mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2102769 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP RENAULT ET ASSOCIES - LAMARTINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 avril 2021, et un mémoire complémentaire, enregistré le 28 décembre 2021 et non communiqué, M. C A et Mme D B, représentés par le cabinet Lamartine Conseils, SCP O. Renault et associés, agissant par Me Hermant, demandent au tribunal :
1°) la décharge partielle à hauteur de 64 262 euros des cotisations d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux, et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les intérêts moratoires sur cette somme en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent :
- ils sont fondés à solliciter, sur le fondement du 12 de l'article 150-0 D du code général des impôts, l'imputation sur la plus-value réalisée en 2018 des pertes constatées suite à l'annulation de titres dans le cadre des procédures collectives des sociétés Saint Ferreol et associés, Vert Tige restos, Vert Tige Lyon Danton, Vert Tige Lyon Vaise, Michea traiteur, In Relief group à hauteur des sommes totales de 280 144,50 euros en 2012, 198 000 euros en 2013 et 50 000 euros en 2018 ;
- ils justifient de leur qualité d'associé au sein de ces diverses sociétés ainsi que des sommes investies ;
- s'agissant de la moins-value constatée suite à la liquidation amiable de la société Saint Ferréol et associés et du contexte dans lequel elle est intervenue, ses associés étaient dans une situation comparable à celle d'associés en procédure collective ; c'est d'ailleurs cette analyse que qui a été suivie par le service concernant un associé de M. A qui a été autorisé à considérer son investissement dans cette société comme une perte sur valeurs mobilières, reportables sur les plus-values de même nature.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A et Mme B ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2022 par une ordonnance du 2 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique ;
- les observations de Me Maurice de la SCP O. Renault et associés pour M. A et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Au titre de l'imposition des revenus de l'année 2018, M. C A et son épouse, Mme D B, ont été taxés sur une plus-value imposable de 212 933 euros. Par une réclamation réceptionnée le 9 juin 2020, M. A et Mme B ont sollicité la prise en compte de moins-values sur valeurs mobilières d'un montant total de 528 145 euros réalisée au titre des années 2012, 2013 et 2018 en vue de leur imputation sur la plus-value imposable réalisée en 2018, sur le fondement des dispositions du 12 de l'article 150-0-D du code général des impôts. A la suite du rejet implicite de leur demande, M. A et Mme B demandent la décharge partielle à hauteur de 64 262 euros des cotisations d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux, et de contribution sur les hauts revenus auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2018.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes du 12 de l'article 150-0-D du code général des impôts dans sa rédaction applicable au litige : " Les pertes constatées en cas d'annulation de valeurs mobilières, de droits sociaux, ou de titres assimilés sont imputables, dans les conditions mentionnées au 11, l'année au cours de laquelle intervient soit la réduction du capital de la société, en exécution d'un plan de redressement mentionné à l'article L. 631-19 du code de commerce, soit la cession de l'entreprise ordonnée par le tribunal en application de l'article L. 631-22 de ce code, soit le jugement de clôture de la liquidation judiciaire. (/)". Aux termes de l'article 74-0 G de l'annexe II au code général des impôts : " Pour l'application des dispositions des 12 et 13 de l'article 150-0 D du code général des impôts, les contribuables doivent joindre à la déclaration spéciale des plus-values prévue à l'article 74-0 F : a) Soit la copie d'un extrait d'un des jugements mentionnés au premier alinéa du 12 de l'article 150-0 D du code général des impôts ou au deuxième alinéa, en cas d'exercice de l'option prévue à cet alinéa, soit la copie de l'une des formalités assurant la publicité de ces jugements dans les conditions prévues à l'article R. 621-8 du code de commerce dont les dispositions sont applicables aux procédures de redressement judiciaire en vertu de l'article R. 631-7 du même code ; b) Une copie d'un document justifiant du nombre de titres détenus à la date du jugement ; c) Le montant des pertes constatées ainsi que les éléments nécessaires à leur détermination. ".
3. Il incombe au contribuable, qui sollicite l'imputation d'une moins-value subie à l'occasion d'une liquidation judiciaire sur une plus-value de même nature, de justifier de la réalité et du montant de cette dernière.
4. Il résulte de l'instruction que M. A et Mme B ont sollicité dans leur réclamation préalable réceptionnée le 9 juin 2020, sur le fondement des dispositions précitées de l'article 150-0 D du code général des impôts, l'imputation d'une somme totale de 528 145 euros sur la plus-value d'un montant de 212 933 euros réalisée au titre de l'année 2018, cette somme correspondant, selon leurs allégations, au total des pertes constatées dans le cadre de la mise en liquidation judiciaire de six sociétés dont ils étaient associés.
5. En premier lieu, M. A et Mme B demandent la prise en compte de pertes d'un montant de 230 000 euros suite à la liquidation judiciaire de la société Vert Tige Lyon Restos qui a été clôturée le 1er février 2012. Toutefois, les pièces produites, et notamment la feuille de présence de l'assemblée générale datée du 5 mai 2010 récapitulant le nombre d'actions détenus par les époux A ne permettent pas de justifier du nombre de titres effectivement détenus à la date du jugement de clôture de la liquidation judiciaire du 1er février 2012, ni en tout état de cause du montant des pertes alléguées.
6. En deuxième lieu, M. A et Mme B demandent la prise en compte de pertes d'un montant de 50 144,50 euros suite à la liquidation judiciaire de la société In-Relief Group qui a été clôturée le 16 mai 2012. Toutefois, les pièces produites par les requérants, et notamment l'attestation du 4 août 2020 de Me Bouskela-Elias, avocat, qui fait état d'un capital social inchangé depuis le 14 novembre 2008 à la date de la liquidation en contradiction avec les allégations des requérants selon lesquels ils ont acquis des parts supplémentaires dans cette société en 2009, ne permettent pas de justifier du nombre de titre détenus à la date du jugement de la clôture de la liquidation judiciaire du 16 mai 2012, ni en tout état de cause du montant des pertes alléguées.
7. En troisième lieu, M. A et Mme B demandent la prise en compte de pertes d'un montant respectif de 98 000 euros, 50 000 euros et 50 000 euros suite aux liquidations judiciaires des sociétés Michea Traiteur, Vert Tige Lyon Danton et Vert Tige Lyon Vaise. Toutefois, alors même que M. A et Mme B auraient investi des sommes dans ces sociétés, il résulte de l'instruction que les époux A ne détenaient aucune part de ces trois sociétés, qui étaient des filiales de la société Vert Tige Restos détentrice de la totalité des parts. Ils ne sont en conséquence pas fondés à solliciter l'imputation des pertes constatées de ces trois sociétés sur le fondement des dispositions précitées de l'article 150-0 D du code général des impôts.
8. En dernier lieu, M. A et Mme B demandent la prise en compte de pertes d'un montant de 50 000 euros suite à la mise en liquidation amiable de la société Saint Ferréol et associés intervenue en 2018. Toutefois, il résulte des dispositions précitées du 12 de l'article 150-0 D du code général des impôts que le bénéfice du régime d'imputation des pertes constatées lors d'annulation de valeurs mobilières, de droits sociaux ou de titres assimilés sur les plus-values de même nature est applicable notamment au cas d'une liquidation judiciaire de la société, et non à celui de sa liquidation amiable, quelle que soit le contexte dans lequel cette dernière est intervenue et sans qu'ils puissent utilement soutenir qu'un associé de M. A aurait été autorisé à regarder son investissement dans cette société comme une perte sur valeurs mobilières, reportables sur les plus-values de même nature.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A et Mme B ne justifient pas de pertes imputables sur la plus-value réalisée en 2018 et ne sont en conséquence pas fondés à demander la décharge partielle des cotisations d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux, et de contribution sur les hauts revenus auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2018.
Sur les intérêts moratoires :
10. En l'absence de litige né et actuel entre le comptable public et les requérants relatif au versement d'intérêts moratoires, les conclusions de la requête tendant au paiement de tels intérêts ne sont pas recevables et doivent être, en tout état de cause, rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et Mme D B et au directeur régional des finances publiques de la région Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026