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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2106056

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2106056

mardi 14 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2106056
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP CARNOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2021, Mme D F, M. E B, Mme G B, représentés par Me Lettat-Ouatah (Cabinet Clapot-Lettat), demandent au tribunal :

1°) de condamner les Hospices civils de Lyon et son assureur, la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), à verser une somme de 243 911,48 euros à Mme D F, une somme de 12 253,84 euros euros à M. E B et une somme de 18 022,62 euros à Mme G B, en réparation des préjudices subis par Mme D F du fait des manquements commis par les services des Hospices civils de Lyon dans le cadre de sa prise en charge le 16 août 2016 ;

2°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- plusieurs fautes ont été commises à l'occasion de la prise en charge de Mme F le 16 août 2016, qui engagent la responsabilité des Hospices civils de Lyon sur le fondement du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique :

. un défaut d'organisation aboutissant à un manque de place dans le service des urgences neuro-vasculaires des Hospices civils de Lyon qui s'est matérialisé par l'impossibilité de l'admettre dans ce service alors que son état le justifiait ;

. une erreur de diagnostic quant à la survenance d'un accident vasculaire cérébral ;

- ces fautes lui ont fait perdre une chance de bénéficier d'une thrombolyse plus précoce et d'obtenir une récupération complète de son état, qui peut être évaluée à 42,10 % ;

- les préjudices subis du fait de ces fautes médicales sont les suivants :

. concernant Mme F : frais médicaux 2 065,63 euros, honoraires du médecin conseil 2 090 euros, frais divers 295 euros, frais de déplacement 543,12 euros, assistance par une tierce personne temporaire 42 320,70 euros, dépenses de santé futures 11 932,81 euros à parfaire, assistance par une tierce personne permanente 226 200,08 euros, frais d'adaptation du logement 16 729,06 euros à parfaire, frais d'adaptation du véhicule à préciser, déficit fonctionnel temporaire 22 382,50 euros, souffrances endurées 40 000 euros, préjudice esthétique temporaire 7 000 euros, déficit fonctionnel permanent 155 000 euros, préjudice sexuel 20 000 euros, préjudice d'agrément 20 000 euros, préjudice esthétique permanent 35 000 euros ;

. concernant M. B, fils de A F : frais de déplacement 899,95 euros, frais d'hôtel 206,65 euros, préjudice d'affection 18 000 euros, troubles dans les conditions d'existence 10 000 euros ;

. concernant Mme B, fille de Mme F : frais de déplacement 14 809,08 euros, préjudice d'affection 18 000 euros, troubles dans les conditions d'existence 10 000 euros ;

- ces préjudices ouvrent droit à réparation intégrale pour les frais médicaux, les honoraires du médecin conseil, les frais de déplacement et à réparation à hauteur de la chance perdue pour les autres préjudices.

Par un mémoire enregistré le 20 octobre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône, demande au tribunal :

1°) de condamner les Hospices civils de Lyon à lui payer la somme de 219 784,69 euros, au titre des prestations versées imputables aux manquements constatés ;

2°) de condamner les Hospices civils de Lyon à lui verser la somme de 1 098 euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Elle soutient que :

- la responsabilité des Hospices civils de Lyon doit être engagée pour fautes ;

- elle a droit au remboursement des dépenses de santé engagées en lien avec ces fautes, à savoir des frais hospitaliers pour 110 475,35 euros, des frais médicaux pour 19 828,82 euros, des frais pharmaceutiques pour 1 706,90 euros, des frais d'appareillage pour 5 477,94 euros et des frais de transport pour 8 672,86 euros, ainsi que des frais de santé futurs pour 73 820,82 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 février 2022, les Hospices civils de Lyon et la SHAM, représentés par Me Prouvez (SELARL Carnot Avocats), concluent, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que la perte de chance ne soit pas fixée à un taux supérieur à 10 %.

Ils font valoir que :

- à titre principal, la responsabilité des Hospices civils de Lyon ne doit pas être engagée, dès lors que la thrombolyse a été réalisée dans les 4 heures 30 après l'accident vasculaire, ainsi que le recommandaient les bonnes pratiques médicales en vigueur en 2016 ;

- à titre subsidiaire, le taux de perte de chance de 30 %, évalué sans justification par les premiers experts, ne pourra pas être retenu, les études statistiques montrant une incidence négligeable du moment de prise en charge pour une récupération complète ; le taux de 10 % pourra être retenu à titre infiniment subsidiaire ;

- en ce qui concerne à titre subsidiaire les préjudices, le taux de perte de chance devra être appliqué à chaque chef de préjudice, certaines demandes ne seront pas accueillies, et plusieurs sommes sollicitées devront être réduites à de plus justes proportions.

La procédure a également été communiquée à la MGEN, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et au service des retraites de l'État.

Mme F et autres ont produit un nouveau mémoire le 23 janvier 2023, qui a été communiqué en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.

Des pièces produites le 23 janvier 2023 par Mme F et autres n'ont pas été communiquées, en application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des impôts ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. H,

- et les observations de Me Lettah-Ouatah, représentant Mme F et autres, et de Me Rey représentant les Hospices civils de Lyon et la SHAM.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F a été prise en charge le 16 août 2016 à la suite de la survenance de signes cliniques associés à un accident vasculaire cérébral constatés vers 6 heures 05. Admise à l'hôpital Edouard Herriot peu avant 7 heures, elle a ensuite été transférée à l'hôpital neurologique, où une thrombolyse intraveineuse a été réalisée à 9 heures 55. Ce traitement n'a pas eu d'effet thérapeutique sur l'état de Mme F, qui conserve, après plusieurs périodes d'hospitalisation et de rééducation, une lourde hémiplégie gauche.

2. Mme F a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) Rhône Alpes le 12 septembre 2018 d'une demande d'indemnisation. Cette commission a désigné deux experts, les docteurs Guillaume, chirurgien orthopédique et traumatologique, et Crémieux, neurologue, qui ont rendu un rapport le 11 février 2019, puis a sollicité une seconde expertise, par un avis avant dire droit du 11 avril 2019, confiée aux docteurs Tuetey, neuroradiologue, et Gras, neurologue, qui ont rendu un rapport le 1er septembre 2019. Par un avis du 11 octobre 2019, la CCI a estimé que la responsabilité des Hospices civils de Lyon devait être engagée en raison de manquements fautifs, à hauteur de 30 %. Une indemnisation a été proposée par la SHAM, assureur des Hospices civils de Lyon, par courrier le 6 janvier 2020, qui n'a pas été acceptée par Mme F. Celle-ci et ses deux enfants ont saisi les Hospices civils de Lyon d'une demande indemnitaire préalable par courrier du 2 juillet 2021. Par leur requête, Mme F, son fils et sa fille, sollicitent la condamnation des Hospices civils de Lyon et de la SHAM à leur verser une somme en réparation des préjudices subis du fait de la prise en charge de Mme F le 16 août 2016. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Rhône sollicite quant à elle le remboursement de ses débours.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

3. Il résulte de l'instruction que Mme F, alors âgée de soixante-neuf ans, a ressenti le 16 août 2016 vers 4 heures 30 à son domicile un engourdissement de son membre supérieur gauche, qui a rapidement disparu. Elle a ensuite présenté, vers 6 heures 05 sur la voie publique, des signes cliniques d'un accident vasculaire cérébral (AVC) affectant son hémicorps gauche. Elle a été prise en charge vers 6 heures 20 par les services de secours, qui ont contacté le centre opérationnel départemental d'incendie et de secours, au sein duquel une régulatrice a contacté le service des urgences neuro-vasculaires de l'hôpital neurologique des Hospices civils de Lyon à 6 heures 42, qui aurait indiqué n'avoir plus de place disponible. Mme F a alors été orientée vers l'hôpital Edouard Herriot des Hospices civils de Lyon où elle a été prise en charge vers 6 heures 55 et examinée à 7 heures 01. Le service des urgences neuro-vasculaires des Hospices civils de Lyon a été à nouveau contacté : le médecin de ce service a alors émis l'hypothèse d'un " AVC du réveil " et a recommandé la réalisation d'un scanner. À la suite du scanner réalisé vers 8 heures et révélant une thrombose de l'artère vertébrale gauche, le médecin du service des urgences neuro-vasculaires de l'hôpital neurologique a considéré à 8 heures 19 qu'il n'y avait pas d'indication de thrombolyse au regard de l'incertitude quant au début d'apparition des symptômes et a promis de rappeler dès qu'un lit serait disponible. À 8 heures 24, ce médecin a rappelé pour demander que Mme F soit transférée en urgence en unité neuro-vasculaire. Mme F a quitté l'hôpital Edouard Herriot à 8 heure 44 et a été admise vers 9 heures à l'hôpital neurologique, où une indication de thrombolyse intra-veineuse a été posée. Le traitement a été effectué à 9 heures 55, soit trois heures cinquante après les premiers signes d'AVC et un peu moins de cinq heures trente après le réveil de l'intéressée à son domicile. Ce traitement n'a eu aucun effet bénéfique sur l'état de Mme F, qui a conservé une hémiplégie gauche importante. Une imagerie par résonance magnétique du 16 août 2016 et un scanner du 17 août ont confirmé le diagnostic d'un accident vasculaire cérébral ischémique sylvien droit profond.

4. Du 23 août 2016 au 15 mars 2017, Mme F a été hospitalisée à la clinique Les Lilas Bleus pour rééducation, séjour au cours duquel elle a chuté le 30 janvier et le 15 mars 2017. Elle a subi une intervention chirurgicale pour une pose de prothèse totale de la hanche gauche à la clinique du Val d'Ouest le 17 mars 2017. Mme F a ensuite été hospitalisée à la clinique du Val Rosay du 3 avril 2017 au 15 juillet 2017 pour continuer sa rééducation, puis a poursuivi ses soins en hospitalisation de jour dans le même établissement du 19 juillet au 9 novembre 2017. Elle a de nouveau séjourné à la clinique du Val Rosay du 8 mars au 19 avril 2018. Mme F conserve une grande hémiplégie gauche avec une atteinte motrice prédominante au niveau du membre supérieur gauche (main non fonctionnelle) et dans une moindre mesure au niveau du membre inférieur gauche (déficit de marche, appareillage et appui nécessaires) ainsi qu'un déficit moteur facial discret.

En ce qui concerne le principe de la responsabilité du centre hospitalier :

5. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, () tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () ".

6. Il résulte de l'instruction, notamment des éléments statistiques fournis par les deux expertises médicales réalisées à la demande de la CCI ainsi que d'une publication médicale de septembre 2016 produite en défense relative aux bonnes pratiques de prise en charge des AVC en urgence alors en vigueur, que la précocité de la prise en charge à compter de l'apparition des signes de l'AVC est un facteur favorisant la réussite des traitements de l'AVC et en particulier de la thrombolyse intraveineuse. Il résulte de ces éléments que les chances d'obtenir une récupération complète, qui ne sont toutefois pas supérieures à 50 %, diminuent avec le temps : selon l'expertise de septembre 2019, les patients ayant bénéficié d'une thrombolyse intraveineuse avant la troisième heure récupèrent dans 42,1 % des cas alors que la récupération complète est de 41,3 % pour les patients fibrinolysés entre trois heures et quatre heures trente et de 36,1 % après quatre heures trente. Les bonnes pratiques médicales en vigueur en août 2016 recommandaient ainsi de ne pas pratiquer de thrombolyse plus de quatre heures trente après le début des signes d'AVC, et notamment pas dans le cadre d'un AVC dit " du réveil ", pour lequel une thrombolyse n'était pas recommandée du fait de l'incertitude sur le début de l'accident.

7. Il résulte de l'instruction, et notamment des deux expertises réalisées dans le cadre de la procédure de conciliation préalable, que Mme F a été victime le 16 août 2016 successivement d'un accident ischémique transitoire (AIT) précessif vers 4 heures 30 puis d'un accident vasculaire cérébral (AVC) vers 6 heures 05. Elle n'a pas pu être accueillie directement à l'hôpital neurologique, faute de place disponible dans cet établissement au moment de l'appel du centre de régulation des secours. Le délai pris pour son transfert dans cet établissement a été en outre accru du fait d'une erreur de diagnostic du médecin neurologue, qui a considéré que le déficit moteur hémicorporel gauche que présentait Mme F résultaient d'un " AVC du réveil ", sans qu'il soit possible de déterminer de manière précise l'heure de début de l'AVC, alors qu'il résulte de l'instruction que Mme F avait recouvré toutes ses facultés quelques minutes après son réveil, l'hémiplégie gauche ne s'étant déclarée qu'une heure trente plus tard, à 6 heures 05, permettant de déterminer le début de l'AVC de manière précise.

8. Tant l'absence de place disponible vers 6 heures 20 à l'hôpital neurologique des Hospices civils que l'erreur consistant à avoir qualifié d'AVC du réveil l'AVC dont était victime Mme F, ont contribué à la priver de la possibilité de bénéficier d'une thrombolyse de manière plus précoce qu'à 9 heures 55, notamment avant 8 heures 24, horaire auquel le diagnostic d'AVC du réveil a été remis en cause et la patiente orientée en urgence vers l'hôpital neurologique. Ces fautes sont de nature à justifier l'engagement de la responsabilité pour faute des Hospices civils de Lyon, et à ouvrir droit à réparation des préjudices qui y sont directement imputables.

9. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

10. Il résulte des constatations convergentes des deux rapports d'expertise que Mme F présentait lors de sa prise en charge une hypertension artérielle sous traitement, sans autre antécédent. Il résulte également de l'instruction qu'eu égard aux délais nécessaires au transfert de la patiente et à la réalisation d'une thrombolyse, Mme F n'aurait pas pu bénéficier de ce geste moins d'une heure après les premiers signes. Les données statistiques évoquées plus haut montrent qu'une récupération n'est obtenue que dans moins de la moitié des cas y compris ceux pris en charge précocement, et que le taux de récupération est réduit de 0,8 point de pourcentage pour une prise en charge au bout de quatre heures, comme en l'espèce, par rapport à une prise en charge inférieure à trois heures. Au regard de ces éléments, la perte de chance de bénéficier d'une prise en charge plus précoce imputable à l'erreur de diagnostic associée à l'absence de place immédiatement disponible doit être évaluée à 10 %.

En ce qui concerne les préjudices indemnisables de la victime directe :

11. L'état de santé de Mme F, née le 5 mai 1947, tel que résultant des conséquences des fautes commises le 16 août 2016 peut être regardé comme consolidé à la date du 16 août 2018, deux ans après l'accident et une fois stabilisées les conséquences des chutes dont elle a été victime en 2017.

Quant aux préjudices patrimoniaux :

S'agissant des dépenses de santé avant consolidation :

12. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme F a justifié des dépenses de santé directement en lien avec l'AVC dont elle a été victime.

13. La CPAM du Rhône justifie, par l'attestation d'imputabilité et l'état des débours produits dans le cadre de la présente instance, avoir exposé des dépenses correspondant à 110 295,35 euros de frais hospitaliers pour des hospitalisations du 16 au 23 août 2016, du 23 août 2016 au 15 mars 2017, du 15 mars 2017 au 3 avril 2017, du 16 mars 2017, du 3 avril 2017 au 15 juillet 2017 et du 8 mars 2018 au 19 avril 2018, à 19 828,82 euros de frais médicaux, à 1 706,90 euros de frais pharmaceutiques, à 5 477,94 euros de frais d'appareillage et à 8 672,86 euros de frais de transport, soit un total de 145 981,87 euros.

14. Mme F soutient pour sa part avoir conservé à sa charge des frais d'hospitalisation à hauteur de 4,89 euros et de 385,54 euros, sans pour autant produire de justificatifs permettant au tribunal de s'assurer que ces sommes ont bien été réglées et qu'elles sont effectivement restées à sa charge. Le remboursement de frais exposés pour l'achat d'une canne tripode et d'une canne base large, qui ont été réglés par M. B sur un site internet, ne peut être sollicité par Mme F. S'il résulte de l'instruction que Mme F a fait l'acquisition d'une épaulière en octobre 2016 et d'un fauteuil roulant en novembre 2017, elle ne produit pas les justificatifs permettant de déterminer les sommes restées à sa charge. Quant à la facture acquittée pour l'achat d'une orthèse, qui date en tout état de cause du mois de mai 2021, soit postérieurement à la consolidation, la requérante ne produit pas non plus de justificatifs de l'absence de remboursement partiel ou total de la somme de 1 620 euros versée.

15. Il résulte de ce qui précède que, la victime n'étant fondée à solliciter le remboursement d'aucune somme, il n'y a pas lieu de lui appliquer de priorité, et la caisse est fondée à solliciter le versement d'une indemnité de 14 598,19 euros, correspondant à 10 % des dépenses de santé exposées par la caisse avant la date de consolidation.

S'agissant des frais divers :

16. Il résulte de l'instruction que Mme F a dû être assistée dans le cadre des opérations d'expertise par un médecin conseil, dont les honoraires se sont élevés à 560 euros avant consolidation et 1 530 euros après consolidation, soit un total de 2 090 euros, auquel il n'y a pas lieu d'appliquer le taux de perte de chance retenu au point 10, ces dépenses ayant été entièrement exposées aux fins d'engager la procédure tendant à l'engagement de la responsabilité pour faute des Hospices civils de Lyon. Elle a de même droit au remboursement des frais de déplacement exposés pour se rendre aux opérations d'expertise qui se sont tenues le 8 janvier 2019 à Marseille et le 3 juillet 2019 à Chalon-sur-Saône, calculés selon le barème mentionné au 3° de l'article 83 du code général des impôts et précisé à l'article 6 B de l'annexe IV de ce code en vigueur au moment des déplacements concernés pour 646 et 256 kilomètres, soit 451,09 euros.

17. Mme F justifie avoir réglé le 14 mai 2016 neuf places pour des spectacles donnés durant la saison 2016-2017 de la maison de la danse de Lyon, qui n'ont été ni occupées ni remboursées ainsi qu'il résulte d'une attestation de cet établissement, pour un montant de 295 euros et pour des dates correspondant à des périodes durant lesquelles elle était hospitalisée. Elle a droit au remboursement de 10 % de cette somme soit 29,50 euros.

S'agissant des frais d'aménagement du logement :

18. Mme F justifie avoir, en juin 2017, acquis divers équipements et fait réaliser divers travaux aux fins d'adapter sa salle de bains à son état de santé, dont la nécessité a été reconnue par les deux expertises, pour un montant total de 695,90 euros. Il y a toutefois lieu de retrancher 102,62 euros de cette somme, correspondant au montant de remboursement d'une chaise de douche par l'assurance maladie ainsi qu'il résulte de l'attestation d'imputabilité du médecin conseil de la CPAM du Rhône. Mme F est donc fondée à solliciter le remboursement de 10 % de la somme de 593,28 euros soit 59,33 euros.

19. Il résulte de l'instruction qu'elle a également fait procéder à l'installation d'un monte-escalier en mars 2017 pour 8 610 euros, à l'acquisition d'une table d'appoint pour 49 euros en juillet 2017, à l'installation de volets roulants électriques pour 3 188,59 euros en juin 2017 et au remplacement de ceux-ci en décembre 2020 pour 2 184,47 euros. Mme F a également versé, en vue de la motorisation de la porte d'entrée de l'immeuble où elle réside, sur le compte de la copropriété, 2 697 euros en décembre 2018 sur la base d'un devis de mars 2018. Hors la table d'appoint, la nécessité de ces aménagements a été reconnue par les deux expertises. Ainsi, Mme F est fondée à solliciter le remboursement de 10 % de 16 680,06 euros, soit 1 668,01 euros.

S'agissant des frais d'assistance par une tierce personne avant consolidation :

20. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

21. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme F justifiait, avant consolidation une assistance par une tierce personne, évaluée par les deux expertises à deux heures par jour, la seconde expertise relevant en outre que Mme F a également bénéficié de l'aide de sa fille dans les suites des hospitalisations à raison de trois heures par jour. La requérante produit des factures pour des prestations d'aide à domicile facturées environ 18 euros par heure, de septembre 2017 à août 2018. Ainsi, pour la période de 354 jours correspondant à la période du 16 août 2016 au 16 août 2018 minorée des journées d'hospitalisation, le besoin peut être évalué à 708 heures. Il sera fait une exacte appréciation du préjudice subi, l'aide nécessaire étant une aide non spécialisée, en l'indemnisant sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération, tenant compte des cotisations sociales et majorations dues par l'employeur, fixé à 13,75 euros pour la période, d'une année de 412 jours afin de tenir compte des jours fériés et des congés payés, soit un total de 10 988,55 euros. Dans ces conditions, Mme F a droit au titre des frais d'assistance par une tierce personne à domicile durant cette période, compte tenu du taux de perte de chance de 10 %, à une indemnité de 1 098,85 euros.

S'agissant des dépenses de santé après consolidation :

22. Mme F demande l'indemnisation de frais de santé engagés après consolidation et de dépenses de santé futures, sur la base d'un renouvellement quinquennal. Toutefois, ainsi qu'il a été dit plus haut, Mme F n'a pas produit les justificatifs permettant de déterminer le montant resté à sa charge. En outre, elle a indiqué " réserver " ce poste de préjudice. Elle n'est donc fondée à solliciter aucune somme à ce titre.

23. La CPAM du Rhône sollicite l'indemnisation des dépenses de santé futures nécessaires à l'état de santé de Mme F, sous la forme de la capitalisation d'une rente viagère de frais pharmaceutiques, de rééducation, d'appareillage. Eu égard aux fréquences de renouvellement recommandées et aux tarifs pratiqués par l'assurance maladie en 2021 qui résultent de l'attestation d'imputabilité produite par la CPAM du Rhône, le montant annuel de ces frais correspond à 3 156,41 euros. Étant donné l'âge de la requérante et le montant des sommes à liquider, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation, à laquelle les Hospices civils de Lyon ne se sont pas opposés, en faisant application du taux de conversion issu du tableau de capitalisation d'une rente viagère rendu public par la Gazette du Palais en 2022 pour une femme de 75 ans, soit 14,486. La CPAM du Rhône peut en conséquence solliciter le versement de 10 % de la somme de 45 723,76 euros, soit 4 572,38 euros.

S'agissant des frais futurs d'aménagement du logement et du véhicule :

24. Mme F sollicite l'indemnisation du renouvellement de l'aménagement de sa salle de bains, réalisé en juin 2017. Si une fréquence de renouvellement de sept ans peut être retenue pour les équipements légers (chaise de douche, rehausseur, barre d'appui, tapis de bain, siège de bain), il y a lieu de retenir une fréquence de renouvellement de quinze ans pour les dépenses de travaux. Ainsi, Mme F peut prétendre à la somme de 894,78 euros, correspondant à des frais de renouvellement de 292,38 euros tous les 7 ans pour les équipements et de 300 euros tous les 15 ans pour les travaux à compter de 2017, en application du taux de conversion issu du tableau de capitalisation d'une rente viagère rendu public par la Gazette du Palais en 2022 pour une femme de 75 ans de 14,486, somme à laquelle il y a toutefois lieu d'appliquer le taux de perte de chance retenu au point 10, soit un capital de 89,48 euros.

25. Mme F ne sollicite pas le renouvellement des autres aménagements réalisés dans son logement dont le droit à indemnité a été reconnu au point 19. Enfin, elle n'apporte aucun élément relatif à l'adaptation éventuelle de son véhicule.

S'agissant des frais d'assistance par une tierce personne après consolidation :

26. Il résulte de l'instruction, et notamment des deux rapports d'expertise, que l'état de santé consolidé de Mme F nécessite une assistance par une tierce personne à hauteur de dix heures par semaine.

27. Pour la période comprise entre la consolidation de l'état de santé de l'intéressé et la date du présent jugement, il sera fait une exacte appréciation du préjudice subi, l'aide nécessaire étant une aide non spécialisée, en l'indemnisant sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération, tenant compte des cotisations sociales et majorations dues par l'employeur, fixé à 14,45 euros pour la période et d'une année de 412 jours afin de tenir compte des jours fériés et des congés payés, soit, pour 2 347 heures sur la période, un total de 38 281,18 euros. Dans ces conditions, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressée aurait perçu d'aide finançant l'assistance par une tierce personne à domicile durant la période, Mme F a droit au titre des frais d'assistance par une tierce personne à domicile durant cette période, compte tenu du taux de perte de chance de 10 %, à une indemnité de 3 828,12 euros.

28. Pour la période postérieure au présent jugement, il y a lieu d'indemniser l'aide non spécifique nécessaire sous la forme de la capitalisation d'une rente viagère, d'un montant annuel, tenant compte du taux de 10 %, de 915,24 euros à la date du présent jugement, établi sur la base d'un taux horaire de rémunération tenant compte des cotisations sociales et majorations dues par l'employeur fixé à 15,78 euros, d'un besoin de dix heures par semaine et d'une année de 58 semaines. Il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation en faisant application du taux de conversion issu du tableau de capitalisation d'une rente viagère rendu public par la Gazette du Palais en 2022 pour une femme de 75 ans, soit 14,486. Mme F est en conséquence fondée à solliciter le versement de la somme de 13 258,17 euros.

Quant aux préjudices extrapatrimoniaux :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

29. Il résulte de l'instruction, notamment des conclusions convergentes des rapports d'expertises sur ce point, que l'état de Mme F a correspondu, du fait du handicap moteur et sensitif résultant de son AVC, à un déficit fonctionnel temporaire total du 16 août 2016 au 15 juillet 2017 et du 8 mars au 19 avril 2018, partiel de classe IV du 15 juillet 2017 au 7 mars 2018 et partiel de classe III du 20 avril au 16 août 2018, soit 377 jours à 100 %, 236 jours à 75 % et 119 jours à 50 %. Il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire subi, total et partiel, à hauteur de 10 000 euros. Eu égard au taux de perte de chance retenu, Mme F est fondée à solliciter le versement d'une somme de 1 000 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

30. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées, évaluées par les experts à 5 sur une échelle de 7, consistant en des souffrances psychiques du fait de la survenance brutale d'un handicap moteur lourd et des souffrances physiques liées aux conséquences de ses chutes, en les évaluant, à hauteur de 12 000 euros. Elle est ainsi fondée à solliciter le versement de 1 200 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

31. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire, évalué par les experts à 5 sur une échelle de 7, en raison de la grande hémiplégie gauche dont souffre Mme F depuis son AVC et de l'incapacité à déplacer sans aide en résultant, en l'indemnisant à hauteur de 6 000 euros. Mme F est ainsi fondée à solliciter le versement de 600 euros.

S'agissant du préjudice esthétique permanent :

32. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent, évalué à 5 sur une échelle de 7, en l'indemnisant à hauteur de 12 000 euros. Mme F est par suite fondée à solliciter le versement de 1 200 euros.

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

33. Après consolidation, il résulte de l'expertise que le déficit fonctionnel permanent dont est atteinte Mme F, caractérisé par une grande hémiplégie gauche, doit être évalué à 70 %. Compte tenu du montant de l'indemnisation correspondant à un tel taux de déficit fonctionnel permanent pour une personne de 75 ans résultant du référentiel de l'ONIAM rendu public en 2022, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à 140 000 euros. Mme F est ainsi fondée à solliciter le versement d'une somme de 14 000 euros.

S'agissant du préjudice sexuel :

34. Il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel subi par Mme F, qui déclare ne plus avoir la capacité physique de réaliser l'acte sexuel, et que les seconds experts ont relevées, en l'évaluant à une somme de 2 000 euros. Mme F est par suite fondée à solliciter le versement d'une somme de 200 euros.

S'agissant du préjudice d'agrément :

35. Mme F, qui ne peut plus exercer les activités sportives, associatives et de loisir qu'elle pratiquait avant son accident, subit un préjudice d'agrément. Eu égard aux attestations et justificatifs fournis, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à une somme de 6 000 euros. Mme F est par suite fondée à solliciter le versement d'une somme de 600 euros.

En ce qui concerne les préjudices indemnisables des proches de la victime :

36. M. B sollicite le remboursement de divers déplacements qu'il aurait effectués en voiture de transport avec chauffeur pour rendre visite à sa mère. Toutefois, les factures qu'il produit, qui ne comportent aucune précision sur les trajets effectués, ne permettent pas de vérifier la correspondance des sommes exposées avec les mentions du tableau réalisé par ses soins. Il sollicite également le remboursement de deux nuits d'hôtel à Marseille pour assister sa mère aux opérations d'expertise qui se sont déroulées le 8 janvier 2019. Il résulte de l'instruction que la présence de son fils était nécessaire à Mme F, qui n'est plus capable de conduire un véhicule, alors même que Mme F était également assistée le 8 janvier 2019 par son médecin conseil et son avocate. M. B peut donc prétendre au versement de la somme réglée de 206,65 euros.

37. Mme B sollicite l'indemnisation des déplacements qu'elle a effectués avec sa voiture personnelle pour rendre visite à sa mère, soit dans les établissements hospitaliers soit au domicile de celle-ci. Mme B a droit à une indemnisation des frais de déplacements entre son domicile situé en Charente-Maritime et la ville de Lyon, distants d'environ 630 kilomètres, calculés selon le barème mentionné au 3° de l'article 83 du code général des impôts et précisé à l'article 6 B de l'annexe IV de ce code en vigueur au moment des déplacements concernés pour vingt-deux allers-retours de 1 260 kilomètres, soit 16 493,40 euros, dont 10 %, soit 1 649,34 euros doivent être mis à la charge des défendeurs. Les frais de péage sollicités, dont le paiement n'est pas justifié, ne peuvent en revanche être indemnisés.

38. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par M. E B et Mme G B, fils et fille de Mme F, du fait des conséquences dommageables de l'accident dont a été victime leur mère, à hauteur de 4 000 euros chacun. Compte tenu du taux de perte de chance, chacun des enfants est fondé à solliciter 400 euros.

39. Il résulte de l'instruction que les enfants de A F ont vu leur vie quotidienne affectée par l'accident, les hospitalisations et le handicap de leur mère. Ils sont par suite fondés à solliciter l'octroi d'une indemnité, tenant compte du taux de perte de chance, de 100 euros chacun.

En ce qui concerne les droits à indemnité :

40. Il résulte de ce qui précède que les Hospices civils de Lyon et la SHAM doivent être condamnés à verser une somme de 41 372,55 euros à Mme F, une somme de 706,65 euros à M. E B, une somme de 2 149,34 euros à Mme G B et que les Hospices civils de Lyon doivent être condamnés à verser une somme de 19 170,57 euros à la CPAM du Rhône.

Sur les conclusions de la CPAM du Rhône tendant à l'application du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :

41. Aux termes du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. ". L'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 dispose : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023. ".

42. Il résulte de ce qui a été dit au point 40 que les Hospices civils de Lyon doivent être condamnés à payer à la CPAM du Rhône une somme de 1 162 euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Sur les frais liés au litige :

43. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

44. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon le versement à Mme F et autres d'une somme de 1 400 euros au titre de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Les Hospices civils de Lyon et la SHAM sont condamnés à verser à Mme F une indemnité de 41 372,55 euros (quarante-et-un mille trois cent soixante-douze euros et cinquante-cinq centimes).

Article 2 : Les Hospices civils de Lyon et la SHAM sont condamnés à verser à M. E B une indemnité de 706,65 euros (sept cent six euros et soixante-cinq centimes).

Article 3 : Les Hospices civils de Lyon et la SHAM sont condamnés à verser à Mme G B une indemnité de 2 149,34 euros (deux mille cent quarante-neuf euros et trente-quatre centimes).

Article 4 : Les Hospices civils de Lyon verseront une somme de 1 400 (mille quatre cents) euros à Mme F et autres sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à verser à la CPAM du Rhône une indemnité de 19 170,57 euros (dix-neuf mille cent soixante-dix euros et cinquante-sept centimes) et une somme de 1 162 (mille cent soixante-deux) euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme D F en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône, à la mutuelle générale de l'éducation nationale du Rhône, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, aux Hospices civils de Lyon et à la Société hospitalière d'assurances mutuelles.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Drouet, président,

Mme Maubon, première conseillère,

M. Gilbertas, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.

La rapporteure,

G. C

Le président,

H. Drouet La greffière,

C. Amouny

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière

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