mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2105906 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | FERRON |
Vu la procédure suivante :
I - Sous le n° 2105906, par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 juillet et 15 novembre 2021, M. C B, représenté par Me Ferron, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a confirmé la décision du 26 avril 2021 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active, d'un montant de 26 207,40 euros, constitué sur la période du 1er avril 2018 au 31 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge du département de la Loire le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, la commission de recours amiable n'ayant pas été saisie et la convention de gestion conclue entre le département et la caisse d'allocations familiales ne pouvant légalement exclure cette consultation ;
- en retenant qu'il avait perçu des revenus ou des ressources de son activité de gérant de sociétés par actions simplifiées le département a entaché sa décision d'une erreur de droit dès lors que ces sommes correspondent à des remboursements de frais de déplacement et d'un apport en compte courant ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur de fait dès lors que la somme réintégrée au titre du mois d'août 2017 est erronée ;
- en réintégrant les sommes versées par son père, dont il est le curateur, le département a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, le département de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une lettre du 24 octobre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision implicite de rejet de la réclamation formée par M. B contre la décision du 26 avril 2021 en tant qu'elle met à sa charge un indu de revenu de solidarité active, dès lors que, par une décision postérieure à l'introduction de la requête du 2 septembre 2021, qui s'est substituée à la décision implicite initiale, le président du conseil départemental de la Loire a expressément rejeté cette réclamation.
II - Sous le n° 2108245, par une requête enregistrée le 18 octobre 2021, M. C B, représenté par Me Ferron, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision du 26 avril 2021, en tant que, par cette décision, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire lui a demandé le remboursement d'une somme de 8 640 euros correspondant à un indu d'allocation de logement familiale constitué sur la période du 1er janvier 2019 au 31 mars 2021, d'une somme de 515,26 euros correspondant à un indu de complément familial majoré constitué entre le 1er novembre 2020 et le 31 décembre 2020 et une somme de 274,41 euros correspondant à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018, ainsi que les décisions implicites rejetant son recours administratif formé le 21 juin 2021 à l'encontre de cette décision ;
- les décisions du 1er mai 2021 par lesquelles la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire lui a demandé le remboursement d'une somme totale de 548,82 euros, correspondant à des indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux contre ces décisions ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Loire de procéder à la restitution des sommes déjà recouvrées au titre de ces indus, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Loire le versement d'une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions attaquées sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant récupération d'un indu de revenu de solidarité active, prise en l'absence de saisine de la commission de recours amiable et entachée d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 7 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales de la Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le tribunal est incompétent pour connaître du litige relatif à un indu de complément familial majoré ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 24 octobre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 26 avril 2021 en tant qu'elle met à la charge de M. B un indu d'allocation de logement familiale, dès lors que la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable s'y est substituée.
III - Sous le n° 2108789, par une requête enregistrée le 4 novembre 2021, M. C B, représenté par Me Ferron, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a rejeté son recours contre la décision du 26 avril 2021 mettant à sa charge une somme de 26 207,40 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période du 1er avril 2018 au 31 mars 2021 ;
2°) d'annuler, par voie de conséquence, la décision du 26 avril 2021 de la caisse d'allocations familiales de la Loire mettant à sa charge cet indu ;
3°) de mettre à la charge du département de la Loire le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, la commission de recours amiable n'ayant pas été saisie et la convention de gestion conclue entre le département et la caisse d'allocations familiales ne pouvant légalement exclure cette consultation ;
- en retenant qu'il avait perçu des revenus ou des ressources de son activité de gérant de sociétés par actions simplifiées le département a entaché sa décision d'une erreur de droit dès lors que ces sommes correspondent à des remboursements de frais de déplacement et d'un apport en compte courant ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que la somme réintégrée au titre du mois d'août 2017 est erronée ;
- en réintégrant les sommes versées par son père, dont il est le curateur, le département a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, le département de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 24 octobre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 26 avril 2021 en tant qu'elle met à sa charge un indu de revenu de solidarité active, dès lors que la décision du président du conseil départemental de la Loire du 2 septembre 2021 s'y est substituée et est seule susceptible d'être déférée au juge.
IV - Sous le n° 2109235, par une requête enregistrée le 22 novembre 2021, M. C B, représenté par Me Ferron, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juin 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire lui a notifié une fraude, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 21 juillet 2021 à l'encontre de cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à la restitution des sommes déjà recouvrées, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Loire le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas signée, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et la compétence de son auteur n'est pas établie ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions mettant à sa charge différents indus ;
- il n'a pas commis de manœuvres frauduleuses de sorte que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales de la Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, le département de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par courrier du 24 octobre 2021, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la " décision " du 1er juin 2021 et contre la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par M. B le 21 juillet 2021 à l'encontre de cette décision, dès lors que la " décision " du 1er juin 2021 n'est pas décisoire et ne fait pas grief, de sorte qu'elle insusceptible de recours.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
-et les observations de Me Ferron représentant M. B.
Après avoir, à l'issue de l'audience, prononcé la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées concernent le même requérant, présentent à juger de questions connexes et ont faire l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.
2. M. B a été bénéficiaire du revenu de solidarité active, de l'allocation de logement familiale, du complément familial majoré et des primes exceptionnelles de fin d'année 2018, 2019 et 2020 dans le département de la Loire. A la suite d'un contrôle, la caisse d'allocations familiales de la Loire lui a, par un courrier du 26 avril 2021, demandé le remboursement d'une somme totale de 35 637,07 euros, comprenant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 26 207,40 euros, constitué sur la période du 1er avril 2018 au 31 mars 2021, un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 d'un montant de 274,41 euros, un indu d'allocation de logement familiale constitué sur la période du 1er janvier 2019 au 31 mars 2021 et un indu de complément familial majoré, d'un montant de 515,26 euros au titre de la période comprise entre le 1er novembre et le 31 décembre 2020. Par des décisions du 1er mai 2021, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire lui a demandé le remboursement de deux fois la somme de 274,41 euros, correspondant à des indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020. Par un courrier du 3 mai 2021 adressé au président du conseil départemental de la Loire, M. B a contesté le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active. Par un courrier du 21 juin 2021 adressé au président de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales, il a également contesté le bien-fondé des indus d'allocation de logement familiale et de prime exceptionnelle de fin d'année. Des décisions implicites de rejet sont nées du silence gardé par l'administration pendant plus de deux mois sur ces réclamations. Par une lettre intitulée " Notification d'une fraude " du 1er juin 2021, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire a informé M. B de ce qu'elle retenait la notion de fausse déclaration à son encontre et de ce que son dossier était transmis au président du conseil départemental. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur le recours gracieux formé par M. B contre cette décision. M. B conteste l'ensemble de ces décisions.
Sur l'exception d'incompétence opposée en défense concernant le complément familial :
3. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législation et réglementation de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; () ". Aux termes de l'article L. 511-1 de ce code : " Les prestations familiales comprennent : () 3°) le complément familial ; () ". Aux termes de l'article L. 142-8 de ce même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ".
4. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs aux prestations familiales, qui comprennent le complément familial, relèvent de la compétence du tribunal judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête n° 2108245 tendant à l'annulation de la décision du 26 avril 2021 de la directrice de la caisse d'allocations familiales, en tant qu'elle met à la charge de M. B un indu de complément familial majoré d'un montant de 515,26 euros ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé à l'encontre de cette décision, doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur l'étendue du litige :
5. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : () 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ". Aux termes de l'article L. 825-2 de ce code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ".
6. D'une part, l'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement le positionnement de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale, et elle est seule susceptible d'être déférée au juge. D'autre part, lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration à la suite du recours administratif préalable obligatoire qu'il a exercé et qu'une décision explicite de rejet est intervenue dans le même sens, même en cours d'instance, postérieurement à la décision implicite de rejet, ses conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet deviennent sans objet dès lors que la décision expresse s'est substituée à la décision implicite.
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête n° 2105906, le président du conseil départemental de la Loire a expressément rejeté, par une décision du 2 septembre 2021, le recours administratif préalable obligatoire formé par M. B le 3 mai 2021 contre la décision du 26 avril 2021 en tant qu'elle lui notifie un indu de revenu de solidarité active. Dans ces conditions, les conclusions dirigées contre la décision implicite née du silence gardé par l'administration sur le recours administratif préalable obligatoire de M. B sont devenues sans objet et il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
8. En deuxième lieu, M. B présente, dans la requête n° 2108245, des conclusions dirigées contre la décision du 26 avril 2021 en tant qu'elle met à sa charge un indu d'allocation de logement familiale. Il résulte de l'instruction qu'il a formé, le 21 juin 2021, un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, qui a été implicitement rejetée par la caisse d'allocations familiales de la Loire. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 26 avril 2021 de la caisse d'allocations familiales de la Loire, à laquelle s'est substituée la décision implicite de rejet du recours administratif formé le 21 juin 2021, seule susceptible d'être déférée au juge, sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
9. En troisième lieu, M. B présente, dans la requête n° 2108789, des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 26 avril 2021 en tant qu'elle met à sa charge un indu de revenu de solidarité active. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision du 2 septembre 2021, par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a rejeté son recours administratif du 3 mai 2021 s'est substituée à la décision initiale du 26 avril 2021. Dans ces conditions, les conclusions de la requête n° 2108789 tendant à l'annulation de la décision du 26 avril 2021 mettant à la charge de M. B un indu de revenu de solidarité active sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
10. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que par un courrier du 1er juin 2021, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire a informé M. B qu'elle estimait que son comportement était constitutif d'une manœuvre frauduleuse et qu'elle transmettait son dossier au président du conseil départemental pour suites à donner. Toutefois, ce courrier n'est pas décisoire et ne revêt pas le caractère d'une décision faisant grief. Par suite, les conclusions de la requête n° 2109235 tendant à l'annulation de ce courrier du 1er juin 2021 et de la décision implicite de rejet du recours administratif de M. B du 21 juillet 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active :
11. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
13. La décision attaquée du 2 septembre 2021 se réfère aux dispositions du code de l'action sociale et des familles applicables à la situation de M. B ainsi qu'à la nature et aux montants des ressources que l'intéressé n'a pas déclarées. Ainsi, cette décision est suffisamment motivée au regard des prescriptions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
14. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, selon l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental, lequel est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25 de ce code, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée. ".
15. Il résulte de ces dispositions que la convention conclue entre le département et la caisse d'allocations familiales ne peut légalement prévoir qu'aucun recours administratif préalable obligatoire dirigé contre une décision relative au revenu de solidarité active n'est soumis pour avis à la commission de recours amiable. Toutefois, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière a été prise pour son application ou y trouve sa base légale.
16. En l'espèce, en vertu de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 9 avril 2021 entre le département de la Loire et la caisse d'allocations familiale de la Loire, les recours administratifs préalables obligatoires relatifs à des indus de revenus de solidarité active inférieurs à huit fois le plafond mensuel de la sécurité sociale sont dispensés d'un avis de la commission de recours amiable. Par suite, M. B, qui ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de cette disposition de la convention à l'encontre de la décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active, dès lors que cette dernière n'a pas été prise pour l'application de cette convention et que celle-ci n'en constitue pas la base légale, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure faute pour la commission de recours amiable d'avoir été régulièrement saisie.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L. 262-3 de ce code : " La fraction des revenus professionnels des membres du foyer et le montant forfaitaire mentionné au 2°de l'article L. 262-2 sont fixés par décret. (). L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour déterminer ses droits au revenu de solidarité active, le demandeur doit déclarer l'ensemble des ressources perçues par lui-même et par toutes les personnes composant foyer.
18. L'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. B sur la période comprise entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2021 a pour origine la prise en compte, au titre de ses ressources, de revenus qu'il a omis de déclarer. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête réalisé par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de la Loire le 29 mars 2021, que M. Jouvhomme, président de deux sociétés par actions simplifiées, Sogo.travel (SASU) et Booktrip.fr (SAS), n'a pas déclaré des sommes perçues sur son compte bancaire, à savoir des virements réalisés par ses sociétés, des versements en espèces ainsi que l'encaissement de chèques et des virements effectués par son père, M. A B.
19. Il résulte de ce rapport d'enquête que le contrôleur de la caisse d'allocations familiales a relevé que M. B a bénéficié de virements de la part de ses deux sociétés, d'un montant de 22 217 euros en 2018, de 8 795 euros en 2019 et de 21 506 euros en 2020. Pour contester le bien-fondé de l'indu, M. B soutient que ces sommes correspondent à des remboursements de frais kilométriques et d'indemnités de déplacement et qu'il n'a perçu aucun dividende, ni rémunération du fait de l'activité de ses entreprises et produit à l'appui de ses dires une attestation de l'expert-comptable de ces deux sociétés, certifiant qu'aucun versement de dividendes n'a été effectué pour les années 2018, 2019 et 2020 ainsi que deux attestations datées des 9 février 2018 et 30 août 2019 certifiant qu'il n'a perçu aucune rémunération depuis le début de l'activité de la société Booktrip.fr. Toutefois, d'une part, le requérant ne produit pas de justificatifs suffisants des diverses sommes versées sur son compte bancaire. Dès lors, il n'établit pas que les sommes créditées sur son compte correspondraient effectivement à des frais de déplacement, de restauration et de représentation. D'autre part, les attestations de non-rémunération produites par le requérant ne portent pas sur la totalité de la période en cause et ne concernent que la société Booktrip.fr. Dès lors, le requérant ne justifie pas de l'intégralité des sommes retenues par le contrôleur. En outre, si le requérant fait état de ce qu'une partie de ces sommes correspondraient à des remboursements d'un apport en compte courant d'un montant de 12 800 euros consenti lors de la création de la société Booktrip.fr en 2017, il résulte du tableau récapitulatif produit par son expert-comptable devant le contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales, que M. B, qui ne produit, ni les bilans comptables, ni la liasse fiscale de la société, n'a perçu qu'une somme de 1 500 euros en remboursement de son compte courant détenu auprès de la société Booktrip.fr. Enfin, il résulte du rapport d'enquête, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que le contrôleur assermenté a relevé que M. B possède un compte courant d'entreprise auprès de la société Sogo.travel, dont le montant, au 31 décembre 2019, était de 8 392 euros alors que, durant l'année 2020, M. B a déclaré avoir reçu 18 200 euros de cette société en remboursement de son compte courant. Dans ces conditions, compte tenu des montants en cause, du caractère répété des versements et sans autre justification de l'intéressé, le président du conseil départemental de la Loire a pu légalement regarder ces sommes comme des ressources et les intégrer au calcul de ses droits au revenu de solidarité active.
20. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 262-4 du code de l'action sociale et des familles : " La périodicité mentionnée à l'article L. 262-21 pour le réexamen du montant de l'allocation de revenu de solidarité active est trimestrielle. L'allocation est liquidée pour des périodes successives de trois mois à partir des ressources calculées conformément à l'article R. 262-7. () ". Aux termes de l'article R. 262-7 de ce code : " I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. II.- Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision, à l'exception de celles prévues aux 2° et 3° ; 2° Le montant mensuel des prestations versées par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, sous réserve des dispositions des articles R. 262-10 et R. 262-11. Ces prestations sont intégralement affectées au mois de perception ; 3° Le montant des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12 présentant un caractère exceptionnel. Celles-ci sont intégralement affectées au mois de perception. () ".
21. Si M. B soutient que le montant des ressources réintégrées par l'agent de contrôle de la caisse d'allocations familiales puis par le département de la Loire au titre du mois d'août 2017 est erroné, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge pour la période comprise entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2021. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut qu'être écarté.
22. En cinquième lieu, il résulte du rapport d'enquête établi le 29 mars 2021 que M. B n'a pas déclaré les sommes créditées par son père, M. A B, sur ses comptes bancaires entre les mois de janvier et mars 2020, pour un montant total de 3 300 euros. Si le requérant fait valoir que ces sommes correspondent à des " facilités ponctuelles " qu'il a effectuées dans le cadre de la gestion de la curatelle de son père, ou à des réserves constituées en prévision de dépenses nécessaires au quotidien de son père, il résulte du rapport d'enquête susvisé que le contrôleur n'a relevé, en analysant les relevés bancaires de M. B entre les mois de juin 2017 et novembre 2020, aucune dépense correspondant à des frais de curatelle à la suite des virements reçus par M. B. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le département de la Loire n'aurait pas dû réintégrer ces sommes dans les ressources servant au calcul de ses droits à revenu de solidarité active. Le moyen doit, par suite, être écarté.
23. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 2 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a rejeté son recours contre l'indu de revenu de solidarité active, d'un montant de 26 207,40 euros, constitué sur la période du 1er avril 2018 au 31 mars 2021, mis à sa charge.
En ce qui concerne l'indu d'allocation de logement familiale :
24. M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision du 2 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a confirmé l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge, il n'est pas fondé à soutenir que la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Loire a confirmé l'indu d'allocation de logement familiale mis à sa charge par la décision du 26 avril 2021 serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant récupération d'un indu de revenu de solidarité active.
25. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Loire a confirmé mettre à sa charge un indu d'allocation de logement familiale, d'un montant de 8 640 euros, constitué sur la période du 1er janvier 2019 au 31 mars 2021.
En ce qui concerne les indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2018, 2019 et 2020 :
26. M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision du 2 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a confirmé l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge, il n'est pas fondé à soutenir que la décision du 26 avril 2021, en tant qu'elle met à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018, et les décisions du 1er mai 2021 mettant à sa charge des indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020 seraient illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision du 2 septembre 2021.
27. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 26 avril 2021 en tant qu'elle met à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018, de la décision du 1er mai 2021 mettant à sa charge des indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 21 juin 2021 contre ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
28. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution spécifique. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département de la Loire et de la caisse d'allocations familiales de la Loire, qui ne sont pas parties perdantes dans ces instances, le versement de la somme demandée par M. B, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête n° 2108245 tendant à l'annulation de la décision du 26 avril 2021, en tant qu'elle met à la charge de M. B un indu de complément familial majoré, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux, sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2105906 dirigées contre la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire formé par M. B à l'encontre de la décision du 26 avril 2021 en tant qu'elle met à sa charge un indu de revenu de solidarité active.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2105906 et n° 2108245 et les requêtes n° 2108789 et 2109235 sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la caisse d'allocations familiales de la Loire, au département de la Loire, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La magistrate désignée,
V. VACCARO-PLANCHETLa greffière,
S. RIVOIRE
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2105906 - 2108245 - 2108789 - 2109235
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026