vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107426 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VEDESI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 septembre 2021, 7 octobre 2022 et 10 février 2023, M. B A, représenté par Me Vergnon, demande au tribunal :
1°) de condamner la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche à lui verser la somme de 144 480,16 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa révocation illégale du 11 mars 2016 ;
2°) de condamner la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche à reconstituer ses droits à pension de retraite générale et complémentaire et à l'indemniser de la différence de pension ;
3°) de condamner la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche à procéder au versement de la cotisation correspondante au titre du plan d'épargne retraite, et à indemniser la perte subie en cas d'absence de versement de cette cotisation ;
4°) de mettre à la charge de la chambre départementale d'agriculture d'Ardèche la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de révocation du 11 mars 2016 a été reconnue illégale par le jugement du 4 juillet 2018 du tribunal administratif de Lyon, confirmé par l'arrêt du 2 juillet 2020 de la cour administrative d'appel de Lyon ; une telle illégalité engage la responsabilité de la chambre d'agriculture ;
- la décision de révocation était également entachée d'autres illégalités internes : le président de la chambre d'agriculture a commis une erreur de qualification juridique des faits ; les griefs invoqués n'étaient pas fondés et ne justifiaient pas l'adoption de la sanction de révocation ; la sanction est disproportionnée ; la décision est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- la demande indemnitaire n'est pas prescrite, le délai de prescription ayant commencé à courir le 1er janvier 2021 ;
- il a droit à la réparation intégrale du préjudice subi de fait de cette mesure, y compris la reconstitution des droits sociaux, alors même que la décision de licenciement a été annulée pour un vice de procédure ;
- sa perte de salaire s'élève à la somme de 54 043,36 euros ;
- il va subir une perte de droits sociaux constituée par le non-versement par la chambre d'agriculture des cotisations à la retraite de base et complémentaire ;
- il va subir une perte de droits sociaux en raison de l'absence de versement de la cotisation correspondante au titre du plan épargne retraite ;
- il a subi des troubles dans ses conditions d'existence : il a dû faire l'acquisition d'un véhicule après avoir restitué son véhicule de fonction, pour un montant de 10 600 euros TTC ; les frais d'entretien, d'équipement et de carburant s'élèvent à 29 836,80 euros ;
- il a subi un préjudice d'image et de réputation, qui peut être indemnisé à hauteur de 10 000 euros ;
- il a subi un préjudice moral, qui peut être indemnisé à hauteur de 10 000 euros ;
- il a engagé des frais d'avocat à hauteur de 30 000 euros afin de faire valoir ses droits.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 septembre 2022 et 20 janvier 2023, la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche, représentée par Me Renouard, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à la limitation des sommes allouées à M. A et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le vice de procédure retenu par le tribunal administratif de Lyon pour annuler la décision de révocation est imputable à la chambre régionale d'agriculture et exonère au-moins partiellement la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche de sa responsabilité ;
- la révocation de M. A était fondée ;
- la sanction de révocation n'était pas disproportionnée ;
- le moyen du détournement de pouvoir n'est pas fondé ;
- le comportement fautif de M. A doit être pris en compte et exonère au moins de moitié la responsabilité de la chambre d'agriculture ;
- la perte de salaire invoquée par M. A n'est pas en lien avec sa révocation mais avec son refus de rejoindre le poste qui lui était proposé ; le tableau des pertes de salaire produit par M. A est erroné, son préjudice devant être limité à la somme de 49 676,61 euros ;
- le montant d'achat du véhicule ne doit pas être pris en compte et, en tout état de cause, son préjudice ne saurait être indemnisé au-delà de la somme de 706,6 euros ;
- le lien direct et certain entre la demande de frais pour le véhicule et la faute reprochée à la chambre d'agriculture n'est pas établi ; en tout état de cause, le montant des indemnités kilométriques ne saurait dépasser la somme de 10 070,67 euros ;
- le préjudice d'image n'est pas établi ;
- le préjudice moral invoqué résulte essentiellement de la faute de M. A ; en tout état de cause, seule une somme de 1 000 euros pourra être allouée ;
- les frais d'avocat, qui ne sont pas justifiés, ont déjà été indemnisés par les juridictions ;
- les demandes concernant les droits à pension sont irrecevables en l'absence de demande chiffrée et sont sans objet, ceux-ci ayant été reconstitués.
Par une lettre du 25 septembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à la reconstitution de ses droits sociaux, dès lors qu'il résulte de l'arrêt n°22LY03168 du 6 avril 2023 de la cour administrative d'appel de Lyon, devenu définitif, que la chambre d'agriculture de l'Ardèche a entièrement exécuté l'arrêt de la cour du 17 mars 2022 concernant la reconstitution de ses droits sociaux.
Des observations en réponse à ce moyen relevé d'office ont été enregistrées pour M. A le 26 septembre 2023, et ont été communiquées au défendeur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°52-1311 du 10 décembre 1952 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°2015-1539 du 26 novembre 2015 ;
- l'arrêté du 20 mars 1972 homologuant le statut du personnel administratif des chambres d'agriculture ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertolo ;
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public,
- et les observations de Me Jounier pour M. A et de Me Michel pour la chambre d'agriculture de l'Ardèche.
Considérant ce qui suit :
1. Agent titulaire de la chambre d'agriculture de l'Ardèche depuis 1990, M. A y a exercé les fonctions de chef de service de la mission territoriale et de directeur adjoint. A l'occasion de la réorganisation des services de la chambre, son poste a été transformé en poste de conseiller spécial rattaché à la direction de la chambre d'agriculture. Par deux courriers des 15 décembre 2015 et 10 janvier 2016, M. A a refusé cette nouvelle affectation. Par une décision du président de la chambre d'agriculture du 29 février 2016, l'intéressé a été dispensé d'exercer ses fonctions. Par une décision du 11 mars 2016, le président de la chambre d'agriculture de l'Ardèche a prononcé la révocation de M. A à compter de cette même date. Par un jugement du 4 juillet 2018, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon, le tribunal a annulé cette décision de révocation et enjoint au président de la chambre d'agriculture de procéder à la réintégration juridique de M. A à compter du 11 mars 2016 qui sera radié des cadres le 15 novembre 2018. L'intéressé demande au tribunal de condamner la chambre d'agriculture de l'Ardèche à lui verser la somme de 144 480,16 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa révocation illégale du 11 mars 2016, et de condamner la chambre d'agriculture de l'Ardèche d'une part, à reconstituer ses droits à pension de retraite générale et complémentaire et à l'indemniser de la différence de pension, d'autre part, à procéder au versement de la cotisation correspondante au titre du plan d'épargne retraite.
Sur l'étendue du litige :
2. Par un arrêt n°22LY03168 du 6 avril 2023 devenu définitif, la cour administrative d'appel de Lyon a conclu au non-lieu à statuer sur les conclusions de M. A tendant à obtenir l'exécution de l'arrêt n° 21LY02944 rendu le 17 mars 2022, dès lors qu'elle a constaté, d'une part, que la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche, à la suite d'un courrier de la Mutualité sociale agricole du 17 novembre 2022, avait procédé au virement en faveur de cette dernière, et après déduction du montant, estimé à 10 000 euros par la cour, des droits à pension dont a bénéficié M. A à raison de son activité de substitution, d'une somme de 25 020,87 euros correspondant aux cotisations de retraite obligatoire et complémentaire dont elle aurait dû s'acquitter si l'intéressé avait continué à exercer ses fonctions entre le 11 juin 2016, date de sa révocation, et le 4 juillet 2018, date du jugement, et d'autre part, pour cette même période, qu'elle avait également versé une somme de 1 528,02 euros à titre de cotisation de retraite supplémentaire en faveur de l'organisme AGRIPPA. Les conclusions présentées par le requérant et tendant à la reconstitution de ses droits sociaux ont, dans cette mesure, perdu leur objet et il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité. Pour apprécier à ce titre l'existence d'un lien de causalité entre les préjudices subis par l'agent et l'illégalité commise par l'administration, le juge peut rechercher si, compte tenu des fautes commises par l'agent et de la nature de l'illégalité entachant la sanction, la même sanction, ou une sanction emportant les mêmes effets, aurait pu être légalement prise par l'administration. Le juge n'est, en revanche, jamais tenu, pour apprécier l'existence ou l'étendue des préjudices qui présentent un lien direct de causalité avec l'illégalité de la sanction, de rechercher la sanction qui aurait pu être légalement prise par l'administration.
4. Aux termes de l'article 1er de la loi du 10 décembre 1952 relative à l'établissement obligatoire d'un statut du personnel administratif des chambres d 'agriculture, des chambres de commerce et des chambres de métiers : " La situation du personnel administratif des chambres d'agriculture, des chambres de commerce et des chambres de métiers de France est déterminée par un statut établi par des commissions paritaires nommées, pour chacune de ces institutions, par le ministre de tutelle ". Aux termes de l'article 24 du statut des personnels administratifs des chambres d'agriculture : " Les mesures disciplinaires applicables aux agents titulaires peuvent être : a/ l'avertissement par écrit, b/ le blâme avec inscription au dossier, c/ la révocation. Ces sanctions sont prononcées par le président de l'organisme employeur. Toutefois, dans les deux derniers cas, les sanctions sont prononcées après avis de la commission paritaire compétente et après que l'agent ait été mis en mesure de prendre communication de son dossier et de connaître les faits reprochés () ". Aux termes de l'article 25 du même statut : " La cessation d'emploi de l'agent après son engagement définitif ne peut intervenir que dans les cas suivants : () 3°/ par révocation par mesure disciplinaire après observations des formalités prescrites en matière disciplinaire et avis de la commission paritaire compétente () ".
5. Il résulte de l'instruction que la décision de révocation de M. A du 11 mars 2016 a été annulée par jugement du tribunal en date du 4 juillet 2018, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel du 2 juillet 2020, au motif que l'absence de consultation préalable de la commission régionale paritaire a eu pour effet de priver l'intéressé d'une garantie attachée à la procédure disciplinaire. La chambre départementale de l'agriculture de l'Ardèche a ainsi commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
6. Le requérant soutient à l'appui de ses conclusions indemnitaires que la décision du 11 mars 2016 est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits, est disproportionnée et entachée d'un détournement de pouvoir.
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que M. A, d'une part, a refusé à plusieurs reprises d'être affecté sur un nouveau poste, les services de la chambre départementale de l'agriculture de l'Ardèche ayant été réorganisés, le poste de chef de service de la mission territoriale qu'il occupait ayant été supprimé, d'autre part, a refusé de participer à une réunion de préfiguration, le 13 janvier 2016 mais également, d'être placé sous l'autorité du directeur de la chambre d'agriculture. L'intéressé soutient que le poste de " conseiller spécial rattaché à la direction pour traiter des dossiers particuliers " était un poste fictif, que les missions proposées ne correspondaient pas à ses anciennes fonctions et ne permettaient pas l'emploi d'un agent à temps plein, enfin que ce poste ne s'inscrivait pas dans l'Accord local portant application de l'accord national sur la modernisation des Ressources Humaines dans la Chambre d'Agriculture de l'Ardèche conclu entre la Chambre d'agriculture de l'Ardèche et les délégués syndicaux le 8 janvier 2008.
8. Il résulte toutefois de l'instruction que lors de la réorganisation des services qui s'inscrivait dans un projet global intitulé " repensons la proximité pour réussir ensemble " et visait à tirer les conséquences d'un nouveau contexte normatif et institutionnel et à permettre une convergence vers l'organisation cible proposée par l'assemblée permanente des chambres d'agriculture, la création du poste proposé à M. A a été décidée de manière transparente et officielle par une délibération de la chambre d'agriculture du 24 novembre 2015 prévoyant notamment la création d'un poste de " conseiller spécial rattaché à la Direction pour traiter les dossiers particuliers. Ce poste ayant rang de chef de service sera en étroite relation avec le Président et le Directeur. ". En outre, il résulte de l'instruction que M. A a été associé à plusieurs reprises, et en particulier au cours du mois d'octobre 2015, à cette réorganisation, un courrier du 23 novembre 2015 du président de la chambre d'agriculture lui ayant notamment indiqué que le poste proposé aurait vocation à traiter des projets forêt Ardèche et " Chauvet pour les entreprises " en lien avec l'interconsulaire, et que " les modalités et conditions d'exercice de cette mission seront précisées dans la fiche de poste à la construction de laquelle vous serez associé avec le Directeur ", éléments qui lui ont été confirmés à plusieurs reprises ultérieurement. Dans ces conditions, alors que contrairement à ce soutient M. A, la seule circonstance que les missions de ce nouveau poste ne correspondaient pas à ses anciennes missions ne lui donnait pas la possibilité de le refuser, l'intéressé n'étant pas titulaire de son emploi, la décision d'affectation en cause n'était ni manifestement illégale, ni de nature à compromettre gravement un intérêt public. Par suite, le président de la chambre d'agriculture n'a pas inexactement qualifié les faits en estimant que les refus de M. A de poursuivre ses fonctions sur un nouveau poste constituaient un manquement fautif à son devoir d'obéissance hiérarchique.
9. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. A s'est manifestement opposé à la réorganisation des services votée le 24 novembre 2015. Ainsi, lors de la réunion du 23 octobre 2015 avec l'ensemble des salariés, l'intéressé a publiquement exprimé une position très critique à l'égard de la réorganisation et des objectifs poursuivis par celle-ci, en la qualifiant de " mortifère ". Par ailleurs, dans les courriers qu'il a adressés au président de la chambre d'agriculture, M. A a, de manière répétée, exprimé une position très critique envers l'institution, en indiquant que le poste proposé ne correspondait pas aux " exigences d'un Etablissement Public ", et en mettant en cause tant les objectifs que la manière dont la réorganisation avait été conduite. Compte tenu de sa position de cadre, membre du comité directeur de la chambre d'agriculture d'Ardèche, les propos de M. A ont outrepassé son droit d'expression et constituent un manquement à son devoir de réserve et de loyauté à l'égard de son employeur. Par suite, le président de la chambre d'agriculture n'a pas inexactement qualifié les faits en estimant que le comportement d'opposition de M. A et ses propos critiques constituaient un manquement fautif susceptible de faire l'objet d'une sanction.
10. En dernier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la sanction prise à l'encontre de M. A aurait eu d'autres finalités que de sanctionner les manquements précédemment relevés.
11. Compte tenu des fautes commises par le requérant, de la nature de l'illégalité entachant la sanction et de l'échelle des sanctions pouvant être prises à l'encontre du personnel des chambres d'agriculture, la même sanction, ou une sanction emportant les mêmes effets, aurait légalement pu être édictée par l'administration. Par suite, en l'absence de lien de causalité entre les préjudices subis par l'agent et l'illégalité commise par l'administration, les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à la reconstitution de ses droits sociaux.
Article 2 : M. A versera à la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la chambre départementale d'agriculture de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, où siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
Le rapporteur,
C. Bertolo
La présidente,
A. Baux
La greffière,
S. Rolland
La République mande au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026