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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2110057

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2110057

mardi 25 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2110057
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantBOS-DEGRANGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 décembre 2021 et le 7 octobre 2024, la commune de Montrottier, représentée par la SCM Ithaque (Me Bos-Degrange), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner in solidum la société Menuiserie Meunier-Marnat, la société Bordanova, la société Brosse, la société Corona Etanchéité, la société Journet Bois et la société Tekhne SARL d'architecture à lui verser la somme de 31 468,66 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa requête aux fins de désignation d'un expert judiciaire, ainsi que la somme de 31 608,76 euros au titre des frais d'expertise ;

2°) de prendre acte de son désistement des conclusions de sa requête initialement dirigées contre les assureurs de la société Menuiserie Meunier-Marnat, de la société Bordanova, de la société Brosse, de la société Corona Etanchéité, de la société Journet Bois et de la société Tekhne SARL d'architecture ;

3°) de mettre à la charge des sociétés défenderesses la somme de 8 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.

Elle soutient que :

- les sociétés défenderesses sont solidairement responsables des désordres, malfaçons et non-conformités relevés par l'expert ;

- son préjudice s'établit à la somme de 26 468,66 euros au titre de la reprise des désordres constatés et à la somme de 5 000 euros au titre de la perte de jouissance de certaines pièces et des désagréments liés aux opérations de nettoyage des sols et des meubles.

Par des mémoires en défense enregistrés le 20 juin 2022 et le 8 octobre 2024, la société Menuiserie Charpente Meunier-Marnat, la société Corona Etanchéité et la société Axa France IARD, représentées par la Selarl PBO Avocats associés, concluent au rejet des conclusions dirigées contre elles ou, à titre subsidiaire, à la limitation à 2 808 euros et à 3 396 euros des condamnations susceptibles d'être respectivement prononcées à l'égard de la société Menuiserie Meunier-Marnat et de la société Corona Etanchéité, à ce que la société SMC Journet soit condamnée à garantir la société Menuiserie Meunier-Marnat de toute condamnation, à la condamnation de la société Tekhne SARL d'architecture à garantir la société Corona Etanchéité de toute condamnation prononcée contre elle et à ce que la commune de Montrottier soit condamnée à verser à chacune d'elles la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- les désordres affectant le lot " plomberie " ne les concernent pas et les désordres affectant les menuiseries invoqués dans les rapports d'expertise relèvent de l'entretien normal de l'immeuble ;

- l'imputabilité à la société Corona Etanchéité des désordres relatifs à l'étanchéité n'est pas établie alors que l'expert n'a pas vérifié si l'intervention d'un tiers n'en est pas à l'origine ;

- la société Corona Etanchéité ne peut être tenue pour responsable des conséquences des mouvements du gros œuvre et de la dilatation de couvertines laquées qu'elle n'a pas mises en œuvre et qui relèvent de la conception de l'ouvrage par la société Tekhne SARL d'architecture ;

- le juge administratif n'est pas compétent pour connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé.

Par un mémoire enregistré le 3 octobre 2024, la société Sylva Conseil et la société SMABTP, représentées par la SCP d'avocats Ducrot et Associés, concluent au rejet des demandes dirigées contre elles et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre la SMABTP ;

- le lien entre les désordres invoqués et les missions de la société Sylva Conseil n'est pas établi.

Par des mémoires enregistrés les 7 et 22 octobre 2024, la société MAAF Assurances et M. A D, représentés par la SELARL Tacoma, concluent à ce qu'il soit pris acte du désistement de la requérante de ses conclusions dirigées contre la société MAAF, au rejet des conclusions dirigées contre eux et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Ils soutiennent que la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître des conclusions dirigées contre la société MAAF Assurances et que la responsabilité de M. D, de la société Journet Bois et de la société SMC Journet qui sont assurés par la société MAAF n'est pas engagée.

Par des mémoires enregistrés le 8 juin 2022 et le 9 octobre 2024, la compagnie Generali IARD, représentée par la SCP Reffay et Associés, conclut dans le dernier état de ses écritures à ce qu'il soit donné acte du désistement partiel de la commune de Montrottier, au rejet des conclusions dirigées contre elle et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elle soutient que le juge administratif n'est pas compétent pour connaître des conclusions dirigées contre elle et que l'imputabilité des désordres en litige à son assurée n'est pas établie.

Par des mémoires enregistrés le 26 juillet 2022 et le 9 octobre 2024, la compagnie Abeille IARD et Santé, représentée par la SCP Reffay et Associés, conclut dans le dernier état de ses écritures à ce qu'il soit donné acte du désistement partiel de la commune de Montrottier, au rejet des conclusions dirigées contre elle et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elle soutient que le juge administratif n'est pas compétent pour connaître des conclusions dirigées contre elle et que l'imputabilité des désordres en litige à la société Bordanova n'est pas établie.

Par des mémoires enregistrés les 9 et 25 octobre 2024, la société Tekhne SARL d'architecture et la société d'assurance Compagnie Mutuelle des architectes français assurances (MAF), représentées par Me Prudon, concluent à ce qu'il soit donné acte du désistement de la commune de Montrottier de ses demandes dirigées contre la MAF, au rejet des conclusions dirigées contre la société Tekhne SARL d'architecture ou, à titre subsidiaire, à la limitation à 12 461,66 euros de la condamnation de cette société au titre des désordres d'étanchéité et à 10 375 euros au titre des désordres de menuiserie, à la condamnation respective de la société Menuiserie Meunier-Marnat, de la société SMC Journet, de la société Corona Etanchéité, de la société DPI structure et de la société Bordanova à garantir la société Tekhne des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre et à ce que le versement à cette société de la somme de 3 000 euros soit mis à la charge de la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la commune n'opère pas de distinction selon les désordres et ne peut rechercher l'engagement de la responsabilité contractuelle après réception des travaux ;

- il n'est pas possible d'établir le lien entre les infiltrations constatées et la déformation de la structure ou la dilatation des couvertines ;

- les infiltrations dans le local situé en R-1 sont imputables à la seule société Bordanova ;

- l'impropriété de l'ouvrage à sa destination résultant des désordres affectant les menuiseries extérieures n'est pas démontrée.

Par un mémoire enregistré le 24 septembre 2024, la société Compagnie Axa France IARD, représentée par le cabinet Quadrance (Me Bourbonneux), conclut au rejet des conclusions dirigées contre elle en sa qualité d'assureur de la société Bordanova et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre elle et qu'elle n'était plus, lors de la réalisation des travaux en cause, l'assureur de la société pour laquelle sa condamnation est demandée.

Par un mémoire enregistré le 9 octobre 2024, la société d'assurance L'auxiliaire, représentée par la Selarl Racine Lyon, conclut au rejet des conclusions dirigées contre elle et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre elle en sa qualité d'assureur.

Par un mémoire enregistré le 2 octobre 2024, la compagnie d'assurances Groupama Rhône Alpes Auvergne, représentée par la SELARL Barre - Le Gleut, conclut au rejet des conclusions dirigées contre elle et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître des conclusions dirigées contre elle ;

- la SMC Journet n'était plus assurée par elle à la date d'introduction de la requête, cette société n'a pas la qualité de constructeur et l'imputabilité à celle-ci des désordres en litige n'est pas établie.

Par un mémoire enregistré le 23 octobre 2024, la société d'assurances MMA IARD Assurances mutuelles, représentée par la société d'avocats TW et Associés, conclut au rejet des conclusions dirigées contre elle en sa qualité d'assureur de la société ITF et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître des conclusions dirigées contre elle ;

- aucun désordre imputable à la société ITF ne ressort des rapports d'expertise.

Par un mémoire enregistré le 23 octobre 2024, la société d'assurances MMA IARD Assurances mutuelles, représentée par la société d'avocats TW et Associés, conclut au rejet des conclusions dirigées contre elle en sa qualité d'assureur de la société Etablissement Barlet Frères et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la commune de Montrottier en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître des conclusions dirigées contre elle ;

- aucun désordre imputable à la société qu'elle assure ne ressort des rapports d'expertise.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de relever d'office, d'une part, l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions d'appel en garantie dirigées contre la société SMC Journet par la société Menuiserie Meunier-Marnat, liée à celle-ci par un contrat de droit privé, et, d'autre part, que la garantie contractuelle ne peut être invoquée après réception des travaux.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Reniez,

- les conclusions de Mme Allais, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bos-Degrange pour la commune de Montrottier, ainsi que celles de Me Ithurbide pour la société Tekhne Sarl d'architecture et la Compagnie Mutuelle des architectes français assurances (MAF).

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Montrottier a entrepris des travaux de construction et de réalisation des aménagements extérieurs d'un groupe scolaire. Par différents actes d'engagement, la commune de Montrottier a notamment confié la maîtrise d'œuvre de cette opération à la société Tekhne Architecture, le lot n° 2 du marché de travaux correspondant et relatif au gros-œuvre à la société Brosse, le lot n° 5 relatif aux travaux d'étanchéité à la société Corona Etanchéité, le lot n° 6 portant sur la réalisation des menuiseries extérieures à la société Menuiserie Meunier-Marnat, qui a pris la société S.M.C Journet en qualité de sous-traitant, et le lot n° 16 portant sur le chauffage, la ventilation, la plomberie et les sanitaires à la société Bordanova. Différents désordres ayant été observés sur les ouvrages réalisés après leur réception, la commune de Montrottier a sollicité du juge des référés la désignation d'un expert qui a rendu un premier rapport le 15 juillet 2022 puis un second rapport le 2 mai 2024. La commune de Montrottier demande la condamnation de ces différentes sociétés à l'indemniser de ces désordres.

Sur le désistement partiel de la commune de Montrottier :

2. Par son mémoire du 7 octobre 2024, la commune de Montrottier déclare se désister des conclusions de sa requête initialement dirigées contre les assureurs de la société Menuiserie Meunier-Marnat, de la société Bordanova, de la société Brosse, de la société Corona Etanchéité, de la société Journet Bois et de la société Tekhne SARL d'architecture. Ce désistement est pur et simple. Rien ne fait obstacle à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions de la commune de Montrottier fondées sur la garantie décennale :

3. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.

En ce qui concerne les désordres affectant la menuiserie :

4. Si différents désordres ont été constatés en 2015 et 2016 s'agissant des caractéristiques, du positionnement ou du fonctionnement des poignées, des paumelles, des serrures ou des compas de différentes portes ou fenêtres du bâtiment réalisé et devant selon les cas être réglés, réparés ou remplacés, il n'est pas contesté qu'ainsi qu'il a été précisé au cours des opérations d'expertise, les ouvrants ne devaient être manœuvrés que dans le cadre de l'entretien du bâtiment, dit " bio climatique ", et que le positionnement des poignées des fenêtres répondait aux exigences de la réglementation relative aux personnes handicapées et il ne résulte pas de l'instruction que les désordres ainsi invoqués seraient de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination. Par suite, la commune de Montrottier n'est pas fondée à demander la mise en œuvre de la garantie décennale des constructeurs au titre de ces désordres.

En ce qui concerne les désordres affectant le toit terrasse végétalisé :

5. Il résulte de l'instruction, en particulier du premier rapport d'expertise judiciaire, que l'infiltration d'eau dans le plafond du bureau du directeur du groupe scolaire et le siphonage au niveau de la couvertine qui ont été constatés sont liés à un défaut d'étanchéité de la toiture végétalisée du bâtiment, qui trouve son origine dans un poinçonnement ou une déchirure, dont il n'est pas contesté qu'il est de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination et dont il n'est pas établi qu'il serait lié à une autre cause notamment à un mouvement des structures de l'immeuble ou à la dilatation de couvertines pour lesquels l'expert n'a d'ailleurs pas envisagé de mesures correctrices. En conséquence, ce désordre est imputable à la seule société Corona Etanchéité, titulaire du lot n° 5. Les travaux à réaliser pour remédier au désordre en cause impliquant la reprise de l'étanchéité au niveau de la toiture végétalisée et la remise en état du plafond, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer l'indemnité correspondante à la somme de 2 650 euros retenue par l'expert et de condamner la société Corona Etanchéité à verser à la commune de Montrottier cette somme, assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2021, date d'introduction de la requête.

En ce qui concerne les autres problèmes d'étanchéité :

S'agissant du couloir de liaison entre bâtiments et de la sortie d'évent dans les sanitaires :

6. Il résulte de l'instruction, en particulier du second rapport d'expertise judiciaire, que les infiltrations constatées dans le couloir d'accès et en sortie d'évent des sanitaires du bâtiment concerné sont liées à un défaut d'étanchéité de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination dont il n'est pas établi qu'il serait lié à un mouvement des structures de l'immeuble ou à la dilatation de couvertines envisagés par l'expert et qui est ainsi imputable à la seule société Corona Etanchéité, titulaire du lot n° 5. Les travaux à réaliser pour remédier à ces désordres impliquent la reprise de l'étanchéité et la remise en état des plafonds et les travaux de peinture requis pour un montant qu'il y a lieu de fixer à la somme de 3 217,89 correspondant, compte tenu de la part des dommages concernés dans l'ensemble des désordres à reprendre, au 1/3 de la somme globale de 9 653,66 euros que l'expert judiciaire a retenue pour ces travaux. Par suite, il y a lieu de condamner la société Corona Etanchéité à verser à ce titre à la commune de Montrottier la somme de 3 217,89 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2021, date d'enregistrement de la requête.

S'agissant des autres désordres :

7. Il résulte de l'instruction, en particulier des deux rapports d'expertise produits au dossier, que les infiltrations d'eau constatées en particulier lors des épisodes d'intempéries dans la salle d'éveil, dans les sanitaires, dans la salle de classe CM1-CM2 ou TPS et dans le bureau du directeur sont liées à des défauts d'étanchéité à la jonction des bavettes inférieures des menuiseries extérieures de façade, à la jonction des menuiseries et de la façade ou encore entre la partie dormante et l'ouvrant de la menuiserie extérieure et que ces désordres, qui sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination et dont il n'est pas établi qu'ils seraient liés à un mouvement des structures de l'immeuble ou à la dilatation de couvertines envisagés par l'expert, sont imputables à la seule société Menuiserie Meunier-Marnat, titulaire du lot n° 6. Les travaux à réaliser pour remédier à ces désordres impliquent la reprise des menuiseries extérieures, dont le coût estimé par l'expert et qu'il y a lieu de retenir en l'espèce s'établit à la somme de 2 808 euros, ainsi que la reprise de l'étanchéité et la remise en état des plafonds et les travaux de peinture requis pour un montant qu'il y a lieu de fixer à 6 435,77 euros correspondant, compte tenu de la part des dommages concernés dans l'ensemble des désordres à reprendre, aux 2/3 de la somme globale de 9 653,66 euros que l'expert judiciaire a retenue pour ces travaux. Par suite, il y a lieu de condamner la société Menuiserie Meunier-Marnat à verser à la commune de Montrottier la somme totale de 9 243,77 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2021, date d'enregistrement de la requête.

En ce qui concerne la plomberie :

8. Il résulte de l'instruction et en particulier du premier rapport d'expertise que l'écoulement constaté dans le local situé au niveau R-1 du bâtiment en litige trouve son origine exclusive dans la mauvaise réalisation du montage de la tuyauterie destinée à l'évacuation des eaux pluviales et que ce désordre, dont il n'est pas contesté qu'il est de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination, est en conséquence imputable à la seule société Bordanova en charge des travaux de plomberie en qualité de titulaire du lot n° 16. Il n'est pas contesté que le montant des travaux de reprise devant être réalisés s'élève, ainsi que l'a estimé l'expert, à la somme toutes charges comprises de 985 euros et il y a lieu de condamner la société Bordanova à verser à la commune de Montrottier cette somme, assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2021.

En ce qui concerne la perte de jouissance et les autres préjudices :

9. Si la commune requérante demande qu'une somme de 5 000 euros lui soit allouée en réparation de la perte de jouissance de certaines pièces de l'immeuble réalisé et au titre des désagréments induits par le nettoyage des sols et des meubles, elle n'apporte toutefois pas de précisions ni de justifications au soutien de ses prétentions et les préjudices allégués ne peuvent être regardés comme établis.

Sur les conclusions de la commune de Montrottier fondées sur la responsabilité contractuelle :

10. La réception définitive des travaux en litige au cours de l'année 2012 a mis fin en l'espèce aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et les constructeurs concernés et fait ainsi obstacle à ce que la responsabilité contractuelle de ceux-ci soit mise en cause.

Sur les frais d'expertise :

11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire des sociétés Corona Etanchéité et Bordanova les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C par l'ordonnance du 3 février 2020 et liquidés à la somme totale de 18 631,41 euros par une ordonnance du 21 octobre 2022. Il y a également lieu de mettre à la charge solidaire des sociétés Menuiserie Meunier-Marnat et Corona Etanchéité les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C par l'ordonnance du 14 mars 2022 et liquidés à la somme de 12 977,35 euros par une ordonnance du 22 juillet 2024.

Sur les appels en garantie :

12. La compétence de la juridiction administrative pour connaître des litiges nés de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux ne s'étend pas à l'action en garantie du titulaire du marché contre son sous-traitant avec lequel il est lié par un contrat de droit privé. Par suite, les conclusions de la société Menuiserie Meunier-Marnat tendant à la condamnation de la société SMC Journet à la garantir des condamnations prononcées à son encontre doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

13. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment s'agissant de l'imputabilité exclusive des désordres en cause au titulaire de chaque lot concerné, le surplus des conclusions des parties tendant à ce qu'elles soient garanties des condamnations prononcées à leur encontre doit être rejeté.

Sur les frais liés au litige :

14. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge respective de la société Corona, de la société Bordanova et de la société Menuiserie Meunier-Marnat le versement de la somme de 500 euros à la commune de Montrottier au titre des frais d'instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit au surplus des conclusions des parties présentées sur le fondement de ce même article L. 761-1.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de la commune de Montrottier dirigées contre les assureurs de la société Menuiserie Meunier-Marnat, de la société Bordanova, de la société Brosse, de la société Corona Etanchéité, de la société Journet Bois et de la société Tekhne SARL d'architecture.

Article 2 : La société Menuiserie Meunier-Marnat est condamnée à verser à la commune de Montrottier la somme de 9 243,77 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2021.

Article 3 : La société Corona Etanchéité est condamnée à verser à la commune de Montrottier la somme de 5 867,89 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2021.

Article 4 : La société Bordanova est condamnée à verser la somme de 985 euros à la commune de Montrottier, assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2021.

Article 5 : Les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C par l'ordonnance du 3 février 2020, liquidés à la somme totale de 18 631,41 euros, sont mis à la charge solidaire des sociétés Corona Etanchéité et Bordanova. Les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. C par l'ordonnance du 14 mars 2022, liquidés à la somme de 12 977,35 euros, sont mis à la charge solidaire des sociétés Menuiserie Meunier-Marnat et Corona Etanchéité.

Article 6 : Les sociétés Corona Etanchéité, Bordanova et Menuiserie Meunier-Marnat verseront chacune la somme de 500 euros à la commune de Montrottier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Les conclusions de la société Menuiserie Meunier-Marnat tendant à ce que la société SMC Journet soit condamnée à la garantir des condamnations prononcées à son encontre sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Montrottier, à la société Menuiserie Charpente Meunier-Marnat, à la compagnie Axa France IARD, à la société Service Menuiserie Concept Journet, à la compagnie Groupama assurances, à la société MAAF assurance, à la société Corona Etanchéité, à la compagnie Axa France IARD, à la société Bordanova, à la compagnie Abeille IARD et Santé, à la société Brosse Bâtiment génie civil, à la société Tekhne SARL d'architecture, à la Mutuelle des architectes français, à la société Didier Pierron, à la compagnie L'Auxiliaire, à la société Sylva conseil, à la compagnie SMABTP, à la société Oteis, à la compagnie MMA IARD assurances mutuelles, à la société Journet Bois, à la société MAAF assurances, à la société Deslorieux Jean-Jacques, à la compagnie MMA IARD assurances mutuelles, à M. A D, à la société MAAF assurances, à la Selarl SBCMI et à la compagnie Generali IARD.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

Mme Lacroix, première conseillère,

Mme Reniez, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.

La rapporteure,Le président,

E. ReniezA. Gille

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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