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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2108886

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2108886

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2108886
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL BIROT - MICHAUD - RAVAUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 novembre 2021 et 29 novembre 2022, Mme D B, représentée par Me Priou-Alibert demande au tribunal :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser une indemnité de 2 842 765,43 euros en réparation des conséquences dommageables de sa vaccination contre le virus de l'hépatite B ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale ;

3°) de mettre à la charge de l'ONIAM les dépens de l'instance et une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a présenté, dans les mois précédant la dernière injection du protocole de vaccination contre l'hépatite B, un spectre de symptômes caractéristique d'une myofasciite à macrophage ; cette vaccination présentait un caractère obligatoire en application des dispositions de l'article L. 3111-4 du code de la santé publique ; ces symptômes se sont par la suite aggravés ; le lien entre la détérioration de son état de santé et la vaccination dont elle a fait l'objet, comprenant des adjuvants aluminiques, ne peut être exclu ; les symptômes en cause ne peuvent être regardés comme résultant d'une autre cause que la vaccination ; si le diagnostic d'une maladie de Behçet, ou d'autres maladie auto-immunes, a pu être considéré, il n'a pas été retenu au regard de son génotypage et de sa réaction aux traitements spécifiques, et notamment la colchicine, ou de la consistance de ces symptômes ; les conditions d'ouverture du droit à indemnisation sur le fondement de l'article L. 3111-9 du code de la santé publique sont dès lors réunies ;

- elle ne s'oppose pas à ce qu'une expertise soit ordonnée pour éclairer le tribunal sur ces derniers points ;

- ses préjudices peuvent être évalués à :

* 10 157,57 euros s'agissant des frais de déplacements ;

* 555,15 euros s'agissant des frais divers de petit matériel ;

* 27 970,84 euros s'agissant de l'assistance par tierce personne temporaire ;

* 10 000 euros s'agissant du préjudice scolaire ;

* 53 518,69 euros s'agissant des pertes de gains professionnel actuels ;

* 1 626 759,28 euros s'agissant des pertes de gains professionnels futurs ;

* 200 000 euros s'agissant de l'incidence professionnelle ;

* 2 397,34 euros s'agissant des dépenses de santé futures à sa charge ;

* 475 167,27 euros s'agissant du besoin d'assistance par tierce personne futur ;

* 23 726,40 euros s'agissant du déficit fonctionnel temporaire ;

* 40 000 euros s'agissant des souffrances endurées jusqu'à consolidation ;

* 5 000 euros s'agissant du préjudice esthétique temporaire ;

* 235 000 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent ;

* 15 000 euros s'agissant du préjudice esthétique permanent ;

* 20 000 euros s'agissant du préjudice d'agrément ;

* 15 000 euros s'agissant du préjudice sexuel.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 octobre et 5 décembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Birot, conclut, à titre principal, au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise médicale soit ordonnée avant dire droit.

Il soutient que :

- le dernier état des connaissances scientifiques exclut la probabilité d'un lien de causalité entre l'administration d'un vaccin contre le virus de l'hépatite B et l'apparition d'une symptomatologie afférente à une myofasciite à macrophage ; un ensemble de maladies auto-immunes, dont celle de Behçet, sont à l'origine des symptômes de Mme B, lesquels ne peuvent dès lors être imputés à la vaccination en cause ;

- il conviendra pour le tribunal, le cas échéant, d'ordonner une expertise médicale avant dire droit portant sur l'existence et les conséquences d'un état antérieur à même d'écarter l'imputabilité des symptômes à la vaccination et de fixer, notamment, une date de consolidation de l'état de santé de Mme B en vue de l'évaluation de ses préjudices ;

- l'indemnisation à laquelle Mme B peut avoir droit ne saurait revêtir qu'un caractère provisionnel en l'absence de consolidation, et devra être ramenée à de plus justes proportions.

La procédure a été régulièrement communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire qui n'a pas produit à l'instance.

Par ordonnance du 15 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,

- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public,

- et les observations de Me Segui, suppléant Me Priou-Alibert, pour Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D B, alors étudiante infirmière, a bénéficié d'un protocole de vaccination contre le virus de l'hépatite B dont la dernière injection a eu lieu le 8 décembre 2011. Elle déclare avoir développé, au cours de cette vaccination, des symptômes évocateurs d'une myofasciite à macrophage associée à divers symptômes centraux, et notamment une asthénie, des épisodes répétés de fatigue prononcée et des myalgies récurrentes. Dans le cadre d'une procédure amiable avec l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), une expertise a été réalisée par le docteur A et le rapport afférent a été communiqué aux parties le 19 novembre 2019. Mme B demande au tribunal de condamner l'ONIAM à lui verser une indemnité de 2 842 765,43 euros en réparation des conséquences dommageables de cette vaccination, sur le fondement de l'article L. 3111-9 du code de la santé publique.

Sur la réparation au titre de la solidarité nationale :

2. En vertu de l'article L. 3111-4 du code de la santé publique, toute personne qui, dans un établissement de prévention ou de soins, exerce une activité professionnelle l'exposant à des risques de contamination, doit être immunisée, notamment, contre l'hépatite B et aux termes de l'article L. 3111-9 du même code : " Sans préjudice des actions qui pourraient être exercées conformément au droit commun, la réparation intégrale des préjudices directement imputables à une vaccination obligatoire pratiquée dans les conditions mentionnées au présent chapitre, est assurée par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales institué à l'article L. 1142-22, au titre de la solidarité nationale. () ".

3. Saisi d'un litige individuel portant sur les conséquences pour la personne concernée d'une vaccination présentant un caractère obligatoire, il appartient au juge, pour écarter toute responsabilité de la puissance publique, non pas de rechercher si le lien de causalité entre l'administration du vaccin et les différents symptômes attribués à l'affection dont souffre l'intéressé est ou non établi, mais de s'assurer, au vu du dernier état des connaissances scientifiques en débat devant lui, qu'il n'y a aucune probabilité qu'un tel lien existe. Il lui appartient ensuite, soit, s'il en était ressorti en l'état des connaissances scientifiques en débat devant lui qu'il n'y a aucune probabilité qu'un tel lien existe, de rejeter la demande indemnitaire, soit, dans l'hypothèse inverse, de procéder à l'examen des circonstances de l'espèce et de ne retenir l'existence d'un lien de causalité entre les vaccinations subies par l'intéressé et les symptômes qu'il avait ressentis que si ceux-ci étaient apparus, postérieurement à la vaccination, dans un délai normal pour ce type d'affection, ou s'étaient aggravés à un rythme et une ampleur qui n'étaient pas prévisibles au vu de son état de santé antérieur ou de ses antécédents et, par ailleurs, qu'il ne ressortait pas du dossier qu'ils pouvaient être regardés comme résultant d'une autre cause que ces vaccinations.

4. D'une part, pour soutenir qu'aucune probabilité de lien n'existe entre la vaccination contre le virus de l'hépatite B et les symptômes dont Mme B fait état, l'ONIAM se prévaut des termes d'un rapport de l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé du 5 mai 2004, des travaux de l'Académie de médecine en 2012, d'un rapport du Haut Conseil de la santé publique de 2013, de celui de l'Académie nationale de pharmacie de 2016 et enfin d'un avis de l'Académie nationale de médecine, produit dans le cadre d'un litige distinct, le 22 septembre 2022. Toutefois, et contrairement à ce qui est soutenu par l'Office, seul le rapport de l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé du 5 mai 2004 peut être interprété comme excluant toute probabilité d'association entre le syndrome clinique central décrit par Mme B et une myofasciite à macrophage, l'association entre cette dernière caractérisation histologique et la vaccination contre le virus de l'hépatite B étant, elle, jugée hautement probable. Plus particulièrement, l'ensemble des autres éléments scientifiques et cliniques versés au dossier se bornent à relever l'absence d'établissement statistique d'un tel lien, et non sa possibilité. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport circonstancié de 2013 du Haut conseil à la santé publique, que, postérieurement à l'avis du 5 mai 2004 de l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé, les résultats de pharmacovigilance ont montré que, sur 417 cas exploitables de caractérisation de myofasciite à macrophage et présentant des signes cliniques tels qu'un syndrome d'arthromyalgie, près de 70 % des sujets avaient fait l'objet d'une vaccination antérieure contre le virus de l'hépatite B. Si ce rapport relève que ce type d'association est essentiellement relevé en France, et propose des hypothèses explicatives à cet égard, de tels éléments ne permettent pas de faire regarder la probabilité de cette association comme nulle. Il ressort ainsi du dernier état des connaissances scientifiques en débat devant le tribunal que l'association entre le spectre symptomatique décrit par Mme B et la vaccination contre le virus de l'hépatite B ne peut être formellement exclu.

5. D'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment des éléments non remis en cause du rapport du docteur A déposé le 19 novembre 2019, que Mme B a témoigné d'une perte de poids, d'épisodes asthéniques et de myalgies dans les suites de la vaccination, avec de premiers symptômes apparaissant avant la dernière injection du protocole de vaccination. L'historique médical de Mme B montre que le spectre symptomatologique en cause, diffus et peu spécifique, a fait l'objet de nombreux examens pour la plupart non concluants, s'agissant notamment de suspicions d'un syndrome de Goujerot-Sjögren, d'une hépatite auto-immune ou d'une maladie cœliaque, en lien avec une expression gastrique et uro-génitale de ces symptômes. Le docteur A conclut, s'agissant des symptômes de Mme B, à une lésion musculaire rémanente au point d'injection et une entité clinique de réduction capacitaire par douleurs musculaires et articulaires parallèle à une grande fatigue de psychasthénique. Si l'ONIAM indique que la symptomatologie de Mme B doit être mise en regard, non pas avec la vaccination dont elle a fait l'objet, mais avec diverses maladies auto-immunes dont elle serait affectée, et notamment la maladie de Behçet, aucun des diagnostics en cause n'a fait l'objet d'une confirmation médicale, en particulier celui de la maladie de Behçet qui n'apparaît pas conforté par la consistance des symptômes et la circonstance que les symptômes spécifiques, en particulier l'aphtose, n'ont pas répondu à l'usage de la colchicine, médicament reconnu comme efficace dans une telle pathologie. Enfin, s'il est exact que tout ou partie des symptômes dont Mme B est atteinte a pu être caractérisé avant l'injection vaccinale, de manière épisodique et peu invalidante, il apparaît que la phase post-vaccinale se caractérise par une aggravation selon un rythme et une ampleur qui n'apparaissent pas expliqués par un autre facteur que la vaccination elle-même.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'indemnisation des conséquences dommageables pour elle de la vaccination contre le virus de l'hépatite B dont elle a fait l'objet sur le fondement de l'article L. 3111-9 du code de la santé publique.

Sur les préjudices de Mme B :

7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme B, dans le cadre du suivi médical lié à son état, a été amenée à effectuer un grand nombre de déplacements jusqu'au cabinet de son médecin traitant et de divers spécialistes. Les éléments produits, comprenant un tableau récapitulatif de ces déplacements et les ordonnances ou résultats d'analyses justifiant ces déplacements, révèlent un total de 18 706,40 km parcourus, en lien avec la recherche des causes et l'aggravation de son état de santé. Compte tenu des modalités de déplacement utilisés et de la période au cours de laquelle ces déplacements ont été effectués, il sera fait une exacte appréciation du préjudice en cause en le fixant à la somme demandée de 10 157,57 euros.

8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme B a exposé une somme totale, restée à charge, de 132,50 euros pour des cannes et mobilier adapté à raison de son état de santé, somme dont elle est fondée à demander l'indemnisation en raison du lien entre ces dépenses et l'aggravation de son état. Il n'en va toutefois pas de même s'agissant des frais exposés à l'occasion de l'acquisition d'un casque à cheveux et d'un robot ménager, à défaut d'un tel lien.

9. En troisième lieu et d'une part, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non contestées du rapport du docteur A, que l'état de santé de Mme B, en lien avec les conséquences imputables à la vaccination dont elle a fait l'objet, nécessitait une aide par tierce personne, non spécialisée, d'une heure par semaine à la date d'examen et pour une durée courant jusqu'aux cinq ans de son jeune enfant. Il se déduit de ces éléments que ce besoin, exprimé s'agissant de Mme B dans la situation particulière de la prime enfance de l'enfant, doit être évalué sur une durée de cinq ans à compter du 20 novembre 2018, date de naissance de cet enfant. Il résulte également de l'instruction qu'un tel besoin affecte également la requérante s'agissant de son second enfant, né le 22 avril 2021 après l'expertise. Compte tenu de la dimension non spécialisée d'une telle aide, il y a lieu d'affecter le volume horaire en cause, de 3 652,5 heures, d'un taux représentatif moyen du salaire minimum interprofessionnel de croissance sur ces périodes, augmenté des charges, de 15 euros par heure, sur 412 jours annuels afin de tenir compte des congés payés. Il sera ainsi fait une exacte appréciation de ce préjudice en en fixant le montant à 61 842,33 euros.

10. D'autre part, le même expert indique que l'état de Mme B constitue un " handicap pour certains actes de la vie quotidienne " justifiant, postérieurement à la consolidation, d'un besoin d'aide par tierce personne d'une heure par jour, sept jours sur sept. Compte tenu de l'ensemble des éléments contenus dans ce rapport, il convient, malgré les mentions équivoques dudit rapport à cet égard, de retenir un tel besoin d'aide par tierce personne antérieurement à cet examen, et couvrant les périodes de déficit fonctionnel temporaire partiel, soit sur un volume de 2 453 heures. Il convient d'affecter un tel volume horaire d'un taux correspondant au salaire minimum interprofessionnel de croissance pour les années considérées, augmenté des charges et sur 412 jours annuels. Ainsi, Mme B est fondée à recevoir une indemnité de 35 995,25 euros à ce titre.

11. Enfin, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice pour la période postérieure à la consolidation de l'état de Mme B, sur les mêmes bases que précédemment décrites, en lui allouant la somme de 32 417,68 euros en réparation de ce préjudice jusqu'à la date du présent jugement et, pour le futur, en lui allouant une rente trimestrielle de 1 420,20 euros, revalorisée en application des coefficients prévus par l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.

12. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non remises en cause du rapport du docteur A, que Mme B sera astreinte pour le futur à une kinésithérapie d'entretien ainsi qu'à une prise en charge pyschothérapeutique, en lien avec la vaccination dont elle a bénéficié. Compte tenu des éléments versés au dossier, le reste à charge annuel afférant peut être évalué à 40 euros à partir de l'année 2020 et à un total de 174 euros pour les années précédentes. Il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice, jusqu'à la date du présent jugement, en allouant à Mme B une somme de 329,67 euros à ce titre et, pour le futur, une somme de 2 397,34 euros correspondant à la capitalisation viagère de ce coût annuel pour une femme de 33 ans selon le barème de la Gazette du Palais de 2022.

13. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non contestées du rapport du docteur A, que Mme B, en première année d'étude d'infirmière lors de la première injection du vaccin en cause, a interrompu son cursus au cours de l'année suivante. Contrairement à ce qu'elle soutient, il ne ressort pas des éléments apparaissant à son dossier médical, des constats de l'expert ou de la lettre produite de son institut de formation, que la réorientation alors opérée vers un brevet de technicien supérieur résulterait des seuls effets adverses de la vaccination en cause, formation qu'elle a par ailleurs menée à son terme. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que l'allongement d'un an de ses études, qui résulte seulement de son choix de réorientation, serait imputable à la vaccination dont elle a bénéficié. De même, il ne résulte ainsi pas de l'instruction que la requérante justifierait ainsi de pertes de gains professionnels passés ou futurs à raison de l'emploi d'infirmière libérale auquel elle aurait pu prétendre à l'issu du cursus abandonné, l'ensemble des éléments produits n'établissant par ailleurs pas que l'intéressée serait privée définitivement de toute perspective professionnelle.

14. En sixième lieu, il résulte de l'instruction que l'évolution de l'état de santé de Mme B a néanmoins rendu la poursuite de son cursus scolaire et professionnel plus difficile, à raison notamment de la fatigabilité accrue et des myalgies en résultant, ainsi que l'illustre notamment les nombreux arrêts de travail relevés entre les années 2012 et 2014, puis de manière continue du 16 septembre 2014 au 2 décembre 2017, date à partir de laquelle elle bénéficie d'une rente d'accident du travail pour un taux d'incapacité permanente de 30 %, en sus de la pension d'invalidité de catégorie 2 que l'intéressée touche depuis le 1er janvier de la même année. Il sera fait une juste appréciation du préjudice scolaire et professionnel en résultant en l'évaluant à hauteur de 200 000 euros.

15. En septième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise et des éléments médicaux dont Mme B se prévaut, que l'état de santé de l'intéressée s'est caractérisé par un déficit fonctionnel temporaire total, lors des diverses hospitalisations, de 26 jours, un déficit fonctionnel temporaire partiel à 45 % pendant 964 jours, à 30 % pendant 256 jours et à 20 % pendant 1233 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à hauteur de 12 500 euros.

16. En huitième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non remises en cause du rapport d'expertise du docteur A, que les souffrances endurées par Mme B peuvent être évaluées à 4 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à hauteur de 8 000 euros.

17. En neuvième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non remises en cause du rapport d'expertise du docteur A, que le préjudice esthétique temporaire affectant Mme B peut être évalué à 2 sur une échelle de 7 et que le préjudice permanent afférent peut être qualifié de " léger ". Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 3 000 euros.

18. En dixième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non remises en cause du rapport d'expertise du docteur A, que le déficit fonctionnel permanent affectant Mme B peut être évalué à 50 %. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à hauteur de 150 000 euros.

19. En onzième lieu, si Mme B se prévaut d'un préjudice d'agrément à raison des limitations imposées par son état de santé à divers loisirs, un tel préjudice n'apparaît caractérisé ni dans le cadre du rapport du docteur A ni par les éléments produits par la requérante. Ses prétentions à ce titre doivent ainsi être rejetées.

20. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des mentions non remises en cause du rapport d'expertise du docteur A, que Mme B souffre de gêne positionnel dans sa vie sexuelle. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.

21. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de faire procéder à l'expertise demandée, que l'ONIAM doit être condamné à verser à Mme B une somme de 517 772,34 euros ainsi qu'une rente trimestrielle de 1 420,20 euros revalorisée en application des coefficients prévus par l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM versera une somme de 517 772,34 euros (cinq cent dix-sept mille sept cent soixante-douze euros et trente-quatre centimes) à Mme B ainsi qu'une rente trimestrielle de 1 420,20 euros (mille quatre cent vingt euros et vingt centimes), revalorisée en application des coefficients prévus par l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.

Article 2 : L'ONIAM versera à Mme B une somme de 1 400 (mille quatre cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Drouet, président,

Mme Maubon, première conseillère,

M. Gilbertas, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

Le rapporteur,

M. Gilbertas

Le président,

H. Drouet

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

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