mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107219 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2021, M. A B demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire n° 17639 émis le 20 août 2021 par le président de la métropole de Lyon d'un montant de 6 325,90 euros en vue du recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active, constitué sur la période du 1er septembre 2018 au 30 septembre 2019.
Il soutient que :
- il est de bonne foi et se trouve dans une situation financière difficile ;
- le motif de l'indu est infondé, dès lors que le revenu de solidarité active lui était nécessaire pour lui assurer des ressources dans ses démarches de retour à l'emploi dans la mesure où il ignorait qu'il était éligible à une bourse et n'a perçu aucune autre source de revenu au cours de l'année scolaire 2018-2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, la métropole de Lyon, représentée par la SCP Carnot avocats (Me Prouvez), conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle ne comporte pas l'énoncé de conclusions et de moyens argumentés, n'a pas été précédée d'un recours préalable obligatoire tendant à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active et a été introduite tardivement ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'éducation ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente,
- et les observations de Me Rey, substituant Me Prouvez, représentant la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département du Rhône à compter du 1er août 2017. Par un courrier du 18 mars 2020, la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 6 325,90 euros, constitué sur la période du 1er septembre 2018 au 30 septembre 2019. Par un recours administratif préalable du 27 avril 2020, adressé au président de la métropole de Lyon, M. B a contesté le bien-fondé de cet indu. Ce recours a été implicitement rejeté du fait du silence gardé pendant plus de deux mois par l'administration sur ce recours. Le président de la métropole de Lyon a émis, le 20 août 2021, un titre exécutoire afin de recouvrer la somme de 6 325,90 euros correspondant à cet indu de revenu de solidarité active. M. B demande l'annulation de ce titre exécutoire.
2. Lorsque le recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de revenu de solidarité active que l'administration estime avoir été indûment versés, il appartient au juge d'examiner d'abord les moyens tirés, le cas échéant, des vices propres de cette décision pour en prononcer, s'il y a lieu, l'annulation. Dans ce dernier cas, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Dans le cas où aucun vice propre n'est de nature à justifier l'annulation de la décision attaquée, il appartient au juge d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée afin d'y statuer lui-même et d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision.
3. Aux termes de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : () 3° Ne pas être élève, étudiant ou stagiaire au sens de l'article L. 124-1 du code de l'éducation. Cette condition n'est pas applicable aux personnes ayant droit à la majoration mentionnée à l'article L. 262-9 du présent code () ". Aux termes de l'article L. 124-1 du code de l'éducation : " () Les périodes de formation en milieu professionnel et les stages ne relevant ni du 2° de l'article L. 4153-1 du code du travail, ni de la formation professionnelle tout au long de la vie définie à la sixième partie du même code, font l'objet d'une convention entre le stagiaire, l'organisme d'accueil et l'établissement d'enseignement, dont les mentions obligatoires sont déterminées par décret. () ". En vertu de l'article L. 6111-1 du code du travail : " La formation professionnelle tout au long de la vie () comporte une formation initiale, comprenant notamment l'apprentissage, et des formations ultérieures, qui constituent la formation professionnelle continue, destinées aux adultes et aux jeunes déjà engagés dans la vie active ou qui s'y engagent. () ". Aux termes de l'article L. 6313-1 du même code, dans sa rédaction applicable : " Les actions de formation qui entrent dans le champ d'application des dispositions relatives à la formation professionnelle continue sont : () 2° Les actions d'adaptation et de développement des compétences des salariés ; / 3° Les actions de promotion professionnelle () / 5° Les actions de conversion ; / 6° Les actions d'acquisition, d'entretien ou de perfectionnement des connaissances () ". Aux termes de l'article L. 6313-3 de ce même code : " Les actions d'adaptation et de développement des compétences des salariés ont pour objet de favoriser leur adaptation au poste de travail, à l'évolution des emplois, ainsi que leur maintien dans l'emploi, et de participer au développement de leurs compétences. ". Selon l'article L. 6313-4 de ce code : " Les actions de promotion professionnelle ont pour objet de permettre à des travailleurs d'acquérir une qualification plus élevée " et, selon l'article L. 6313-6 : " Les actions de conversion ont pour objet de permettre à des salariés dont le contrat de travail est rompu d'accéder à des emplois exigeant une qualification différente, ou à des non salariés d'accéder à de nouvelles activités professionnelles. ". Enfin, selon l'article L. 6353-3 du même code : " Lorsqu'une personne physique entreprend une formation, à titre individuel et à ses frais, un contrat est conclu entre elle et le dispensateur de formation. / Ce contrat est conclu avant l'inscription définitive du stagiaire et tout règlement de frais. ", ce contrat devant prendre la forme prescrite par l'article L. 6353-4.
4. D'une part, alors que M. B a suivi, à compter de la rentrée scolaire de septembre 2018, une formation à l'école Rockefeller de Lyon, d'assistant de service social dispensée sur trois ans et tendant à la délivrance d'un diplôme d'Etat, il ne résulte pas de l'instruction, notamment des éléments produits par l'intéressé, que cette formation s'inscrirait dans le dispositif de la formation professionnelle tout au long de la vie prévue à l'article L. 6111-1 du code du travail, et notamment dans le cadre d'un contrat de formation professionnelle conclu entre M. B et l'établissement d'enseignement, en application des dispositions des articles L. 6353-3 et L. 6353-4 du code du travail. Dans ces conditions, M. B, qui relevait du champ d'application du 3° de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, ne pouvait prétendre au bénéfice du revenu de solidarité active pendant la durée de cette formation.
5. D'autre part, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait formé une demande de remise de dette auprès de l'administration, M. B ne peut utilement se prévaloir de sa bonne foi et de sa précarité financière, ces circonstances étant sans incidence sur le bien-fondé de l'indu en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la métropole de Lyon, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du titre exécutoire émis le 20 août 2021 par le président de la métropole de Lyon tendant au recouvrement de la somme de 6 325,90 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active, constitué sur la période du 1er septembre 2018 au 30 septembre 2019. Par suite, sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la métropole de Lyon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La magistrate désignée,
V. Vaccaro-PlanchetLa greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026