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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2107967

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2107967

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2107967
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU 6ème chambre
Avocat requérantDESUZINGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Desuzinge demande au tribunal :

1°) la décharge des cotisations de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison d'un logement situé à Villeurbanne (Rhône) imposé comme résidence secondaire ;

2°) le remboursement de la somme de 1 477 euros assorti des intérêts moratoires en application des dispositions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;

3°) de condamner l'Etat à lui rembourser les frais relatifs à la saisie opérée sur ses comptes d'un montant de 100 euros ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa réclamation n'est pas tardive, n'ayant eu connaissance des impositions que le 15 juin 2021 lors de la saisie administrative à tiers détenteur ;

- elle n'est pas redevable de ces impositions dès lors que ce logement ne constitue ni sa résidence principale, ni sa résidence secondaire et qu'elle ne dispose d'aucun droit sur ce local.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut à ce qu'il n'y a plus lieu de statuer concernant les cotisations relatives à la contribution à l'audiovisuel public compte tenu du dégrèvement de 277 euros prononcé et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- la réclamation est tardive au regard de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales ;

- il a été prononcé un dégrèvement d'un montant total de 277 euros correspondant à la contribution à l'audiovisuel publique due au titre des années 2019 et 2020 d'un montant respectif de 138 euros et de 139 euros ;

- elle est redevable des taxes d'habitation réclamées, étant locataire du logement en cause qui constitue ainsi sa résidence secondaire ;

- la demande de remboursement des frais bancaires n'est pas justifiée dès lors que les impositions ont été régulièrement établies.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Segado, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article ;

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Le rapport de M. Segado président, a été entendu au cours de l'audience publique ;

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A demande la décharge des cotisations de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison d'un logement situé à Villeurbanne (Rhône), imposé comme résidence secondaire.

Sur les conclusions à fin de décharge des contributions à l'audiovisuel public :

2. Par une décision du 7 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône a prononcé le dégrèvement des contributions à l'audiovisuel public des années 2019 et 2020 en litige d'un montant total de 277 euros, soit 139 euros pour 2019 et 138 euros pour 2020. Ainsi, les conclusions de la requête tendant à la décharge de cette contribution à l'audiovisuel public à laquelle la requérante a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 sont devenues sans objet et il est constaté qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin de décharge des taxes d'habitation :

2. Aux termes de l'article 1408 du code général des impôts : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. () " et aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Il résulte de ces dispositions qu'il convient de tenir compte, pour apprécier le bien-fondé de l'imposition en litige, de la situation au 1er janvier de l'année d'imposition.

3. La requérante soutient qu'elle n'est pas redevable de ces impositions dès lors que ce logement ne constitue ni sa résidence principale, ni sa résidence secondaire, qu'elle ne dispose pas de la jouissance de ce logement ni d'aucun droit sur ce local et que son fils est le locataire réel de ce logement. Toutefois, il résulte de l'instruction que, concernant l'occupation de ce logement situé à Villeurbanne, son propriétaire a informé l'administration qu'un contrat de location pour le logement avait été établi au nom de Mme B A et a communiqué aussi la lettre de caution correspondante. Comme l'expose la défense, le propriétaire a en outre assigné la requérante en justice en qualité de locataire de ce logement pour défaut de paiement de loyers et charges, l'administration produisant la correspondance entre le propriétaire et l'huissier de justice relative à cette assignation ainsi que le relevé des loyers et charges dus pour ce logement établi au nom de la requérante en sa qualité de locataire. Par ailleurs, les éléments produits par l'intéressée, notamment ayant trait à sa résidence principale, ne suffisent pas à établir que son fils, avec lequel elle était en conflit et qui selon elle occupait effectivement ce logement, aurait inscrit à son insu son nom sur le bail dont l'exemplaire produit ne comportait pas sa signature, alors que comme l'expose l'administration aucun jugement pour escroquerie n'a été prononcé, ni aucune décision de justice n'a été prononcée la rendant non redevable des loyers de ce logement, et ne permettent ainsi pas de remettre en cause les éléments ainsi exposés par l'administration concernant sa qualité de locataire.

4. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'était pas la redevable de ces taxes d'habitation pour ce logement qui a été regardé comme une résidence secondaire alors même qu'elle occupait avec son mari un logement à Caluire-et-Cuire qui a été regardé comme leur résidence principale.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par l'administration, que les conclusions aux fins de décharge et de remboursement des taxes d'habitation doivent être rejetées.

Sur le versement des intérêts prévus à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales :

6. Aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d 'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt légal. ". Aux termes de l'article R. 208-1 du même livre : " Les intérêts moratoires prévus à l'article L.208 () sont payés d'office en même temps que les sommes remboursées au contribuable par le comptable chargé du recouvrement des impôts ".

7. Concernant les intérêts moratoires mentionnés par l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, en l'absence de litige né et actuel entre le comptable et la requérante, ses conclusions tendant au paiement de tels intérêts ne sont pas recevables. Par suite, ces conclusions doivent, en tout état de cause concernant les taxes d'habitation, être rejetées.

Sur la demande de remboursement des frais bancaires de recouvrement :

8. Alors que les conclusions aux fins de décharge des taxes d'habitation sont rejetées, la requérante ne fait état d'aucun autre élément de nature à justifier le remboursement de ces frais bancaires. Par suite, de telles conclusions doivent être rejetées.

Sur les frais non compris dans les dépens :

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A tendant à la décharge des contributions à l'audiovisuel public auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

J. SegadoLa greffière,

N. Renoud-Genty

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier

N°2107967

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