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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2105694

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2105694

mardi 29 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2105694
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBERLOTTIER-MERLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2021, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble 23 avenue Gambetta, représenté par Me Berlottier-Merle, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 11 février 2021 par laquelle le conseil municipal de la ville de Roanne a approuvé le dossier et la création la zone d'aménagement concerté " République-Gambetta " ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Roanne le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que

- l'aménagement de la zone d'aménagement concerté (ZAC) en litige ne faisait l'objet d'aucune mention et n'était pas un objectif apparaissant au plan local d'urbanisme de la commune de Roanne ;

- aucun registre non dématérialisé n'a été mis en œuvre lors de la phase de concertation ;

- le projet d'aménagement en cause, comprenant un groupe scolaire et des espaces non dédiés au logement, méconnaît la vocation de la zone UAg du règlement du même plan local d'urbanisme ainsi que les objectifs de densité minimale de logements ;

- l'intégration d'un porche privé, appartenant à l'immeuble du syndicat, dans le périmètre de la ZAC n'apparaît pas adapté aux caractéristiques du projet n'aménagement, cet accès n'étant par ailleurs pas mentionné dans les différents scénarios envisagés ; la définition à cet égard du périmètre de la ZAC est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré 17 décembre 2021, la commune de Roanne, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par le syndicat requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 27 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,

- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public,

- les observations de Me Berlottier-Merle, pour le syndicat requérant, et celles de Me Saint Lager, suppléant Me Petit, pour la commune de Roanne.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 11 février 2021, le conseil municipal de la commune de Roanne a approuvé le dossier de création de la zone d'aménagement concerté (ZAC) " République-Gambetta " ainsi que le dossier de réalisation de cette ZAC. Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble 23 avenue Gambetta demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de cette délibération.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 311-6 du code de l'urbanisme : " L'aménagement et l'équipement de la zone sont réalisés dans le respect des règles d'urbanisme applicables. Lorsque la commune est couverte par un plan local d'urbanisme, la réalisation de la zone d'aménagement concerté est subordonnée au respect de l'article L. 151-42 ". Il découle de ces dispositions que l'acte de création de la zone, la délibération approuvant le dossier de réalisation mentionnée à l'article R. 311-7 et la délibération approuvant le programme des équipements publics prévue à l'article R. 311-8, qui fixent seulement la nature et la consistance des aménagements à réaliser, ne sont pas tenus de respecter les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme ou du plan d'occupation des sols en vigueur à la date de leur adoption. En revanche, il appartient aux autorités compétentes de prendre les dispositions nécessaires pour que les autorisations individuelles d'urbanisme qui ont pour objet, dans le cadre défini par les actes qui viennent d'être mentionnés, l'aménagement et l'équipement effectifs de la zone puissent, conformément aux principes de droit commun, être accordées dans le respect des règles d'urbanisme, et notamment des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme ou du plan d'occupation des sols, applicables à la date de leur délivrance.

3. En application des principes ci-dessus analysés, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme de la commune de Roanne, de par le respect des objectifs de son projet d'aménagement et de développement durables, celui de la vocation de la zone AUg de son règlement et de la densité de logement qui y est prévue, doivent être écartés comme inopérants.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme : " I - Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : () 2° La création d'une zone d'aménagement concerté ; () IV - Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux I, II et III bis ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies au présent article et par la décision ou la délibération prévue au II ont été respectées. "

5. Il ressort des éléments produits en défense, non contestés, que, contrairement à ce qui est soutenu par le syndicat requérant, un registre " non dématérialisé " a été mis à disposition du public pendant la période de concertation préalable à l'adoption de la délibération en litige, registre n'ayant pas reçu d'observation et ainsi non mentionné dans la délibération tirant le bilan de la concertation. De même, en se bornant à indiquer une insuffisance de la concertation s'agissant de l'accès sous porche privé prévu par la ZAC en litige, le syndicat requérant ne caractérise aucun non-respect des modalités de concertation. Les moyens afférents doivent ainsi être écartés.

6. Enfin, le syndicat requérant soutient que la détermination du périmètre de la ZAC " République - Gambetta ", incluant un accès sous proche privé appartenant à la copropriété, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la desserte du cœur d'îlot à aménager ne nécessite pas un tel accès et que ledit accès n'apparaît sur aucun des scénarios d'aménagement envisagés. Toutefois, il ressort du dossier de présentation de la ZAC en litige que la desserte du projet d'aménagement a vocation à limiter les accès automobiles aux seuls usages nécessaires et à distinguer ces accès des accès en " mode doux ". Si les représentations d'insertion graphique des différents scénarios n'identifient pas spécifiquement à cet égard le mode d'accès par le porche privé piéton appartenant à la copropriété du syndicat requérant, il est constant qu'une telle desserte en mode doux est envisagée et qu'elle serait la seule à être possible depuis l'avenue Gambetta, structurante pour le secteur. Le moyen doit ainsi être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que le syndicat des copropriétaires de l'immeuble 23 avenue Gambetta n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération attaquée.

Sur les frais du litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Roanne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser la somme que demande le syndicat requérant sur leur fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires de l'immeuble 23 avenue Gambetta le versement de la somme que demande la commune de Roanne sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête n°2105694 est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Roanne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'immeuble 23 avenue Gambetta et à la commune de Roanne.

Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Drouet, président,

Mme Deniel, première conseillère,

M. Gilbertas, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.

Le rapporteur,

M. Gilbertas

Le président,

H. Drouet

La greffière,

C. Amouny

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

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