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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2106358

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2106358

mardi 14 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2106358
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL CABINET CLAPOT LETTAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 3 août 2021, Mme A F et M. D B, représentés par Me Lettat-Ouatah, demandent au tribunal :

1°) de condamner les Hospices civils de Lyon (HCL) à verser à Mme F une indemnité de 64 902,10 euros en réparation des préjudices causés par la prise en charge et le suivi d'implantation d'un dispositif contraceptif ;

2°) de condamner les HCL à verser à M. B une indemnité de 8 639,07 euros en réparation des conséquences dommageable de la prise en charge de sa compagne ;

3°) de mettre à la charge des HCL les dépens de l'instance ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité fautive des HCL est engagée à raison des manquements dans la prise en charge de Mme F ; le délai de réflexion prévu par l'article L. 2123-1 du code de la santé publique n'a pas été respecté et l'information délivrée sur les conséquences de l'intervention n'a pas respecté les exigences de l'article L. 1111-2 du même code ; la deuxième consultation, qui aurait été à même de lever l'incompréhension s'agissant du caractère définitif de l'opération de contraception, n'a pas été menée ; l'oubli de l'un des deux dispositifs médicaux lors de l'opération de retrait des implants caractérise un manquement fautif ; il résulte de la combinaison de ces manquements une perte de chance de se soustraire aux conséquences dommageables de la prise en charge de 75 %, les préjudices liés aux complications de l'opération de retrait étant eux intégralement imputables à ces manquements ;

- les préjudices de Mme F peuvent être évalués à :

* 867,04 euros s'agissant des frais de santé restés à sa charge ;

* 1 942,76 euros s'agissant des frais divers exposés ;

* 2 220 euros s'agissant du besoin d'assistance par tierce personne ;

* une somme réservée s'agissant des pertes de gains professionnels actuels ;

* 20 000 euros s'agissant de l'incidence professionnelle ;

* 2 372,30 euros s'agissant du déficit fonctionnel temporaire ;

* 2 000 euros s'agissant du préjudice esthétique temporaire ;

* 18 500 euros au titre des souffrances endurées ;

* 7 000 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent ;

* 4 000 euros s'agissant du préjudice esthétique permanent ;

* 6 000 euros s'agissant du préjudice d'impréparation ;

- les préjudices de M. B doivent être évalués à 8 000 euros s'agissant du préjudice d'affection et des troubles dans les conditions d'existence et 639 euros s'agissant des frais divers.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 9 mai et 25 juin 2022, les Hospices civils de Lyon (HCL), représentés par Me Rebaud, concluent à ce que la responsabilité des HCL soit limitée aux conséquences dommageables de l'opération de retrait des implants et au rejet de surplus de conclusions des requérants, en tout état de cause à ce que les indemnisations demandées soient réduites à de plus justes proportions.

Ils soutiennent que :

- aucun manquement à l'obligation d'information n'est caractérisé, s'agissant du caractère définitif de la contraception ou de l'allergie au nickel ; la perte de chance qui résulterait d'un éventuel défaut d'information ne saurait concerner que l'absence de possibilité d'avoir un enfant sans aide médicale ;

- s'agissant des préjudices invoqués :

* les frais de procréation médicalement assistée ne sont pas en lien avec les manquements invoqués ;

* le besoin d'assistance par tierce personne peut être évalué à 1 332 euros ;

* l'incidence professionnelle n'est pas caractérisée ;

* le déficit fonctionnel temporaire peut être évalué à 961,61 euros ;

* les souffrances endurées peuvent être évaluées à 4 300 euros ;

* le préjudice esthétique temporaire peut être évalué à 500 euros ;

* le déficit fonctionnel permanent peut être évalué à 1 000 euros ;

* 1 000 euros pourront être alloués au titre du préjudice d'impréparation ;

* les demandes de M. B devront être rejetées dès lors que non caractérisées ni justifiées.

- les sommes à verser à la caisse d'assurance maladie du Rhône devront être affectées d'un coefficient de 30 % des 5 % de possibilités d'obtention d'une grossesse spontanée menée à terme.

Par un mémoire, enregistré le 9 juin 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Rhône demande le remboursement des prestations exposées pour Mme F à hauteur de 3 697,07 euros, ainsi que le versement de l'indemnité forfaitaire de 1 114 euros.

Par ordonnance du 27 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,

- les observations de Me Pontille, suppléant Me Lettat-Ouatah, pour les requérants, et celles de Me Rebaud, pour les Hospices civils de Lyon.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A F a été admise, le 13 février 2013, dans des services dépendants des Hospices civils de Lyon (HCL) à raison de ménorragies importantes après arrêt de contraception. A la suite de cette consultation, une hystéroscopie pour curetage, ainsi qu'une ligature tubaire avec dispositif médical, ont été pratiquées le 27 mai 2013. En raison de douleurs abdominales dues aux dispositifs médicaux implantés, une opération de retrait de ceux-ci a été nécessitée le 18 juin 2014. Mme F a par la suite poursuivi un projet de naissance ayant donné lieu à la naissance de jumeaux, le 27 février 2017, au cours de laquelle un dispositif médical initialement implanté a été retrouvé. Mme F et son compagnon, M. D B, demandent au tribunal la condamnation des HCL à les indemniser des conséquences dommageables de la prise en charge de Mme F, à raison du défaut d'information dont elle estime avoir été victime et de la faute tenant au non-retrait de l'un des dispositifs médicaux implantés. La caisse primaire d'assurance du Rhône demande le remboursement des frais médicaux exposés pour Mme F.

Sur le principe de la responsabilité des HCL :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel ". Selon l'article L. 2123-1 du même code : " La ligature des trompes ou des canaux déférents à visée contraceptive ne peut être pratiquée sur une personne mineure. Elle ne peut être pratiquée que si la personne majeure intéressée a exprimé une volonté libre, motivée et délibérée en considération d'une information claire et complète sur ses conséquences. () Ce médecin doit au cours de la première consultation : - informer la personne des risques médicaux qu'elle encourt et des conséquences de l'intervention ; - lui remettre un dossier d'information écrit. / Il ne peut être procédé à l'intervention qu'à l'issue d'un délai de réflexion de quatre mois après la première consultation médicale et après une confirmation écrite par la personne concernée de sa volonté de subir une intervention ".

3. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du professeur E, désigné par le juge des référés du tribunal, que la ménorragie dont souffrait Mme F, après arrêt de contraception en vue de l'adoption d'une autre méthode, est en lien avec une hyperplasie endométriale qui nécessitait une intervention sous hystéroscopie. Il ressort du compte-rendu de consultation du 13 février 2013 que Mme F, compte tenu des difficultés de contraception et de son âge, 46 ans, a demandé à bénéficier d'une stérilisation à visée contraceptive par dispositif médical, et en cas d'échec par ligature sous coelioscopie. Le caractère réfléchi de cette demande, mentionné par ce compte-rendu, est confirmé par la signature, le même jour, par l'intéressée du formulaire de " consentement à la réalisation d'une stérilisation à visée contraceptive ", lequel indique la réception d'une information complète sur cette stérilisation et la libre confirmation de la demande, ainsi que de l'attestation de consultation médicale préalable, certifiant également la réception d'une information complète, notamment sur le caractère a priori irréversible de la stérilisation, ainsi que du dossier d'information écrit, confirmé en cela par l'expert. Si ce dernier considère qu'un tel consentement apparaît comme vicié dès lors que Mme F indique ne pas avoir compris qu'une stérilisation par dispositif médical était irréversible et que l'intéressée aurait refusé une alternative au curetage par thermo-coagulation du fait de son caractère irréversible, de telles considérations, directement démentis par le compte-rendu de consultation produit et la lettre de liaison destinée à la gynécologue de Mme F, n'apparaissent pas suffisantes, compte tenu de l'absence d'ambiguïté des éléments objectivables du dossier, pour tenir le consentement en cause comme vicié ou l'information délivrée lors de cette consultation comme insuffisante. S'agissant du respect du délai de quatre mois mentionné par l'article L. 2123-1 du code de la santé publique, il résulte de l'instruction que l'opération de stérilisation en cause a eu lieu le 27 mai 2013, méconnaissant ainsi ce délai d'une quinzaine de jours seulement, et qu'une circonstance médicale, en l'espèce l'opportunité de ne pas exposer l'intéressée à une deuxième opération alors que l'hystéroscopie pour curetage était nécessaire et programmée, était de nature à justifier l'inobservance de ce délai. Dans ces conditions, Mme F n'est pas fondée à rechercher la responsabilité des HCL sur le fondement des dispositions précitées.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du professeur E, que, lors de l'opération effectuée le 18 juin 2014 en vue de l'ablation des dispositifs médicaux de ligature de trompe implantés le 27 mai 2013, l'un de ces dispositifs n'a pas été récupéré et n'a ainsi pu être retiré, de manière incidente, que lors de la naissance postérieure par césarienne le 27 février 2017, dans la cavité péritonéale. Dès lors que la présence de trois dispositifs médicaux, par ailleurs implantés par la même praticienne, était documentée, l'oubli de l'un de ceux-ci à l'occasion de l'opération d'ablation de ces dispositifs doit être regardé comme une faute de nature à engager la responsabilité des HCL à réparer les préjudices en seul lien avec la présence de cet implant jusqu'au 27 février 2017.

Sur les préjudices :

6. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'oubli d'un dispositif médical a entraîné un retard de cicatrisation et les soins locaux afférents pendant environ deux mois. Mme F fait état d'un reste à charge de dépenses de matériel médical et de soins à hauteur de 47,04 euros, entièrement imputables au manquement retenu. Il y a lieu de condamner les HCL à lui verser cette somme.

7. En deuxième lieu, et d'une part, si la CPAM du Rhône fait valoir les dépenses de santé exposées pour Mme F sur l'ensemble de sa prise en charge, seules celles en lien avec le retard de cicatrisation du fait du manquement retenu ne sauraient faire l'objet d'un remboursement. En l'espèce, cette caisse primaire indique et justifie des frais à hauteur de 222,43 euros à ce titre, somme que les HCL doivent être condamnés à verser à la CPAM du Rhône.

8. D'autre part, la CPAM du Rhône justifie avoir versé des indemnités journalières à hauteur de 1 154,79 euros à Mme F du 30 juin 2014 au 15 août suivant, période correspondant à l'extension de l'arrêt de travail initial prévu du 18 juin au 29 juin précédents. Les HCL doivent ainsi être condamnés à verser cette somme à la CPAM du Rhône.

9. En troisième lieu, et s'agissant des frais, non remboursés, d'aide médicale à la procréation, si l'expert a évalué la part de la contraception par dispositif médical à 8 % du préjudice d'infertilité, compte tenu de l'âge de Mme F à la date de la pose des dispositifs médicaux, il résulte de ce qui a été dit précédemment que seul la part directement imputable à la présence de l'un de ces dispositifs médicaux entre 18 juin 2014 et le 27 février 2017 saurait être en lien avec l'infertilité ayant nécessité une aide médicale à la procréation. Dès lors qu'il résulte des termes du rapport d'expertise que le dispositif médical en cause avait, dès le 27 mai 2013, glissé hors de la trompe et qu'il a été retrouvé dans la cavité péritonéale le 27 février 2017, sa fonctionnalité contraceptive apparaît comme ayant été totalement compromise et aucun lien n'est établi entre la faute relevée et le recours à une aide médicale à la procréation. Les demandes de Mme F à cet égard doivent, dès lors, être rejetées.

10. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que Mme F a exposé des frais d'assistance aux opérations d'expertise à hauteur de 1 840 euros. Compte tenu du fondement de responsabilité retenu par le présent jugement, il y a lieu de condamner les HCL à lui verser cette somme.

11. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la situation de Mme F, postérieurement à l'opération d'ablation des dispositifs médicaux, s'est caractérisée par un besoin d'assistance par tierce personne à hauteur de 1,5 heures par jour, pendant 74 jours, à raison des difficultés rencontrées dans l'accomplissement des tâches domestiques et d'accompagnement de son fils. Il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en affectant au volume horaire en cause, de 111 heures, un taux afférent au salaire minimum interprofessionnel de croissance pour la période concernée, augmenté des charges, sur 412 jours annuels, pour un préjudice correspondant de 1 671,41 euros. Il y a lieu de condamner les HCL à verser cette somme à Mme F.

12. En sixième lieu, si Mme F a indiqué réserver le poste de préjudice lié au pertes de gains professionnel dans sa requête, elle n'a pas chiffré un tel préjudice avant la clôture de l'instruction. Ses prétentions à ce titre ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

13. En septième lieu, Mme F indique que l'extension de l'arrêt maladie en lien avec l'opération d'ablation des dispositifs médicaux, causé par l'oubli de l'un de ces dispositifs, aurait causé des tensions avec sa hiérarchie lors de sa reprise de poste à même d'expliquer le fait qu'elle n'a pas pu par la suite bénéficier d'une promotion. Toutefois, la seule production d'un curriculum vitae et de feuilles de statut fonctionnel au sein de son entreprise avant et après l'opération en litige ne caractérisent pas, par elle-même, une incidence de la faute retenue sur le parcours professionnel de l'intéressée. Les demandes de la requérante à cet égard doivent ainsi être rejetées.

14. En huitième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement que Mme F n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation, au titre du déficit fonctionnel temporaire, des hospitalisations antérieures au 18 juin 2014 et de leurs conséquences, ni de l'hospitalisation faite à cette même date, celle-ci n'étant pas en lien avec la faute retenue à l'encontre des HCL. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel temporaire lié à cette faute est de 50 % pendant 10 jours, 25 % pendant 63 jours et 5 % pendant 911 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 100 euros.

15. En neuvième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les souffrances endurées par Mme F en lien avec l'oubli fautif de dispositif médical peuvent être évalué à 2,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 2 500 euros.

16. En dixième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le préjudice esthétique temporaire subi par Mme F, à raison du pansement attribuable au retard de cicatrisation, peut être évalué à 1 sur une échelle de 7. S'agissant du même préjudice de nature permanente, l'expert désigné l'a évalué à la même cotation à raison des caractéristiques de la cicatrice, de 2,5 cm sur 1 cm, en lien avec le retard de cicatrisation. Il sera fait une juste appréciation de ces préjudices, compte tenu de leur ampleur et de leur localisation, en les indemnisant globalement à hauteur de 800 euros.

17. En onzième lieu, si Mme F se prévaut d'un déficit fonctionnel permanent, l'expert désigné n'a pas relevé l'existence d'un tel déficit, la date de consolidation correspondant notamment à celle du retrait du dispositif médical dont l'oubli est constitutif de la faute retenue à l'encontre des HCL. Ses prétentions à ce titre doivent ainsi être écartées.

18. En douzième lieu, et ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, Mme F ne saurait se prévaloir d'un défaut d'information et du préjudice d'impréparation afférent. Sa demande à ce titre doit ainsi être rejetée.

19. En dernier lieu, et d'une part, M. B, compagnon de Mme F, se prévaut de divers frais exposés à raison de la prise en charge de la requérante. Toutefois la seule attestation produite, en l'absence de tout autre élément et notamment les cartes grises des véhicules en cause, ne permettent pas de caractériser les frais occasionnés par les allers-retours chez le médecin en Corse ou l'occupation des enfants de celle-ci. Il en va de même s'agissant des mêmes frais sur le continent. Les demandes à ce titre doivent ainsi être rejetées.

20. D'autre part, M. B se prévaut d'un préjudice d'affection et de troubles dans les conditions d'existence à raison de l'accompagnement de sa compagne dans la période postérieure à l'opération du 18 juin 2014. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.

21. Il résulte de ce qui précède que les HCL doivent être condamnés à verser des sommes de 7 958,45 euros à Mme F, de 1 000 euros à M. B et de 1 377,22 euros à la CPAM du Rhône.

Sur les frais liés au litige :

22. D'une part, il y a lieu de mettre les dépens, qui comprennent les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 11 avril 2018 par le juge des référés du tribunal, ainsi que les frais de déplacements de Mme F justifiés à hauteur de 102,76 euros pour se rendre aux opérations d'expertise, à la charge des HCL sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

23. D'autre part, aux termes du neuvième de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. " L'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 dispose : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".

24. Il résulte de ce qui a été dit aux point 21 du présent jugement que les HCL doivent être condamnés à payer à la CPAM du Rhône une somme de 459,07 euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

25. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des HCL, partie tenue au dépens, une somme de 1 400 euros au profit des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à verser à Mme F une indemnité de 7 958,45 euros (sept mille neuf cent cinquante-huit euros et quarante-cinq centimes).

Article 2 : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à verser à M. B une indemnité de 1 000 (mille) euros.

Article 3 : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône une indemnité de 1 377,22 euros (mille trois cent soixante-dix-sept euros et vingt-deux centimes).

Article 4 : Les dépens, qui comprennent les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 11 avril 2018 par le juge des référés du tribunal et des frais de déplacement à hauteur de 102,76 euros (cent-deux euros et soixante-seize centimes), sont mis à la charge des Hospices civils de Lyon.

Article 5 : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône une somme de 459,07 euros (quatre cent cinquante-neuf euros et sept centimes) au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 6 : Les Hospices civils de Lyon verseront une somme de 1 400 (mille quatre cents) euros aux requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus de conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F, représentante unique des requérants, à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône, à la mutuelle MNAPAF-SP Santé et aux Hospices civile de Lyon.

Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Drouet, président,

Mme Maubon, première conseillère,

M. Gilbertas, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.

Le rapporteur,

M. Gilbertas

Le président,

H. Drouet

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

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