mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104271 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LOPEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 7 juin et 16 septembre 2021 et les 17 janvier et 10 mars 2022, Mme A B, représentée par Me Lopez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme totale 33 100,33 euros, outre intérêts, en réparation des préjudices qu'elle a subis en sa qualité d'agente de l'administration pénitentiaire ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de faire cesser le préjudice financier qu'elle subit en prenant un arrêté de classement conforme à sa situation et en régularisant sa situation financière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'injonction qu'elle a présentées, qui constituent l'accessoire de ses conclusions principales, sont par suite recevables ;
- l'Etat a commis plusieurs fautes qui lui ouvrent un droit à indemnité ; en effet :
. elle a subi des agissements constitutifs d'un harcèlement moral, qui ont eu pour objet et pour effet d'entraîner une dégradation de ses conditions de travail, d'altérer sa santé physique et morale et de compromettre son avenir professionnel ; délibérément, l'administration a refusé de respecter les prescriptions du médecin du travail et l'a affectée sur des horaires de travail atypiques ; à de multiples reprises, elle a changé son planning de travail sans l'avertir ; des jours de congé annuel ont été illégalement supprimés en raison de ses arrêts de travail pour maladie ; l'administration a émis un avis défavorable à la reconnaissance de l'accident de service qu'elle a subi le 20 février 2020 ; elle a tardé à lui communiquer son dossier individuel ; elle s'est acharnée à vouloir prononcer son licenciement sans aucune raison valable ; enfin, elle l'a maintenue en position irrégulière en tardant à la titulariser, sans l'informer sur sa situation ;
. l'ensemble de ces agissements sont également constitutifs de fautes de l'administration dans la gestion de sa carrière ;
. en laissant perdurer une situation de harcèlement moral et en ne respectant pas les préconisations du médecin de prévention sans raison valable, l'administration a méconnu l'obligation de protection des agents publics ;
. la décision du 29 juillet 2019 par laquelle la garde des sceaux, ministre de la justice, a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle, qui a été annulée par le tribunal, est par suite entachée d'une illégalité fautive ;
. l'administration ne lui a donné aucune information susceptible d'expliquer les prélèvements qui ont été opérés sur ses traitements à partir du mois d'avril 2021 ;
. l'arrêté du 19 août 2021 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice, a prononcé sa titularisation et l'arrêté du 24 août 2021 prononçant une élévation d'échelon, qui ne tiennent pas compte des services qu'elle a précédemment accomplis, sont par suite illégaux ;
- en raison de ces fautes, elle a subi plusieurs préjudices : en effet :
. elle a subi un préjudice moral en raison du harcèlement moral dont elle a été victime et de la gestion fautive de sa carrière, qui doit être réparé par l'allocation d'une somme de 10 000 euros ;
. en raison de ce harcèlement et de la méconnaissance des prescriptions du médecin de prévention, elle a subi un préjudice de santé, qui doit être réparé par l'allocation d'une somme de 6 000 euros ;
. elle a également subi un préjudice financier, en raison de l'absence de régularisation de sa situation à la suite de la titularisation dont elle a fait l'objet, du blocage de sa carrière qui a résulté de son maintien en qualité de stagiaire pendant une longue période, de l'absence de tout revenu durant la période d'éviction illégale du service, de son classement irrégulier à la suite de sa titularisation et, enfin, des frais d'avocat qu'elle a dû exposer ; ce préjudice financier s'élève à la somme totale de 33 100,33 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 octobre 2021 et 16 février 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'injonction, qui ont été enregistrées après l'expiration du délai de recours contentieux, constituent des conclusions nouvelles qui sont, comme telles, irrecevables ;
- les fautes et les préjudices allégués ne sont pas démontrés par la requérante.
Par une ordonnance du 21 février 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mars 2021.
Par un courrier du 22 juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal envisage de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la réparation des préjudices liés, en premier lieu, à l'absence d'information sur les prélèvements qui ont été opérés sur les traitements de Mme B à partir du mois d'avril 2021, en second lieu, à l'arrêté du 19 août 2021 prononçant sa titularisation et l'arrêté du 24 août 2021 prononçant une élévation d'échelon, dès lors que les fautes desquelles résultent ces préjudices, résultant de cette absence d'information et de l'illégalité de ces arrêtés, n'ont pas été évoquées dans la réclamation préalable du 19 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique ;
- le décret n° 2006-441 du 14 avril 2006 portant statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire ;
- le décret n° 2006-1352 du 8 novembre 2006, relatif à l'attribution d'une prime de sujétions spéciales à certains personnels des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, président-rapporteur ;
- les conclusions de Mme Deniel, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Lopez, représentant Mme B.
Une note en délibéré, enregistrée le 29 juin 2022, a été présentée pour Mme B, par Me Lopez.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 août 2018, la garde des sceaux, ministre de la justice, a nommé Mme B en qualité de stagiaire dans le corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire, à compter du 15 septembre 2018, et l'a affectée à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas. Par un arrêté du 29 juillet 2019, la garde des sceaux, ministre de la justice, a toutefois prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle, à compter du 15 septembre 2019. Cet arrêté, qui a fait l'objet d'une suspension d'exécution par une ordonnance du 4 novembre 2019 du juge des référés du tribunal, a ensuite été annulé par un jugement du 9 septembre 2020. Mme B, qui, à la suite de cette ordonnance, a été autorisée à reprendre son stage à compter du 25 novembre 2019, a été, à la suite de ce jugement, titularisée, à compter du 30 novembre 2019, par un arrêté du 10 août 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, en qualité de surveillante et surveillante principale de l'administration pénitentiaire. Après sa réintégration et avant l'intervention de cet arrêté, Mme B a saisi le tribunal d'une requête, par laquelle elle demande, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'Etat à lui verser une somme totale 33 100,33 euros, outre intérêts, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en sa qualité d'agente de l'administration pénitentiaire.
Sur les fautes invoquées par Mme B :
En ce qui concerne l'arrêté de licenciement du 29 juillet 2019 :
2. La requérante est fondée à soutenir que l'arrêté du 29 juillet 2019 par lequel la garde des sceaux, ministre de la justice, a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle, qui a été annulé par le tribunal, est par suite entaché d'une illégalité fautive.
En ce qui concerne le harcèlement moral :
3. L'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 visée ci-dessus, dont les dispositions ont été reprises en substance par les articles L. 133-2 et L. 133-3 du code général de la fonction publique, dispose que : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. / Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus. "
4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
S'agissant des préconisations du médecin de prévention :
5. Mme B, qui souffrait d'une anémie, a été placée à plusieurs reprises en congé de maladie durant son stage. Après un tel congé, le médecin de prévention a préconisé le 27 mars 2019 une affectation " dès que possible en poste de jour ". A la suite de cet avis, l'intéressée, par un mail du 8 avril 2019, a attiré l'attention de la directrice adjointe, directrice des ressources humaines, de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, sur l'importance, pour son état de santé, de cesser le service de nuit. Si elle n'a été affectée sur un poste de jour qu'à compter du 17 juillet 2019, il ne résulte pas de l'instruction qu'un tel poste, susceptible de permettre de répondre aux préconisations du médecin de prévention plus rapidement, aurait fait l'objet d'un appel à candidature après la date de l'avis émis par ce dernier.
6. Mme B a ensuite été licenciée à compter du 15 septembre 2019, par l'arrêté précité du 29 juillet 2019, puis, à la suite de la suspension d'exécution de cet arrêté prononcée en référé par le tribunal, a été réintégrée le 25 novembre 2019, mais sur un poste de nuit. Par un avis du 27 novembre 2019, le médecin de prévention a réitéré sa préconisation d'une affectation sur un poste de jour. Cet avis a été confirmé, à suite d'une demande d'examen médical formulée par l'administration, par un médecin agréé, qui a examiné l'intéressée le 12 décembre 2019. Celle-ci a alors été affectée sur un poste de jour, mais sur un poste impliquant six jours de travail consécutifs pour une seule journée de repos. Par un avis du 21 octobre 2020, le médecin de prévention a estimé que, compte tenu de son état de santé, Mme B devait bénéficier de journées de repos régulières, tous les deux ou trois jours travaillés, et qu'une affectation " sur un rythme en 12 h ", plus adaptée, devait être mise en place au plus vite. Cet avis a été réitéré les 4 novembre et 2 décembre 2020, le médecin précisant, dans ces deux avis, que l'état de santé de l'intéressée " nécessite impérativement un changement de rythme de travail ". Malgré ces avis, le mail adressé à la directrice adjointe le 4 novembre 2020 par le médecin de prévention, indiquant qu' " il n'est plus médicalement possible de poursuivre sur un rythme de travail en 6*1 ", plusieurs appels à candidatures effectués par l'administration pénitentiaire pour des postes, aux dires non contestés de la requérante, correspondant aux préconisations de ce médecin, et plusieurs demandes de Mme B, cette dernière a seulement pu bénéficier à compter du 17 décembre 2020 d'un aménagement consistant à travailler cinq jours consécutifs, du lundi au vendredi, 7 h 10 par jour, mais non d'une affection sur un poste avec un " rythme en 12 h ", mieux adapté à son état de santé. Il ne résulte pas de l'instruction que la situation aurait depuis lors été modifiée, malgré un nouvel avis du médecin de prévention du 29 avril 2021, préconisant à nouveau " un rythme de travail en 12 h ".
S'agissant de l'affectation sur des postes comprenant des horaires atypiques :
7. Mme B soutient que l'administration l'a délibérément affectée sur des postes comprenant des horaires de travail atypiques qui n'existent pas à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, pour lui imposer un rythme de travail plus contraignant sur un poste de jour. Elle se borne toutefois à produire à l'appui de cette affirmation, et sans apporter aucune explication circonstanciée, le " Livret planning 2020 " de cette maison d'arrêt, ce qui ne permet pas d'établir le bien-fondé de ses allégations.
S'agissant des changements du planning de travail :
8. La requérante soutient qu'à de multiples reprises, l'administration a changé son planning de travail sans l'avertir, dans le but de provoquer des absences injustifiées. Elle produit, pour établir l'exactitude de cette affirmation, d'une part, un courrier adressé le 20 décembre 2019 au directeur de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas pour le prévenir du fait qu'elle n'avait pas été avertie de la modification de ses horaires de travail effectuée ce jour, alors qu'elle était en congé la veille et ne pouvait par suite prendre connaissance de la modification sur son lieu de travail, d'autre part, un courrier adressé le 6 janvier 2020 à la directrice adjointe, qui évoque des changements réguliers du planning mais se borne en réalité à reprendre la teneur de ce premier courrier. Par ces seuls éléments, Mme B ne démontre pas qu'elle aurait dû faire face à des changements récurrents de son planning de travail dont elle n'aurait pas été prévenue en temps utile.
S'agissant de la suppression irrégulière de jours de congé :
9. Mme B produit un mail, adressé à une collègue le 30 octobre 2020, afin de savoir pour quelle raison des jours de congés ont été enlevés au titre de la période du 31 novembre au 3 décembre 2020, auquel celle-ci a répondu en indiquant que : " Tes CA sont proratisés sur l'année 2020 suite à tes CMO ". En tout état de cause, cette seule pièce est seulement susceptible d'établir une erreur de l'administration, mais non, comme le fait valoir la requérante, qui ne soutient pas avoir cherché en vain à faire corriger l'erreur ainsi alléguée, que l'administration pénitentiaire aurait cherché à supprimer des jours de congé auxquels elle avait droit.
S'agissant de l'avis défavorable émis le 20 mai 2020 :
10. La directrice adjointe de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas a émis le 20 mai 2020 un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident que Mme B a subi le 20 février 2020, au motif qu'aucun compte rendu d'un agent présent le jour de l'accident ne vient corroborer les affirmations de l'intéressée et qu'aucun élément ne peut permettre d'établir qu'il existerait un lien de causalité entre l'accident et l'absence du 22 février 2020. Même si la commission de réforme a, quant à elle, émis 16 juillet 2020 un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service dudit accident, cet avis défavorable de la directrice adjointe, qui repose sur des éléments objectifs, n'est pas susceptible d'établir un fait fautif ou une intention de nuire de l'administration.
S'agissant de la communication du dossier individuel :
11. Il résulte de l'instruction qu'à deux reprises, l'administration pénitentiaire a tardé, sans motif valable, à faire droit à des demandes de consultation du dossier individuel présentées par Mme B, les 1er août 2019 et 6 janvier 2020, les consultations n'ayant pu intervenir, respectivement, que les 20 septembre 2019 et 13 février 2020. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que ces retards, pour regrettable qu'ils soient, seraient dus à une intention malveillante de l'administration. Au demeurant, la requérante ne soutient pas qu'ils ont entraîné des conséquences particulières.
S'agissant de l'acharnement à prononcer le licenciement :
12. Si la garde des sceaux, ministre de la justice, a illégalement prononcé le 29 juillet 2019 le licenciement de Mme B, après un avis défavorable sur la titularisation émis le 13 juin 2019 par la directrice adjointe de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, et, qu'après la réintégration de l'intéressée, intervenue le 25 novembre 2019, et la poursuite du stage, le directeur de l'établissement a, le 25 janvier 2020, émis un nouvel avis défavorable, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration aurait eu la volonté de ne pas titulariser Mme B, indépendamment de considérations liées à sa manière de servir. Ainsi, notamment, ces avis des 13 juin 2019 et 25 janvier 2020 ne sont pas uniquement à charge et mentionnent les qualités de Mme B qui ont été relevées au cours de son stage et la directrice adjointe a même en définitive émis, le 15 décembre 2020, un avis favorable à la titularisation.
S'agissant du maintien pendant une longue période en qualité de stagiaire :
13. Il résulte de l'instruction que l'administration pénitentiaire avait clairement conscience qu'une nouvelle période de stage de deux mois devait être accordée à Mme B à compter de la date de sa réintégration, le 25 novembre 2019, pour tenir compte des arrêts de travail pour maladie dont elle avait bénéficié avant son licenciement. Ainsi, un nouvel avis sur sa titularisation a été donné le 25 janvier 2020 par le directeur de la maison d'arrêt. Toutefois, la commission administrative paritaire n'a été à nouveau réunie que le 13 avril 2021 pour examiner la situation Mme B et le garde des sceaux, ministre de la justice, n'a prononcé la titularisation de celle-ci que très tardivement, par un arrêté du 19 août 2021, soit quatre mois après l'avis de cette commission, dix-neuf mois après ledit nouvel avis du directeur et huit mois après l'avis, cette fois favorable, du 15 décembre 2020 de la directrice adjointe. Au surplus, Mme B, à plusieurs reprises, a interrogé l'administration et, le 30 octobre 2020, l'a mise en demeure d'engager une procédure de titularisation, sans pour autant obtenir aucune information précise sur sa situation administrative.
14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B soumet au tribunal des éléments de fait susceptibles de faire présumer que l'administration pénitentiaire a adopté à son encontre une attitude constitutive d'un harcèlement moral, en s'abstenant, après sa réintégration, intervenue le 25 novembre 2019, de l'affecter sur un poste adapté à son état de santé et en ne prenant aucune décision sur sa situation après la fin de son stage, et ce pendant dix-neuf mois, tout en ne lui délivrant aucune information sur sa situation administrative. Or, le garde des sceaux, ministre de la justice, n'apporte aucune précision pour expliquer les raisons susceptibles d'expliquer ces retards et insuffisances dans la gestion de la situation de Mme B. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir qu'elle a été victime d'un harcèlement moral de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne les fautes dans la gestion de la carrière :
15. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme B est fondée à soutenir que l'administration pénitentiaire a commis des fautes dans la gestion de sa carrière en s'abstenant, après sa réintégration, de l'affecter sur un poste adapté à son état de santé et en ne prenant que très tardivement une décision sur sa situation administrative, tout en ne lui délivrant aucune information sur celle-ci. En outre, si la réponse tardive, à deux reprises, environ un mois et demi plus tard, aux demandes d'accès à son dossier administratif présentées par Mme B ne permet pas de révéler l'existence de faits susceptibles de faire présumer un harcèlement moral, comme indiqué précédemment, toutefois, ces réponses tardives, que le garde des sceaux, ministre de la justice, n'explique pas en défense, constituent également des fautes.
16. En revanche, la requérante ne démontre pas que l'administration a commis des fautes dans la gestion de sa carrière en l'affectant sur des postes comprenant des horaires atypiques, en procédant à des modifications récurrentes de son planning de travail sans avertissements préalables, en supprimant irrégulièrement des jours de congé, en émettant le 20 mai 2020 un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident qu'elle a subi le 20 février 2020 et, enfin, en manifestant la volonté de ne pas la titulariser, indépendamment de toute considération liée à sa manière de servir.
En ce qui concerne l'obligation de protection des agents publics :
17. Aux termes de l'article 23 de la loi visée ci-dessus du 11 juillet 1983, dont les dispositions ont été reprises par l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail. " Aux termes de l'article 2-1 du décret n° 82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique : " Les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité. "
18. Aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. / Ces mesures comprennent : () 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. / L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes. " Aux termes de l'article L. 4121-2 du même code : " L'employeur met en œuvre les mesures prévues à l'article L. 4121-1 sur le fondement des principes généraux de prévention suivants : / () 4° Adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail () ".
19. En vertu de ces dispositions, il appartient aux autorités administratives de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents, sauf à commettre une faute de service.
20. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que l'administration s'est abstenue, sans motif valable, d'affecter Mme B sur un poste adapté à son état de santé. L'administration a ainsi commis une faute en manquant à l'obligation de sécurité et de protection des agents qui résulte des dispositions précitées.
En ce qui concerne les prélèvements sur salaire et les arrêtés des 19 et 24 août 2021 :
21. Mme B soutient que l'administration ne lui a donné aucune information susceptible d'expliquer les prélèvements qui ont été opérés sur ses traitements à partir du mois d'avril 2021 et que l'arrêté du 19 août 2021 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice, a prononcé sa titularisation et l'arrêté du 24 août 2021 par lequel cette même autorité administrative a prononcé une élévation d'échelon, qui ne tiennent pas compte des services qu'elle a précédemment accomplis, sont par suite illégaux. Toutefois, les fautes ainsi alléguées, résultant de cette absence d'information et de l'illégalité de ces arrêtés, n'ont pas été évoquées dans la réclamation préalable du 19 février 2021. Le contentieux n'est donc pas lié sur ces points.
22. En outre, les arrêtés des 19 et 24 août 2021 font l'objet de la requête n° 2108255, dans laquelle Mme B demande notamment au tribunal d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de régulariser sa situation, en particulier d'un point de vue financier.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne le préjudice moral :
23. Il résulte de ce qui a été dit précédemment, en premier lieu, qu'une décision illégale de licenciement a été prise à l'encontre de Mme B, en deuxième lieu, que celle-ci a été victime d'un harcèlement moral, résultant de l'absence de prise en compte suffisante de son état de santé pour procéder à son affectation et de l'absence de toute décision et information sur sa situation administrative pendant un long délai après la fin de son stage, en troisième lieu, que l'administration a commis plusieurs faute dans la gestion de sa carrière, au regard de ces mêmes questions d'affectation, de titularisation et d'information et, en outre, des demandes d'accès à son dossier administratif, en dernier lieu, que l'administration a méconnu l'obligation de protection des agents.
24. Pour caractériser le préjudice moral qu'elle a subi en raison de ce harcèlement moral et de ces fautes, la requérante fait notamment valoir qu'elle s'est trouvée dans une situation d'inquiétude permanente durant la période litigieuse, au regard en particulier de son devenir professionnel, et qu'elle a été affectée sur un poste épuisant au regard de son état de santé. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme B en condamnant l'Etat à lui verser une somme de 8 000 euros.
En ce qui concerne le préjudice de santé :
25. La requérante, qui fait valoir qu'elle souffre d'une grave anémie depuis 2019, produit deux attestations de son médecin traitant, des 4 septembre 2019 et 14 octobre 2020, qui ne sont toutefois pas circonstanciées, se bornant à mentionner une " anémie " et une " anémie sévère ". Même si Mme B a été victime d'un harcèlement moral, que les prescriptions du médecin de prévention n'ont pas été suivies par l'administration et que celle-ci a manqué à l'obligation de protection des agents, aucun élément versé au dossier ne peut permettre d'établir que l'état de santé de la requérante se serait aggravé en raison des fautes commises par l'administration, ou même ne se serait pas amélioré en raison de ces fautes. Le préjudice de santé allégué n'est ainsi pas démontré.
En ce qui concerne le préjudice financier :
S'agissant du manque à gagner :
26. Mme B fait valoir qu'elle a subi un manque à gagner, dès lors que son stage aurait dû s'achever fin janvier 2020. Toutefois, en cours d'instance, elle a été titularisée, par un arrêté du 19 août 2021, et ce à compter du 30 novembre 2019, soit à une date antérieure à la date à laquelle le stage aurait dû normalement prendre fin. Aucun préjudice financier résultant de l'absence de titularisation n'est donc démontré par la requérante. S'il est vrai que cette dernière conteste l'arrêté du 19 août 2021, ainsi que l'arrêté du 24 août 2021 prononçant une élévation d'échelon, qui selon elle ne tiennent pas compte des services qu'elle a précédemment accomplis, toutefois, comme il a été dit ci-dessus, le fait générateur du préjudice allégué, résultant de l'illégalité des arrêtés des 19 et 24 août 2021, n'a pas été évoqué dans la réclamation préalable. En outre, dans la requête précitée n° 2108255, par laquelle elle conteste ces deux arrêtés en tant qu'ils ne tiennent pas compte, pour procéder à son classement, des services qu'elle a précédemment accomplis, Mme B demande au tribunal d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de régulariser sa situation d'un point de vue financier.
S'agissant du blocage de la carrière :
27. Aux termes des dispositions alors applicables de l'article 13 du décret visé ci-dessus du 14 avril 2006, portant statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire : " Peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour l'accès au grade de surveillant brigadier : / 1° Les surveillants et surveillants principaux détenant, au 1er janvier de l'année au titre de laquelle le tableau d'avancement est arrêté, au moins le 4e échelon de leur grade et qui ont obtenu trois unités de valeur dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé de la fonction publique ; () ".
28. En se bornant à invoquer le fait qu'elle n'a pu tenter de valider les unités de valeur nécessaires à l'accès au grade de surveillant brigadier, et alors que, selon ses propres dires, elle n'aurait pu accéder au 4ème échelon du grade de surveillant et surveillant principal, requis pour accéder au grade supérieur, qu'à compter du 18 septembre 2021, soit après même l'arrêté de titularisation du 19 août 2021, la requérante n'apporte pas d'élément suffisant pour établir qu'elle a perdu une chance sérieuse d'accéder au grade de surveillant brigadier en raison de son maintien irrégulier en qualité de stagiaire pendant une longue période.
S'agissant de l'absence de traitement pendant la période du 15 septembre au 25 novembre 2019 :
29. Il résulte de l'instruction que Mme B n'a perçu aucun salaire au titre de la période du 15 septembre 2019, date d'effet de son licenciement, au 25 novembre 2019, date de sa réintégration. Or, en raison de l'annulation de l'arrêté du 29 juillet 2019 prononçant son licenciement, l'intéressée est censée avoir conservé la qualité de stagiaire, jusqu'à sa titularisation, prononcée par l'arrêté du 19 août 2021, prenant effet au 30 novembre 2019. Aucun élément ne pouvant permettre d'établir que la situation de la requérante aurait été régularisée, celle-ci est donc fondée à réclamer l'indemnisation du préjudice financier résultant de l'absence de traitement durant ladite période.
30. Il résulte de l'instruction que Mme B aurait dû percevoir un traitement d'un montant mensuel brut de 1 466,72 euros, outre, également par mois, 14,66 euros à titre d'indemnité de résidence, 54,50 euros à titre d'indemnité différentielle du SMIC et 20,61 euros à titre d'indemnité compensatrice de contribution sociale généralisée (CSG).
31. Mme B se prévaut également du fait qu'elle aurait dû percevoir une indemnité de sujétions spéciales, d'un montant de 418,79 euros brut par mois. Toutefois, cette indemnité est liée à l'exercice effectif des fonctions, en application de l'article 2 du décret visé ci-dessus du 8 novembre 2006, relatif à l'attribution d'une prime de sujétions spéciales à certains personnels des services déconcentrés de l'administration pénitentiaire.
32. La montant du préjudice subi par la requérante doit être calculé en prenant en compte le traitement net dont elle aurait dû bénéficier durant la période du 15 septembre au 25 novembre 2019. Compte tenu de cette période, des cotisations alors applicables, de 10,83 % au titre de la retraite, de 5 % au titre de la retraite complémentaire, de 9,20 % au titre de la CSG et de 0,50 % au titre de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), mais aussi de l'indemnité compensatrice de SGC, ce préjudice s'établit au montant de 2 600 euros.
S'agissant des frais d'avocat :
33. Le préjudice résultant des frais de justice exposés par la requérante est réputé avoir été intégralement réparé par les décisions que le tribunal a prises, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans la requête n° 1907866 en référé-suspension, dirigée contre l'arrêté du 29 juillet 2019, dans la requête n° 1907869, tendant à l'annulation de cet arrêté, et dans la requête n° 2101581, tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de la demande de mise en œuvre d'une procédure de titularisation. Il doit être regardé comme intégralement réparé par la décision que le tribunal prendra dans la présente requête et dans la requête n° 2108255, dirigée contre les arrêtés des 19 et 24 août 2021. Mme B n'établit pas qu'elle a engagé d'autres frais d'avocat en raison des fautes précitées établies dans la présente requête. Aucun préjudice résultant de tels frais n'est ainsi démontré.
34. Il résulte de tout ce qui a été dit précédemment que Mme B est seulement fondée à soutenir que l'Etat doit être condamné à lui verser une somme de 10 600 euros.
Sur les intérêts :
35. La somme de 10 600 euros portera intérêt au taux légal à compter du 22 février 2021, date de réception par l'administration de la demande préalable du 19 février 2021 présentée par Mme B.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
36. Le présent jugement, qui statue sur la requête indemnitaire de Mme B, n'implique pas que le tribunal, en application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, enjoigne à l'Etat de faire cesser le préjudice financier subi par l'intéressée en prenant un arrêté de classement conforme à sa situation et en régularisant sa situation financière, comme le demande la requérante. Les conclusions à fin d'injonction doivent dès lors être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le garde des sceaux, ministre de la justice.
Sur les frais liés au litige :
37. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B une somme de 10 600 euros. Cette somme portera intérêts à compter du 22 février 2021.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
Mme Gagey, première conseillère,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le président-rapporteur, L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
J.-P. Chenevey N. Gagey
La greffière
F. Faure
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026