mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2110130 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 16 décembre 2021 et 20 janvier 2022, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2021 par laquelle le président de la métropole de Lyon a confirmé les décisions des 2 mai 2019, 19 juillet 2019 et 10 décembre 2020 mettant à sa charge une somme totale de 18 117,51 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période d'août 2017 à novembre 2020 et a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ledit indu ;
3°) de lui accorder une remise totale de sa dette.
Elle soutient que :
- elle a informé la caisse d'allocations familiales en août 2019 de la perception d'une pension de retraite ;
- elle n'a, par la suite, pas été interrogée sur ses ressources trimestrielles ;
- elle doit prendre en charge sa fille polyhandicapée ;
- ses ressources ne lui permettent pas de s'acquitter de sa dette.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 juin 2022 et 29 juillet 2022, la métropole de Lyon, représentée par Me Prouvez (SCP Carnot avocats), conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'indu est fondé en raison de l'absence de déclaration par la requérante de différents revenus entre 2017 et 2019 ;
- compte tenu des omissions déclaratives réitérées, en dépit des relances de la caisse d'allocations familiales, la requérante ne peut bénéficier d'une remise de sa dette.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Soubié, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soubié, première conseillère,
- et les observations de Me Rey, substituant Me Prouvez, représentant la métropole de Lyon.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est allocataire du revenu de solidarité active dans la métropole de Lyon. Suite à un contrôle de ses déclarations de ressources trimestrielles, la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à sa charge, par des décisions des 2 mai 2019, 19 juillet 2019 et 10 décembre 2020, une somme totale de 18 117,51 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période d'août 2017 à novembre 2020. Mme A a formé un recours contre ces décisions les 16 septembre 2019 et 3 mai 2021. Par une décision du 14 octobre 2021, le président de la métropole de Lyon a rejeté son recours et refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette. Mme A demande l'annulation de cette décision et la décharge de l'obligation de payer.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions d'indu :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux.() ". Aux termes de l'article R. 262-11 du même code : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ; (). ". Aux termes de l'article R. 262-14 du même code : " Sur décision individuelle du président du conseil départemental au vu de la situation exceptionnelle du demandeur au regard de son insertion sociale et professionnelle, il n'est pas tenu compte des libéralités consenties aux membres du foyer. ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour déterminer ses droits au revenu de solidarité active, le demandeur doit déclarer l'ensemble des ressources perçues par lui-même et par toutes les personnes composant le foyer.
4. L'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme A a pour origine la prise en compte, au titre de ses ressources, de revenus qu'elle a omis de déclarer. Il résulte de l'instruction qu'un contrôle de cohérence entre les déclarations de ressources trimestrielles et les déclarations de revenus de la requérante entre 2017 et 2019 a fait apparaître que Mme A n'avait pas déclaré sur la période en litige ses revenus professionnels et ceux de son fils, les indemnités journalières perçues et la pension d'invalidité qu'elle percevait, ainsi que des revenus de capitaux mobiliers.
5. Il résulte de l'instruction que, sur la période en litige, Mme A a exercé une activité professionnelle, sans toutefois déclarer ses salaires, pour un montant de 3 607 euros en 2017 et 2 014 euros en 2018 dans ses déclarations trimestrielles de ressources. Elle n'a pas non plus déclaré les revenus de son fils, déclaré à charge en 2018 et 2019. En outre, il résulte de l'instruction que Mme A a perçu des indemnités journalières versées par la caisse primaire d'assurance maladie en 2017 pour un montant global de 4 082 euros qui n'ont pas, non plus, été mentionnées sur ses déclarations trimestrielles de ressources. Enfin, la décision de rejet du recours préalable fait apparaître que des revenus de capitaux mobiliers d'un montant de 3 483 euros perçus en 2018 n'ont pas été déclarés. Mme A ne conteste pas ces omissions déclaratives.
6. S'agissant de l'omission de déclarer la pension d'invalidité perçue à compter du mois d'août 2019, Mme A ne peut se prévaloir de l'information adressée sur ce point à la caisse d'allocations familiales, alors qu'il lui appartenait de renseigner sa déclaration trimestrielle de ressources sur ce point. Il résulte de l'instruction que la requérante n'a pas plus mentionné cette pension dans le formulaire de contrôle de situation qui lui a été adressé. Ainsi, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'indu n'est pas établi.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et de décharge de Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de remise :
8. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
9. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
10. La requérante demande l'annulation du refus du président de la métropole de Lyon du 14 octobre 2021 de procéder à une remise de la dette pour l'indu de revenu de solidarité active constitué sur la période d'août 2017 à novembre 2020 dont le bien-fondé est confirmé par le présent jugement. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active en cause a pour origine l'absence de déclaration par la requérante d'une partie de ses revenus professionnels, des indemnités journalières, de sa pension d'invalidité, des revenus professionnels de son fils et de revenus de placements mobiliers.
11. Eu égard aux mentions contenues dans la notice explicative qui accompagne le formulaire de déclaration trimestrielle de ressources, l'intéressée ne pouvait légitimement ignorer que ses revenus professionnels et ceux de son fils devaient être déclarés dans la rubrique " salaires ", que les indemnités journalières perçues devaient être déclarées intégralement dans la rubrique " indemnités journalières " dédiée et que sa pension d'invalidité devait l'être dans la rubrique " pensions, retraites et rentes ". Enfin, alors au demeurant qu'elle les a déclarés au service des impôts, la requérante ne pouvait légitimement ignorer devoir déclarer ses revenus de placements mobiliers dans ses déclarations trimestrielles de ressources. Ainsi, ces omissions délibérément et régulièrement commises par la requérante dans l'exercice de ses obligations déclaratives revêtent le caractère de " fausses déclarations " faisant obstacle, en application des dispositions de l'article L. 262-46 du code précité, au bénéfice d'une remise gracieuse, quand bien même ses charges pour la prise en charge de sa fille handicapée seraient importantes.
12. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le président de la métropole de Lyon a refusé de lui accorder une remise de dette, ni à solliciter une remise de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la métropole de Lyon et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
La magistrate désignée,
A-S. Soubié
La greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026