mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107433 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 8ème chambre |
| Avocat requérant | JOUNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 20 septembre 2021 ainsi que les 9 mars et 7 novembre 2022, Mme A E, représentée par Me Jounier, demande au tribunal :
- d'annuler la décision implicite de refus née le 28 avril 2021 du silence conservé par la commission de médiation " Droit au logement opposable " du département du Rhône sur son recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, ensemble la décision confirmative de ce refus du 1er décembre 2021 ;
- d'enjoindre à la commission de médiation du département du Rhône de procéder au réexamen de sa situation en vue de statuer sur celle-ci dans un délai de deux mois ;
- de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme E soutient que :
- la décision implicite en litige est entachée d'un défaut de motivation au regard des exigences de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- sa demande devait se voir reconnaître un caractère prioritaire et urgent dès lors que le délai de 24 mois fixé par l'arrêté préfectoral du 1er février 2008 était expiré ;
- le logement qu'elle occupe n'est pas adapté à ses besoins et capacités ainsi qu'à la situation particulière de sa famille.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'une décision du 28 décembre 2021 s'est substituée au refus implicite critiqué, et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 2 juillet 2021.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement convoquées à une audience publique ;
Le magistrat désigné ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- et les observations de Me Jounier pour Mme E, ainsi que celles de Mme D pour le préfet du Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E a, le 28 janvier 2021, formé un recours auprès de la commission départementale de médiation du Rhône tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. Contestant initialement la décision implicite de refus née du silence conservé sur ce recours, elle doit être regardée comme demandant l'annulation de la seule décision du 23 novembre 2021 produite au dossier par laquelle la commission de médiation a expressément rejeté son recours et qui s'est substituée en cours d'instance à cette décision implicite.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation (CCH) : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière (), n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ". Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du même code : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / () / Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement, ainsi que, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires () ".
3. Alors qu'il ne ressort d'ailleurs pas des pièces du dossier que la requérante a sollicité les motifs de la décision implicite de refus qu'elle a initialement contestée, la décision du 23 novembre 2021 en litige fait état des circonstances de droit et de fait qui lui donnent son fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation du refus critiqué doit être écarté.
4. Pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du CCH et satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande. Toutefois, dans le cas d'une personne se prévalant de ce qu'elle a présenté une demande de logement social et n'a pas reçu de proposition adaptée dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 du CCH, la commission peut refuser de reconnaître que la demande présente, à ce titre, un caractère prioritaire et urgent en se fondant sur la circonstance que cette personne dispose déjà d'un logement. Elle ne peut toutefois légalement opposer ce motif que si le logement occupé est adapté à ses besoins. Pour apprécier si le logement occupé est adapté aux besoins du demandeur, il y a lieu de prendre en compte, d'une part, ses caractéristiques, le montant de son loyer et sa localisation, d'autre part, tous éléments relatifs aux occupants du logement, comme une éventuelle situation de handicap, qui sont susceptibles de le rendre inadapté aux besoins du demandeur.
5. Pour refuser de reconnaître un caractère prioritaire et urgent à la demande de mutation de Mme E, la commission de médiation du Rhône s'est fondée sur la circonstance que, si la durée d'attente d'un logement social par la requérante excédait le délai de 24 mois fixé par l'arrêté préfectoral du 1er février 2008 pris en application de l'article L. 441-1-4 du CCH, celle-ci était toutefois déjà locataire d'un logement du parc social n'apparaissant pas inadapté au regard de ses capacités et besoins.
6. Compte tenu de ce qui a été dit au point 4, Mme E n'est pas fondée à soutenir que la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement devait nécessairement résulter du constat de l'expiration du délai de 24 mois fixé par l'arrêté préfectoral du 1er février 2008 mentionné ci-dessus.
7. Pour contester le refus qui lui a été opposé, Mme E fait valoir l'ancienneté de sa demande de mutation, le coût du logement qu'elle occupe à Mions, dont l'adaptation aux personnes à mobilité réduite ne présente plus d'utilité, et les contraintes qui pèsent sur elle en raison de son éloignement du logement situé à Vénissieux occupé depuis le mois de juin 2020 par sa fille C qui souffre d'un handicap moteur et cognitif et qui requiert une assistance pour les actes de la vie quotidienne. Toutefois, pour légitimes que soient les attentes de la requérante, qui n'a d'ailleurs pas donné suite à la proposition de logement qui lui a été faite par son bailleur au mois de novembre 2020, les circonstances dont il est ainsi fait état, qui ont également trait à un voisinage dégradé, ne suffisent pas, compte tenu en particulier des dimensions ou du coût du logement en cause, pour considérer que c'est à tort qu'à la date de la décision attaquée et pour les motifs qu'elle a retenus, la commission de médiation a refusé de reconnaître un caractère prioritaire et urgent à la demande de logement de Mme E.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
A. B
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026