mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2102282 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DE GAULLE FLEURANCE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2021, la société Signify France, représentée par Me Schmitt, demande au tribunal :
1°) la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à hauteur de la somme de 139 677 euros pour un ensemble immobilier dont elle est propriétaire situé 238 rue des Brotteaux à Miribel ;
2°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la taxe foncière au titre de l'année 2018 devait être établie en application des dispositions de l'article 1498 du code général des impôts visant les locaux professionnels dès lors que le site de Miribel ne pouvait plus être taxé en tant qu'établissement industriel au 1er janvier 2018 compte tenu de la cessation totale de son activité de production depuis le 22 décembre 2017 et que le démantèlement des installations ne permettait plus, de facto, une exploitation industrielle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Auvergne-Rhône Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2022 par une ordonnance du 26 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Collomb, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Signify France, anciennement Philips France, est propriétaire d'un ensemble immobilier, composé de 17 529 m² de bâtiments et de 4,5 ha de terrain, situé 238 rue des Brotteaux à Miribel, au sein duquel elle exploitait une activité de conception et de fabrication de solutions d'éclairages extérieurs distribués sous la marque Philips Lightning. La société requérante était alors assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Le 12 décembre 2018, la société a cédé ses locaux à la communauté de communes de Miribel et du Plateau avec laquelle elle a conclu un bail commercial pour l'occupation de locaux divers d'une superficie de 1 743 m² au sein de l'ensemble immobilier cédé afin d'y maintenir un service dédié par Signify France à la recherche-développement. Par une réclamation, en date du 23 décembre 2019, la société requérante a sollicité la réduction du montant de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 au motif qu'elle avait cessé toute activité de production sur le site depuis le 22 décembre 2017 et que le démantèlement des installations ne permettant plus, au 1er janvier 2018, date du fait générateur de l'imposition, une exploitation industrielle, il convenait donc de déterminer la valeur locative de ses locaux en fonction de la grille tarifaire applicable aux locaux commerciaux et professionnels autres qu'industriels prévue par l'article 1498 du code général des impôts en substitution de la méthode comptable de l'article 1499 du même code. A la suite du rejet de sa réclamation préalable par une décision en date du 1er février 2021, la société Signify France demande au tribunal de prononcer décharge de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à hauteur de la somme de 139 677 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge des impositions :
2. D'une part, aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties () est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1499 dudit code : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". Enfin, en application de l'article 1500 du code général des impôts : " Les bâtiments et terrains industriels sont évalués : 1° selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A ; 2° Selon les règles prévues à l'article 1499, lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan d'une entreprise qui a pour principale activité la location de ces biens industriels ; 3° Selon les règles fixées à l'article 1498, lorsque les conditions prévues aux 1° et 2° du présent article ne sont pas satisfaites ".
4. Revêtent un caractère industriel, au sens de ces dispositions, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre est prépondérant. Si la vacance, résultant de la cessation de l'activité industrielle, de ce local n'est pas de nature, par elle-même, à lui faire perdre son affectation industrielle, il n'en est pas de même si cette vacance est assortie de la disparition de tout moyen technique industriel, qui rend l'immeuble disponible pour une activité autre qu'industrielle.
5. En l'espèce, le constat d'huissier réalisé les 15, 23 et 30 novembre 2017, versé au débat par la société requérante, fait état de la présence de cartons, de matières plastiques, d'aluminium, de fer ou encore de composants électriques et d'ampoules destinés à être détruits ou recyclés et ces éléments permettent d'établir que des travaux de dépollution étaient alors en cours de réalisation sur le site. Le constat d'huissier dressé le 15 juin 2018 mentionne une occupation et une exploitation d'une surface réduite de 4 646 m² de locaux, sur une surface totale de 17 529 m², et signale que les locaux de production sont inexploités. Toutefois, ces documents n'établissent pas que les locaux litigieux étaient vides de tout moyen technique ou industriels à la fin de l'année 2017 et ainsi rendus disponibles pour une exploitation commerciale. Si la société Signify France soutient que le site de production était démantelés au 1er janvier 2018, il ressort de ses propres écritures que certaines installations techniques étaient maintenues à l'actif du bilan au 31 décembre 2017 pour un montant de 8,8 millions d'euros et la société requérante ne produit, à cet égard, aucun élément permettant de démontrer que la présence de ces installations était liée au maintien des activités de recherche et de développement alors, au demeurant, qu'elle reconnaît dans ses écritures l'existence d'un " délai de réalisation de leur cession effective à la suite de leur démantèlement ". Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a qualifié l'ensemble immobilier en cause d'industriel à la date du 1er janvier 2018 et l'a ensuite évalué selon la méthode comptable prévue par les dispositions de l'article 1499 du code général des impôts.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la société Signify France n'est pas fondée à demander la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Signify France est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Signify France et au directeur régional des finances publiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
C. Collomb
Le président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026