mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2102985 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2021, M. A B, représenté par la société DBKM Avocats (Me Bapcérès), demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler :
- la décision du 14 octobre 2020 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a rejeté son recours administratif préalable contre d'une part, un indu de revenu de solidarité active " socle " d'un montant de 2 603,50 euros constitué sur la période du 1er avril 2015 au 31 octobre 2017 et, d'autre part, un indu de revenu de solidarité active " activité " d'un montant de 302,50 euros constitué sur la période du 1er mars 2015 au 31 juillet 2015 ;
- les décisions du 15 octobre 2020 par lesquelles la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé de lui accorder une remise de ses dettes de revenu de solidarité active " socle " et " activité " ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ces indus et d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Rhône de procéder à la restitution des sommes recouvrées en remboursement de ces indus ;
3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise de ses dettes ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Rhône et de la métropole de Lyon, chacun en ce qui le concerne, le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions attaquées méconnaissent l'article 6 de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques ;
- en l'absence de saisine de la commission de recours amiable, les décisions attaquées sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière ;
- la décision du 14 octobre 2020 est entachée d'incompétence et n'est pas signée, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle n'est pas motivée ;
- en refusant de statuer sur son recours administratif préalable, la caisse d'allocations familiales a entaché sa décision d'incompétence négative ;
- la caisse d'allocations familiales ne pouvait se fonder sur le rapport d'enquête pour mettre à sa charge les indus contestés dès lors que l'agent de la caisse d'allocations familiales chargé du contrôle n'était pas assermenté au sens des dispositions de l'article L. 114-9 du code de la sécurité sociale ;
- les faits à l'origine des indus ne sont pas établis et il n'a jamais cessé de remplir les conditions d'attribution du revenu de solidarité active ;
- compte tenu de sa bonne foi, de ce qu'il peut se prévaloir d'un droit à l'erreur et de la précarité de sa situation, il aurait dû bénéficier d'une remise de dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2021, la métropole de Lyon, représentée par la Selarl Carnot Avocats (Me Prouvez) conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 3 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
-et les observations de Me Rey, représentant la Métropole de Lyon.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a bénéficié du revenu de solidarité active " socle " et " activité " dans le département du Rhône à compter de 2015. A la suite d'un contrôle sur pièces, la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a, par une décision du 20 mars 2018, demandé le reversement d'une somme de 2 603,50 euros, correspondant à un indu de revenu de solidarité active " socle " constitué sur la période du 1er avril 2015 au 31 octobre 2017, et d'une somme de 302,50 euros, correspondant à un indu de revenu de solidarité active " activité " constitué sur la période du 1er mars 2015 au 31 juillet 2015. Par une réclamation du 12 mars 2020, M. B a contesté le bien-fondé de ces indus et a sollicité une remise de ses dettes. Par une décision du 14 octobre 2020, la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a rejeté sa contestation du bien-fondé des indus. Par des décisions du 15 octobre suivant, la même autorité a rejeté ses demandes de remise de dettes. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la métropole en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
3. D'une part, si la caisse d'allocations familiales du Rhône produit l'accusé de réception attestant de la notification de la décision du 20 mars 2018 au domicile de M. B, cet accusé de réception ne mentionne aucune date de distribution du pli à l'intéressé, de sorte que le délai de recours mentionné à l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'est pas opposable à l'intéressé. D'autre part, si la métropole de Lyon se prévaut d'un courrier du 23 octobre 2018, notifié le 25 octobre suivant, infligeant à l'intéressé une amende administrative qui mentionne qu'un " indu de RSA d'un montant initial de 11 043,14 euros portant sur la période d'avril 2015 à mai 2017 vous a été notifié ", ni le montant indiqué ni la période de constitution des indus ne correspondent à ceux notifiés dans la décision du 20 mars 2018 en litige. Dans ces conditions, la métropole de Lyon n'établit pas la date à laquelle la décision du 20 mars 2018 a été portée à la connaissance de M. B antérieurement à la présentation de son recours administratif préalable du 12 mars 2020. Par suite, la requête de M. B est recevable et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
En ce qui concerne la décision du 20 mars 2018 portant récupération d'un indu de revenu de solidarité active " activité " :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Ces dispositions sont applicables aux décisions prises par le président du conseil départemental ou par délégation de celui-ci et non à celles qui le sont, au nom de l'Etat, par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active. Ainsi, le recours administratif préalable qui s'exerce devant le président du conseil général ne s'applique pas aux décisions prises en matière de revenu de solidarité active " activité " prises au nom de l'Etat.
5. D'autre part, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
6. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le recours formé par M. B contre la décision du 20 mars 2018 relatif à un indu de revenu de solidarité active " activité " a le caractère d'un recours gracieux. Les conclusions de M. B, tendant à l'annulation de la décision du 14 octobre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales a rejeté ce recours gracieux doivent, par suite, être également regardées comme dirigées contre la décision initiale du 20 mars 2018 en tant que, par cette décision, la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a notifié un indu de revenu de solidarité active " activité " d'un montant de 302,50 euros pour la période du 1er mars 2015 au 31 juillet 2015.
7. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° () imposent des sujétions. () ". Selon l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". La décision par laquelle une caisse d'allocations familiales procède à la récupération des sommes indument versées au titre du revenu de solidarité active " activité " est au nombre des décisions imposant une sujétion et devant, par suite, être motivée en application de ces dispositions.
8. Il résulte de l'instruction que, par la décision contestée du 20 mars 2018, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Rhône a demandé à M. B le reversement d'une somme de 302,50 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active " activité " constitué sur la période du 1er mars 2015 au 31 juillet 2015. Si cette décision mentionne les circonstances de fait sur lesquelles elle se fonde, elle ne comporte aucune motivation en droit et notamment aucune référence aux articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation et à en demander, pour ce motif, l'annulation.
En ce qui concerne le surplus des conclusions :
S'agissant des moyens communs aux décisions attaquées :
1. En premier lieu, si le requérant soutient que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article 6 de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques dès lors qu'il avait informé la caisse d'allocations familiales du Rhône de ce qu'il avait élu domicile chez son conseil pour les besoins de la procédure, les conditions dans lesquelles une décision est notifiée sont sans influence sur sa légalité. Le moyen doit, par suite, être écarté comme inopérant.
2. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée. ".
3. D'une part, s'agissant de la décision du 20 mars 2018, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 que le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de saisine de la commission de recours amiable doit être écarté comme inopérant.
4. D'autre part, la consultation préalable de la commission de recours amiable en matière de contestations relatives au revenu de solidarité active est prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles sauf lorsque la convention de gestion conclue entre la caisse d'allocations familiales et le département en dispose autrement, en application de l'article R. 262-89 précité du même code. Les dispositions susmentionnées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles ne font pas obstacle à ce qu'une convention de gestion exclut la consultation de la commission de recours amiable. En l'espèce, en vertu de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 1er juillet 2016 entre la métropole de Lyon et la caisse d'allocations familiales du Rhône, les contestations relatives au bien-fondé de l'indu sont dispensées d'un avis de la commission de recours amiable. Par suite M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du 14 octobre 2020 en tant qu'elle rejette sa contestation du bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active " socle " d'un montant de 2 603,50 euros est entachée d'un vice de procédure faute pour la commission de recours amiable d'avoir été régulièrement saisie.
S'agissant de la décision du 14 octobre 2020 en tant qu'elle rejette le recours relatif au bien-fondé d'un indu de revenu de solidarité active " socle " :
5. En premier lieu, la caisse d'allocations familiales du Rhône fait valoir, sans être contredite, que la décision du 14 octobre 2020, qui comporte les nom, prénom et fonction de son auteur, a été signée électroniquement par Mme C D, directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doivent, par suite, être écartés.
6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que, par la décision contestée du 14 octobre 2020, la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a rejeté la réclamation formée par M. B le 12 mars 2020 comme étant tardive. Cette décision mentionne les circonstances sur lesquelles elle se fonde. Alors que la décision initiale du 20 mars 2018, à laquelle la décision du 14 octobre 2020 faisait expressément référence, avait informé M. B de ce qu'une contestation du motif de la dette de revenu de solidarité active devait être soumise au directeur de la caisse d'allocations familiales dans un délai de deux mois, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait entachée d'une insuffisance de motivation. Le moyen doit, par suite, être écarté.
7. En troisième lieu, En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a statué sur son recours administratif formé le 12 mars 2020 et l'a rejeté comme étant tardif, de sorte qu'elle n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence. Le moyen tiré de l'incompétence négative doit, par suite, être écarté comme inopérant.
8. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que l'agent chargé du contrôle a reçu un agrément par une décision du 8 juillet 2013 et a prêté serment le 16 novembre 2012 devant le tribunal d'instance de La Roche-sur-Yon. Dès lors, le moyen tiré de ce que cet agent n'était pas agréé et assermenté manque en fait et doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L. 262-4 de ce code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : () 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : a) Aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux apatrides et aux étrangers titulaires de la carte de résident ou d'un titre de séjour prévu par les traités et accords internationaux et conférant des droits équivalents ; b) Aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 262-9, qui doivent remplir les conditions de régularité du séjour mentionnées à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale ; () 4° Ne pas être en congé parental, sabbatique, sans solde ou en disponibilité. Cette condition n'est pas applicable aux personnes ayant droit à la majoration mentionnée à l'article L. 262-9. ". Aux termes de l'article L. 262-5 dudit code : " Pour être pris en compte au titre des droits du bénéficiaire, le conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité du bénéficiaire doit remplir les conditions mentionnées aux 2° et 4° de l'article L. 262-4. Pour être pris en compte au titre des droits d'un bénéficiaire étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, les enfants étrangers doivent remplir les conditions mentionnées à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale. ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ".
10. M. B était connu des services de la caisse d'allocations familiales du Rhône comme étant marié et père de deux enfants nés en 2004 et 2006. Ses droits au revenu de solidarité active ont été ouverts en 2015 sur la base d'une déclaration dans laquelle il a indiqué, que l'ensemble des membres de sa famille résidaient au sein de son foyer, depuis le 1er septembre 2015 pour les enfants et depuis le 1er décembre 2015 pour son épouse. Il résulte toutefois de l'instruction qu'à la suite d'un échange d'informations avec la direction de la citoyenneté, de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Rhône, la caisse d'allocations familiales a été informée de ce que Mme B et ses deux filles résidaient en Turquie depuis 2014. M. B a adressé, le 13 décembre 2017, une attestation sur l'honneur à la caisse d'allocations familiales selon laquelle son épouse et ses deux enfants vivaient en Turquie pour l'année scolaire 2017-2018. Le contrôle sur pièces diligenté par la caisse d'allocations familiales du Rhône a également révélé que l'enfant du requérant né en 2004 était en Turquie entre les mois de mars et octobre 2015, et depuis juillet 2016, que son enfant né en 2006 était en Turquie depuis septembre 2016 et que ces deux enfants y étaient scolarisés dès l'année scolaire 2016-2017. En se bornant à soutenir que la caisse d'allocations familiales n'établit aucun grief de nature à justifier l'indu, M. B n'en conteste pas sérieusement le bien-fondé. Dans ces conditions, la caisse d'allocations familiales a pu légalement considérer que, sur la période en litige, les enfants de M. B ne vivaient pas habituellement au foyer de l'intéressé et mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active " activité " d'un montant de 302,50 euros pour la période comprise entre le 1er mars 2015 et le 31 juillet 2015.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 20 mars 2018 en tant qu'elle met à sa charge un indu de revenu de solidarité active " activité ", ensemble la décision du 14 octobre 2020 en tant qu'elle rejette sa réclamation préalable formée à l'encontre de cet indu. Compte tenu de la nature de la décision annulée, il n'y a pas lieu de prononcer la décharge demandée.
Sur les conclusions à fin de remise des dettes :
12. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
13. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active " socle " et " activité ", il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
14. Ainsi qu'il a été dit précédemment, les indus de revenu de solidarité active " socle " et " activité " mis à la charge de M. B ont pour origine l'absence de déclaration, par l'intéressé, de la résidence à l'étranger de son épouse et de ses deux enfants. Compte tenu de la nature des informations non déclarées et du caractère réitéré de cette omission, celle-ci procède d'un manquement délibéré de la part de M. B à ses obligations déclaratives et présente le caractère de fausse déclaration au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles faisant obstacle à ce que l'autorité administrative accorde une remise de ses dettes, malgré la précarité alléguée de sa situation. Par suite, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 15 octobre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé de lui accorder une remise de ses dettes de revenu de solidarité active " socle " et " activité ". Ses conclusions à fin d'annulation ainsi que celles tendant à ce que le tribunal lui accorde le bénéfice d'une telle remise ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Lorsque tout ou partie de l'indu de prime d'activité a été recouvré avant que le caractère suspensif du recours n'y fasse obstacle, il appartient au juge, s'il est saisi de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de rembourser la somme déjà recouvrée, ou s'il décide de prescrire cette mesure d'office, de déterminer le délai dans lequel l'administration, en exécution de sa décision, doit procéder à ce remboursement, sauf à régulariser sa décision de récupération si celle-ci n'a été annulée que pour un vice légalité externe.
16. Eu égard au motif d'annulation de la décision du 20 mars 2018 mettant à la charge de M. B un indu de revenu de solidarité active " activité " d'un montant de 302,50 euros pour la période du 1er mars 2015 au 31 juillet 2015, et du rejet de son recours gracieux contre cette décision, il y a seulement lieu d'enjoindre à l'administration de rembourser au requérant les sommes déjà recouvrées au titre de cet indu dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, sauf pour la caisse d'allocations familiales du Rhône à régulariser dans ce délai sa décision de récupération.
17. Le surplus des conclusions à fin d'injonction présentées par M. B ne peut en revanche, eu égard aux motifs du présent jugement, qu'être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 20 mars 2018 mettant à la charge de M. B un indu de revenu de solidarité active " activité " d'un montant de 302,50 euros pour la période du 1er mars 2015 au 31 juillet 2015, ainsi que la décision du 14 octobre 2020 en tant qu'elle rejette son recours gracieux formé contre cette décision, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales du Rhône de rembourser à M. B les sommes éventuellement déjà recouvrées au titre de cet indu de revenu de solidarité active " activité ", dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir, si dans ce délai elle n'a pas régularisé sa décision de récupération.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la métropole de Lyon et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La magistrate désignée,
V. ELa greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne au préfet du Rhône et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, chacun en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026