vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104805 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | BENAGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2021, Mme C D, épouse A, représentée par AARPI AURAVOCATS (Me Bénagès), doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-André-de-Corcy à lui verser la somme totale de 36 998 euros, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'exhumation illégale du corps de son époux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-André-de-Corcy de " faire en sorte que la dépouille de M. A retourne dans le caveau familial " ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-André-de-Corcy la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy a commis une faute de nature à engager la responsabilité contractuelle ou extracontractuelle de sa commune en délivrant à son fils une autorisation d'exhumation du corps de son époux ; en effet :
• il aurait dû lui demander son accord préalablement à la délivrance de cette autorisation, dès lors qu'elle devait être considérée comme la titulaire voire la co-titulaire de la concession funéraire située au sein du cimetière " La Vernangère " ;
• il aurait dû s'assurer de la qualité de plus proche parent de la personne défunte du pétitionnaire au regard des dispositions de l'article R. 2213-40 du code général des collectivités territoriales, dès lors que le caveau comportant ses noms de jeune fille et d'épouse, il ne pouvait ignorer sa qualité de veuve ;
• il a omis de solliciter de son fils une attestation sur l'honneur par laquelle il attestait qu'il n'existait aucun autre parent venant au même degré de parenté que lui, ou, si c'était le cas, qu'aucun d'eux n'était susceptible de s'opposer à l'exhumation qu'il sollicitait ;
• à supposer qu'il ait sollicité une telle attestation sur l'honneur, il a omis de vérifier s'il existait un désaccord sur cette exhumation, exprimé par un ou plusieurs autres parents venant au même degré de parenté que son fils, et, le cas échéant, de surseoir-à-statuer dans l'attente que l'autorité judiciaire se prononce ;
• il a également omis de vérifier que le défunt n'avait pas exprimé de volonté relative à sa sépulture qui s'opposerait à l'exhumation ;
- cette faute lui a causé un préjudice financier estimé à 6 998 euros, ainsi qu'un préjudice moral pour un montant de 30 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, la commune de Saint-André-de-Corcy, représentée par la SELARL BG AVOCATS, (Me Gautier) conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens et les prétentions indemnitaires de la requérante sont infondés.
Par un courrier du 21 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal par Mme A, et tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Saint-André-de-Corcy de " faire en sorte que la dépouille de M. A retourne dans le caveau familial ", dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration en dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 80-533 du 15 juillet 1980 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Arnould, rapporteur public ;
- les observations de Me Bénagès, représentant Mme A ;
- et les observations de Me Rourret, substituant Me Gautier, représentant la commune de Saint-André-de-Corcy.
Considérant ce qui suit :
1. L'époux de Mme D, veuve A, a été inhumé le 26 novembre 2019 à l'emplacement n° J10 du cimetière " La Vernangère " de la commune de Saint-André-de-Corcy, au sein de la concession funéraire familiale concédée par le maire de cette commune à leur fils unique le 15 juin 2011. Ayant appris l'exhumation du corps de son époux au cours de l'année 2020, la requérante a adressé deux demandes d'informations au maire de la commune de Saint-André-de-Corcy les 23 octobre et 10 novembre 2020. Par une première lettre du 31 octobre 2020, le maire de cette commune a informé l'intéressée qu'il avait " accordé cette exhumation au vu de la demande du plus proche parent du défunt ainsi que la loi l'autorise selon l'article R. 361-5 du code des communes ", en citant les termes de l'instruction générale du 11 mai 1999 relative à l'état civil, et qu'elle n'entrait pas " dans la catégorie " le plus proche parent du défunt " " dès lors qu'elle avait été déclarée séparée de corps de son époux par une " décision rendue par le Tribunal judiciaire de Lyon le 15 avril 1996 ". Par une seconde lettre du 5 janvier 2021, le maire de la commune a précisé à Mme A, qu'il avait " accordé cette exhumation au vu de la demande " présentée par son fils qui était, " selon l'acte de concession, le concessionnaire, le payeur mais aussi le plus proche parent du défunt ", et que dès lors qu'elle n'était ni " concessionnaire au vu de l'acte de concession ", ni " le plus proche parent au vu de la décision du Tribunal judiciaire" l'ayant déclarée séparée de corps de son époux, " il était tout à fait légal de procéder à l'exhumation ainsi qu'à l'ouverture du caveau à la demande " de leur fils unique. Par un courrier du 17 mars 2021, l'intéressée a saisi la commune de Saint-André-de-Corcy d'une réclamation préalable qui a été rejetée par une décision du 7 mai 2021. La requérante demande au tribunal de condamner cette commune à lui verser la somme totale de 36 998 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'exhumation illégale du corps de son époux.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation et d'astreinte :
En ce qui concerne la responsabilité contractuelle de la commune de Saint-André-de-Corcy :
2. Selon les termes de l'article L. 2223-13 du code général des collectivités territoriales : " Lorsque l'étendue des cimetières le permet, il peut être concédé des terrains aux personnes qui désirent y fonder leur sépulture et celle de leurs enfants ou successeurs. Les bénéficiaires de la concession peuvent construire sur ces terrains des caveaux, monuments et tombeaux. () ". L'article L. 2223-14 du même code prévoit que : " Les communes peuvent () accorder dans leurs cimetières : / () 3° Des concessions cinquantenaires ; () ". Et aux termes de l'article L. 2223-15 de ce code : " Les concessions sont accordées moyennant le versement d'un capital dont le montant est fixé par le conseil municipal. () ".
3. Mme A, qui se prévaut de sa qualité de " titulaire " voire de " co-titulaire " de la concession funéraire où le corps de son époux avait été inhumé le 26 novembre 2019, soutient que le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy a commis une faute contractuelle en s'abstenant de solliciter son accord préalablement à l'autorisation d'exhumation délivrée à leur fils unique au cours de l'année 2020. Toutefois, il résulte de l'instruction que cette concession funéraire familiale avait été concédée par le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy à leur seul fils unique, le 15 juillet 2011, pour une durée de cinquante années, sur la base d'une demande présentée par le seul intéressé le 24 juin 2011. Par ailleurs, et ainsi que le fait valoir l'administration en défense, la requérante ne démontre pas, par ses allégations générales et les pièces qu'elle produit, que son fils unique aurait " acquis " cette concession en son nom et pour son compte dans les conditions prévues par les dispositions du décret du 15 juillet 1980 pris pour l'application de l'article 1341 du code civil. Dès lors, et en l'absence d'éléments de nature à établir que son fils aurait été son mandataire, Mme A ne peut être considérée comme la concessionnaire de la concession funéraire familiale où le corps de son époux avait initialement été inhumé. Enfin, et en tout état de cause, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne subordonne l'octroi d'une autorisation d'exhumation à l'accord préalable du concessionnaire d'une concession funéraire. Ainsi, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité contractuelle de sa commune.
En ce qui concerne la responsabilité extracontractuelle de la commune de Saint-André-de-Corcy :
S'agissant de l'existence d'une faute :
4. Selon les termes de l'article L. 2213-8 du code général des collectivités territoriales : " Le maire assure la police des funérailles et des cimetières. ". Et aux termes de l'article R. 2213-40 du même code, qui reprennent les dispositions de l'article R. 361-15 du code des communes abrogées le 9 avril 2000 : " Toute demande d'exhumation est faite par le plus proche parent de la personne défunte. Celui-ci justifie de son état civil, de son domicile et de la qualité en vertu de laquelle il formule sa demande. / L'autorisation d'exhumer un corps est délivrée par le maire de la commune où doit avoir lieu l'exhumation. / L'exhumation est faite en présence d'un parent ou d'un mandataire de la famille. / Si le parent ou le mandataire dûment avisé n'est pas présent à l'heure indiquée, l'opération n'a pas lieu. ".
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 2213-40 du code général des collectivités territoriales que, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'exhumation, l'autorité administrative compétente doit s'assurer, au vu des pièces fournies par le pétitionnaire, de la réalité du lien familial dont il se prévaut et de l'absence de parent plus proche du défunt que lui. Il appartient en outre au pétitionnaire d'attester sur l'honneur qu'il n'existe aucun autre parent venant au même degré de parenté que lui, ou, si c'est le cas, qu'aucun d'eux n'est susceptible de s'opposer à l'exhumation sollicitée. Si l'administration n'a pas à vérifier l'exactitude de cette attestation, elle doit en revanche, lorsqu'elle a connaissance d'un désaccord sur cette exhumation, exprimé par un ou plusieurs autres parents venant au même degré de parenté que le pétitionnaire, refuser l'exhumation, en attendant le cas échéant que l'autorité judiciaire se prononce.
6. En l'espèce, il est constant que le corps de l'époux de Mme A, inhumé le 26 novembre 2019 à l'emplacement n° J10 du cimetière " La Vernangère " de la commune de Saint-André-de-Corcy, au sein de la concession funéraire familiale concédée par le maire de cette commune à leur fils unique le 15 juillet 2011, a été exhumé au cours de l'année 2020, à la suite d'une autorisation d'exhumation délivrée par le maire de la commune à la demande de ce dernier, afin d'être inhumé au sein d'une autre concession funéraire située dans le même cimetière. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est pas davantage établi ni même allégué en défense, que le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy se serait assuré, préalablement à la délivrance de cette autorisation d'exhumation, dont l'administration ne précise au demeurant ni la date ni la forme, de la réalité du lien familial dont se prévalait le fils du défunt à l'appui de sa demande et de l'absence de parent plus proche dudit défunt que lui, ni même qu'il ait sollicité une déclaration sur l'honneur de ce dernier attestant qu'il n'existait aucun autre parent venant au même degré de parenté que lui, ou, que si tel était le cas, qu'aucun d'eux n'était susceptible de s'opposer à l'exhumation qu'il sollicitait. Il résulte seulement de l'instruction, et en particulier des écritures de la commune défenderesse, que le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy a fait droit à la demande d'exhumation présentée par le fils de la requérante, après qu'elle lui a été transmise par un service des pompes funèbres. Ainsi, dès lors que la commune ne peut utilement faire valoir que Mme A, et son époux étant séparés de corps par un jugement du tribunal de grande instance (TGI) de Lyon du date du 15 avril 1996, cette dernière n'avait pas la qualité de plus proche parent de la personne défunte au sens et pour l'application des dispositions de l'article R 2213-40 du code général des collectivités territoriales, que leur fils unique était ainsi le plus proche parent et qu'elle n'avait pas connaissance d'un désaccord sur l'exhumation du corps du défunt, Mme A est bien fondée à soutenir qu'en accordant à son fils l'autorisation d'exhumation du corps de son époux, sans avoir, au préalable, procédé aux vérifications imposées par les dispositions précitées de l'article R. 2213-40 du code général des collectivités territoriales, le maire de Saint-André-de-Corcy a méconnu les dispositions en cause et ainsi commis une faute dans l'exercice de son pouvoir de police administrative des cimetières.
S'agissant des préjudices subis par Mme A :
7. L'illégalité de l'autorisation d'exhumation du corps de l'époux de Mme A délivrée par le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy à leur fils unique constitue une faute de nature à engager la responsabilité de sa commune mais ne donnera lieu à réparation que pour autant qu'il en résulte un préjudice direct et certain.
8. Premièrement, Mme A soutient qu'elle a subi un préjudice financier de 6 998 euros correspondant à la somme totale qu'elle aurait déboursée, le 26 novembre 2019, pour les obsèques de son époux, lesquelles auraient finalement été " anéanties " par l'autorisation d'exhumation illégalement délivrée à leur fils unique au cours de l'année 2020. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'il existerait un quelconque lien direct de causalité entre la faute commise par le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy et le préjudice ainsi invoqué. Par ailleurs, et en tout état de cause, en se bornant à produire une facture des pompes funèbres du 26 novembre 2019, libellée au nom de son fils unique, et à soutenir que ces frais d'obsèques auraient " été réglé(s) par un chèque caisse d'épargne () prélevé " sur son compte joint, l'intéressée n'établit pas s'être acquittée d'une telle somme. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune de Saint-André-de-Corcy à lui verser la somme de 6 998 euros en réparation de ce préjudice.
9. Deuxièmement, Mme A soutient qu'elle a subi un préjudice moral pouvant être évalué à la somme de 30 000 euros, dès lors que l'autorisation d'exhumation illégalement délivrée à son fils unique au cours de l'année 2020 l'a privée de la " perspective " de reposer aux côtés de son époux, alors qu'elle avait pris " toutes les dispositions pour ce faire ", et lui a ainsi causé une " douleur incommensurable " et un " véritable traumatisme ". Toutefois, si la requérante fait état de ce que son fils avait " acquis " et fait réalisé des travaux, en son nom et pour son compte, sur la concession funéraire où son époux a initialement été inhumé le 26 novembre 2019, elle ne l'établit pas par ses seules allégations générales et la copie de sa demande indemnitaire préalable comportant des captures d'écran de virements qu'elle avait effectués au profit de l'intéressé, les 5 juillet et 30 novembre 2011, ainsi que le 26 janvier 2012. Il résulte seulement de l'instruction, ainsi que cela a été dit précédemment que la concession funéraire familiale où son époux a initialement été inhumé le 26 novembre 2019 avait été concédée par le maire de la commune de Saint-André-de-Corcy à leur seul fils unique, le 15 juillet 2011, pour une durée de cinquante années, sur la base d'une demande présentée par le seul intéressé le 24 juin 2011. De même, si la requérante fait tout à la fois état dans ses écritures de ce que seule la date du décès de son époux aurait été gravée sur sa " stèle " et de ce que le " caveau " comporterait ses noms de jeune fille et d'épouse, elle n'apporte pas le moindre commencement de preuve à l'appui de ces allégations, alors que l'administration produit en défense une photographie d'une pierre tombale comportant uniquement la mention " Famille A ". Ainsi, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressée aurait pris des dispositions particulières pour être enterrée auprès de son époux dont elle était séparée de corps depuis le jugement du TGI de Lyon daté du 15 avril 1996, Mme A n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune de Saint-André-de-Corcy à lui verser une quelconque somme d'argent en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir ainsi subi.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'astreinte doivent également être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Selon les termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Et aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ".
12. En dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, dont les conditions ne sont pas réunies en l'espèce, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration. Dans ces conditions, les conclusions présentées par Mme A et tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Saint-André-de-Corcy de " faire en sorte que la dépouille de M. A retourne dans le caveau familial " sont irrecevables et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administration font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saint-André-de-Corcy qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à Mme A, d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune défenderesse sur le fondement des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-André-de-Corcy sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, épouse A et à la commune de Saint-André-de-Corcy.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
Le rapporteur,
C. B
La présidente,
A. Baux
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026