vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107390 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 20 septembre 2021 et 4 septembre 2022, Mme A B, représentée par Me Nagel (SCP Guillermet - Nagel), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du président de la métropole de Lyon, rejetant son recours administratif préalable obligatoire tendant à ce que le droit au revenu de solidarité active lui soit rétabli pour la période d'octobre 2015 à décembre 2017 ;
2°) de la rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active pour la même période ;
3°) d'enjoindre à l'autorité administrative métropolitaine de procéder sans délai à un réexamen de sa situation, à compter de la notification du jugement à intervenir, et ce sous réserve d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet de sa demande méconnaît les dispositions de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2022, le président de la métropole de Lyon conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est tardive et qu'en outre, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Habchi, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, afin de statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement, ou en faveur des travailleurs privés d'emploi.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Habchi, premier conseiller,
- et les observations de Me Litzler, substituant Me Prouvez, représentant la métropole de Lyon.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 4 janvier 1980, de nationalité gabonaise, est entrée en France le 29 septembre 2000. Après avoir bénéficié de plusieurs titres de séjour en qualité d'étudiante jusqu'en 2010, l'intéressée a sollicité un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " auprès de la préfecture du Rhône. Toutefois, le 1er mars 2013, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer le titre dont il s'agit et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. S'étant maintenue sur le territoire national, Mme B a à nouveau demandé la délivrance d'une carte de séjour temporaire, mais le préfet du Rhône lui a opposé un refus, le 16 octobre 2015, pour la seconde fois. Toutefois, statuant en appel du jugement du tribunal administratif de Lyon du 2 novembre 2016 qui avait rejeté sa demande, la cour administrative d'appel de Lyon a, par un arrêt n° 17LY00598 du 19 décembre 2017, annulé le jugement entrepris ainsi que les décisions de refus de séjour et d'éloignement, édictées le 16 octobre 2015 par l'autorité administrative. Le préfet du Rhône a délivré, ensuite de cette décision juridictionnelle, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à l'intéressée. Au cours de l'année 2018, Mme B a sollicité le revenu de solidarité active auprès de la métropole de Lyon et un droit lui a été ouvert à compter du mois d'avril 2018. Parallèlement à cette démarche, Mme B a demandé le 18 décembre 2019 à la caisse d'allocations familiales du Rhône que son droit au revenu de solidarité active lui soit rétabli pour la période d'octobre 2015 à décembre 2017, période pendant laquelle elle n'a pas perçu le revenu de solidarité active, faute d'avoir été munie alors d'un titre de séjour valide. Mais, par une décision du 23 juillet 2020, la directrice de cette caisse a refusé de lui ouvrir le droit au revenu de solidarité active considéré. Puis, par un recours administratif préalable obligatoire formé le 21 septembre 2020, Mme B s'est prévalue de l'annulation par la cour administrative d'appel de Lyon du refus de titre de séjour qui lui avait été opposé et a demandé à ce que ses droits lui soient rétablis pour la période précitée. Le silence gardé par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet, dont l'intéressée demande présentement au tribunal l'annulation. Elle doit être également regardée, eu égard à ses écritures, comme demandant au tribunal de la rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active pour la même période.
Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, applicable à la situation de Mme B : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d'un ou plusieurs enfants nés ou à naître ; 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler () ". D'autre part, selon les termes de l'article R. 262-33 du même code : " Sans préjudice des dispositions particulières prévues aux articles L. 262-37 et L. 262-38, l'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée auprès d'un des organismes mentionnés à l'article D. 262-26 ". Il résulte de ces dispositions que le droit au revenu de solidarité active est ouvert, puis versé, à partir du premier jour du mois au cours duquel l'allocataire a matériellement effectué sa demande, et que son versement ne revêt aucun caractère rétroactif.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme B a déposé auprès de la caisse d'allocations familiales du Rhône un dossier de demande de revenu de solidarité active, pour la première fois, le 16 avril 2018. Il n'est d'ailleurs pas discuté que la requérante s'est vue attribuer cette prestation sociale à compter du mois d'avril 2018 par la métropole de Lyon. Si l'intéressée soutient que l'autorité gestionnaire aurait dû tenir compte de la circonstance qu'elle détenait un titre de séjour lui permettant d'acquérir des droits au revenu de solidarité active pour la période antérieure d'octobre 2015 à décembre 2017, ensuite de l'annulation contentieuse du refus de titre de séjour dont elle avait été l'objet, prononcée le 19 décembre 2017, cette circonstance n'est pas de nature à lui ouvrir un droit au revenu de solidarité active, dès lors qu'il résulte de l'instruction que Mme B n'a jamais déposé de demande d'allocation de revenu de solidarité active antérieurement au mois d'avril 2018, ainsi qu'il a été dit. Dès lors, cette annulation contentieuse a eu seulement pour effet de munir la requérante d'un titre de séjour, pour la période en cause, et n'a pas eu pour conséquence qu'un droit rétroactif au revenu de solidarité active lui soit accordé par l'autorité administrative, laquelle était, en tout état de cause, tenue de rejeter sa demande de versement du revenu de solidarité active pour la période d'octobre 2015 à décembre 2017.
4. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 et 3, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige méconnaîtrait les dispositions des articles L. 262-4 et R. 262-33 du code de l'action sociale et des familles, ni qu'elle serait entachée d'une erreur de fait.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, par les moyens invoqués, les conclusions de cette requête, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2107390 présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la métropole de Lyon et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
H. Habchi
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026