vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201165 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE SAGALOVITSCH EGLIE-RICHTERS & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 15 février 2022, sous le n° 2201165, et un mémoire en réplique enregistré le 23 juin 2023, la SELARL MJ Synergie, représentée par la société SVMH avocats, agissant en qualité de mandataire judiciaire de la société Akers Fraisses, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2021 par lequel la préfète de la Loire a infligé à la société Akers Fraisses, représentée par son liquidateur judiciaire, une astreinte d'un montant journalier de 500 euros jusqu'à satisfaction des dispositions de son arrêté de mise en demeure du 2 octobre 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Akers Fraisses continuant à être représentée par ses organes de direction, l'arrêté en litige ne pouvait rendre redevable le mandataire, liquidateur judiciaire, de l'astreinte en litige ; au demeurant, le préfet a inexactement estimé que Me Chrétien avait été désigné en cette qualité ;
- l'arrêté attaqué, qui se fonde sur le non-respect de l'arrêté de mise en demeure du 2 octobre 2014 adressé à la société Akers France, personne morale distincte de la société Akers Fraisses, est entachée d'un vice de procédure et d'une erreur de droit ;
- une convention opérationnelle a été conclue avec l'Etablissement Public foncier Ouest Rhône-Alpes (EPORA), qui a acquis le terrain et doit se substituer aux obligations de dépollution et de réhabilitation de l'ancien exploitant.
Par des mémoires enregistrés les 7 et 8 juin 2023, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La clôture de l'instruction de l'instance a été fixée au 23 juin 2023, par une ordonnance en date du 23 mai 2023, puis a été reportée au 31 août 2023 par une ordonnance du 23 juin 2023.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2202150 les 18 mars 2022 et 23 juin 2023, la SELARL MJ Synergie, représentée par la société SVMH avocats judiciaire, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel la préfète de la Loire a engagé à son encontre une procédure de consignation d'une somme de 149 826 euros en tant que mandataire judiciaire de la société Akers Fraisses, pour non-respect de son arrêté de mise en demeure du 2 octobre 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Akers Fraisses continuant à être représentée par ses organes de direction, l'arrêté en litige ne pouvait rendre redevable le mandataire, liquidateur judiciaire, de l'astreinte en litige ; au demeurant, le préfet a inexactement estimé que Me Chrétien avait été désigné en cette qualité ;
- l'arrêté attaqué, qui se fonde sur le non-respect de l'arrêté de mise en demeure du 2 octobre 2014 adressé à la société Akers France, personne morale distincte de la société Akers Fraisses, est entachée d'un vice de procédure et d'une erreur de droit ;
- une convention opérationnelle a été conclue avec l'Etablissement Public foncier Ouest Rhône-Alpes (EPORA), qui a acquis le terrain et doit se substituer aux obligations de dépollution et de réhabilitation de l'ancien exploitant.
Par des mémoires enregistrés les 7 et 8 juin 2023, la préfète de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La clôture de l'instruction de l'instance a été fixée au 23 juin 2023, par une ordonnance en date du 23 mai 2023, puis a été reportée au 31 août 2023 par une ordonnance du 23 juin 2023.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 juin 2024 :
- le rapport de M. Besse, président rapporteur ;
- les conclusions de Mme Fullana-Thevenet, rapporteure publique ;
- les observation de Me Scarfogliero, représentant la société requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Les deux requêtes n°s 2202150 et 2201165 se rapportent à la situation d'une même requérante, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. En 1993, la société Forcast International a déposé une déclaration d'exploiter une usine métallurgique, sur la commune de Fraisses, et s'est vu délivrer un récépissé. Cette usine a ensuite été exploitée par la société Akers Fraisses. Le 13 avril 2012, celle-ci a adressé au préfet de la Loire une déclaration de cessation d'activité. Suite à plusieurs visites de l'inspection des installations classées, la société Akers France a été mise en demeure, le 2 octobre 2014, de réaliser, dans un délai d'un mois, plusieurs mesures de mise en sécurité du site. Par des arrêtés en date du 15 décembre 2021 et du 19 janvier 2022, adressés à la SELARL MJ Synergie, désignée mandataire à la liquidation judiciaire de la société Akers Fraisses par un jugement du tribunal de commerce de Saint-Etienne du 23 décembre 2015, la préfète de la Loire a respectivement infligé à la société Akers Fraisses une astreinte d'un montant journalier de 500 euros jusqu'à satisfaction des dispositions de son arrêté de mise en demeure du 2 octobre 2014, et ouvert à l'encontre de la société MJ Synergie une procédure de consignation d'une somme de 149 826 euros. La société MJ Synergie demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 171-8 du code de l'environnement : " I. - Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, en cas d'inobservation des prescriptions applicables en vertu du présent code aux installations, ouvrages, travaux, aménagements, opérations, objets, dispositifs et activités, l'autorité administrative compétente met en demeure la personne à laquelle incombe l'obligation d'y satisfaire dans un délai qu'elle détermine. En cas d'urgence, elle fixe les mesures nécessaires pour prévenir les dangers graves et imminents pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement. / II. - Lorsque la mise en demeure désigne des travaux ou opérations à réaliser et qu'à l'expiration du délai imparti l'intéressé n'a pas obtempéré à cette injonction, l'autorité administrative compétente peut : / 1° L'obliger à consigner entre les mains d'un comptable public avant une date qu'elle détermine une somme correspondant au montant des travaux ou opérations à réaliser. La somme consignée est restituée au fur et à mesure de l'exécution des travaux ou opérations () 4° Ordonner le paiement d'une amende administrative au plus égale à 45 000 €, recouvrée comme en matière de créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine, et une astreinte journalière au plus égale à 4 500 € applicable à partir de la notification de la décision la fixant et jusqu'à satisfaction de la mise en demeure ou de la mesure ordonnée. Les deuxièmes et troisièmes alinéas du même 1° s'appliquent à l'astreinte. (). Il résulte de ces dispositions que le préfet doit, avant de prononcer l'une des mesures prévues par les dispositions du II de l'article L. 171-8 du code de l'environnement, mettre en demeure l'exploitant du site de satisfaire à ses obligations légales en matière d'installation classée.
4. Il résulte de l'instruction que l'arrêté de la préfète de la Loire du 2 octobre 2014 portant mise en demeure, ainsi d'ailleurs que l'arrêté du 20 février 2014 qui l'avait précédé, invitant l'ancien exploitant à mettre en œuvre en urgence des mesures de mise en sécurité, ont été adressés à la seule société Akers France, et non à la société Akers Fraisses, sa filiale, constituée en 2008 afin d'exploiter ce site, situé 20, rue de la gare à Fraisses (42490). Les deux sociétés ayant une personnalité morale distincte, la mise en demeure adressée à la société Akers France ne peut être opposée à la société Akers Fraisses. Par ailleurs, et contrairement à ce que soutient en défense le préfet de la Loire, la société Akers Fraisses, qui avait adressé à la préfecture de la Loire la déclaration de cessation d'activité de l'usine en 2012, ne s'est pas substituée en tant qu'exploitante à la société Akers France entre ces deux dates. Dans ces conditions, faute d'avoir préalablement mis en demeure la société Akers Fraisses de se conformer à ses obligations en matière d'installation classée avant de prononcer les sanctions d'astreinte administrative d'un montant de 500 euros journalier et de mise en consignation d'une somme de 149 826 euros à l'égard de la société MJ Synergie, mandataire judiciaire de la société Akers Fraisses, la préfète de la Loire a méconnu les dispositions de l'article L.171-8 du code de l'environnement.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à l'encontre de ces décisions, que la société MJ Synergie est fondée à demander l'annulation des arrêtés du 15 décembre 2021 et 19 janvier 2022 de la préfète de la Loire.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à la société MJ Synergie au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés dans chacune des deux instances dans lesquelles elle sollicite un tel versement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 décembre 2021 de la préfète de la Loire prononçant une astreinte administrative d'un montant journalier de 500 euros est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 19 janvier 2022 de la préfète de la Loire portant consignation d'une somme de 149 826 euros est annulé.
Article 3 : L'Etat versera à la société MJ Synergie la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans chacune des deux instances.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SELARL MJ Synergie et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressé au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Allais, première conseillère,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le président-rapporteur,
T. Besse
L'assesseure la plus ancienne,
A. Allais
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°s 2201165 - 2202150
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026