mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200204 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2022, Madame G A, représentée par Me Zabad Bustani, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 août 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à sa charge une somme de 4 900,71 euros, correspondant à un indu de revenu de solidarité active et d'allocation logement constitué sur la période de mars à juin 2021, ainsi que la décision implicite par laquelle elle a rejeté son recours gracieux du 8 octobre 2021 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme et d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Rhône de procéder à la restitution des sommes déjà recouvrées, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de la rétablir dans ses droits aux différentes prestations sociales dont elle était bénéficiaire, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- l'indu n'est pas fondé dans son principe, dès lors que c'est à tort que la caisse d'allocations familiales a considéré que Mme A vivait maritalement avec M. C.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, la métropole de Lyon, représentée par Me Prouvez (SCP Carnot avocats), conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la décision attaquée a été signée par un agent disposant d'une délégation ;
- l'indu a pour origine l'omission déclarative de sa situation maritale par l'intéressée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la décision du 23 août 2021 a été valablement signée par la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône ;
- l'indu en litige est fondé sur la situation de vie maritale de la requérante.
Par un courrier du 28 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions relatives aux prestations familiales.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boulay, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,
- et les observations de Me Litzler, substituant Me Prouvez, représentant la métropole de Lyon.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été bénéficiaire du revenu de solidarité active majoré dans le département du Rhône à compter du mois de mars 2021 sur la base des éléments figurant dans sa demande de revenu de solidarité active du 26 mars 2021, dans laquelle elle indiquait avoir seule la charge de son enfant née le 5 novembre 2020. A la suite des déclarations de l'intéressée, qui a indiqué dans un courrier du 9 août 2021 être en concubinage avec M. C depuis le 5 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales du Rhône lui a, par courrier du 23 août 2021, demandé le reversement d'une somme totale de 4 900,71 euros, correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active majoré de 3 060,33 euros, constitué sur la période de mars à juin 2021, le surplus correspondant à un trop-perçu d'allocation logement. Par un recours administratif préalable du 8 octobre 2021, adressé au président de la métropole de Lyon, Mme A a contesté le bien-fondé de cet indu. Par une décision du 6 avril 2022, le président de la métropole de Lyon a confirmé l'existence de l'indu et rejeté sa demande de remise de dette de revenu de solidarité active. Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision expresse du 6 avril 2022 prise sur recours préalable obligatoire, qui s'est substituée à la décision implicite de rejet de son recours du 8 octobre 2021.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme F D, cheffe de service à la direction insertion et emploi de la métropole de Lyon, et titulaire d'une délégation de signature par arrêté n° 2022-03-14-R-0243 du président de la métropole de Lyon en date du 14 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la métropole. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " La fraction des revenus professionnels des membres du foyer et le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 sont fixés par décret. (). L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article L. 262-4 du même code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d'un ou plusieurs enfants nés ou à naître ; / 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : () / b) Aux personnes ayant droit à la majoration prévue à l'article L. 262-9, qui doivent remplir les conditions de régularité du séjour mentionnées à l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale ; / 3° Ne pas être élève, étudiant ou stagiaire au sens de l'article 9 de la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances. Cette condition n'est pas applicable aux personnes ayant droit à la majoration mentionnée à l'article L. 262-9 du présent code ; / 4° Ne pas être en congé parental, sabbatique, sans solde ou en disponibilité. Cette condition n'est pas applicable aux personnes ayant droit à la majoration mentionnée à l'article L. 262-9. ". Aux termes de l'article L. 262-9 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 est majoré, pendant une période d'une durée déterminée, pour : / 1° Une personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ". Enfin, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ".
5. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue.
6. Il résulte de l'instruction que Mme A, alors titulaire d'un titre de séjour en qualité d'étudiante et âgée de dix-neuf ans, a bénéficié du droit au revenu de solidarité active majoré, dans les conditions prévues à l'article L. 262-9 du code de l'action sociale et des familles, suite à sa déclaration du 26 mars 2021 dans laquelle elle a indiqué assumer seule la charge de la jeune B C, née le 5 novembre 2020. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active contesté a pour origine l'actualisation des droits réalisée le 11 août 2021 par Mme A elle-même, dans laquelle elle a déclaré être en situation maritale avec M. E C, également père de son enfant. Le président de la métropole de Lyon s'est fondé sur cette déclaration pour remettre en cause la qualité de personne isolée et mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active. Si Mme A soutient que l'agent de la caisse d'allocations familiales l'a induite en erreur en l'incitant à réaliser cette déclaration, alors qu'elle ne vivrait qu'en colocation avec M. C et qu'elle assumerait seule l'ensemble de ses charges, elle ne produit aucun élément de nature à justifier la réalité de ses allégations. Ainsi, les éléments exposés par la requérante ne suffisent pas à remettre en cause le faisceau d'indices concordants évoqué par la métropole de Lyon quant à l'existence d'une vie de couple avec M. C au titre de la période en litige, et elle ne pouvait donc pas être considérée comme une personne isolée ayant la charge d'un enfant.
7. Dans ces conditions, la métropole de Lyon était ainsi fondée à considérer que Mme A ne pouvait pas prétendre au bénéfice du revenu de solidarité active majoré sur la période considérée et, en conséquence, à mettre à sa charge l'indu contesté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées. En conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et de décharge doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G A, à la métropole de Lyon et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La magistrate désignée,
P. BoulayLa greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026