mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2103340 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2021, Mme B C épouse A D, représentée par la SELARL Bescou et Sabatier avocats associés, agissant par Me Sabatier, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 6 000 euros en réparation de ses troubles dans les conditions d'existence, somme à parfaire au jour du jugement à venir ou du rendez-vous fixé par le préfet pour déposer sa demande de titre de séjour.
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'administration a commis une faute engageant sa responsabilité en ne lui fixant pas de rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour plus de quatre mois après sa demande de rendez-vous du 2 juillet 2020 et des multiples relances qui ont suivi ;
- cette faute est à l'origine de troubles dans ses conditions d'existence estimés à 1 000 euros par mois, soit 6 000 euros à ce jour augmenté de 1 000 euros par mois à parfaire au jour de la liquidation de son préjudice.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 25 avril 2022 par ordonnance du 1er avril 2022.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme C épouse A D a été rejetée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 27 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique ;
- les observations de Me Guillaume de la SELARL Bescou et Sabatier avocats associés pour Mme C épouse A D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C épouse A D, ressortissante tunisienne née le 10 octobre 1975, a saisi le préfet du Rhône le 2 juillet 2020 d'une demande de rendez-vous, suivie de multiples relances restées vaines, pour le dépôt de sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant tunisien titulaire d'une carte de résident. Mme C épouse A D demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 6 000 euros, à parfaire, à raison de ses troubles dans les conditions d'existence résultant de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger, âgé de plus de dix-huit ans ou qui sollicite un titre de séjour en application de l'article L. 311-3, est tenu de se présenter, à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture, pour y souscrire une demande de titre de séjour du type correspondant à la catégorie à laquelle il appartient () ". Aux termes de l'article R. 311-2-1 du même code : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné(e) à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 311-13-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, des empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 611-1. ". Aux termes de l'article R. 311-2-1 dudit code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité et, le cas échéant, de ceux de son conjoint, de ses enfants et de ses ascendants. ". Aux termes de l'article R. 311-4 de ce code : " Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce récépissé est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 311-10, de l'instruction de la demande () ".
3. Aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.
4. Il résulte de l'instruction que Mme C, entrée en France selon ses déclarations le 25 mars 2016, a fait l'objet le 8 août 2017 d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La demande de regroupement familial présentée par son époux a fait l'objet le 30 mai 2018 d'un rejet au motif que l'intéressée était présente irrégulièrement sur le territoire français. Elle a sollicité le 2 juillet 2020 un rendez-vous pour le dépôt d'une " première demande de titre " au titre de sa vie privée et familiale.
5. Si Mme C soutient qu'elle n'a pu obtenir de rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour en dépit de multiples relances, il résulte de l'instruction que ce rendez-vous visant à lui permettre de déposer sa demande est finalement intervenu en cours d'instance le 14 décembre 2021 et, qu'après examen de sa demande, le préfet du Rhône lui a délivré le 24 février 2022 une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme C fait en outre valoir que la carence de l'administration l'a plongée dans une situation de fragilité et d'angoisse compte tenu de l'impossibilité de bénéficier d'un document provisoire de séjour la protégeant contre une mesure d'éloignement et de la situation de blocage dans ses démarches que cette situation a généré alors qu'elle vit en France depuis l'année 2016 et qu'elle a trois enfants mineurs. Toutefois, l'intéressée, qui se maintenait irrégulièrement en France depuis plus de quatre ans ans lors de sa demande initiale de rendez-vous du 2 juillet 2020, ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations de nature à établir que le retard avec lequel l'administration lui a donné un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour aurait effectivement généré les troubles dans ses conditions d'existence allégués.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme C doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1 : La requête de Mme C épouse A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A D et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026