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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2106861

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2106861

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2106861
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSARDIN ET THELLYERE (ST AVOCATS)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 27 août 2021 et 3 novembre 2022, la société anonyme Assurances du Crédit Mutuel IARD, représentée par Me Sardin, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 16 594,99 euros assortie des intérêts au taux légal, à compter du 29 mars 2019, avec capitalisation par année entière ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient que :

- la responsabilité de l'Etat est engagée sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure dès lors que les dommages causés à ses assurées, le Crédit industriel et commercial (CIC) Saint-Etienne Hôtel de Ville et le Crédit Mutuel (CCM) Stéphanois, l'ont été au cours des manifestations des 8 décembre 2018 et 5 janvier 2019 par usage de la force ouverte et que ces dommages sont constitutifs de délits réprimés par les articles 322-1 à 322-3-1 du code pénal ;

- conformément aux dispositions de l'article L.121-1 du code des assurances, elle est subrogée dans les droits de ses assurées, le CIC Saint-Etienne Hôtel de Ville et le CCM stéphanois, à hauteur des sommes de 9 280,66 et 5904,33 euros qu'elle leur a versées ;

- s'agissant des dommages causés à l'agence CIC Saint-Etienne Hôtel de Ville lors de la manifestation Gilets jaunes du 8 décembre 2018 :

* la société Assurances du Crédit Mutuel IARD a indemnisé les préjudices subis à hauteur de 9 374,40 euros au titre des frais de réparation de cette agence bancaire,

* elle a également pris en charge des honoraires d'expertise à hauteur de 990 euros,

* elle est ainsi fondée à obtenir le versement de la somme de 10 270,66 euros ;

- s'agissant des dommages causés à l'agence CCM Stéphanois lors de la manifestation Gilets jaunes du 5 janvier 2019 :

* la société Assurances du Crédit Mutuel IARD a indemnisé les préjudices subis à hauteur de 5 904,33 euros au titre des frais de réparation de cette agence bancaire,

* elle a également pris en charge des honoraires d'expertise à hauteur de 420 euros,

* elle est ainsi fondée à obtenir le versement de la somme de 6 324,33 euros ;

- le montant total du préjudice de la société Assurances du Crédit Mutuel IARD s'élève ainsi à 16 594,99 euros, somme portant intérêts à compter des demandes préalables formées le 23 mars 2019.

Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 23 juin 2022, la préfète de la Loire conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- s'agissant des incidents du 8 décembre 2018, les conditions de l'engagement de la responsabilité de l'Etat ne sont pas réunies dans le mesure où :

* plusieurs éléments laissent supposer la présence de casseurs dont les méthodes relèvent d'une certaine organisation et préméditation,

* la situation s'est dégradée à compter de 15 heures 45 jusqu'à la fin de la manifestation et le mobilité urbain a été dégradé peu de temps après la manifestation,

* les violences collectives ne revêtent nullement un caractère spontané ;

- s'agissant des incidents du 5 janvier 2019, les dégradations ont eu lieu lors de la progression du cortège et il peut, en conséquence, être admis la responsabilité de l'Etat ;

- la société requérante ne pourra être indemnisée que des frais réellement engagés, la vitrine de l'agence du CCM ayant été vandalisée le 6 décembre 2018, il est douteux qu'elle ait été réparée lors de la manifestation du 5 janvier 2019.

Par une ordonnance du 12 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des assurances ;

- le code pénal ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M A,

- les conclusions de M. Arnould, rapporteur public,

- et les observations de Me Sardin, représentant la société Assurances du Crédit Mutuel IARD.

Considérant ce qui suit :

1. La société Assurances du Crédit Mutuel IARD a présenté, le 23 mars 2019 auprès des services de la préfecture de la Loire, deux demandes tendant à obtenir l'indemnisation des préjudices résultant des dégradations subies par deux agences bancaires dont elle est l'assureur, le CIC Saint-Etienne Hôtel de Ville et le CCM stéphanois, au cours de manifestations s'étant déroulées respectivement les 8 décembre 2018 et 5 janvier 2019 à Saint-Etienne. Par la présente requête, la société Assurances du Crédit Mutuel IARD demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 16 594,99 euros.

Sur la cadre du litige :

2. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens. () " L'application de ces dispositions est subordonnée à la condition que les dommages dont l'indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou délits déterminés commis par des rassemblements ou attroupements précisément identifiés.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur. (). ". Il résulte de ces dispositions que la subrogation légale de l'assureur dans les droits de l'assuré ainsi instituée est subordonnée au seul paiement à l'assuré de l'indemnité d'assurance en exécution du contrat d'assurance et ce, dans la limite de la somme versée. L'assureur qui demande à en bénéficier peut justifier par tout moyen du paiement d'une indemnité à son assuré.[0]

Sur les conclusions relatives aux dommages intervenus lors de la manifestation du 8 décembre 2019 :

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :

4. Il résulte du rapport d'expertise établi par la société CET IRD et de la plainte déposée par la directrice de l'agence CIC Saint-Etienne Hôtel de Ville que la vitrine de cette agence bancaire a été vandalisée dans l'après-midi du 8 décembre 2018, au cours d'une manifestation des " gilets jaunes ". Le rapport rédigé par le directeur départemental de la sécurité publique, comportant le parcours emprunté par le cortège de manifestant ce 8 décembre 2018, permet de constater que l'agence du CIC Saint-Etienne Hôtel de Ville, sise 2 place de l'hôtel de ville à l'angle de la rue Aristide Briand, se trouvait sur l'itinéraire de la manifestation des " gilets jaunes ". La préfète de la Loire fait valoir que la responsabilité sans faute de l'Etat ne pourrait être engagée puisque les violences collectives ne présenteraient pas un caractère spontanée, que l'heure exacte à laquelle l'agence bancaire a été dégradée n'est pas connue et que la dégradation du mobilier urbain serait intervenue après la dispersion de la manifestation et serait le fait de casseurs, mêlés aux gilets jaunes en fin de manifestations, dont les méthodes révèlent une certaine organisation et une certaine préméditation. Toutefois, si les articles de presse versés au débat mentionnent la présence de " casseurs " venus perturber la fin de la manifestation et les vols commis dans plusieurs boutiques et enseignes, ces éléments ne permettent pas de démontrer que les dégradations commis contre l'agence bancaire auraient été le fait d'un groupe organisé et constitué dans le seul but de commettre ce délit alors qu'il est constant que l'agence est située sur le parcours emprunté par le cortège des manifestants. Si le rapport précité du directeur départemental de la sécurité publique mentionne qu'à compter de 15 heures 45, de jeunes individus aux visages dissimulés ont dégradé du mobilier urbain, des commerces dans le centre-ville et pillé plusieurs commerces à partir de 16 heures 30 et que cinquante-deux individus ont ensuite été interpelés en lien avec ces agissements, ce rapport précise néanmoins que ces interpellations n'avaient aucun lien avec les faits visant l'établissement bancaire. La dégradation des devantures vitrées de l'agence bancaire du CIC résulte ainsi de délits commis à force ouverte au cours de la manifestation de " gilets jaunes " du 8 décembre 2018 et non comme résultant de l'action d'un groupe organisé et constitué dans le seul but de commettre ces délits, au cours ou à l'issue de la manifestation du 8 décembre 2018. Il résulte ainsi de l'instruction que ces agissements sont de nature à engager la responsabilité sans faute de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure.

En ce qui concerne les préjudices :

5. Il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à solliciter l'engagement de la responsabilité de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure et peut ainsi solliciter l'indemnisation des dommages de toute nature, sous réserve qu'ils soient la conséquence directe et certaines des délits visés par ces dispositions.

6. D'une part, la société Assurances du Crédit Mutuel IARD sollicite, en sa qualité d'assureur subrogé dans les droits du CIC Saint-Etienne Hôtel de Ville, que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 9 280,66 euros correspondant à l'indemnité versée à son assurée suite au sinistre du 8 décembre 2019. A cet égard, la société requérante verse au débat la quittance d'indemnisation établie le 19 septembre 2019 précisant que le montant versé à l'assurée représente le montant de l'indemnité relative au remplacement des vitrages et d'un encadrement miroir. Si la préfète de la Loire fait valoir qu'une facture des réparations des bris de vitrine aurait dû être versée au débat, la société requérante verse au débat la facture adressée à son assurée pour les réparations des vitres de la façade côté rue Aristide Briand, d'un montant de 3 456 euros hors taxes, et de la façade côté Place de l'Hôtel de Ville, d'un montant 4 356 euros hors taxes. Il résulte ainsi de l'instruction que Assurances du Crédit Mutuel IARD est fondée à obtenir, en sa qualité d'assureur subrogé dans les droits du CIC Saint-Etienne Hôtel de Ville, le versement de la somme de 9 280,66 euros toutes taxes comprises en réparation des dommages matériels causés par les délits commis lors de la manifestation du 8 décembre 2018.

7. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'une expertise a été réalisée par la société CET IRD pour évaluer des dommages subis par l'agence bancaire CIC Saint-Etienne Hôtel de Ville. Ce rapport d'expertise en date du 27 mai 2019, portant sur le sinistre du 8 décembre 2018, a donné lieu à l'émission d'une facture d'un montant de 990 euros. Dès lors que cette expertise est la conséquence directe des faits engageant la responsabilité de l'Etat, Assurances du Crédit Mutuel IARD est fondée à en demander l'indemnisation des frais qu'elle a exposés à ce titre, soit le versement par l'Etat de la somme de 990 euros.

8. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à la société Assurances du Crédit Mutuel IARD la somme totale de 10 270,66 euros au titre de l'indemnisation des dommages résultant de la manifestation du 8 décembre 2018.

Sur les conclusions relatives aux dommages intervenus lors de la manifestation du 5 janvier 2019 :

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :

9. Il résulte de l'instruction que le samedi 5 janvier 2019, une manifestation organisée dans le cadre du mouvement des " Gilets jaunes " s'est déroulée dans l'après-midi où plusieurs groupes de manifestants ont convergé, place du Peuple, à 14 heures 20, avant de se diriger vers le centre-ville de Saint-Etienne puis vers le secteur de l'hôtel de ville, de la place Jean Jaurès et de la préfecture, ainsi qu'il ressort du rapport du directeur départemental de la sécurité publique de la Loire, établi le 10 décembre 2021. A partir de 16 heures 40, le cortège s'est dirigé vers le centre commercial centre 2 en empruntant pour ce faire la rue Michelet et la rue Gambetta, le rapport précité précisant que la manifestation s'était dispersée vers16 heures 55 après avoir rappelé que de nombreuses dégradations ont été commises dans le centre-ville. Ainsi, il résulte ainsi de l'instruction non seulement que l'itinéraire emprunté par les manifestants est passé devant l'agence bancaire du CCM stéphanois, sise 16 rue Gambetta, amis encore, en l'absence de toute contestation sérieuse en défense, que les dégradations dont l'agence bancaire a été la victime ont été le fait de manifestants, ainsi que le corrobore le dépôt de plainte du directeur de l'agence bancaire, le 8 janvier 2021, indiquant que les bris de vitres sont intervenus vers 16 heures 40. Dans ces conditions, les dommages résultant des actions de ces manifestants doivent être regardés comme le fait de délits commis à l'occasion d'attroupements ou de rassemblements au sens de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure et que ces agissements sont de nature à engager la responsabilité sans faute de l'Etat sur le fondement de ces mêmes dispositions.

En ce qui concerne les préjudices :

10. Il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à solliciter l'engagement de la responsabilité de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure et peut ainsi solliciter l'indemnisation des dommages de toute nature, sous réserve qu'ils soient la conséquence directe et certaines des crimes et délits visés par ces dispositions.

11. D'une part, la société Assurances du Crédit Mutuel IARD sollicite, en sa qualité d'assureur subrogé dans les droits du CCM stéphanois, à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 5 904,33 euros correspondant à l'indemnité consécutive au sinistre du 5 janvier 2019 qui a été versée au CCM stéphanois, la société requérante produisant la quittance d'indemnisation afférente daté du 7 juillet 2019. Si la préfète de la Loire fait valoir en défense qu'une facture des réparations des bris de vitrine aurait dû être versée au débat, la société requérante produit néanmoins effectivement les factures adressées à son assurée pour assurer les réparations requises par les actes de vandalisme perpétrés le 5 janvier 2019, notamment une facture de la société S2MR du 7 janvier 2019, " intervention en urgence samedi soir " d'un montant de 1 480,80 euros, une facture du 31 mars 2019 de la société Brunon d'un montant de 3 294 euros pour un remplacement de châssis et la fourniture de vitrage et enfin une facture de la société ProEnseigne du 30 avril 2019 correspondant à une prestation de fourniture et de pose de vitrophanies, dépenses dont il résulte de l'instruction qu'elles sont, par leur nature, en lien direct avec les dommages occasionnés par la manifestation du 5 janvier 2019. En outre, si la préfète de la Loire indique en défense, s'agissant de la facture précitée de la société S2MR, que la mention de la " dépose de bois vissé par extérieur par commune " serait de nature à remettre en cause les déclarations et les demandes de la société requérante, en faisant valoir que la vitrine du CCM stéphanois aurait été vandalisée le 6 décembre 2018 lors d'une manifestation lycéenne et qu'il paraît douteux que cette vitrine ait pu, sur une période aussi courte et amputée par les vacances de noël, faire l'objet d'une estimation par les assurances et d'une réparation, la facture précitée du 7 janvier 2019 fait néanmoins mention de l'évacuation du vitrage cassé et tombé à l'intérieur du sas et aucun document, notamment le rapport d'expertise précité, n'indique à la date du 5 janvier 2019, l'agence bancaire aurait encore porté les marques d'une acte de vandalisme antérieur, la préfète ne produisant au demeurant aucun justificatif s'agissant de la manifestation du 6 décembre 2018. Il résulte ainsi de l'ensemble de ces éléments que la société Assurances du Crédit Mutuel IARD est fondée à obtenir le versement de la somme de 5 904,33 euros en réparation des dommages matériels causés par les délits commis lors de la manifestation du 5 janvier 2019, en sa qualité d'assureur subrogé dans les droits du CCM stéphanois.

12. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'une expertise a été réalisée par la société Elex afin que soit réalisée une évaluation des dommages subis par l'agence bancaire du CCM stéphanois. Ce rapport d'expertise, établi le 11 juillet 2019, a donné lieu à l'émission d'une facture, le 14 mars 2019, d'un montant de 420 euros. Dès lors que cette expertise est la conséquence directe des faits engageant la responsabilité de l'Etat, la société Assurances du Crédit Mutuel IARD est fondée à obtenir l'indemnisation de ce poste de préjudice par le versement de la somme de 420 euros qu'elle justifie avoir exposée.

13. Il résulte des éléments exposés aux 11 et 12 points que l'Etat doit être condamné à verser à la société Assurances du Crédit Mutuel IARD la somme de 6 324,33 euros au titre de l'indemnisation des dommages résultant de la manifestation du 5 janvier 2019.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à la société Assurances du Crédit Mutuel IARD la somme totale de 16 594,99 euros.

Sur les intérêts au taux légal et la capitalisation des intérêts :

15. D'une part, en application de l'article 1231-6 du code civil, la société Assurances du Crédit Mutuel IARD a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 16 594,99 euros à compter du 24 mars 2019, date de réception de demande indemnitaire préalable.

16. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. Dans cette hypothèse, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts ayant été demandée le 27 août 2021, il y a lieu de faire droit à cette demande à la date du 24 mars 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais du litige :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la société Assurances du Crédit Mutuel IARD d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à la société Assurances du Crédit Mutuel IARD la somme totale de 16 594,99 euros.

Article 2 : La somme mentionnée à l'article précédent sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 24 mars 2019. Les intérêts échus à la date du 24 mars 2020 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : L'Etat versera à la société Assurances du Crédit Mutuel IARD une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Assurances du Crédit Mutuel IARD et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie de ce jugement sera adressée à la préfète de la Loire.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.

Le rapporteur,

N. A

La présidente,

A. Baux

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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