mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2201590 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DUBRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 mars 2022 et 28 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Dubray, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de requalifier ses contrats de missions successifs et de condamner le centre communal d'action sociale de la ville de Lyon à lui verser la somme de 42 887,09 euros assortie des intérêts légaux à compter de la réception de sa demande indemnitaire du 12 octobre 2021 et de procéder à la capitalisation des intérêts ;
2°) d'enjoindre au centre communal d'action sociale de la ville de Lyon de lui remettre son attestation Pôle emploi, son certificat de travail et ses bulletins de paie rectifiés, sous astreinte de 100 euros par jour de retard sur une durée de trois mois, à compter du 15ème jour suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'ordonner l'exécution provisoire du jugement à intervenir ;
4°) de mettre la somme de 3 500 euros à la charge du centre communal d'action sociale de la ville de Lyon sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du centre communal d'action sociale de la ville de Lyon est engagée en raison du recours abusif et illégal à des contrats de mission successifs du 18 avril 2015 au 31 octobre 2018 ;
- ses missions d'intérim doivent être requalifiées en contrat à durée indéterminée ;
- elle a subi des préjudices financier et moral du fait de son maintien illégal en situation de précarité ;
- sa durée de travail sur la période a entrainé un dépassement des durées maximales de travail et une méconnaissance de ses droits au repos quotidien et hebdomadaire, en violation des dispositions de l'article 1 du décret du 12 juillet 2001 ; elle peut prétendre au versement de dommages et intérêts pour un montant de 3 000 euros du fait de cette méconnaissance ;
- elle a été victime d'une dénonciation calomnieuse de la part du centre communal d'action sociale de la ville de Lyon ; elle peut prétendre au versement de dommages et intérêts pour un montant de 7 500 euros du fait de cette dénonciation ;
- elle a subi un préjudice du fait de son licenciement illégal et peut prétendre au versement des sommes de 2 824,10 euros nets pour non-respect de la procédure de licenciement, 4 942,17 euros nets à titre d'indemnité de licenciement, 7 273,02 euros bruts pour privation injustifiée de préavis, outre la somme de 727,30 euros bruts au titre des congés payés afférents ainsi qu'à la somme de 11 296,40 euros nets à titre d'indemnité pour licenciement nul ou abusif.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 mars et 9 août 2023, le centre communal d'action sociale de la ville de Lyon, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CCAS soutient que :
- à titre principal, la requête, qui est tardive, est irrecevable ;
- à titre subsidiaire les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dubray pour Mme B et de Me Deguerry pour le CCAS de la ville de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, aide-soignante, a été employée par le centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville de Lyon pour exercer au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " Les balcons de l'Ile Barbe " du 18 avril 2015 au 31 octobre 2018. Par courrier du 12 octobre 2021, Mme B a adressé au CCAS une demande préalable afin d'obtenir, outre la requalification de ses missions en contrat de travail à durée indéterminée, la réparation des préjudices qu'elle estimait avoir subis à la suite de la fin de sa collaboration. Elle demande au tribunal de requalifier ses missions en contrat de travail à durée indéterminée et de condamner le CCAS de la ville de Lyon à lui verser la somme totale de 42 887,09 euros.
Sur la fin de non recevoir opposée par le centre communal d'action sociale de la ville de Lyon :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ". Selon les termes de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". Ces dispositions ne peuvent donc être invoquées ni par les agents en activité ni par ceux qui ont cessé leurs fonctions.
3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un ancien agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics.
4. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 12 octobre 2021, notifié le 29 octobre 2021, Mme B a sollicité du CCAS de la ville de Lyon qu'il lui reconnaisse la qualité d'agent contractuel en contrat à durée indéterminée et lui verse des indemnités qu'elle estimait lui être dues au titre des préjudices en lien avec son maintien illégal en situation de précarité, le dépassement de la durée de travail et la méconnaissance de son droit au repos, l'absence de préavis de licenciement, d'indemnités de licenciement et de l'indemnité pour licenciement nul ou abusif ainsi qu'au titre de son préjudice moral en lien avec la dénonciation calomnieuse dont elle a fait l'objet. Le silence gardé par l'administration a fait naître, le 29 décembre 2021, une décision implicite de rejet. Le délai de deux mois pour contester cette décision a commencé à courir à compter de cette date et était opposable à Mme B en vertu des dispositions précitées. Contrairement à ce que soutient Mme B, ce délai, qui expirait le 1er mars 2022 n'a été suspendu ni par les dispositions de l'ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020 visée ci-dessus, ni par la demande d'aide juridictionnelle qu'elle indique avoir présentée le 5 août 2020 et qui aurait été rejetée le 9 septembre 2020, soit antérieurement à l'envoi de sa réclamation préalable. Ainsi, le centre communal d'action sociale de la ville de Lyon est fondé à soutenir que la requête, enregistrée le 2 mars 2022, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours, est tardive.
5. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'indemnisation et d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre communal d'action sociale de la ville de Lyon, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le CCAS de la ville de Lyon au même titre.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre communal d'action sociale de la ville de Lyon présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre communal d'action sociale de la ville de Lyon.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026