mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201132 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL AD JUSTITIAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2022, M. B A, représenté par la Selarl Ad Justiciam (Me Thinon), demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Commelle-Vernay à lui verser la somme totale de 17 798,50 euros en réparation des préjudices qu'il a subis du fait d'une chute intervenue le 5 mai 2018 ;
2°) de mettre les entiers dépens à la charge de la commune de Commelle-Vernay ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Commelle-Vernay le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a subi une chute en raison d'une déformation de la chaussée place de l'église à Commelle-Vernay, qui lui a occasionné une blessure à la main ;
- la responsabilité de la commune de Commelle-Vernay est engagée pour défaut d'entretien normal de la voirie ;
- la commune doit être condamnée lui à verser les sommes de 958,50 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire, 4 840 euros au titre déficit fonctionnel permanent, 4 000 euros au titre des souffrances endurées, 1 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 2 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent et 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément ;
- les frais d'expertise doivent être mis à la charge de la commune de Commelle-Vernay.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 juillet 2022 et le 9 février 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Commelle-Vernay, représentée par la Selarl Reflex droit public (Me Bonicatto) conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la chute de M. A, dont les circonstances sont imprécises, soit imputable à un décaissement dans la chaussée ;
- ce décaissement n'est pas de nature à caractériser un défaut d'entretien normal de la voirie ;
- le requérant a commis une imprudence fautive en n'évitant pas ce décaissement, situé à la sortie de son domicile ;
- à titre subsidiaire, les prétentions financières de M. A sont surévaluées.
Par un mémoire, enregistré le 21 mars 2022, la caisse d'assurances maladie de la Loire demande au tribunal de condamner la commune de Commelle-Vernay à lui verser la somme de 2 744,16 euros, assortie des intérêts à compter du jugement, au titre des prestations versées, et la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, ainsi qu'aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la commune est engagée ;
- elle justifie de la réalité et de l'imputabilité à la chute des dépenses qu'elle a exposées au profit de M. A.
Vu :
- l'ordonnance du tribunal administratif de Lyon n° 1902864 du 21 mai 2019 ;
- l'ordonnance, en date du 9 janvier 2020 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 800 (huit cents) euros ;
- l'ordonnance de la Cour administrative d'appel de Lyon n° 19LY02152 du 27 août 2020 ;
- le rapport de l'expert enregistré le 8 novembre 2019 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,
- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,
- et les observations de Me Sengel, représentant M. A, et de Me Bonicatto, représentant la commune de Commelle-Vernay.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été victime d'une chute, le 5 mai 2018 en soirée, devant son domicile situé place de l'église à Commelle-Vernay, en raison d'une déformation de la chaussée. Cette chute lui a occasionné une fracture au niveau de deux métacarpiens de la main droite. Par une ordonnance du 21 mai 2019, le tribunal administratif a ordonné, qu'il soit procédé, par un expert désigné par le président du tribunal, à une expertise en vue de déterminer l'étendue la réalité et l'importance des troubles invoqués. L'expert a déposé son rapport le 8 novembre 2019. Par un courrier du 27 juillet 2021, le requérant a adressé une demande préalable d'indemnisation des conséquences de cette chute à la commune de Commelle-Vernay, compétente en matière de voirie. M. A demande au tribunal de condamner la commune à réparer les préjudices matériels et moraux qu'il a subis du fait de cette chute.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction, notamment des photographies et témoignages versés au dossier et du rapport d'expertise, que M. A a chuté sur la voie publique, en sortant de son domicile, en raison de la présence d'un décaissement entre la sortie de son garage et la chaussée. Ainsi, contrairement à ce que soutient la commune de Commelle-Vernay, le lien de causalité entre le dommage subi par le requérant et l'ouvrage public est établi.
4. Toutefois, ce décaissement, profond d'environ cinq centimètres sur une longueur d'une trentaine de centimètres, était visible et pouvait être aisément enjambé par M. A, la chute étant au surplus intervenue vers 20h30 le 5 mai 2018, alors qu'il ne faisait pas encore nuit. En outre, M. A connaissait parfaitement les lieux, la sortie de son garage étant située à proximité immédiate du lieu de sa chute. Dès lors, il lui appartenait de prendre en sortant de sa maison toutes les précautions nécessaires pour se prémunir contre les risques que présentait le décaissement. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la commune de Commelle-Vernay pour la chute dont il a été victime, qui ne résulte pas d'un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public mais est exclusivement imputable à une faute d'inattention de sa part.
Sur les conclusions présentées par la caisse d'assurance maladie de la Loire :
5. Les conclusions indemnitaires présentées par la caisse d'assurance maladie de la Loire doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. A. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions que celle-ci présente au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Sur les dépens :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser les frais de l'expertise, liquidés à la somme de 800 euros par une ordonnance du tribunal du 9 janvier 2020, à la charge définitive de M. A.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Commelle-Vernay, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais liés au litige. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire sont rejetées.
Article 3 : Les frais de l'expertise taxés et liquidés à la somme de 800 euros (huit-cents euros) sont laissés à la charge de M. A.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Commelle-Vernay présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Commelle-Vernay et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
La rapporteure,
P. Boulay
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026