LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2201474

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2201474

mardi 12 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2201474
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP CARNOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2022, Mme C A, assistée de sa curatrice, Mme B, représentée par la SELARL Sandra Bellier et Associés, avocat, demande au tribunal :

1°) de condamner les Hospices civils de Lyon à lui payer une indemnité de 186 185,50 euros en réparation des conséquences dommageables de l'aggravation de son état de santé en lien avec l'intervention chirurgicale de reconstruction mammaire qu'elle a subie le 29 mai 2006 à l'Hôpital Édouard Herriot de cet établissement public de santé ;

2°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon les entiers dépens ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- par jugement n° 1104422 du 19 décembre 2013, le tribunal a retenu la responsabilité des Hospices civils de Lyon du fait de l'intervention chirurgicale de reconstruction mammaire qu'elle a subie le 29 mai 2006 à l'Hôpital Édouard Herriot et une perte de chance de 50 % de se soustraire aux conséquences dommageables de cette intervention ;

- elle a droit à être indemnisée à hauteur de 50 % de la somme de 372 371 euros correspondant aux préjudices subis du fait de l'aggravation de son état de santé en 2017 en lien avec ladite intervention ;

- l'assistance par une tierce personne à compter de sa consolidation, acquise le 30 octobre 2017, s'élève à 315 652 euros ;

- son déficit fonctionnel temporaire total s'élève à la somme de 1 749 euros ;

- son déficit fonctionnel temporaire partiel s'établit à la somme de 2 970 euros ;

- ses souffrances physiques et morales s'élèvent à 50 000 euros ;

- son préjudice esthétique s'établit à la somme de 2 000 euros.

Par un mémoire, enregistré le 15 avril 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône conclut à la condamnation des Hospices civils de Lyon à lui payer une indemnité de 56 334 euros avec intérêts au taux légal à compter du jugement à intervenir et une somme de 1 114 euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, les Hospices civils de Lyon, représentés par la SELARL Carnot Avocats, concluent à ce que les conclusions indemnitaires de la requérante soient réduites à de plus justes proportions.

Ils font valoir que l'assistance par une tierce personne temporaire jusqu'à la date de consolidation de l'aggravation, le déficit fonctionnel temporaire, le préjudice esthétique temporaire et les souffrances endurées seront réparées par les sommes respectives de 1 080 euros, de 490,75 euros, de 100 euros et de 4 500 euros.

Par un mémoire, enregistré le 27 février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône déclare se désister de ses conclusions dans la présente instance.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le dossier de l'instance en référé n° 1808874.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Drouet, président,

- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public,

- et les observations de Me Leroy, avocat (SELARL Carnot Avocats), pour les Hospices civils de Lyon.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône :

1. Le désistement d'instance de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions à fin indemnitaire de la requête :

2. Mme A demande la condamnation des Hospices civils de Lyon à lui payer une indemnité de 186 185,50 euros en réparation des conséquences dommageables de l'aggravation de son état de santé en lien avec l'intervention chirurgicale de reconstruction mammaire au niveau du sein droit qu'elle a subie le 29 mai 2006 à l'Hôpital Édouard Herriot de cet établissement public de santé.

3. Par jugement n° 1104422 du 19 décembre 2013, devenu irrévocable, le tribunal a jugé que la faute commise par le service public hospitalier à n'avoir pas informé Mme A sur les risques que comportait l'opération envisagée l'avait privée d'une possibilité raisonnable de refuser cette opération et que la part de responsabilité des Hospices civils de Lyon correspondant à la perte de chance pour la patiente de refuser l'intervention du 29 mai 2006 et ainsi d'éviter les complications qui lui ont été consécutives, devait être fixée à 50 % des différents chefs de préjudices subis.

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expertise médicale ordonnée le 14 janvier 2019 par le juge des référés du tribunal et n'est pas contesté par les Hospices civils de Lyon, que Mme A, née le 28 janvier 1957, a présenté en 2017 une vaste plaie nécrotique au niveau de l'abdomen, en lien certain et direct avec l'intervention de reconstruction mammaire du 29 mai 2006, et qui a nécessité son hospitalisation du 10 juin 2017 au 1er août 2017 aux Hospices civils de Lyon afin d'y subir une cure chirurgicale d'éventration réalisée le 5 juillet 2017 avec mise en place d'une prothèse. Dans ces conditions, et compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, Mme A, qui a perdu 50 % de chance de se soustraire aux conséquences dommageables de la plaie nécrotique qu'elle a présentée au niveau de l'abdomen, est fondée à demander la condamnation des Hospices civils de Lyon à l'indemniser à hauteur de 50 % de ces conséquences dommageables.

5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'état de Mme A a nécessité l'assistance par une tierce personne, à raison de deux heures par jour d'aide-ménagère, pendant quatre-vingt-dix jours, du 2 août 2017, après le retour à son domicile, au 30 octobre 2017, date de la consolidation de l'aggravation de son état liée à l'intervention de reconstruction mammaire du 29 mai 2006 et constituée par la plaie nécrotique au niveau de l'abdomen. Le coût de cette assistance par une tierce personne, compte tenu du salaire minimum interprofessionnel de croissance en 2017 augmenté des charges sociales, doit être fixé au taux horaire de 13,66 euros porté à 15,42 euros en retenant une année de quatre-cent-douze jours afin de tenir compte des majorations de rémunération liées aux congés payés et au travail les dimanches et jours fériés. Dans ces conditions, Mme A a droit à 50 % de la somme de 2 775,41 euros, soit 1 387,71 euros, en réparation de la perte de chance de se soustraire à la nécessité d'une assistance par une tierce personne du 2 août 2017 au 30 octobre 2017 à raison de deux heures par jour.

6. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction, notamment pas du rapport d'expertise, que l'état de Mme A nécessite une aide par une tierce personne après la date de consolidation de l'aggravation en cause. Par suite, la requérante n'est pas fondée à solliciter une indemnisation au titre de la perte de chance de se soustraire à la nécessité d'une aide par une tierce personne après la date de cette consolidation.

7. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que, en raison de la plaie nécrotique qu'elle a présentée au niveau de l'abdomen, laquelle constitue une aggravation de son état liée à l'intervention de reconstruction mammaire du 29 mai 2006, Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 10 juin 2017 au 1er août 2017, soit pendant cinquante-trois jours, et un déficit fonctionnel temporaire de classe 2, soit de 25 %, du 2 août 2017 au jusqu'au 30 octobre 2017, date de la consolidation de cette aggravation, soit pendant quatre-vingt-dix jours. Dans ces conditions, Mme A a droit à 50 % de la somme de 1 210 euros, soit 605 euros, en réparation de la perte de chance de se soustraire à ces déficits fonctionnels temporaires.

8. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme A, a enduré des souffrances physiques et morales temporaires directement liées à la période d'aggravation et évaluées à 4,5/7 par l'expert. Dans ces conditions, Mme A a droit à 50 % de la somme de 10 000 euros, soit 5 000 euros, en réparation de la perte de chance de se soustraire à ces souffrances.

9. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme A, a subi une préjudice esthétique temporaire jusqu'à la date de la consolidation de cette aggravation et évalué à 1/7 par l'expert. Dans ces conditions, Mme A a droit à 50 % de la somme de 400 euros, soit 200 euros, en réparation de la perte de chance de se soustraire à ce préjudice esthétique temporaire.

10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander la condamnation des Hospices civils de Lyon à lui payer une indemnité de 7 192,71 euros.

Sur les dépens :

11. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. "

12. Les dépens, qui comprennent les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 14 janvier 2019 par le juge des référés du tribunal, liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros, doivent être mis à la charge des Hospices civils de Lyon, partie perdante.

Sur les frais liés au litige et non compris dans les dépens :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, partie tenue aux dépens, une somme de 1 400 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône.

Article 2 : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à payer à Mme A une indemnité de 7 192,71 euros (sept mille cent quatre-vingt-douze euros et soixante-onze centimes).

Article 3 : Les Hospices civils de Lyon verseront à Mme A une somme de 1 400 (mille quatre cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les dépens, qui comprennent les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 14 janvier 2019 par le juge des référés du tribunal, sont mis à la charge des Hospices civils de Lyon.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône et aux Hospices civils de Lyon.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Drouet, président,

- Mme Maubon, première conseillère,

- M. Gilbertas, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.

Le président rapporteur,

H. DrouetL'assesseure la plus ancienne,

G. Maubon

La greffière,

C. Amouny

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions