LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2109209

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2109209

vendredi 3 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2109209
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantBERTRAND-HEBRARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2021, M. B E, Mme D C épouse E et M. A E, représentés par Me Bertrand-Hebrard, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune de Saint-Etienne, en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison de la carence de la commune dans l'exercice de ses pouvoirs de police, à verser une indemnisation de 17 000 euros à M. B E, une indemnisation de 12 000 euros à Mme D E et une indemnisation de 12 000 euros, à M. A E ces sommes devant être assorties des intérêts au taux légal à compter du 12 juillet 2021, date de leur demande indemnitaire, ou à tout le moins à la date de l'introduction de leur requête, et de la capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

S'agissant de la responsabilité de la commune de Saint-Etienne :

- il incombe au maire de la commune de Saint-Etienne de réprimer les atteintes à la tranquillité publique, s'agissant des troubles de voisinage, sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales ;

- ils ont subi depuis de nombreuses années des atteintes à la sécurité publique au sein du quartier de Côte-Chaude en raison de la multiplication des infractions, donnant lieu à de nombreux dépôts de plainte, et des atteintes à la tranquillité publique en raison de troubles de voisinage autour de leur domicile ;

- les carences du maire à mettre en œuvre les mesures adéquates et proportionnées visant à garantir la tranquillité publique et la sécurité publique sont de nature à engager la responsabilité de la commune de Saint-Etienne dès lors que :

* l'autorité municipale a été alertée à de nombreuses reprises de la multiplication des infractions dans le quartier,

* les courriers adressés par le maire à d'autres autorités ne sauraient constituer une mesure adéquate de police, pas davantage que l'organisation de réunions publiques ou le partage d'informations entre polices municipale et nationale,

* l'installation de caméras de surveillance n'a pas démontré son efficacité et n'a pas fait cesser les troubles ;

- le fait que la commune de Saint-Etienne soit sous régime de police étatisée ne décharge pas le maire de sa mission de réprimer les atteintes à la tranquillité publique s'agissant des troubles de voisinages et des atteintes à la salubrité publique ;

S'agissant des préjudices subis :

- ils ont subi une dégradation de leur qualité de vie en étant confrontés tous les jours à des dépôts d'ordure dans leur rue ou à des tapages nocturnes ;

- leurs biens ont été dégradés plusieurs fois et ils font l'objet de comportements menaçants lors de leurs déplacements ;

- M. et Mme E ainsi que leurs deux enfants souffrent d'un syndrome anxiodépressif et de troubles anxieux généralisés depuis l'agression du 20 décembre 2020 ;

- le stress subi par M. A E est d'autant plus difficilement supportable que son état de santé est dégradé et qu'il dispose d'une mobilité réduite ;

- ils sont fondés à demander l'indemnisation des troubles subis par le versement de la somme de 17 000 euros s'agissant de M. B E, de 12 000 euros s'agissant de Mme D E et de 12 000 euros s'agissant M. A E.

Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 18 juillet 2022, la commune de Saint-Etienne conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise solidairement à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que :

1°) s'agissant de sa responsabilité :

- il n'appartient pas au maire, au titre de ses pouvoirs de police, de procéder à la constatation et à la répression des infractions pénales, activités qui incombent uniquement à la police judiciaire dont l'Etat à la charge et les conclusions indemnitaires fondées sur cette carence alléguée ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative ;

- les troubles invoqués par les requérants ne sont pas des troubles de voisinage que le maire peut réprimer au titre de son pouvoir de police, de telle sorte que la responsabilité de la commune ne peut être engagée sur ce fondement ;

- aucune carence fautive du maire ne peut être retenue dès lors que :

* la police municipale a été pleinement mobilisée pour pallier les troubles au sein du quartier de Côte-Chaude et des dispositifs de vidéo-surveillance ont été déployés pour sécuriser le quartier et y mobiliser rapidement les équipes,

* les services municipaux assurent pleinement la salubrité publique en remédiant aux dépôts de déchets sur la place de la république,

* des aménagements urbains et des actions sociales destinés à prévenir la délinquance ont été mises en œuvre ;

2°) s'agissant des demandes indemnitaires :

- il n'existe pas de liens de causalité entre la faute alléguée et le préjudice dont il est sollicité l'indemnisation, le préjudice moral des requérants résultant d'un délit commis à l'encontre de M. B E mais également des poursuites engagées à son encontre :

- les montants réclamés sont surévalués et les potentiels préjudices ne pourraient être indemnisés qu'entre 2017 et juillet 2021 en raison de la prescription quadriennale ;

- en tout état de cause, dans l'hypothèse où la responsabilité de la commune serait retenue, elle devrait être fortement atténuée en raison du rôle de l'Etat dans la commune de Saint Etienne dont la police est étatisée.

Par une ordonnance du 9 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M Pineau,

- les conclusions de M. Arnould, rapporteur public,

- les observations de Me Ferron, substituant Me Bertrand-Hebrard, avocat de MM. E et Mme E,

- et les observations de Me Rubio, subsituant Me Saban, représentant la commune de Saint-Etienne.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier daté du 19 juillet 2021, M. B E, Mme D C épouse E et M. A E ont saisi le maire de la commune de Saint-Etienne d'une demande tendant à obtenir l'indemnisation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison des atteintes à la tranquillité publique causées par les troubles de voisinage autour de leur domicile, rue du Champrond, des atteintes à la sécurité publique au sein du quartier de Côte Chaude, en particulier aux alentours de la Place de la République, et des carences fautives qu'ils imputent au maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police. Le maire de Saint-Etienne a rejeté cette demande par un courrier du 16 septembre 2021. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal de condamner la commune de Saint-Etienne à les indemniser des préjudices subis en leur versant respectivement les sommes de 17 000 euros, 12 000 euros et 12 000 euros.

Sur les conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité de la commune de Saint-Etienne en raison des carences alléguées à constater et à réprimer les infractions pénales :

2. Les consorts E font état du dépôt de nombreuses plaintes par des habitants et des commerçants du quartier de la Côte-chaude pour vols et dégradations de biens, M. E ayant lui-même déposé plainte les 9 février 2020 et 27 septembre 2021 suite à des dégradations commises à l'encontre de son véhicule, de ce que certaines plaintes n'auraient pas été enregistrées, de ce que les habitants du quartier seraient victimes d'agressions verbales et physiques et de ce qu'en dépit de plusieurs faits divers, notamment une fusillade en août 2020 puis l'installation d'un probable point de trafic de stupéfiants, rien n'aurait été fait par les autorités pour faire cesser ses agissements, les agents de la brigade anticriminalité se bornant à constater les faits. Toutefois ainsi que le fait valoir la commune de Saint-Etienne, les conclusions des requérants tendant à l'engagement de la responsabilité de l'Etat en raison de carences alléguées à constater et à réprimer des infractions pénales ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative, ces activités de police judiciaire ressortissant de la seule compétence des juridictions de l'ordre judiciaire.

Sur les conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité de la commune de Saint-Etienne en raison de carences du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police administrative :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique () ". Aux termes de l'article L. 2214-4 du même code : " Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique, tel qu'il est défini au 2° de l'article L. 2212-2 et mis par cet article en règle générale à la charge du maire, incombe à l'Etat seul dans les communes où la police est étatisée, sauf en ce qui concerne les troubles de voisinage. / Dans ces mêmes communes, l'Etat a la charge du bon ordre quand il se fait occasionnellement de grands rassemblements d'hommes. / Tous les autres pouvoirs de police énumérés aux articles L. 2212-2, L. 2212-3 et L. 2213-9 sont exercés par le maire y compris le maintien du bon ordre dans les foires, marchés, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, cafés, églises et autres lieux publics ".

4. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes où la police est étatisée, le maire est compétent pour réprimer les atteintes à la tranquillité publique en ce qui concerne uniquement les troubles de voisinage, le représentant de l'Etat dans le département étant pour sa part compétent pour réprimer les autres atteintes à la tranquillité publique au sens des dispositions du 2° de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales.

5. Il résulte de l'instruction qu'au cours des années 2017 à 2021, des vols, actes de vandalisme et incivilités ainsi que des dégradations de biens privés ont eu lieu aux abords de la Place de la République ainsi qu'en attestent les courriers de riverains et commerçants du quartier, M. E ayant lui-même subi des dégradations à deux reprises sur son véhicule. Toutefois, dès lors que de tels faits sont constitutifs d'infractions excédant les seuls troubles de voisinage au sens des dispositions précitées, il ne peut être reproché au maire de la commune de Saint-Etienne que de ne pas avoir fait usage de ses pouvoirs de police administrative destinés à réprimer les atteintes à la tranquillité publique en ce qui concerne les seuls troubles de voisinage. A cet égard, les requérants soutiennent être victimes de nuisances sonores, essentiellement nocturnes, autour de leur domicile, notamment du fait de regroupement de personnes sur la Place de la République ou du stationnement de voitures dont émane une forte musique, et invoquent une carence du maire à prévenir et faire cesser ces nuisances. Toutefois, si M. E a, entre 2018 et 2020, fait appel une vingtaine de fois au service de police secours pour signaler de l'existence de tapages nocturnes ou diurnes, les relevés d'opération versés au débat font état, lorsque la présence de perturbateurs a été constatée, de la dispersion de ces derniers. En outre, il résulte de l'instruction que les nuisances sonores précitées ne sont pas le fait de personnes résidant à proximité du domicile des requérants. En effet, ainsi que le fait valoir la commune, si trois personnes ont été appréhendées pour tapage le 5 septembre 2020, l'un résidait à Firminy et les deux autres dans un quartier de Saint-Etienne éloigné de la place de la République, un constat équivalent ayant été dressé lors du contrôle de cinq perturbateurs, le 31 janvier 2020, ces derniers ne résidant pas Place de la République ou au sein du quartier de Côte-Chaude. Par suite, dès lors que les nuisances invoquées ne constituent pas des troubles de voisinage au sens et pour l'application des dispositions des dispositions du 2° de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales et alors qu'au demeurant, les requérants ne produisent aucun justificatif précis qui démontrerait l'ampleur, la fréquence et l'ancienneté des nuisances invoquées, le maire de la commune de Saint-Etienne ne saurait être regardé comme ayant commis une faute en s'abstenant de prendre des mesures pour lutter contre les nuisances en cause.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours et, s'il y a lieu, de provoquer l'intervention de l'administration supérieure ; () ".

7. Les consorts E soulignent les nuisances qu'ils subissent du fait des agissements perpétrés Place de la République lesquels se traduisent notamment par de multiples dépôts d'ordure, le vandalisme du monument aux morts ou l'existence de carcasses de véhicules calcinées. Toutefois, si les requérants versent au débat des photographies de détritus accumulés au niveau d'un caniveau, d'une épave de voiture brûlée et de gobelets et déchets abandonnés à proximité du monument précité, il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation d'un praticien paramédical exerçant dans le quartier, que les services municipaux en charge du nettoyage effectuent un travail très efficace et reconnu par les riverains, le service de propreté de la commune assurant cinq jours par semaine le nettoyage du secteur de la Place de la République entre 6 heures et 10 heures et que des équipes peuvent être spécialement missionnées, en cas de nécessité, pour réaliser un nettoyage complémentaire le soir ou le week-end, ainsi que le fait valoir la commune en défense. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que les incendies de véhicules, intervenus notamment en 2017, n'auraient pas donné lieu à un enlèvement rapide des épaves. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la carence du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police en matière de salubrité publique serait de nature à engager la responsabilité de la commune de Saint-Etienne.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 512-4 du code de la sécurité intérieure : " Dès lors qu'un service de police municipale comporte au moins trois emplois d'agent de police municipale, y compris d'agent mis à disposition de la commune par un établissement public de coopération intercommunale dans les conditions prévues aux I et II de l'article L. 512-2, une convention de coordination des interventions de la police municipale et des forces de sécurité de l'Etat est conclue entre le maire de la commune, le président de l'établissement public de coopération intercommunale le cas échéant, le représentant de l'Etat dans le département et le procureur de la République territorialement compétent. / Cette convention peut également être conclue, à la demande du maire, lorsqu'un service de police municipale compte moins de trois emplois d'agent de police municipale. ".

9. Les requérants se prévalent de la convention de coordination de la police municipale et des forces de sécurité de l'Etat, conclue entre le maire de la commune de Saint-Etienne et le préfet de la Loire en juin 2018, et du principe d'intervention coordonnée entre polices nationale et municipale en soutenant que le maire se devait en conséquence d'intervenir au titre de sa mission de police municipale pour assurer la tranquillité et la sécurité publiques dans le quartier de la Côte-Chaude. A cet égard, les requérants invoquent une diminution des interventions sur le secteur de la Place de la République, lesquelles auraient été divisées par quatre entre 2018 et 2020, de l'absence de création d'un groupe technique opérationnel (GTO) dédié au quartier de la Côte Chaude et de l'insuffisance de développement de la vidéo protection, déployée tardivement et dont la plus-value dans l'élucidation des infractions ne seraient pas établies. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment des éléments versés au débat par la commune, que les services de police municipale, en coordination avec la police nationale, ont effectué de nombreux passages visant à assurer la prévention des troubles à l'ordre public consécutivement aux signalements opérés par la population s'agissant tant des occupations abusives de l'espace public que des nuisances signalées. Contrairement à ce qui est soutenu, l'activité matérielle des services de police n'a pas été divisée par quatre puisqu'il ressort des comptes rendus de points de situation hebdomadaires opérationnels, produits en défense, que 124 passages ont été effectués dans le quartier en 2018, en parallèle des 217 intervenions recensées suite aux appels d'administrés, et que ces actions destinées à prévenir les infractions et à assurer la tranquillité publique ont été maintenues au fil des années. Plusieurs courriers adressés au maire soulignent d'ailleurs une diminution des incivilités, nonobstant des reprises épisodiques de certains agissements donnant lieu à de nouvelles opérations de surveillance, la police municipale effectuant en moyenne trois passages hebdomadaires dans le secteur de la Côte-Chaude entre janvier et août 2021. Par ailleurs, un groupe technique opérationnel (GTO), destiné à assurer la coordination entre les actions des polices municipale et nationale, a été mis en place dès juin 2019 pour définir les actions spécifiques aux problématiques du secteur Nord-Ouest de Saint-Etienne dont le quartier de la Côte-Chaude fait partie. Enfin, si les requérants invoquent un déploiement tardif des dispositifs de vidéosurveillance, la commune fait valoir en défense sans être contredite qu'un tel équipement a été installé dès 2012 dans le secteur de la Place de la République et qu'en juin 2020, la ville disposait de 342 caméras dont 10 actives sur le secteur de la Côte-Chaude. Ainsi, il résulte de ces éléments que les requérants n'établissent pas que les mesures préventives que la commune de Saint-Etienne justifie avoir déployées en apportant son concours à celles mises en œuvre par les services de l'Etat auraient été tardives, insuffisantes ou inappropriées pour lutter contre les nuisances en cause et pour permettre aux intéressés de bénéficier d'un niveau raisonnable de tranquillité et de sécurité.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'en l'absence de carences fautives du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police administrative, les consorts E ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité de la commune de Saint-Etienne. Par suite, les conclusions indemnitaires de la requête ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais du litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saint-Etienne, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement au requérant d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Saint-Etienne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête tendant à la condamnation de la commune de Saint-Etienne en raison de la carence alléguée de son maire à prendre des mesures relatives à la constatation et la répression des infractions pénales sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, Mme D C épouse E et M. A E et à la commune de Saint-Etienne.

Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mars 2023.

Le rapporteur,

N. Pineau

La présidente,

A. Baux

La greffière,

F. Faure

La République mande et ordonne au préfet de la Loire ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions