lundi 24 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2108296 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | IMBERT MINNI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 19 octobre 2021, le 26 octobre 2021, le 17 novembre 2021, le 1er décembre 2021 et le 12 mai 2022, M. B A, représenté par Me Imbert Minni, demande au Tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 3 novembre 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à sa charge une somme de 378 euros correspondant à un indu d'aide personnelle au logement constitué sur la période du 1er juillet 2017 au 31 décembre 2018 ;
2°) d'annuler la contrainte émise le 16 novembre 2021 par la caisse d'allocations familiales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A soutient que :
- la décision du 3 novembre 2021 est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de procédure contradictoire préalable ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a toujours déclaré l'intégralité de ses revenus ;
- la contrainte n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2023, la Caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête et à ce que Mme C soit condamnée solidairement et conjointement au paiement de la dette.
La Caisse d'allocations familiales du Rhône soutient que :
- l'indu ayant déjà été contesté, seule la régularité en la forme de la contrainte peut l'être ;
- les moyens ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 4 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Soubié, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Soubié, première conseillère.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, allocataire de l'aide personnelle au logement dans la métropole de Lyon, demande au tribunal d'annuler la décision du 3 novembre 2021 mettant à sa charge une somme de 378 euros correspondant à un indu d'allocation personnelle au logement constitué sur la période du 1er juillet 2017 au 31 décembre 2018. Il forme également opposition à la contrainte émise le 5 octobre 2021 pour le recouvrement de cette dette et mise à exécution par une opposition à tiers détenteur émise le 16 novembre 2021.
Sur l'opposition à contrainte délivrée le 5 octobre 2021 :
2. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur de l'organisme créancier peut décerner la contrainte mentionnée () à l'article L. 161-1-5 () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. ". Aux termes de l'article L. 823.9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Si les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une décision ordonnant le reversement d'un indu d'allocation de logement sociale ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du recours administratif prévu par les dispositions précitées du code de la sécurité sociale, le débiteur ne peut toutefois contester le bien-fondé de l'indu à l'occasion d'une telle opposition que s'il a exercé ce recours administratif dans les conditions prévues par ces dispositions.
3. Aux termes de l'article R. 822-13 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint apporte la preuve de la cessation de son activité professionnelle et de son admission au bénéfice d'une pension de retraite ou d'invalidité ou d'une rente d'accident de travail ou de l'allocation aux adultes handicapés, les revenus d'activité professionnelle et les indemnités de chômage inclus dans les ressources de l'intéressé sont affectés d'un abattement de 30 %. / Cette mesure s'applique à partir du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel survient le changement de situation. / Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint reprend une activité professionnelle rémunérée, l'abattement prévu au premier alinéa est supprimé à partir du premier jour du mois civil au cours duquel intervient la reprise d'activité. ".
4. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 16 novembre 2021, M. A a contesté le bien-fondé de l'indu mis à sa charge et est ainsi recevable à le contester dans la présente instance dirigée contre la contrainte. Toutefois, ainsi qu'il résulte des pièces produites, M. A a repris une activité professionnelle salariée en complément de sa pension de retraite et ne pouvait par conséquent plus bénéficier de l'abattement de 30% prévu par l'article R. 822-13 du code de la construction et de l'habitation précité. Dans ces conditions, la caisse d'allocations familiales était fondée à revoir le montant de ses droits à l'aide personnelle au logement à compter du 1er janvier 2017, date de début de son activité salariée. Au demeurant, la circonstance qu'il n'aurait pas lui-même perçu l'allocation et que son propriétaire ne l'aurait pas déduite du montant de son loyer est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu. Par suite, M. A n'est pas fondé à contester le bien-fondé de l'indu.
5. Il résulte de ce qui précède que l'opposition à contrainte doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision d'indu :
6. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Le directeur de l'organisme payeur statue, après avis de la commission de recours amiable () sur : () 2° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre de l'aide personnalisée au logement ou de la prime de déménagement. (). ".
7. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
8. Toutefois, s'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y ait invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
9. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
10. Si M. A conteste la décision d'indu du 3 novembre 2021, il résulte de l'instruction qu'il a formé un recours préalable à 1'encontre de cette décision. Ce recours a été rejeté implicitement. M. A n'ayant pas demandé la communication des motifs de cette décision implicite de rejet, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision ne peut qu'être écarté.
11. M. A se prévaut d'un vice de procédure en l'absence de procédure contradictoire préalable à la prise de la décision confirmant l'indu d'aide personnelle au logement. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A a formé un recours préalable obligatoire à l'encontre de cette décision et a ainsi pu faire valoir son point de vue sur la somme qui lui était réclamée. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. Pour les motifs exposés au point 4, M. A n'est pas fondé à contester l'indu mis à sa charge.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées en défense :
14. La caisse d'allocations familiales du Rhône demande au tribunal de prononcer la condamnation solidaire et conjointe de M. A et Mme C au paiement de la dette. Toutefois, il n'entre pas dans les pouvoirs du juge rappelés au point 9 de prononcer une telle condamnation. Par suite, les conclusions de la caisse d'allocations familiales doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, représenté dans l'instance par la caisse d'allocations familiales du Rhône, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la Caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2023.
La magistrate désignée,
A-S. Soubié
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026