mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2105759 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CHAREYRE |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 22 juin 2021, le président du tribunal administratif de Grenoble a transmis le dossier de la requête de M. E I, initialement enregistrée au greffe du tribunal administratif de Grenoble sous le n° 2004317, au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat sur le fondement des articles R. 342-2 et R. 342-3 du code de justice administrative, et le jugement de cette affaire a été attribué au tribunal administratif de Lyon par une ordonnance du président de la section du conseil d'Etat du 15 juillet 2021, l'affaire étant désormais enregistrée sous le n° 2105759 au tribunal administratif de Lyon.
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés respectivement le 8 juillet 2020, le 18 décembre 2020 et le 16 février 2022, M. E I, représenté par Me Chareyre, demande au tribunal :
1°) la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les trois factures émises par société Servcorp Smart Office et remises en cause par le service correspondent à une réelle location de locaux parisiens au titre des mois de juillet, août et septembre 2015 par la SAS Alliance Sécurité, qui se fonde sur un contrat de mise à disposition, ce qui a permis à cette dernière de développer son activité et d'accroître son chiffre d'affaires ; la SAS Alliance Sécurité n'est pas responsable des modifications apportées aux factures initiales émises par la société Servcorp Smart Office.
- il n'existe en l'espèce aucune rémunération occulte, ni aucun avantage occulte au sens de l'article 111 c du code général des impôts et du §20 du BOI-RCM-10-20-20-40 du 8 septembre 2014 ; la présomption d'appréhension des revenus par le maître de l'affaire ne peut jouer en l'espèce dès lors que ces sommes ont bien été encaissées par la société Servcorp Smart Office Smart Office qui en est le bénéficiaire réel ;
- la majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses appliquée sur les revenus distribués n'est en conséquence pas justifiée
- la pénalité pour manquement délibéré appliquée sur le redressement relatif à l'omission de déclaration des revenus de la gérance n'est pas justifiée ;
Par deux mémoires en défense enregistrés les 29 octobre 2020 et 18 novembre 2021, la directrice du contrôle fiscal centre-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la contestation du rehaussement sur les salaires, qui n'était assortie d'aucun moyen dans la réclamation préalable, n'est pas contesté dans la requête, et que les moyens soulevés par M. I pour le surplus ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique ;
- les observations de Me Chareyre pour M. I.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Alliance Sécurité, qui exerce une activité de sécurité privée et dont M. E I est le dirigeant et associé unique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 à l'issue de laquelle des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que l'amende de 50 % prévue à l'article 1737-I-2 du code général des impôts, ont été mis en recouvrement le 15 octobre 2019. Le service a estimé que les rectifications effectuées lors du contrôle de SAS Alliance Sécurité constituaient des distributions imposables au nom de M. I à l'impôt sur le revenu et aux prélèvement sociaux sur le fondement de l'article 111 c) du code général des impôts. En outre, le service a relevé que l'intéressé avait perçu une rémunération de gérance d'un montant de 25 196 euros au titre de l'année 2015, non déclarée à l'impôt sur le revenu. A la suite du rejet de sa réclamation préalable, M. I demande la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ; ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes de la proposition de rectification du 17 mai 2018 adressée à M. I, que le service vérificateur a constaté que la SAS Alliance Sécurité a comptabilisé trois factures émises par la société Servcorp Smart Office au titre de la location de bureaux situés au 101, avenue des Champs Elysées à Paris (75008) pour les mois d'août, septembre et octobre 2015 pour un montant total de 50 189 euros HT et de 10 037 euros de taxe sur la valeur ajoutée. Il a ensuite constaté, au vu des investigations menées et des droits de communication exercés, l'existence de nombreuses irrégularités et incohérences affectant les factures et le contrat de mise à disposition, produit postérieurement aux opérations de vérification, ainsi que l'absence de réalité de la prestation de location. Il a en conséquence regardé ces factures comme étant fictives et réintégré les charges correspondantes dans le bénéfice imposable de la société. Le service a en effet constaté, après exercice d'un droit de communication auprès de la société Servcorp Smart Office, émettrice des trois factures, que celle-ci n'avait conclu aucun contrat avec la SAS Alliance Sécurité et n'avait émis aucune facture auprès de cette société, que la facture du 30 septembre 2015 d'un montant total de 21 374,02 euros TTC produite et réglée par la SAS Alliance Sécurité faisant état d'une remise de 20 % et égale au montant de la taxe sur la valeur ajoutée et facturant " des prestations de bureau " du mois d'octobre 2015, avait été frauduleusement modifiée après son édition et que la facture originale, qui ne comportait pas de taxe sur la valeur ajoutée, avait été émise par la société Servcorp Smart Office auprès de la société Fiduciaire Montepashi pour un montant total de 19 274,67 euros. Le service a en outre relevé que le contrat de mise à disposition des locaux produit par la SAS Alliance Sécurité comportait de nombreuses incohérences remettant en cause son authenticité dès lors qu'il n'est pas signé par le représentant légal de la SAS Alliance Sécurité, que la signature du représentant de la société Fiduciaire Montepashi serait celle de Mme B alors que sa signature apparaît sous le libellé " pour Alliance Sécurité, madame G B " et que le contrat mentionne une période de mise à disposition courant du " 1er juillet au 31 septembre 2015 " alors que l'attestation produite par Mme B, domiciliée à Chypre, certifie que cette mise à disposition a été réalisée pour la période courant du 1er août au 31 octobre 2015. Le service a également relevé que la société Fiduciaire Montepashi, société européenne immatriculée en France le 2 avril 2012 et radiée le 25 juillet 2017 qui a une activité de cabinet juridique international, avait pour dirigeant en France Mme B, née en Roumanie et domiciliée à Milan, et que les contrats signés par cette société avec la société Servcorp Smart Office relatifs aux bureaux concernés stipulent que le client ne doit pas céder, transférer ou utiliser en garantie aucun droit ni aucune obligation résultant de ce contrat à aucune tierce partie et que la personne ayant signé ces contrats pour la société Fiduciaire Montepashi est M. A C, qui est également représentant légal des sociétés Aagt Ltd et Ofev Limited immatriculées à Londres et en France. Le service a enfin relevé que la réalité de la prestation de location de ces bureaux, ainsi que l'intérêt pour la SAS Alliance Sécurité d'engager ces dépenses de location, n'étaient pas démontrés. Après avoir réintégré ces sommes dans le bénéfice imposable de la SAS Alliance Sécurité, le service a estimé que celles-ci étaient constitutives de distributions occultes au bénéfice de M. E I, son dirigeant et unique associé, sur le fondement des dispositions précitées de l'article 111 c du code général des impôts.
4. M. I fait valoir que la SAS Alliance Sécurité n'est pas responsable des modifications apportées aux factures initiales émises par la société Servcorp Smart Office, qu'elle a bien réglé ces trois factures émises sur le fondement du contrat de mise à disposition signé avec la société fiduciaire Montepashi et que location de ces locaux parisiens, motivée initialement par un projet visant à développer l'activité de sa société dans le secteur de la sécurité de luxe qui n'a finalement pas pu se concrétiser, lui a permis de développer son activité en rencontrant de nouveaux clients et d'accroître son chiffre d'affaires qui a été multiplié par trois entre le 31 décembre 2014 et le 31 décembre 2015.
5. Toutefois, d'une part, M. I ne remet pas utilement en cause le caractère falsifié des trois factures en litige en se bornant à alléguer que la SAS Alliance Sécurité n'est pas à l'origine de ces modifications dont elle prétend ignorer l'existence et elle ne fait par ailleurs état d'aucun élément de nature à expliquer ni les incohérences, précédemment rappelées, relevées par le service affectant le contrat de mise à disposition prétendument conclu avec la société Fiduciaire Montepashi, produit postérieurement aux opérations de vérification et dont l'authenticité demeure sujette à caution, ni celles relatives à la période de location en litige en soutenant que celle-ci aurait effectivement eu lieu au cours des mois de juillet au mois de septembre 2015 alors que les trois factures comptabilisées par la SAS Alliance Sécurité concernent la facturation de " prestations de bureau " pour les mois d'août, septembre et octobre 2015.
6. D'autre part, les éléments produits par M. I à l'appui de sa requête ne sont pas de nature à démontrer la réalité de la location de ces locaux par la SAS Alliance Sécurité pour la période de location alléguée courant du 1er juillet au 31 septembre 2015. D'abord, il n'est pas démontré que l'augmentation du chiffre d'affaires de la SAS Alliance Sécurité constaté entre le 31 décembre 2014 et le 31 décembre 2015 résulterait de rendez-vous d'affaires avec cinq prétendus nouveaux clients rencontrés dans ces locaux parisiens dès lors, ainsi que le fait valoir l'administration, que quatre d'entre eux étaient déjà ses clients au 1er janvier 2015, à l'exception du groupe Sécuritas, et que le requérant ne produit en tout état de cause aucun élément de nature à démontrer que des rencontres auraient eu lieu dans ces locaux avec des représentants de ces sociétés. Ensuite, si M. I soutient qu'il a rencontré dans ces locaux parisiens M. D, dirigeant de Totem, ainsi que M. F, ancien président de cette même société, avec qui il a travaillé et mis en place des contrats de distribution " écosécurité " et M. H, dirigeant de Romulus One, organisme de formation professionnelle de la société Totem, avec lequel il a pu élaborer un programme de préparation opérationnelle à l'emploi pour la vidéosurveillance et la télésurveillance, le requérant ne produit aucun élément probant à l'appui de ses allégations alors que MM. D et H ont indiqué au service pour le premier n'avoir jamais rencontré M. I, et pour le second l'avoir rencontré à Saint-Priest, et non à Paris.. En outre, si M. I fait valoir que sa société a justifié de frais de déplacement à Paris, il ne résulte en tout état de cause pas de l'instruction que ces frais visaient à couvrir des dépenses engagées par M. I afin de se rendre dans les locaux concernés. Enfin, s'agissant de l'attestation de Mme B, ancienne dirigeante de la société fiduciaire Montepashi radiée depuis le 25 juillet 2017, établie le 4 juin 2018, soit postérieurement à la radiation de cette société ainsi qu'à la vérification de comptabilité et à la proposition de rectification, si elle fait état qu'elle aurait mis à disposition les locaux, dont la société fiduciaire Montepashi était locataire, à la SAS Alliance Sécurité durant les mois d'août, septembre et octobre 2015, la période de location dont fait état cette attestation est distincte de celle dont se prévaut la société. En outre, si Mme B déclare dans cette même attestation qu'elle aurait modifié les factures émises avec l'accord du bailleur, cette allégation n'est pas confirmée par les pièces de l'instruction et notamment par la société Servcorp Smart Office qui, contactée durant les opérations de vérification par le service à qui elle a communiqué les factures originales qu'elle a émises auprès de la société Montepashi et confirmé après vérification que ces factures ainsi émises au nom de la société Montepashi avaient effectivement été acquittées par la SAS Alliance Sécurité, a déclaré dans ce cadre à l'administration ne pas connaître la SAS Alliance Sécurité. Ainsi, cette attestation de Mme B ne permet pas d'établir la réalité de la location alléguée. Les attestations de MM. Bedjaoui et Ngwabije ainsi que les photos produites par M. I ne sont pas plus de nature à démontrer la réalité de cette location .
7. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que le service a retenu le caractère fictif des prestations de location en cause, et en conséquence a réintégré les charges correspondantes dans le bénéfice imposable de la SAS Alliance Sécurité et a regardé ces sommes comme constituant des rémunérations et avantages occultes au sens du c de l'article 111 du code général des impôts, sans qu'ait d'incidence à cet égard la circonstance que les sommes versées à la société Servcorp Smart Office aient été comptabilisées par la SAS Alliance Sécurité dès lors que celles-ci ne correspondent à aucune prestation effective.
8. Il résulte ensuite de l'article 111 c du code général des impôts que l'administration est réputée apporter la preuve que des distributions occultes ont été appréhendées par la personne qui est, dans la société dont des revenus ont été regardés comme distribués, le maître de l'affaire.
9 Si M. I conteste avoir appréhendé les sommes en litige, il résulte de l'instruction que l'intéressé était président et associé unique de la SAS Alliance Sécurité sur la période en litige. Par suite, l'administration était fondée, au vu de ces éléments, à le regarder, en sa qualité de maître de l'affaire, comme unique bénéficiaire des revenus distribués en litige, la circonstance alléguée par le requérant selon laquelle les sommes ont été versées par la SAS Alliance Sécurité à la société Servcorp Smart Office étant sans incidence à cet égard.
10. Enfin, M. I n'est pas fondé à se prévaloir sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales du § 20 du BOI-RCM-10-20-20-40 du 8 septembre 2014 qui ne donnent pas une interprétation différente de celle dont il a été fait application précédemment sur le fondement de la loi fiscale.
Sur les pénalités :
En ce qui concerne la majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses :
11. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : () c. 80 % en cas de manœuvres frauduleuses ou de dissimulation d'une partie du prix stipulé dans un contrat ou en cas d'application de l'article 792 bis. ". Les pénalités pour manœuvres frauduleuses ont pour objet de sanctionner des agissements destinés à égarer ou à restreindre le pouvoir de contrôle de l'administration.
12. Il résulte de l'instruction que, pour appliquer aux rehaussements portant, en matière de revenus distribués, la majoration prévue au c de l'article 1729 du code général des impôts, l'administration fiscale a relevé que M. I, en sa qualité de dirigeant de droit et d'associé unique de la SAS Alliance Sécurité, et donc de sa qualité de maître de l'affaire, a perçu des revenus distribués occultes à hauteur de 60 226 euros sur l'année 2015 en établissant de fausses factures à l'entête de la société Servcorp Smart Office, cette somme représentant dix fois les revenus spontanément distribués, qu'il ne pouvait ignorer les irrégularités commises et que c'est en toute connaissance de cause qu'il a bénéficié de ces agissements. Au regard de ce qui a été dit précédemment sur le bien-fondé des rehaussements, c'est à bon droit que l'administration a appliqué sur les impositions résultant de ces revenus distribués la pénalité de 80 % pour manœuvres frauduleuses prévue au c. de l'article 1729 précité du code général des impôts.
En ce qui concerne la majoration de 40 % pour manquements délibérés :
13. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Pour établir la mauvaise foi du contribuable, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet de ses déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
14. Pour justifier de l'application de la pénalité pour manquement délibéré au rehaussement portant sur l'omission de déclaration de la rémunération de gérance de M. I sur l'année 2015, l'administration a relevé l'importance de la somme non déclarée de 25 196 euros sur un total de 30 809 euros, que l'intéressé ne pouvait prétendre ignorer la législation en la matière qui impose de déclarer l'ensemble des revenus de son activité et qu'en sa qualité d'associé unique de la SAS Alliance Sécurité, il ne pouvait ignorer le versement de ces rémunérations de gérance. Au vu de ces éléments, non sérieusement remis en cause par M. I, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, dont elle a la charge, que l'intéressé a sciemment tenté d'éluder tout ou partie des impositions dont il est redevable.
15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. I n'est pas fondé à solliciter la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015.
Sur les frais liés à l'instance :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. I est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E I et à la directrice du contrôle fiscal centre-Est
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026