lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2110191 |
| Type | Décision |
| Recours | Autorisation |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
I.- Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 21 décembre 2021 et le 30 novembre 2023 sous le n° 2110191, M. A C, représenté par la Selarl Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 22 novembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans le délai de deux mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 22 novembre 2023 ;
- le refus de titre de séjour qui lui a été opposé est entaché d'un défaut de motivation ;
- le refus critiqué méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien de 1968 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée est contraire à l'intérêt supérieur de son enfant en violation des stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui a produit des pièces enregistrées le 22 novembre 2023.
II.- Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 21 décembre 2021 et le 30 novembre 2023 sous le n° 2110192, Mme D C, représentée par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 22 novembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans le délai de deux mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 22 novembre 2023 ;
- le refus de séjour qui lui a été opposé est entaché d'un défaut de motivation ;
- le refus critiqué méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien de 1968 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée est contraire à l'intérêt supérieur de son enfant en violation des stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui a produit des pièces enregistrées le 22 novembre 2023.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Feron.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2110191 et n° 2110192 visées ci-dessus sont relatives à la situation des membres d'un même couple, sont présentées en termes analogues et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il soit statué par un seul jugement.
2. Ressortissants algériens nés respectivement en 1974 et 1961, M. et Mme C demandent l'annulation des décisions du 22 novembre 2023, qui se sont substituées en cours d'instance aux décisions implicites qu'ils contestaient initialement, par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté leur demande respective de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Les décisions du 22 novembre 2023 ont été signées par M. B, chef du bureau des affaires générales et du contentieux, en vertu de la délégation que la préfète du Rhône lui a donnée par un arrêté du 2 octobre 2023 publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions en litige doit être écarté.
4. Les décisions critiquées font état des circonstances de fait et de droit qui, ayant trait notamment à la durée et aux conditions du séjour en France des intéressés, en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des refus critiqués doit être écarté.
5. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié visé ci-dessus : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / () Le certificat de résidence délivré au titre du présent article donne droit à l'exercice d'une activité professionnelle () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
6. A l'appui de leur contestation, M. et Mme C se prévalent de l'ancienneté de leur présence et de leur bonne intégration en France, où ils sont entrés en 2014 en compagnie de l'enfant Rayane Chihab Eddine né en 2008 qui leur a été confié par kafala et qui y est scolarisé, ainsi que des possibilités d'insertion professionnelle de M. C dont témoigne la promesse d'embauche qui lui a été faite. Toutefois, il est constant que les requérants, dont la demande d'asile a été rejetée en 2016, se sont maintenus irrégulièrement sur le territoire français, où ils ne justifient pas par leurs productions d'une insertion particulière, malgré la mesure d'éloignement dont ils ont respectivement fait l'objet au mois de septembre 2016. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le refus de titre de séjour qui leur a été opposé a porté au droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris et que les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ou celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont en conséquence été méconnues. Eu égard à l'objet et au effets des refus de titre de séjour en litige, les circonstances qui sont invoquées ne permettent pas davantage de considérer que l'intérêt supérieur de l'enfant confié aux requérants a été méconnu en violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. et Mme C dirigées contre les arrêtés du 22 novembre 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions des requêtes de M. et Mme C à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2110191 de M. C et la requête n° 2110192 de Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme D C et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 22 avril 2024.
La rapporteure,
C. Feron
Le président,
A. Gille
La greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
2-211019
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300356
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un agent public pour absence de réintégration après une période de disponibilité. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (8ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir opposée par la commune, estimant que le requérant a bien produit l'ensemble des pièces requises selon l'article R. 414-5 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : Article R. 414-5 du code de justice administrative (règles de procédure concernant la production des pièces).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302852
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08/04/2026
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08/04/2026