mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200482 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS ABOCAP CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 15 septembre 2023, la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité, représentée par la SELAS Abocap conseil, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2015 et 2016 et des cotisations supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 ;
2°) d'ordonner la restitution des sommes d'ores et déjà versées outre intérêts moratoires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'imposition est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- le service vérificateur était territorialement incompétent ;
- elle a été privée d'un débat oral et contradictoire ;
- le contrôle a été illégalement étendu à des années prescrites et non concernées par la période de contrôle ;
- l'administration ne pouvait pas rejeter sa comptabilité dès lors qu'elle était régulière et qu'elle n'était pas dépourvue de valeur probante ;
- les réintégrations de charges pratiquées par l'administration, correspondant à des achats effectués auprès de la société dauphinoise de gardiennage et de surveillance, la société Rhône multiservices et la société de nettoyage du Rhône, sont injustifiées ; ces charges étaient bien déductibles ;
- l'avoir émis au profit de la société dauphinoise de gardiennage et de surveillance devait bien être déduit de ses résultats dès lors qu'il correspond à des prestations non réalisées en totalité ;
- en l'absence de fraude de sa part, les rappels et sanctions qui lui ont été appliqués sont disproportionnés ;
- les amendes appliquées au titre des dispositions du I de l'article 1737 du code général des impôts sont illégales dès lors que les factures concernées ne sont pas fictives et que l'avoir émis n'entre pas dans le champs d'application de cet article ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 et 23 mai 2023, l'administrateur général des finances publiques en charge du contrôle fiscal Centre-Est conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de décharge à hauteur du dégrèvement prononcé et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- par une décision du 17 mai 2023, il a prononcé le dégrèvement partiel des pénalités, pour un montant de 12 600 euros ;
- par une décision du 22 mai 2023, le pôle recouvrement de l'Ardèche a effectué la remise des pénalités conformément aux dispositions de l'article 1756 du code général des impôts pour un montant de 7 031 euros ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bonnet, pour la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité, qui exerce une activité de sécurité privée, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016. Ce contrôle a donné lieu à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2015 et 2016 et de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 ainsi qu'à des amendes sur le fondement du I de l'article 1737 du code général des impôts. A la suite du rejet de sa réclamation préalable le 15 novembre 2021, la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité demande au tribunal la décharge des impositions mises en recouvrement le 31 mars 2021, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 17 mai 2023, postérieure à l'introduction de la requête, l'administrateur général des finances publiques de la direction de contrôle fiscal Centre-Est a prononcé le dégrèvement partiel, à hauteur de 12 600 euros, des pénalités mises à la charge de société agence dauphinoise de surveillance et de sécurité au titre des années 2015 et 2016. Par une seconde décision du 22 mai 2023, le pôle recouvrement de l'Ardèche a effectué une remise supplémentaire des pénalités pour un montant de 7 031 euros. Les conclusions à fin de décharge présentées par la société requérante ont, dans cette mesure, perdu leur objet et il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts : " II. - Les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa du I peuvent exercer les attributions que ces dispositions leur confèrent à l'égard des personnes physiques ou morales ou groupements de personne de droit ou de fait qui ont déposé ou auraient dû déposer dans le ressort territorial du service déconcentré ou du service à compétence nationale dans lequel ils sont affectés une déclaration, un acte ou tout autre document ainsi qu'à l'égard des personnes ou groupements qui, en l'absence d'obligation déclarative, y ont été ou auraient dû y être imposés ou qui y ont leur résidence principale, leur siège ou leur principal établissement. ".
4. D'une part, dès lors que l'annexe à l'arrêté modifié du 16 mars 2012 relatif aux directions spécialisées de contrôle fiscal de la direction générale des finances publiques dispose que le ressort territorial de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est comprend notamment le département de l'Ardèche, M. B, quand bien même il était affecté dans un service de cette direction situé à Grenoble (Isère), était territorialement compétent pour procéder à la vérification de comptabilité de la société requérante, dont le siège social était en Ardèche.
5. D'autre part, la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité n'est pas fondée, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, à invoquer l'instruction référencée BOI-CF-DG-20 du 12 septembre 2012 dès lors que son objet concerne l'organisation du contrôle fiscal et la détermination des services en charge de ce contrôle.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 13 du livre des procédures fiscales : " I. - Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables ". Dans le cas où la vérification de la comptabilité d'une entreprise a été effectuée soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable auprès duquel sont déposés les documents comptables, c'est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat.
7. Il résulte de l'instruction que la vérification de comptabilité de la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité a été effectuée dans des locaux, situés à Fontaine, dans le département de l'Isère. Si la société conteste avoir disposé d'autres locaux que ceux de Davezieux, il n'est pas contesté que M. A, gérant de la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité était présent dans les locaux situés en Isère lors des interventions du vérificateur, des 27 avril 2018, 17 mai 2018, 25 mai 2018, 4 juin 2018, 26 juin 2018 et 3 juillet 2018. Par ailleurs, les factures émises par la société requérante, produites au dossier, mentionnent pour la société l'adresse de Fontaine. Ainsi, la vérification s'est bien déroulée sur place au sens des dispositions de l'article 13 du livre des procédures fiscales. Par ailleurs, la société requérante ne justifie pas, par les pièces qu'elle produit, que le vérificateur ne serait refusé à avoir avec son représentant, un débat oral et contradictoire. Dans ces conditions, la société agence dauphinoise de surveillance et de sécurité ne justifie pas avoir été privée d'un débat oral et contradictoire avec le vérificateur.
8. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 57 du Livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. () ". La proposition de rectification adressée à la société agence dauphinoise de surveillance et de sécurité détaille de façon précise les éléments pris en compte par l'administration fiscale pour établir les rehaussements en litige. Elle est ainsi suffisamment motivée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, dès lors, être écarté.
9. En quatrième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 188 du livre des procédures fiscales " Le délai de prescription applicable aux amendes fiscales concernant l'assiette et le paiement des droits, taxes, redevances et autres impositions est le même que celui qui s'applique aux droits simples et majorations correspondants. / Pour les autres amendes fiscales, la prescription est atteinte à la fin de la quatrième année suivant celle au cours de laquelle les infractions ont été commises. ". D'autre part, la facture datée 19 février 2014 établie par la société requérante a été obtenue par l'administration dans le cadre de son droit de communication, suite au contrôle de la société dauphinoise de nettoyage dont il n'est pas contesté, en tout état de cause, qu'il portait sur une période non prescrite. La société requérante n'est donc pas fondée à soutenir que le contrôle a porté sur une année prescrite ou qu'elle a été établie au cours d'une période non mentionnée dans l'avis de vérification. Par ailleurs, et en tout état de cause, il résulte de l'instruction que cette facture a donné lieu à une amende établie sur le fondement des dispositions du 2° du I de l'article 1737 du code général des impôts, la société requérante ne peut donc utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, relatif au droit de reprise.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant du rejet de la comptabilité :
10. Si le vérificateur a écarté la comptabilité que la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité avait présentée au titre des exercices vérifiés en estimant qu'elle était irrégulière et insuffisamment probante, il n'a toutefois tiré aucune conséquence de ce constat dès lors qu'il n'a pas été procédé à une reconstitution extra-comptable des recettes de cette société. Le moyen tiré du caractère régulier et probant de la comptabilité doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
S'agissant des charges déductibles :
11. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature (). En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des créances de tiers, amortissements, provisions et charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. En ce qui concerne les charges, le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
12. Il résulte de l'instruction que la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité forme avec la société Rhône multiservices, la société de nettoyage du Rhône et la société dauphinoise de gardiennage et de surveillance, un groupe informel. La société requérante, indique notamment que les sociétés du groupe " sont amenées à utiliser des personnels, des biens ou des services d'autres sociétés du groupe " et que les opérations entre sociétés sont " récapitulées chaque fin d'année au moyen d'une facture globalisante ".
13. En premier lieu la société requérante produit une facture d'un montant de 60 490 euros HT et 12 098 euros de taxe sur la valeur ajoutée datée du 30 novembre 2016 et concernant l'achat de " prestations sans fournitures de produits " auprès de la société Rhône multiservices. Ainsi que le relève l'administration fiscale, ces prestations sont des prestations de nettoyage alors que la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité n'intervient pas dans ce domaine, et que la facture mentionne qu'elles sont réalisées pour des sociétés qui ne sont pas clientes de l'Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité. Elle indique par ailleurs que la société n'a pas produit de contrat de sous-traitance et ne justifie pas les avoir refacturées à une autre société du groupe. Ainsi, en l'absence de justification de la part de la société sur la nature de ces prestations, alors qu'elle indique d'ailleurs que les prestations ont été réalisées pour la société dauphinoise de nettoyage, cette facture ne peut être regardée comme ayant été engagée dans l'intérêt direct de la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité. Elle n'établit pas davantage, et en tout état de cause, avoir agi comme " pivot ".
14. En deuxième lieu, la société requérante produit une facture d'un montant de 80 250 euros HT et 16 050 euros de taxe sur la valeur ajoutée datée du 30 décembre 2016 et concernant l'achat de " prestations sans fournitures de produits " auprès de la société de nettoyage du Rhône. Ainsi que le relève l'administration fiscale, ces prestations sont des prestations de nettoyage alors que la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité n'intervient pas dans ce domaine, et la facture mentionne qu'elles sont réalisées pour des sociétés qui ne sont pas ses clientes. Elle indique par ailleurs que la société n'a pas produit de contrat de sous-traitance et ne justifie pas les avoir refacturées à une autre société du groupe. Ainsi, en l'absence de justification de la part de la société sur la nature de ces prestations, alors qu'elle indique d'ailleurs que les prestations ont été réalisées pour la société dauphinoise de nettoyage, cette facture ne peut être regardée comme ayant été engagée dans l'intérêt direct de la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité. Elle n'établit pas davantage, et en tout état de cause, avoir agi comme " pivot ".
15. En troisième lieu, la société requérante produit une facture d'un montant de 66 600 euros HT et 13 320 euros de taxe sur la valeur ajoutée datée du 31 octobre 2016 établie par la société dauphinoise de gardiennage et de surveillance. Cette facture mentionne, sans les détailler, la participation aux frais de secrétariat, téléphone, et le suivi et la surveillance de chantier. Les explications que la requérante sur ces prestations, sont imprécises et ne sont corroborées par aucune pièce du dossier. L'administration fiscale relève que la société requérante n'a comptabilisé un chiffre d'affaire de 3 159, 32 euros seulement dans le domaine " surveillance " de son activité pour l'exercice clos en 2016 et que s'agissant de charge de sous-traitance, elles auraient dû être refacturées au client final. Ainsi cette facture ne peut être regardée comme ayant été engagée dans l'intérêt direct de la société agence dauphinoise de surveillance et de sécurité.
16. En quatrième lieu, la société requérante produit un avoir d'un montant total de 50 000 euros, dont 8 333 euros de taxe sur la valeur ajoutée qu'elle a établi le 31 décembre 2015 au bénéfice de la société dauphinoise de surveillance et de sécurité. S'il appartient à l'administration d'apporter la preuve des faits sur lesquels elle se fonde pour estimer qu'un abandon de créances ou d'intérêts consenti par une entreprise à un tiers constitue un acte anormal de gestion, elle est réputée apporter cette preuve dès lors que cette entreprise n'est pas en mesure de justifier qu'elle a bénéficié en retour de contreparties. Dans l'hypothèse où l'entreprise apporte une telle justification, il incombe ensuite à l'administration, si elle s'y croit fondée, d'apporter la preuve de ce que cette contrepartie est dépourvue d'intérêt pour l'entreprise ou que sa rémunération est excessive.
17. En l'espèce, si la société requérante fait valoir que cet avoir correspond à des factures émises en 2011 pour un montant de 33 009,60 euros et en 2014 pour un montant de 33 840 euros pour lesquelles les prestations réalisées n'ont pas été réalisées dans leur totalité, elle n'en justifie pas, par les pièces qu'elle produit. Par ailleurs, elle n'établit ni même ne soutient avoir bénéficié de contrepartie en raison de l'abandon de cette créance.
18. En cinquième lieu, la société requérante, la société dauphinoise de nettoyage (SDN), la société dauphinoise de gardiennage et de surveillance et la société Rhône multiservices constituent des sociétés distinctes soumises à des impositions distinctes. Aucune double imposition ne peut donc être constatée du fait des réintégrations auxquelles l'administration fiscale a procédé. Le moyen tiré du caractère disproportionné des impositions et sanctions doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des pénalités prévues à l'article 1737 du code général des impôts :
19. Aux termes du I de l'article 1737 du code général des impôts : " Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % du montant : / () 2. De la facture, le fait de délivrer une facture ne correspondant pas à une livraison ou à une prestation de service réelle ". Il appartient à l'administration, lorsqu'elle a mis en recouvrement une amende fiscale sur le fondement de ces dispositions, d'apporter la preuve que les faits retenus à l'encontre du redevable entrent bien dans les prévisions de cet article.
S'agissant de l'amende infligée au titre de l'année 2014 :
20. L'administration a imposé à la société requérante, sur le fondement des dispositions précitées du 2 du I de l'article 1737 du code général des impôts, une amende d'un montant de 53 994 euros correspondant à 50 % de la facture mentionnée au point 9 du présent jugement, émise le 19 février 2014 pour un montant de 107 988 euros TTC à destination de la société dauphinoise de nettoyage. Pour estimer que cette facture qui porte la mention " produits d'entretien pour votre compte selon bon de livraison " ne correspondait à aucune livraison effective, l'administration a relevé que le bordereau de livraison correspondant, selon la société requérante, à cette facture mentionne des produits qui ne figuraient pas dans les achats de marchandises effectués par celle-ci au cours des années précédentes et que la société a déclaré au cours de l'exercice clos en 2014 un chiffre d'affaire inférieur au montant de cette facture. La société requérante indique que la facture correspond à des produits reconditionnés par ses soins et livrés tout au long de l'année 2013. Toutefois, aucun des éléments qu'elle produit ne permet de justifier de cette activité, qui ne correspond en outre pas à l'activité qu'elle déclare, et alors qu'elle n'employait qu'un seul salarié sur la période. Les éléments retenus par l'administration sont donc de nature à établir le caractère fictif des prestations facturées.
S'agissant de l'amende infligée au titre de l'année 2015 :
21. L'administration a imposé à l'Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité, au titre de l'année 2015, sur le fondement des dispositions précitées du 2 du I de l'article 1737 du code général des impôts, une amende d'un montant de 25 000 euros correspondant à 50% du montant de l'avoir mentionné au point 16 précité. Toutefois, la délivrance d'un avoir ne relevant pas du champ d'application des dispositions du 2 du I de l'article 1737 du code général des impôts, l'administration ne pouvait faire application de l'amende qu'elles prévoient à l'agence dauphinoise de surveillance et de sécurité. Par suite, la société requérante est fondée à solliciter la décharge de cette amende, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens soulevés à son encontre.
22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité est seulement fondée à demander la décharge, à hauteur de 25 000 euros, de l'amende qui lui a été infligée sur le fondement des dispositions de l'article 2 du I de l'article 1737 du code général des impôts au titre de l'année 2015.
Sur les frais liés au litige :
23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la société agence dauphinoise de surveillance et de sécurité d'une somme au titre de ses frais d'instance.
D E C I D E:
Article 1er : La société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité est déchargée de l'amende qui lui a été infligée au titre de l'année 2015 sur le fondement des dispositions du 2 du I de l'article 1727 du code général des impôts.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié la SARL Agence dauphinoise de surveillance et de sécurité et à l'administrateur général des finances publiques en charge du contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. Clément
La greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026