mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2106103 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 juillet 2021, 31 août 2021, 21 septembre 2021 et 7 juin 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler :
- la décision du 31 août 2021 par laquelle le président de la métropole de Lyon a confirmé l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 979,19 euros au titre de la période de mai à octobre 2020 mis à sa charge et la décision de la commission de recours amiable confirmant l'indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 1 972,58 euros au titre de la période de mars à novembre 2020 mis à sa charge ;
- la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire pour le mois de novembre 2020.
Il soutient que les indus ne sont pas fondés, dès lors que la prolongation de son séjour hors de France résulte du contexte sanitaire lié au Covid 19.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, la métropole de Lyon, représentée par Me Prouvez (Carnot Avocats), conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le moyen invoqué n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2022, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire aux ménages et aux jeunes de moins de vingt-cinq ans les plus précaires ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Gagey, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gagey, première conseillère,
- et les observations de M. A, requérant et Me Litzler, représentant la métropole de Lyon.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été notamment bénéficiaire du revenu de solidarité active et de l'aide personnalisée au logement dans le département du Rhône. Suite à un contrôle diligenté par la caisse d'allocations familiales du Rhône, cette dernière lui a, par un courrier du 25 février 2021, notifié notamment un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 979,19 euros au titre de la période de mai à octobre 2020 et un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 1 972,58 euros au titre de la période de mars à novembre 2020. En outre, la caisse d'allocations familiales du Rhône a rejeté sa demande tendant au bénéfice de l'aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire pour le mois de novembre 2020. M. A a contesté le bien-fondé des indus de revenu de solidarité active et d'aide personnalisée au logement. Par une décision du 31 août 2021, le président de la métropole de Lyon a confirmé l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. A. En outre, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Rhône a confirmé l'indu d'aide personnalisée au logement mis à sa charge. M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 31 août 2021, de celle de la commission de recours amiable confirmant l'indu d'aide personnalisée au logement et de celle de la caisse d'allocations familiales du Rhône rejetant sa demande d'aide exceptionnelle de solidarité.
Sur les indus de revenu de solidarité active et d'aide personnalisée au logement :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active et d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (). ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. Il est revalorisé le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 du code de la sécurité sociale. L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat (). ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 822-2 du code de la construction et de l'habitation : " I.- Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : 1° Les personnes de nationalité française ; 2° Les personnes de nationalité étrangère remplissant les conditions prévues par les deux premiers alinéas de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale. II.- Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale. Les sous-locataires, sous les mêmes conditions, peuvent également en bénéficier. ". Aux termes de l'article R. 822-23 du même code : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. ".
5. Il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active et d'aide personnalisée au logement mis à la charge de M. A ont pour origine le séjour de l'intéressé hors de France du 15 mars au 5 novembre 2020, soit 235 jours. M. A a ainsi séjourné hors de France plus de trois mois. Si M. A soutient qu'il aurait été empêché de rentrer en France en raison du contexte sanitaire lié au Covid 19, la simple allégation de cette circonstance est insuffisante pour l'établir, dès lors qu'il n'établit ni même n'allègue qu'il aurait acheté ou tenté d'acheter un billet d'avion avant le 13 juin 2020, afin de respecter l'obligation qui lui est faite par les dispositions précitées de résider en France de manière stable et effective.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation des décisions confirmant les indus de revenu de solidarité active et d'aide personnalisée au logement doivent être rejetées.
Sur le droit à l'aide exceptionnelle de solidarité :
7. Aux termes de l'article 1er du décret du 27 novembre 2020 susvisé : " I.- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; 2° Le revenu de solidarité mentionné à l'article L. 522-14 du même code ; 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation (). ".
8. Conformément à ce qui a été énoncé au point 5, M. A ne bénéficiait ni du revenu de solidarité active ni de l'aide personnalisée au logement au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de rejet du bénéfice de l'aide exceptionnelle de solidarité.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la métropole de Lyon, à la caisse d'allocations familiales du Rhône et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 202La magistrate désignée,
N. Gagey La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026