à remettre en cause l'évaluation de son chiffre d'affaires tel qu'opéré par le service.
14. En dernier lieu, M. A n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la documentation référencée BOI-CTX-DG-20-20-20 qui ne donne pas une interprétation différente de celle dont il a été précédemment fait application.
En ce qui concerne l'application du régime des micro-entreprises au titre de l'année 2015 :
15. D'une part, aux termes de l'article 50-0 du code général des impôts dans sa rédaction applicable au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2015 " 1. Sont soumises au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année de référence, respecte les limites mentionnées au 1° du I de l'article 293 B, s'il s'agit d'entreprises relevant de la première catégorie définie au dernier alinéa du présent 1, ou les limites mentionnées au 2° du même I, s'il s'agit d'entreprises relevant de la deuxième catégorie. Lorsque l'activité d'une entreprise se rattache aux deux catégories définies au dernier alinéa, le régime défini au présent article n'est applicable que si son chiffre d'affaires hors taxes global respecte les limites mentionnées au 1° du I dudit article 293 B et si le chiffre d'affaires hors taxes afférent aux activités de la 2e catégorie respecte les limites mentionnées au 2° du I du même article 293 B. Le résultat imposable, avant prise en compte des plus ou moins-values provenant de la cession des biens affectés à l'exploitation, est égal au montant du chiffre d'affaires hors taxes diminué d'un abattement de 71 % pour le chiffre d'affaires provenant d'activités de la 1re catégorie et d'un abattement de 50 % pour le chiffre d'affaires provenant d'activités de la 2e catégorie. Ces abattements ne peuvent être inférieurs à 305 €. () Le régime défini au présent article continue de s'appliquer jusqu'au 31 décembre de l'année au cours de laquelle le chiffre d'affaires hors taxes dépasse le montant mentionné au b du 1° du I de l'article 293 B, s'il s'agit d'entreprises relevant de la première catégorie définie au dernier alinéa du présent 1, ou le montant mentionné au b du 2° du même I, s'il s'agit d'entreprises relevant de la deuxième catégorie. Lorsque l'activité des entreprises se rattache aux deux catégories, ce régime continue de s'appliquer jusqu'au 31 décembre de l'année au cours de laquelle le chiffre d'affaires hors taxes global dépasse le montant mentionné au b du 1° dudit I ou le chiffre d'affaires hors taxes afférent aux activités de la deuxième catégorie dépasse le montant mentionné au b du 2° du même I. Pour l'application du présent 1, les entreprises relevant de la première catégorie sont celles dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fournir le logement, à l'exclusion de la location, directe ou indirecte, de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés, autres que ceux mentionnés aux 1° à 3° du III de l'article 1407. Les entreprises relevant de la deuxième catégorie sont celles qui ne relèvent pas de la première catégorie. 2. Sont exclus de ce régime : a. Les contribuables qui exploitent plusieurs entreprises dont le total des chiffres d'affaires excède les limites mentionnées au premier alinéa du 1, appréciées, s'il y a lieu, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de ce même 1 ; b. Les contribuables qui ne bénéficient pas des dispositions du I (1) de l'article 293 B. Cette exclusion prend effet à compter du 1er janvier de l'année qui suit celle de leur assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ; () ".
16. D'autre part, aux termes de l'article 293 B du code général des impôts : " I. - Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé : 1° Un chiffre d'affaires supérieur à : a) 82 200 € l'année civile précédente ; b) Ou 90 300 € l'année civile précédente, lorsque le chiffre d'affaires de la pénultième année n'a pas excédé le montant mentionné au a ; 2° Et un chiffre d'affaires afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, supérieur à : a) 32 900 € l'année civile précédente ; b) Ou 34 900 € l'année civile précédente, lorsque la pénultième année il n'a pas excédé le montant mentionné au a. II. - 1. Le I cesse de s'appliquer : a) Aux assujettis dont le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse le montant mentionné au b du 1° du I ; b) Ou à ceux dont le chiffre d'affaires de l'année en cours afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, dépasse le montant mentionné au b du 2° du I. 2. Les assujettis visés au 1 deviennent redevables de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations de services et les livraisons de biens effectuées à compter du premier jour du mois au cours duquel ces chiffres d'affaires sont dépassés. "
17. Il résulte de l'instruction que l'activité de M. A a généré un chiffre d'affaires reconstitué au titre de l'exercice clos en 2015 de 205 044 euros, excédant le seuil de 90 300 euros prévu au b) du I de l'article 293 B du code général des impôts pour bénéficier de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée. Toutefois, ainsi que le fait valoir le requérant, il résulte des dispositions précitées du cinquième alinéa du 1 de l'article 50-0 du code général des impôts et du b. du 2. du même article, dans leur version applicable au titre de l'année 2015, que le régime des micro-entreprises, qui a été appliqué par le service à la reconstitution de son chiffre d'affaires de l'année 2014, devait continuer à lui être appliqué jusqu'au 31 décembre de l'année au cours de laquelle son chiffre d'affaires hors taxes a dépassé le montant mentionné au b du 1° du I de l'article 293 B, soit jusqu'au 31 décembre 2015, et qu'il n'était exclu de ce régime qu'à compter du 1er janvier de l'année qui suit celle de leur assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée, soit le 1er janvier de l'année 2016. En conséquence, M. A est fondé à soutenir que sa base imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'année 2015 doit être déterminée selon le régime des micro-entreprises au lieu du régime simplifié d'imposition retenu à tort par l'administration.
18. En dernier lieu, M. A n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la documentation référencée BOI_CTX-DG-20-20-20 qui ne donne pas une interprétation différente de celle dont il a été précédemment fait application.
En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2015 et 2016:
19. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. () V. - 1° L'assujetti, agissant en son nom propre mais pour le compte d'autrui, qui s'entremet dans une livraison de bien ou une prestation de services, est réputé avoir personnellement acquis et livré le bien, ou reçu et fourni les services considérés ; ". Aux termes de l'article 269 du même code : 1 Le fait générateur de la taxe se produit : a) Au moment où la livraison, l'acquisition intracommunautaire du bien ou la prestation de services est effectué ; (). 2. La taxe est exigible : a) Pour les livraisons et les achats visés au a du 1 et pour les opérations mentionnées aux b et d du même 1, lors de la réalisation du fait générateur ; ()c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits. "
20. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit précédemment, que l'activité de M. A a généré un chiffre d'affaires reconstitué au titre de l'exercices clos en 2015 de 205 044 euros, excédant le seuil de 90 300 euros prévu au b) du I de l'article 293 B du code général des impôts pour bénéficier de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, le service a remis en cause le bénéfice de la franchise à partir du premier jour du mois suivant celui du dépassement du seuil au titre de l'année 2015, et au titre de l'intégralité de l'année 2016.
21. En premier lieu, en se bornant à faire valoir que le service a fait application des dispositions précitées de l'article 293 B du code général des impôts en appréciant son chiffre d'affaires hors taxe sur la base des encaissements figurant sur ses comptes bancaires, M. A, ainsi qu'il a été dit précédemment, n'établit pas que la méthode de reconstitution de son chiffre d'affaires mise en œuvre par le service serait excessivement sommaire ou radicalement viciée, ni que le service aurait en conséquence fait une application erronée des dispositions précitées en remettant en cause le bénéfice de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée.
22. En second lieu, si M. A conteste la méthode suivie pour déterminer les montants de rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige en faisant valoir que l'exigibilité de la taxe sur la valeur ajoutée grevant des ventes n'est pas constituée par l'encaissement du prix mais par la livraison du bien, il résulte de l'instruction que le service a pu à bon droit déterminer les rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée en litige sur la base des encaissements constatés sur les comptes bancaire de M. A en application des dispositions précitées du c) du point 2 de l'article 269 du code général des impôts.
Sur les pénalités restant en litige :
23. Aux termes de l'article 1728 du même code : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; ".
24. Il résulte de l'instruction que les droits établis par l'administration fiscale au titre de l'impôt sur le revenu des années 2015 et 2016 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2015 et 2016 ont été majorés de la pénalité de 40 % pour absence de dépôt de la déclaration après mise en demeure.
25. En premier lieu, il résulte de l'instruction que pour justifier l'application de la majoration de 40% au titre des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu de l'année 2015 résultant des rectifications effectuées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'année 2015, le service s'est fondé sur la circonstance que M. A n'a pas répondu à la mise en demeure qui lui a été adressée par courrier du 27 novembre 2017 de produire la déclaration n°2031 des résultats (impôt sur le revenu, BIC, régime simplifié et régime du bénéfice réel) ainsi que les tableaux n°2033 A à 2033 G. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. A relevait au titre de l'année 2015 du régime des microentreprises, et non du régime réel simplifié, et n'était en conséquence pas soumis au dépôt de la déclaration n°2031, ni à celui d'une liasse fiscale, ces revenus devant être déclarés uniquement sur la déclaration fiscale n°2042 que l'intéressé a effectivement déposée. Par suite, en l'absence de défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte au sens des dispositions précitées de l'article 1728 du code général des impôts, l'application de la majoration de 40 % aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu de l'année 2015 n'est pas justifiée et M. A est en conséquence fondé à en solliciter la décharge.
26. En deuxième lieu, s'agissant de la majoration de 40% au titre des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu de l'année 2016 résultant des rectifications effectuées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'année 2015, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 7, que la mise en demeure du 27 novembre 2017 était suffisamment précise, M. A ne pouvant utilement se prévaloir à ce titre, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations contenues dans la documentation administrative référencée sous le numéro BOI-CF-IOR-50-20 relative aux mentions de la mise en demeure dès lors que les exigences des mentions de la mise en demeure touchent à la procédure d'imposition et non à l'établissement des pénalités.
27. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que l'administration fiscale a prononcé le 28 juin 2022 par une décision postérieure à l'introduction de la requête un dégrèvement à hauteur d'un montant de 10 162 euros au titre des pénalités portant sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2015 et 2016 auxquelles M. A a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, ce dégrèvement correspondant à la substitution au taux de 40 % appliqué initialement et prévu par le b du 1. de l'article 1728 du code général des impôts à celui de 10% prévu par le a du 1 du même article. Par suite, dès lors qu'il est constant que M. A n'a pas déposé de déclaration de chiffre d'affaires au titre des années 2015 et 2016, c'est à bon droit que l'administration a appliqué la majoration de 10 % prévue au a du 1 de l'article 1728 du code général des impôts aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2015 et 2016, M. A ne pouvant utilement se prévaloir au titre des pénalités de 10% restant en litige de l'irrégularité de la mise en demeure du 27 novembre 2017.
28. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à solliciter, d'une part, à ce que son résultat imposable à l'impôt sur le revenu de l'année 2015 soit déterminé selon le régime des micro-entreprises prévu à l'article 50-0 du code général des impôts et à ce qu'il soit en conséquence déchargé en conséquence, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux à concurrence de cette réduction de la base imposable, et d'autre part, la décharge de la pénalité de 40 % dont ont été assorties ses cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015.
Sur les frais liés à l'instance :
29. Il n'y pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de M. A tendant à la décharge des pénalités mises à sa charge au titre des rappels de taxe sur la valeur ajoutée des années 2015 et 2016 pour un montant de 10 162 euros.
Article 2 : La base imposable à l'impôt sur le revenu de M. A dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'année 2015 est déterminée selon le régime des micro-entreprises prévu à l'article 50-0 du code général des impôts.
Article 3: M. A est déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux à concurrence de la réduction de la base imposable prononcée à l'article 2.
Article 4 : M. A est déchargé de la pénalité de 40 % dont ont été assorties les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice du contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026