LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2102597

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2102597

mardi 31 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2102597
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantSELARL ANTELIS CAYRE CHAUVIRE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 avril 2021, le 21 février 2022 et le 23 février 2022, Mme B, représentée par Me Charnay, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner solidairement les sociétés J. Roche, Veolia Eau et GRDF à lui verser une indemnité de 618 740 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi en raison d'une explosion qui s'est produite le 28 février 2008 sur le cours Lafayette à Lyon ;

2°) à titre subsidiaire, de désigner avant-dire-droit un expert psychiatre chargé de décrire, d'évaluer et de chiffrer les préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux résultant de cette explosion ;

3°) de condamner avant-dire-droit les sociétés J. Roche, Veolia Eau et GRDF à lui verser une provision d'un montant de 100 000 euros ;

4°) de mettre les entiers dépens à la charge des sociétés J. Roche, Veolia Eau et GRDF ;

5°) de mettre solidairement à la charge des sociétés J. Roche, Veolia Eau et GRDF le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il existe un lien de causalité entre l'explosion qui a eu lieu le 28 février 2008 et les dommages qu'elle a subis ;

- les responsabilités sont partagées entre les sociétés défenderesses, ainsi que l'a jugé la cour d'appel de Lyon dans un arrêt du 14 janvier 2016 ;

- elle a subi des préjudices évaluables à hauteur de 660 euros pour le préjudice patrimonial temporaire, une perte de gains professionnels futurs à hauteur de 483 710 euros, un déficit fonctionnel temporaire de 8 570 euros, des souffrances endurées de 25 000 euros, un déficit fonctionnel permanent de 37 800 euros, un préjudice esthétique permanent de 3 000 euros, un préjudice sexuel de 10 000 euros et un préjudice d'angoisse de 50 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 novembre 2021 et le 3 mars 2022, la société GRDF, représentée par Me Lavagne d'Ortigue, conclut à titre principal au rejet de la requête, et à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise soit ordonnée, et à ce que les sociétés J. Roche et Veolia eau soient condamnées à concurrence d'un tiers chacune.

Elle soutient que :

- le lien de causalité entre les dommages invoqués et l'explosion n'est pas établi ;

- le rapport médical du 23 juillet 2014 n'est pas opposable, dans la mesure où l'expertise n'a pas été menée de manière contradictoire ;

- les conditions permettant d'octroyer une provision ne sont pas remplies.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, la société J. Roche, représentée par Me Ducrot (SCP Ducrot Associés DPA), conclut à titre principal au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise soit ordonnée et à ce que les sociétés GRDF et Veolia eau soient condamnées à la garantir des deux tiers de toute condamnation prononcée contre elle.

Elle soutient que :

- il n'existe pas de lien de causalité entre l'explosion du 28 février 2008 et les préjudices invoqués par la requérante ;

- à titre subsidiaire, une expertise devra être ordonnée pour déterminer les préjudices subis.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, la société Veolia Eau, représentée par le Selarl Antélis Cayre - Chauviré et Associés (Me Chauviré), conclut à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise soit ordonnée, et à ce que les sociétés J. Roche et GRDF soient condamnées à concurrence d'un tiers chacune.

Elle soutient que :

- le lien de causalité entre l'explosion et les préjudices invoqués par la requérante n'est pas établi ;

- l'état de santé de Mme B était dégradé avant l'explosion du 28 février 2008.

Par des mémoires, enregistrés les 10 février 2022 et 21 février 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône, représentée par la Selarl BdL avocats (Me Philip de Laborie), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner les sociétés J. Roche, Veolia Eau et GRDF à lui verser une indemnité de 417 374,87 euros au titre des prestations versées à Mme B, sous réserve des paiements à venir, assortie des intérêts au taux légal à compter du jugement ;

2°) de condamner les sociétés J. Roche, Veolia Eau et GRDF à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par le neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la santé publique ;

3°) de mettre à la charge des sociétés J. Roche, Veolia Eau et GRDF une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a exposé 417 374,87 euros au titre des prestations servies à Mme B, dont l'imputabilité aux soins est attestée par son médecin conseil, et dont elle a droit d'obtenir le remboursement en vertu de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Par une ordonnance du 23 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,

- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,

- et les observations de Me Lavagne d'Ortigue, représentant la société GRDF et celles de Me Kamkar, substituant Me Ducrot, représentant la société J. Roche.

Considérant ce qui suit :

1. Le 28 février 2008, vers 11 h 30, au droit de l'immeuble du 119 cours Lafayette à Lyon, la société Jean Roche, qui effectuait sous maîtrise d'ouvrage de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux, délégataire du service public de distribution d'eau potable de la communauté urbaine de Lyon, des travaux de remplacement de la canalisation desservant cet immeuble, a endommagé une conduite du réseau de distribution de gaz géré par la société Gaz réseau distribution France (GRDF), ce qui a occasionné une fuite de gaz au niveau de ce réseau. Vers 12 h 15, s'est produite à la suite de cette fuite une violente explosion qui a causé le décès d'un sapeur-pompier et les blessures de plusieurs personnes et a endommagé les immeubles environnants. Par un arrêt du 14 janvier 2016 devenu définitif, la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Lyon a reconnu les sociétés Jean Roche, Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et GRDF coupables des délits d'homicide involontaire et de blessures involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement et a déclaré comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître les prétentions des parties civiles tendant à l'indemnisation des dommages aux biens au motif que ces dommages trouvaient leur origine dans l'exécution de travaux publics.

2. Par une demande préalable du 11 mars 2021 adressée aux trois sociétés Jean Roche, Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et GRDF, Mme B a demandé l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait des troubles psychologiques que lui a causés cette explosion.

Sur la responsabilité :

3. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers en raison tant de leur existence que de leur fonctionnement. En cas de dommage accidentel causé à des tiers par une opération de travaux publics, la victime peut en demander réparation, même en l'absence de faute, soit au maître de l'ouvrage, soit à l'entrepreneur, soit à l'un et à l'autre in solidum. La mise en jeu de la responsabilité sans faute pour dommages de travaux publics présentant un caractère accidentel à l'égard d'une victime ayant la qualité de tiers par rapport à un ouvrage public ou à une opération de travaux publics est subordonnée à la démonstration par cette victime de l'existence d'un dommage directement en lien avec cet ouvrage ou cette opération. Les personnes mises en cause doivent alors, pour s'exonérer de leur responsabilité, établir que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure, sans que puisse utilement être invoqué le fait du tiers.

4. Il résulte des constatations de fait, qui sont le support nécessaire du dispositif de l'arrêt du 14 janvier 2016 de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Lyon et qui s'imposent au juge administratif avec l'autorité absolue de la chose jugée au pénal, que, le 28 février 2008, lors de l'exécution des travaux de remplacement de la canalisation d'eau en plomb desservant l'immeuble du 119 cours Lafayette par une canalisation en polyéthylène au moyen d'une technique sans ouverture de tranchée, dite extraction par traction, les préposés de la société Jean Roche ont tiré la canalisation en plomb au droit de cet immeuble. Sous l'effet de la traction, cette canalisation, qui n'observait pas un trajet rectiligne comme attendu mais cheminait en courbe dans le sol, a changé sa trajectoire puis a été bloquée par un morceau de béton. Une partie de la canalisation à remplacer, qui comportait un manchon réparé en polyéthylène, s'est alors pliée à l'endroit de cette réparation et a endommagé par fissure la conduite de moyenne pression du réseau public de distribution de gaz qui était située sous la canalisation d'eau. La fissure ainsi causée a provoqué une fuite de gaz qui a entraîné l'accumulation d'un volume important de gaz suivie d'une explosion dans les sous-sols des bâtiments du 119 et du 117 cours Lafayette.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport des quatre experts désignés par ordonnance du 27 mars 2008 du juge d'instruction du tribunal de grande instance de Lyon et du rapport de l'expert désigné par ordonnance du 13 mai 2008 du juge des référés du tribunal de grande instance de Lyon, que l'explosion de gaz survenue le 28 février 2008 a pour cause certaine et directe la fuite de gaz provoquée par la fissure apparue sur la conduite de moyenne pression (quatre bars) du réseau public de distribution de gaz naturel dont l'entretien et l'exploitation incombent à la société GRDF et que cette fissure a elle-même pour cause certaine et directe l'exécution, par la société Jean Roche et sous maîtrise d'ouvrage de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux, de travaux publics de remplacement de la canalisation d'eau potable desservant l'immeuble du 119 cours Lafayette. Dans ces conditions, se trouve engagée à l'égard des victimes de cette explosion, la responsabilité sans faute in solidum de la société Jean Roche, de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et de la société GRDF.

6. Il résulte de l'instruction que Mme B se trouvait au niveau des 132-134 cours Lafayette le 28 février 2008 à 12h15, dans un restaurant situé à une cinquantaine de mètres de l'explosion qui a eu lieu au niveau du 119 cours Lafayette, d'où elle avait été évacuée quarante-cinq minutes auparavant. La requérante, qui était à proximité immédiate du lieu de cet accident, a la qualité de tiers par rapport à l'ouvrage public que constitue le réseau public de distribution de gaz naturel et par rapport aux travaux publics précités. Il résulte de certificats médicaux des 5 et 28 mars 2008 que Mme B, dont le lieu de travail se situait au 119 cours Lafayette, a été placée en arrêt de travail moins d'une semaine après l'explosion, en raison d'un état de stress post-traumatique et d'anxiété réactionnelle liée à cet accident. Par ailleurs, Mme B a été prise en charge par la cellule médico-psychologique d'accompagnement des victimes de cette explosion, et la société Axa Iard, assureur de la société Jean Roche, a ordonné une expertise en 2010 puis en 2014 pour déterminer l'étendue de ses préjudices, et lui a accordé le 1er juillet 2020 une provision de 2 000 euros en l'attente de sa consolidation. Enfin, les expertises menées en 2010 et 2014, bien qu'elles n'aient été réalisées qu'à titre amiable, font état d'un déficit fonctionnel imputable à cet accident. L'ensemble de ces éléments sont de nature à établir la réalité du lien de causalité entre l'explosion intervenue le 28 février 2008 et les dommages invoqués par Mme B.

7. Toutefois, il résulte également de l'instruction que Mme B présentait des antécédents de troubles psychologiques, avant cet accident, à la suite notamment du décès de son père intervenu en 2007, qui l'a conduite à un important repli sur elle-même, et d'un précédent épisode dépressif, qui a eu lieu alors qu'elle était étudiante.

8. Dans ces circonstances, il y a lieu de considérer que l'explosion du 28 février 2008 a été à l'origine des troubles qu'elle invoque à hauteur de 25 %.

Sur le droit à indemnisation :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

9. Mme B se prévaut des pertes de revenus futurs occasionnées par l'explosion. Il n'est pas contesté que la requérante était employée comme orthopédiste dans le cadre d'un contrat à durée déterminée de quatre mois, qui prenait fin au mois de mars 2008. Elle a été placée en arrêt de travail du 5 mars 2008 au 2 janvier 2011, avant d'être placée en invalidité " 2ème catégorie " à compter du mois de janvier 2013. La requérante a par ailleurs été reconnue travailleur handicapé par une décision de la maison départementale des personnes handicapées du 8 mars 2017, pour la période du 8 mars 2017 au 31 mars 2020. Alors qu'une invalidité de 2ème catégorie n'entraîne pas nécessairement une inaptitude au travail et que la requérante n'apporte aucune précision quant à son parcours professionnel préalable à l'accident, le préjudice dont elle se prévaut doit être regardé comme ayant été réparé par l'attribution de la pension d'invalidité qu'elle perçoit depuis 2013.

10. La caisse d'assurance maladie du Rhône justifie avoir pris en charge au titre des prestations servies à Mme B, comprenant à la fois les dépenses de santé et le risque professionnel, notamment le versement à la requérante d'une pension d'invalidité mensuelle, à hauteur de 417 374,87 euros. La Caisse primaire d'assurances maladie peut donc prétendre, à la responsabilité retenue au point 8, au versement d'une somme de 104 343,72 euros, qui sera mise solidairement à la charge de la société Jean Roche, de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et de la société GRDF.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

11. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise de 2010, que l'état de santé de Mme B, née le 12 juillet 1961, a correspondu à un déficit fonctionnel temporaire partiel de 33% durant près de deux ans. Il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire subi en lui allouant une indemnisation de 2 000 euros.

12. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme B, présente à compter de la consolidation de son état de santé, fixé au 2 janvier 2011, un déficit fonctionnel permanent correspondant essentiellement à des séquelles d'ordre psychologique. Eu égard notamment au taux de 18 % retenu pour la détermination de sa pension d'invalidité, il sera fait une juste appréciation de son préjudice au titre de ce déficit fonctionnel permanent en l'évaluant à la somme de 15 000 euros.

13. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées, du fait du stress post-traumatique occasionné par l'explosion sur Mme B, de leurs suites en matière personnelle et professionnelle, évaluées en 2010 par l'expert à au moins 2/7, en les évaluant, dans les circonstances de l'espèce, à la somme de 3 000 euros. En revanche, si Mme B se prévaut également d'un préjudice d'angoisse, il ne résulte pas de l'instruction que celui-ci serait distinct des souffrances endurées.

14. En quatrième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique, du préjudice d'agrément et du préjudice sexuel, liés notamment à la situation d'isolement social de la requérante, en les évaluant à la somme de 2 000 euros.

15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, ni de verser une provision à la requérante, que les préjudices de Mme B s'élèvent à la somme de 22 000 euros. Compte-tenu de la part de responsabilité retenu au point 8 du présent jugement et eu égard à la somme de 2 000 euros déjà perçue de l'assureur Axa, elle est seulement fondée à demander que la somme de 5 000 euros lui soit versée. Cette somme sera mise solidairement à la charge de la société Jean Roche, de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et de la société GRDF.

Sur les intérêts :

16. La caisse primaire d'assurance maladie du Rhône a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité définie au point 10 du présent jugement à compter du 10 février 2022, date d'enregistrement de son mémoire au greffe du tribunal.

Sur les dépens :

17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des sociétés défenderesses les honoraires de l'expert ayant réalisé l'expertise amiable du 23 juillet 2014, correspondant à la somme de 660 euros.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

18. Aux termes du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. (). ". Selon l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L.376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023. ".

19. Il résulte de ces dispositions que la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône peut prétendre au versement d'un montant de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge solidaire de la société Jean Roche, de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et de la société GRDF.

Sur les frais liés au litige :

20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Jean Roche, de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et de la société GRDF une somme de 500 euros chacune au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

21. Il y a également lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Jean Roche, de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et de la société GRDF une somme de 500 euros chacune au titre des frais exposés par la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : Les sociétés Jean Roche, Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et GRDF sont condamnées à verser à Mme B une somme de 5 000 euros, dans les conditions fixées au point 16 du présent jugement.

Article 2 : Les sociétés Jean Roche, Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et GRDF sont condamnées à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône une somme de 104 343,72 euros, dans les conditions fixées au point 10 du présent jugement, somme assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 février 2022, ainsi que l'indemnité forfaitaire de gestion de 1 162 euros.

Article 3 : Les sociétés Jean Roche, Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et GRDF verseront à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône une somme de 500 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les sociétés Jean Roche, Veolia Eau - Compagnie générale des eaux et GRDF verseront à Mme B une somme de 500 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la société Jean Roche, à la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux, à la société GRDF et à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône.

Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Soubié, première conseillère,

Mme Boulay, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.

La rapporteure,

P. Boulay

La présidente,

V. Vaccaro-Planchet La greffière,

C. Delmas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions