LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2200480

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2200480

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2200480
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantREVOL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 janvier et 9 novembre 2022, la société HTPI, représentée Me Revol, demande au tribunal :

1°) de fixer le solde du décompte général du marché de travaux de construction d'un cheminement piéton en estacade sur un mur de soutènement le long de la route départementale n° 150 sur le territoire de la commune de Chaponnay conclu avec le département du Rhône à la somme de 212 290,51 euros TTC ou subsidiairement de 173 611,02 euros TTC et de condamner le département du Rhône à lui verser la somme de 31 299,31 euros TTC ou subsidiairement de 38 679,49 euros TTC, assortie des intérêts moratoires à compter du 23 juin 2021 et de leur capitalisation ;

2°) de mettre à la charge du département du Rhône la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable en tous points ;

- elle est fondée à demander que le montant du marché soit augmenté, respectivement des sommes de 2 310,42 et de 5 995,68 euros HT, compte tenu des quantités mises en œuvre et des prestations que le département a irrégulièrement enlevées ;

- la modification unilatérale du contrat quant aux modalités de réalisation des travaux a engendré un surcoût de 32 476,39 euros HT qu'il convient d'indemniser ;

- à titre principal, le département a commis une faute en sa qualité de maître d'ouvrage dans la conception du marché, en particulier en ce qui concerne la détermination préalable des conditions de réalisation des travaux et la mise à disposition des emprises nécessaires ;

- à titre subsidiaire, le département a modifié unilatéralement le contrat, en particulier les modalités contractuelles d'exécution des travaux telles que formalisées dans le mémoire technique, engageant ainsi sa responsabilité ;

- ces modifications ont conduit à la réalisation de travaux supplémentaires à la demande du département, lesquels étaient nécessaires pour réaliser l'ouvrage selon les règles de l'art ;

- le département a également commis une faute quasi-délictuelle en sa qualité de maître d'œuvre dès lors qu'il lui a demandé de ne pas bénéficier des prescriptions édictées par l'arrêté du 24 octobre 2019 quant à l'emprise des travaux sur la voie publique, ce qui constitue une ingérence dans l'exécution des travaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, le département du Rhône, représenté par Me Bory, conclut au rejet de la requête, à la condamnation de la société HTPI à lui verser la somme de 17 347,50 euros, assortie des intérêts légaux à compter du 28 mai 2021 et de leur capitalisation, correspondant au solde négatif du décompte général du marché et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société HTPI sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en application de l'article 50 du cahier des clauses administratives générales applicable dès lors que le courrier du 22 juin 2021 par lequel la société HTPI a refusé de contresigner le décompte général ne reprend pas les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte ;

- les demandes formulées au-delà de celles figurant dans le projet de décompte final transmis le 25 mars 2020 fixant le montant total du marché à 136 369,35 euros sont irrecevables en application de l'article 13.3.1 du cahier des clauses administratives générales applicable ; à supposer que le décompte final à retenir soit celui figurant dans le courrier du 1er décembre 2020, les demandes effectuées au titre des postes 105, 408, 208 et 401, qui ne figuraient pas dans le décompte, sont irrecevables ;

- en toute hypothèse, les demandes portant sur les postes 105 et 408 sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été formulées dans le mémoire en réclamation, en application de l'article 50.3.1 du cahier des clauses administratives générales applicable ;

- en l'absence de constat contradictoire sollicité par la société HTPI, celle-ci ne peut faire valoir des quantités réellement exécutées supérieures à celles estimées ; les quantités revendiquées n'ont pas été réellement mises en œuvre ;

- les suppressions de prestations en cours d'exécution ont été régulièrement effectuées en application de l'article 17.2 du cahier des clauses administratives générales applicable ; elles ne peuvent donner lieu à rémunération dès lors qu'elles n'ont pas été exécutées ;

- les conditions contractuelles d'exécution des travaux n'ont pas été modifiées ; les travaux ont été réalisés conformément aux indications du mémoire technique, lequel ne portait aucune indication sur la largeur de voie ; la largeur de la voie était en tout état de cause suffisante pour permettre l'intervention de la société telle que prévue dans son mémoire technique ; le dossier de consultation était suffisamment précis sur les modalités d'exécution des travaux ; la société était seule décisionnaire des moyens en matériel à mettre en œuvre pour réaliser les travaux ;

- le marché ayant été conclu à prix unitaires, aucune insuffisance de précision des informations délivrées ne peut lui être reprochée ;

- aucune modification du contrat n'est intervenue ;

- aucune faute du maître d'œuvre n'a été commise ;

- l'existence des préjudices et leur lien de causalité avec les faits reprochés ne sont pas établis.

Un mémoire, enregistré le 13 novembre 2023, présenté pour le département du Rhône n'a pas été communiqué.

La clôture de l'instruction a été fixée par ordonnance au 13 novembre 2023.

Vu les pièces du dossier ;

Vu :

- le code civil ;

- le code des marchés publics ;

- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lacroix,

- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,

- et les observations de Me Revol, représentant la société HTPI et celles de Me Bory, représentant le département du Rhône.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 4 octobre 2019, le département du Rhône a conclu avec la société HTPI un marché public de travaux à prix unitaires pour la construction d'un cheminement piéton en estacade sur un mur de soutènement le long de la route départementale n°150, sur le territoire de la commune de Chaponnay. La société HTPI demande que le solde du décompte général du marché soit fixé à la somme de 212 290,51 euros TTC ou, subsidiairement, de 173 611,02 euros TTC et la condamnation du département du Rhône à lui verser la somme de 31 299,31 euros TTC ou, subsidiairement, de 38 679,49 euros TTC. Le département du Rhône demande la condamnation de la société HTPI à lui verser le solde négatif en sa faveur arrêté à la somme de 17 347,50 euros dans le décompte général qu'il lui a notifié le 28 mai 2021.

Sur l'étendue du litige :

2. En premier lieu, aux termes de 50.1.1 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicables aux marchés publics de travaux, dans sa rédaction applicable au marché en litige : " Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif. (). ".

3. Un mémoire du titulaire du marché ne peut être regardé comme une réclamation au sens des stipulations précitées que s'il comporte l'énoncé d'un différend et expose, de façon précise et détaillée, les chefs de la contestation en indiquant, d'une part, les montants des sommes dont le paiement est demandé et, d'autre part, les motifs de ces demandes, notamment les bases de calcul des sommes réclamées. Si ces éléments ainsi que les justifications nécessaires peuvent figurer dans un document joint au mémoire, celui-ci ne peut pas être regardé comme une réclamation lorsque le titulaire se borne à se référer à un document antérieurement transmis au représentant du pouvoir adjudicateur ou au maître d'œuvre sans le joindre à son mémoire.

4. Il résulte de l'instruction que la société HTPI a transmis le 1er décembre 2020 au département du Rhône son projet de décompte final accompagné d'un mémoire " réclamatoire " justifiant que soit intégrée la somme de 47 312,48 euros au titre de modifications des conditions d'exécution des travaux et de travaux supplémentaires. Le département du Rhône lui a notifié le 28 mai 2021 le décompte général du marché d'un montant de 163 667,70 euros, dont 142 698,22 euros étaient dus au titulaire, qui ne faisait pas droit à sa demande. Par un courrier du 22 juin 2021 réceptionné le lendemain, elle a contesté ce décompte et demandé à ce qu'il soit tenu compte d'une part, des quantités supplémentaires effectivement mises en œuvre pour 16 556,32 euros HT, et d'autre part, des prestations non prévues au marché mais accomplies pour 47 312,48 euros HT, en renvoyant sur ce point au mémoire qui accompagnait son projet de décompte final. Etaient visés comme étant joints à cette contestation, notamment " le courrier de la société HTPI du 1er décembre 2020 (projet de décompte général comprenant : projet de décompte final ; projet d'état du solde hors révision de prix définitive ; projet de récapitulation des acomptes mensuels et du solde hors révision de prix définitive ; " mémoire réclamatoire) ". Le projet de décompte final listait les quantités mises en œuvre et leur prix. Le " mémoire réclamatoire " indiquait que la somme de 32 476,39 euros était demandée au titre de la modification du phasage des travaux et de l'emprise réduite au sol qui avaient conduit à une perte de rendement en précisant les différentes augmentations de frais induites. Par suite, le courrier du 22 juin 2021, qui précisait les chefs de la contestation en indiquant, d'une part, les sommes dont le paiement était demandé et, d'autre part, les motifs de ces demandes, doit être regardé comme une réclamation au sens des stipulations de l'article 50.1.1 du CCAG. La fin de non-recevoir opposée à ce titre en défense doit être écartée.

5. En second lieu, aux termes de l'article 50.3.1 du CCAG : " A l'issue de la procédure décrite à l'article 50.1, si le titulaire saisit le tribunal administratif compétent, il ne peut porter devant cette juridiction que les chefs et motifs énoncés dans les mémoires en réclamation. ".

6. Il résulte de l'instruction que le mémoire en réclamation du 22 juin 2021 n'a pas fait état d'une contestation au titre des prestations initialement prévues au marché mais non exécutées à la demande du maître d'ouvrage. Par suite, ainsi que l'oppose le département en défense, la société HPTI n'est pas recevable à porter devant le tribunal ce chef de contestation en application de l'article 50.3.1 du CCAG.

Sur le solde du décompte :

En ce qui concerne les prestations réellement exécutées :

7. Aux termes de l'article 12.2 du CCAG : " Des constatations contradictoires concernant les prestations exécutées ou les circonstances de leur exécution sont faites sur la demande, soit du titulaire, soit du maître d'œuvre. / Les constatations concernant les prestations exécutées, quand il s'agit de travaux réglés sur prix unitaires, portent sur les éléments nécessaires au calcul des quantités à prendre en compte, tels que résultats de mesurages, jaugeages, pesages, comptages, et sur les éléments caractéristiques nécessaires à la détermination du prix unitaire à appliquer. ". Aux termes de l'article 12.5 du CCAG : " Le titulaire est tenu de demander, en temps utile, qu'il soit procédé à des constatations contradictoires pour les prestations qui ne pourraient faire l'objet de constatations ultérieures, notamment lorsque les ouvrages doivent se trouver par la suite cachés ou inaccessibles. A défaut et sauf preuve contraire fournie par lui et à ses frais, il n'est pas fondé à contester la décision du maître d'œuvre relative à ces prestations. ".

8. La société HTPI soutient qu'elle a exécuté, par rapport aux quantités retenues dans le décompte général, pour le poste 202 " Sciage ou découpe de chaussée ", 9 mètres linéaires supplémentaires, pour le poste 206 " Terrassement en déblais ", 10 mètres carrés supplémentaires, pour le poste 208 " Fourniture et mise en œuvre de grave 0/31,5 ", 27,64 tonnes supplémentaires, pour le poste 303 " Coffrages parements fins ", 30 mètres carrés supplémentaires, pour le poste 305 " Béton C35/45 XF4 " 14,74 mètres cubes supplémentaires et pour le poste 401 " Etanchéité par Feuille Préfabriquée Monocouche (FPM ), 5,56 mètres carrés supplémentaires. Elle produit des plans de recollement et du document de consultation des entreprises, ainsi que des relevés de métrés établis par ses soins. Toutefois, les quantités de matériaux utilisées, difficilement mesurables depuis l'achèvement des travaux dès lors qu'ils sont cachés ou inaccessibles, qui sont par ailleurs contestés par le département du Rhône qui fait valoir s'être basé sur les quantités estimés lors du 1er certificat de paiement de novembre 2019, n'ont pas fait l'objet d'un constat contradictoire ainsi que le préconise l'article 12 du CCAG Travaux. Dans ces conditions, les éléments produits par la société ne sont pas suffisants pour établir avec certitude les quantités réellement exécutées. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, la société HTPI n'est pas fondée à demander le paiement de quantités supplémentaires à celles qui ont été fixées dans le décompte général par le maître d'ouvrage.

En ce qui concerne l'indemnisation des conséquences des modifications des conditions d'exécution du marché :

9. Il résulte de l'instruction que la société HTPI avait, ainsi que cela ressort de son mémoire technique, prévu pour la démolition du parapet existant et de la tête de mur, mais également pour l'enlèvement des matériaux de remplissage, l'utilisation d'une pelle de 14 tonnes. Toutefois, compte tenu de ce que la voie a été maintenue ouverte à la circulation sur une largeur de 3,20 mètres pour permettre le passage des bus, l'intervention de cette pelle n'a pas été possible après le sciage de la chaussée. La société HTPI a été contrainte de recourir à des outils plus légers et notamment à une mini pelle de 2,8 tonnes.

10. En premier lieu, la société HTPI soutient que le département du Rhône a commis une faute dans la conception du marché en ne déterminant pas en avance les emplacements mis à disposition et les contraintes de circulation qui conditionnaient les moyens à mettre en œuvre pour réaliser les travaux et qu'en raison de la demande du maître d'ouvrage du 21 novembre 2019 de laisser ouvert à la circulation une largeur de voie de 3,20 mètres, elle n'a pu bénéficier de l'autorisation accordée par le maire de la commune de Chaponnay par arrêté du 24 octobre 2019 d'une emprise de chantier correspondant à cette autorisation. Toutefois, le cahier des clauses techniques particulières précisait, au point 4.4 du chapitre I que : " Durant la réalisation des travaux la circulation sera alternée par feux tricolores ", au point 1 du chapitre II que : " Le maître d'œuvre et le maître d'ouvrage indiqueront les emplacements mis à la disposition de l'entrepreneur pour la réalisation des travaux. / L'entrepreneur fera son affaire des autorisations d'occupation des emplacements utilisables pour les installations de chantier, pistes de chantier et plates formes de chantier et supportera les indemnités éventuelles à verser pour l'utilisation des différents emplacements de chantier si les emplacements mis à sa disposition par le maître d'ouvrage ne lui suffisent pas " et au point 7 du chapitre II que : " L'entrepreneur est réputé avoir pris connaissance des lieux, s'être rendu compte de leur situation exacte, de la nature et de l'importance des travaux à réaliser, ainsi que de toutes difficultés ou sujétions résultant de leur exécution dont notamment la nature du sous-sol, les conditions d'accessibilité au terrain, etc. ". Ces éléments étaient suffisamment précis s'agissant des contraintes imposées au chantier, notamment en matière de circulation sur la voie où l'entreprise devait intervenir. Le maître d'ouvrage n'a donc commis aucune faute dans la conception du marché.

11. En deuxième lieu, l'utilisation par la société HTPI d'une pelle de 14 tonnes lors de l'enlèvement des matériaux de remplissage était indiquée dans son mémoire technique, qui constitue une pièce contractuelle en application de l'article 2 du CCAP. Toutefois et d'une part, le mémoire technique ne prévoyait aucune largeur de voie minimale pour l'utilisation de la pelle de 14 tonnes, d'autre part, il revenait, ainsi que le prévoyait le point 1 du chapitre II du CCTP, au maître d'ouvrage ou au maître d'œuvre d'indiquer les emplacements mis à la disposition de l'entrepreneur pour la réalisation des travaux, ce qui a été fait par l'indication de ce que la voie devait être laissée ouverte à la circulation sur une largeur de 3,20 mètres. La société HTPI n'est dès lors pas fondée à soutenir que le département du Rhône a modifié unilatéralement le contrat.

12. En troisième lieu, si la société HTPI soutient que du fait de ces contraintes, elle a dû effectuer de nouvelles prestations, ces contraintes n'ont entraîné qu'une modification des modalités d'exécution des prestations telles qu'envisagées initialement par la société mais non, s'agissant d'un marché conclu à prix unitaires basés sur les quantités exécutées, des travaux supplémentaires.

13. En dernier lieu, l'arrêté du 24 octobre 2019 du maire de la commune de Chaponnay fixant une voie circulée à 2,50 mètres n'interdisait pas au maître d'œuvre et au maître d'ouvrage d'indiquer les emplacements mis à la disposition de l'entrepreneur pour la réalisation des travaux ainsi que l'a prévu le marché. Par suite, la société HTPI n'est pas fondée à invoquer la responsabilité quasi-délictuelle du maître d'œuvre pour l'avoir empêchée de bénéficier des prescriptions de l'arrêté du 24 octobre 2019.

14. Il résulte de ce qui précède que la société HTPI n'est pas fondée à demander la fixation du solde du décompte général du marché à la somme de 212 290,51 euros TTC ou de 173 611,02 euros et la condamnation du département du Rhône à lui verser une somme en règlement du solde du marché.

15. Compte tenu des acomptes de 135 464,46 et de 24 581,26 euros TTC versés à la société HTPI les 30 novembre 2019 et 30 janvier 2020, le solde du décompte général du marché s'élève à la somme de 17 347,50 euros TTC au débit de la société HTPI, qui en est redevable envers le département du Rhône. Il s'ensuit que le département du Rhône est fondé à demander la condamnation de la société HTPI à lui verser la somme de 17 347,50 euros TTC, assortie des intérêts au taux légal à compter du 28 mai 2021, date de réception du décompte général par la société HTPI, en application de l'article 1231-6 du code civil. Les intérêts échus à la date du 28 mai 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts, en application de l'article 1343-2 du code civil.

Sur les conclusions présentées au titre des frais du litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée sur ce fondement par la société HTPI soit mise à la charge du département du Rhône, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société HTPI la somme de 1 400 euros à verser au département du Rhône sur ce même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de le société HTPI est rejetée.

Article 2 : La société HTPI est condamnée à verser au département du Rhône la somme de 17 347,50 euros TTC correspondant au solde du marché, avec intérêts au taux légal à compter du 28 mai 2021. Les intérêts échus à la date du 28 mai 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : La société HTPI versera au département du Rhône la somme de 1 400 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société HTPI et au département du Rhône.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Michel, présidente,

Mme Lacroix, première conseillère,

Mme Reniez, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

La rapporteure,

A. Lacroix

La présidente,

C. MichelLa greffière,

S. Hosni

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions