vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201099 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ALBISSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 14 février 2022 et 5 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Albisson, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite du 13 décembre 2021 puis la décision expresse du 29 décembre 2021, par lesquelles la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a refusé d'établir un nouveau décompte définitif de retraite et de valider les huit trimestres au titre de la période allant du 21 mars 1998 au 15 mars 2000, ainsi que les neuf trimestres de cotisation à la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse (CIPAV) et a refusé de lui fournir en conséquence un nouveau décompte à transmettre à la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) Rhône-Alpes ;
2°) d'enjoindre à la CNRACL d'établir un nouveau décompte définitif de retraite validant les huit trimestres " assimilés " au titre de la période allant du 21 mars 1998 au 15 mars 2000, ainsi que les neuf trimestres des cotisations CIPAV et de fournir ce nouveau décompte et ces informations à la CARSAT Rhône-Alpes ;
3°) de condamner la CNRACL à lui verser un montant en principal à parfaire, estimé au 31 décembre 2022 à la somme de 58 112 euros, correspondant au différentiel entre les montants de pension de retraite qu'il aurait dû percevoir depuis le 1er novembre 2013 et ceux qu'il a récemment perçus mensuellement depuis cette date ;
4°) de condamner la CNRACL a lui verser les intérêts afférents à la somme de 58 112 euros à compter du 13 octobre 2021, date de réclamation préalable ;
5°) de mettre à la charge de la CNRACL la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- sa requête est recevable ;
1°) s'agissant de la décision de refus de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 20-1 du décret du 20 décembre 2013 puisque son dernier relevé de situation n'a pas été actualisé alors que sa durée d'assurance devait prendre en compte 193 trimestres et non 185 trimestres, huit trimestres allant de mars 1998 à mars 2000 devant être pris en compte dès lors qu'il a perçu de manière rétroactive des allocations chômage, ayant été involontairement privé d'emploi, en application d'un jugement du tribunal administratif de Lyon du 15 mai 2007, et que ce revenu revêtait la forme d'une allocation d'assurance et que la durée d'assurance devait être prise en compte au sens du décret précité :
- la période allant du 21 mai 1998 au 15 mars 2000 a été reconnue à tort en " services non faits " alors que sa position aurait dû être prise en compte comme " chômeur involontairement indemnisé " ou en " période chômage indemnisé ", l'expression " services non faits " constituant une faute de la CNRACL à son égard, fortement préjudiciable aujourd'hui ;
- la CNRACL ne pouvait refuser la prise en compte de sa demande au motif que sa pension ne pouvait être modifiée en raison d'éléments nouveaux intervenues après sa mise en paiement dès lors que la demande de validation de ces trimestres a été faite dès octobre 2008, soit bien avant qu'il ait été admis à faire valoir ses droits à la retraite ;
- les neuf trimestres de cotisation à la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse (CIPAV) devaient être pris en compte dans la mesure où sa pension CNRACL n'était pas définitive puisqu'il a contesté son brevet de pension réceptionné le 16 mars 2014 ;
2°) s'agissant de la responsabilité pour faute de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) :
- le refus de prise en compte de toutes les périodes de sa carrière ayant donné lieu à cotisations au titre de la retraite constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la caisse ;
- il a subi un préjudice résultant de la perception d'une retraite amoindrie par le refus fautif de prendre en compte les cotisations retraite pour les huit trimestres au titre de sa période d'assurance chômage, son relevé de carrière devant indiqué " Chômeur involontaire indemnisé " en lieu et place de " Services non faits " et des neuf trimestres au titre de ses cotisations CIPAV ;
- le refus fautif de la CNRACL de communiquer ces informations à la CARSAT a empêché de régulariser sa situation, ainsi que l'a relevé la cour d'appel de Lyon dans son arrêt du 7 mai 2019 ;
- la prise en compte des huit trimestres aurait conduit à une majoration de sa pension de retraite de base de 10% et celle des cotisations au régime CIPAV une majoration de 11,25 % ;
- la CNRACL a commis une faute en lui conseillant de demander la validation de la période incriminée au régime général de retraite et en refusant de communiquer son relevé de carrière à la Carsat.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 12 octobre 2022, la caisse des dépôts et consignation conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car tardive en application des dispositions de l'article 60 du décret du 26 décembre 2003 dès lors que :
* le requérant disposait d'un délai d'un an à compter de la réception de son brevet de pension pour contester une éventuelle erreur de droit, brevet de pension, soit jusqu'au 16 mars 2015,
* la liquidation de la pension est devenue définitive et ne peut être contestée ni devant la CNRACL ni devant le tribunal administratif,
* la circonstance que la CNRACL ait répondu à la demande du requérant n'est pas de nature à rouvrir le délai de recours contentieux, délai manifestement expiré lors de la saisine du tribunal notamment au regard du délai raisonnable ne pouvant excéder un an ;
- à titre subsidiaire, la demande de révision est infondée dès lors que :
* s'agissant de la demande de prise en compte de huit trimestres entre mars 1998 et mars 2000, les trimestres de chômage ne peuvent être pris en compte qu'en durée d'assurance tout régime confondu s'ils ont été validés par le régime général de sécurité sociale ou un autre régime de retraite et, en l'espèce, l'indemnité versée au requérant ne lui a pas permis d'acquérir des droits à pension entre mars 1998 et mars 2000 en l'absence de versement de cotisation auprès de la CNRACL ou auprès d'un autre régime de retraite,
* s'agissant de la demande de prise en compte de neuf trimestres acquis auprès de la CIPAV, la pension du requérant ne saurait être révisée pour prendre en compte une durée d'assurance acquise postérieurement à la liquidation de la pension, conformément aux dispositions de l'article 62 du décret du 26 décembre 2003 ;
- s'agissant des conclusions indemnitaires, elles sont infondées dès lors que :
* il n'est démontré aucune illégalité fautive dans la liquidation de la pension du requérant,
* il n'appartient pas à la CNRACL de communiquer un relevé relatif au versement de l'indemnité pour perte d'emploi, cette démarche d'information relevant de la collectivité employeur ayant effectué cette démarche,
* la circonstance que la CNRACL ait conseillé de s'adresser à la CARSAT pour trouver une solution amiable n'est en aucun cas constitutif d'une faute.
Par une ordonnance du 23 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite,
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984,
- la loi n° 2010-1730, du 9 novembre 2010,
- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M Pineau,
- les conclusions de M. Arnould, rapporteur public,
- et les observations de Me Albisson, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, alors ingénieur en chef principal à la communauté urbaine de Lyon (COURLY), a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er novembre 2013. L'intéressé avait antérieurement été placé en position de disponibilité à compter du 1er avril 1993. Ayant sollicité sa réintégration le 21 mars 1998, M. B a été maintenu en position de disponibilité en l'absence de poste disponible au sein de la communauté urbaine de Lyon. Par un jugement du15 mai 2007, le tribunal a cependant condamné la communauté urbaine de Lyon à lui verser, avec intérêts de droit, d'une indemnité correspondant à l'allocation d'assurance chômage qui lui était due au titre de cette même période et, par un jugement du 23 juin 2010, le tribunal a condamné la communauté urbaine à intégrer dans les bases de calcul de l'indemnité à verser à M. B le montant de la prime de fin d'année dont il avait bénéficié lors de la période de référence comprise entre le 1er avril 1992 et le 31 mars 1993. Par un courrier en date du 3 octobre 2009, M. B a saisi la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) d'une demande tendant à ce que les huit trimestres au titre de la période allant du 21 mars 1998 au 15 mars 2000. En réponse à cette demande, la caisse a indiqué qu'elle n'était pas autorisée à valider la durée d'assurance pour une période liée à la perception d'une indemnité correspondant à une allocation d'assurance chômage et a invité l'intéressé à adresser sa demande de validation à la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT), laquelle n'a pas validé la demande de M. B. Par un jugement du tribunal des affaires de la sécurité sociale de Villefranche sur Saône, en date du 25 avril 2016, et un arrêt de la cour d'appel de Lyon du 7 mai 2019, la demande de M. B tendant à ce que la période de chômage du 21 mars 1998 au 15 mars 2000 soit assimilée à des trimestres de cotisation au régime général de retraite a été rejetée. Par un courrier du 20 mai 2020, M. B a demandé à la CNRACL qu'il soit fait application de l'article 20 du décret du 26 décembre 2003 et que sa pension de retraite soit régularisée. La CNRACL a indiqué à l'intéressé, par un courrier du 24 juin 2020, que n'ayant pas donné lieu à cotisation auprès de la CNRACL ou auprès d'un autre organisme de sécurité sociale, la période précitée ne pouvait être prise en compte dans le calcul de sa pension. Par une nouvelle demande présentée par un courrier de son conseil en date du 12 octobre 2021, M. B a demandé à la CNRACL, d'une part, de régulariser rétroactivement sa pension de retraite en établissant un nouveau décompte définitif de carrière validant les huit trimestres précités, ainsi que neuf trimestres de cotisation auprès de la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse (CIPAV) au titre des années 2016, 2017 et 2018 et, d'autre part, de l'indemniser du préjudice financier résultant de la différence entre les montants de pension de retraite qu'il aurait dû percevoir depuis le 1er novembre 2013 et ceux qu'il a effectivement perçus, l'intéressé évaluant son préjudice à 58 112 euros, dans le dernier état de ses écritures. Une décision implicite de rejet est née, le 13 décembre 2021, du silence gardé par la CNRACL sur cette demande à laquelle s'est substituée une décision expresse, la CNRACL ayant rejeté la demande de M. B par un courrier daté du 3 novembre 2021 dont l'intéressé indique avoir reçu notification le 29 décembre 2021. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation des décisions rejetant sa demande et de condamner la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales à lui verser la somme de 58 112 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 62 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " I. - Sous réserve des dispositions prévues au b de l'article 44, la pension et la rente viagère d'invalidité sont définitivement acquises et ne peuvent être révisées ou supprimées à l'initiative de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes : / - à tout moment en cas d'erreur matérielle ; / - dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de la pension ou de la rente viagère, en cas d'erreur de droit. () ".
3. D'une part, pour refuser la demande présentée le 12 octobre 2021 par M. B tendant à la révision de la durée d'assurance prise en compte pour sa pension de retraite, il ressort de la lecture de la décision attaquée que la CNRACL a indiqué que la période du 21 mars 1998 au 15 mars 2000 n'avait pas donné lieu à cotisation, n'était ainsi reconnue par aucun régime de retraite de base et ne pouvait donc être prise en compte dans le calcul de sa durée d'assurance, rappelant en outre au requérant que sa pension ne pouvait être modifiée en raison d'éléments nouveaux intervenus après sa mise en paiement. L'intéressé conteste ces motifs en faisant état de ce qu'il aurait perçu, de manière rétroactive des allocations chômage en raison de sa privation involontaire d'emploi pour la période allant de mars 1998 à mars 2000, ainsi que l'avait reconnu le tribunal dans son jugement susmentionné du 15 mai 2007, et que cette période de chômage devait être prise en compte dans sa durée d'assurance à hauteur de huit trimestres. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. B a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er novembre 2013 et qu'il a été destinataire d'un décompte définitif de pension de retraite, le 13 janvier 2014, qu'il a contesté en raison des erreurs dont il estimait ce relevé entaché et qu'un second décompte définitif de pension de retraite lui a été notifié le 16 mars 2014 après que la CNRACL a pris en compte les justificatifs produits par le requérant en vue de bénéficier d'une majoration pour enfant. Il résulte de l'instruction que le document notifié à M. B comprenait la mention des voies et délais de recours l'informant quant aux modalités de contestations des bases de liquidations de sa pension. Ainsi que le fait valoir la caisse des dépôts et consignation en défense, la pension définitivement acquise ne peut faire l'objet d'une révision que dans le délai d'un an en cas d'erreur de droit, de telle sorte que la demande de M. B tendant à obtenir la prise en compte de huit trimestres était tardive lorsque celle-ci a été présentée le 12 octobre 2021 et que cette demande ne pouvait qu'être rejetée compte tenu de la liquidation de la pension dont les modalités sont devenues définitives. S'il est vrai, ainsi que le rappelle le défendeur, qu'une pension peut être révisée à tout moment en cas d'une erreur matérielle et si M. B soutient que ce sont effectivement des erreurs matérielles qui l'ont conduit à contester son décompte de carrière dès le 17 janvier 2014, en l'espèce, la non prise en compte de la période litigieuse au titre de la durée d'assurance ne constitue pas une erreur matérielle au sens des dispositions précitées mais relève d'une argumentation relative aux possibles droits découlant du versement d'une indemnité suite au jugement précité du tribunal administratif de Lyon et dès lors d'une erreur de droit. Par suite, la demande présentée le 12 octobre 2021, qui ne vise pas à la rectification d'une simple erreur matérielle, n'a pas été introduire dans le délai d'un an prévu par les dispositions de l'article 62 du décret du 26 décembre 2003, est dès lors tardive et ne pouvait qu'être rejetée par la CNRACL.
4. D'autre part, si M. B a présenté, dans son courrier du 12 octobre 2021, une demande tendant à ce que les cotisations versées auprès de la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse (CIPAV), suite aux activités professionnelles qu'il a exercées en qualité de travailleur libéral postérieurement à la liquidation de sa pension, soient intégrées dans le calcul de sa pension, il résulte des dispositions de l'article 62 du décret du 26 décembre 2003 susvisé qu'une pension de retraite liquidée et définitivement acquise ne peut être révisée au motif que le pensionné aurait, postérieurement à la liquidation de sa pension, poursuivi ou repris des activités professionnelles, quand bien même celles-ci auraient donné lieu à des versements de cotisations. La circonstance que l'intéressé puisse avoir contesté, en 2014, son brevet de pension demeure, en tout état de cause, sans incidence sur le caractère postérieur des activités professionnelles dont il se prévaut au regard de la date à laquelle le calcul des droits à pension de M. B a été effectué, soit le 1er novembre 2013 date à laquelle il a demandé à faire valoir ses droits à la retraite. Dans ces conditions, la CNRACL était tenue de rejeter la demande de M. B tendant à obtenir la prise en compte de neuf trimestres supplémentaires et à ce que soit subséquemment établi un nouveau décompte définitif de pension de retraite.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 novembre 2021, notifiée le 29 décembre 2021, qui s'est substituée à la décision implicite de rejet née le 13 décembre 2021, par laquelle la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales a rejeté sa demande de régularisation de sa pension de retraite et sa demande d'établissement d'un nouveau décompte définitif de carrière.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution de la part de l'administration. Les conclusions à fin d'injonction doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé aux points 2 à 5 que M. B n'établit pas que la décision du 3 novembre 2021, par laquelle la CNRACL a rejeté sa demande tendant à régulariser rétroactivement sa pension de retraite et à établir un nouveau décompte définitif de carrière, serait entachée d'illégalité fautive. Par suite, le requérant n'est pas fondé à demander la condamnation de la CNRACL à réparer les préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'illégalité de cette décision.
8. En deuxième lieu, M. B soutient que la CNRACL aurait commis plusieurs fautes dans l'établissement de son décompte de carrière conduisant à une minoration de ses droits à pension lui ayant causé un préjudice financier dont il serait fondé à demander réparation.
9. D'une part, le requérant indique que la période allant du 21 mars 1998 au 15 mars 2000 au cours de laquelle il a été involontairement privé d'emploi aurait dû être prise en compte dans sa durée d'assurance puisque les trimestres durant lesquels le régime d'assurance chômage indemnise un salarié seraient assimilés à des trimestres pris en compte dans les droits à retraite. Toutefois, à supposer même que l'allocation chômage invoquée par le requérant ait à être prise en compte dans la durée d'assurance d'un fonctionnaire territorial involontairement privé d'emploi, il résulte de l'instruction que M. B n'a pas bénéficié du versement de ladite allocation mais d'une simple indemnité venant compenser la perte de cette allocation, indemnité qui a été mise à la charge de la communauté urbaine de Lyon par un jugement du tribunal administratif de Lyon du 15 mai 2008. L'indemnité versée au requérant n'a en effet donné lieu à aucune cotisation sociale à quelque régime de retraite que ce soit. Si le requérant soutient que l'arrêt de la cour d'appel de Lyon du 7 mai 2019 aurait expressément indiqué que la CARSAT Rhône-Alpes ne pouvait valider les huit trimestres allant de mars 1998 à mars 2000 en l'absence de transmission d'un relevé correspondant par la CNRCAL, l'arrêt précise cependant que l'indemnité perçue par M. B, consécutivement au jugement précité du tribunal administratif de Lyon du 15 mai 2008, ne peut s'analyser comme un revenu de remplacement au sens du 2° de l'article L. 351-3 du code de la sécurité sociale, dispositions prévoyant que les périodes d'assurance ne peuvent être retenues, pour la détermination du droit à pension ou rente, que si elles ont donné lieu au versement d'un minimum de cotisations. Or, ainsi qu'il vient d'être exposé, il résulte de l'instruction que l'indemnité perçue par M. B n'a donné lieu au versement d'aucune cotisation sociale. Par suite, la CNRACL n'a commis aucune faute en ne prenant pas en compte les huit trimestres dont M. B avait sollicité la validation en 2014, lors de l'établissement de son brevet de pension, puis en 2020 et en 2021 lorsqu'il a présenté une demande tendant à d'obtenir la révision rétroactive de sa pension. L'intéressé n'est donc pas fondé à demander l'indemnisation du préjudice financier qui résulterait du refus, prétendument illégal, de valider de huit trimestres et procéder à une majoration de 10% du montant de sa pension.
10. D'autre part, dès lors les activités professionnelles exercées par M. B postérieurement à son admission à la retraite en novembre 2013 ne pouvaient être prises en compte postérieurement à la liquidation de sa pension de retraite par la CNRACL, ainsi qu'il a été exposé au point 4 du présent jugement, la caisse n'a commis aucune faute en ne faisant pas droit à la demande de révision de pension présentée par le requérant. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à demander l'indemnisation du préjudice financier qui résulterait du refus illégal de procéder à une majoration de 11,25% du montant de sa pension au titre de neuf trimestres supplémentaires de cotisations versées postérieurement à la liquidation de sa pension, laquelle avait un caractère définitif.
11. En dernier lieu, M. B soutient que la CNRACL aurait commis une faute en refusant de transmettre aux autres régimes de retraite les informations nécessaires à la validation des huit trimestres relatifs à la période allant du 21 mars 1998 au 15 mars 2000. Toutefois, dès lors qu'aucune cotisation n'avait été versée à la CNRACL, cette dernière ne pouvait transmettre un relevé de carrière comportant les huit trimestres précités comme relevant de services faits comptabilisés dans la durée d'assurance de M. B. Enfin, la circonstance que la CNRACL ait indiqué au requérant de prendre l'attache de la CARSAT pour que cette caisse examine l'éventualité que ces huit trimestres puissent être validés au titre du régime général ne saurait être regardée comme constituant une information fautive susceptible d'engager la responsabilité de la CNRACL.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation de la requête de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B soit mise à la charge de la caisse des dépôts et consignation, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Caisse des dépôts et consignations.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
N. Pineau
La présidente,
A. Baux
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026