mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202339 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL DE LA GRANGE & FITOUSSI |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 28 mars 2022 sous le n° 2202339, et deux mémoires, enregistrés les 24 mai 2022 et 30 août 2023, le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône, représenté par Me Cantaloube, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 31 janvier 2022 par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) pour le recouvrement de la somme de 18 880 euros et de le décharger de payer ladite somme ou, à titre subsidiaire, d'annuler le titre en litige en tant que la somme réclamée excède 15 880 euros ;
2°) d'ordonner une mesure d'expertise ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre exécutoire attaqué est irrégulier dès lors que la procédure d'émission de celui-ci a méconnu les garanties prévues par l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, la transaction n'ayant pas été portée à la connaissance du responsable ;
- ce titre est infondé ; sa responsabilité n'est pas engagée dès lors qu'aucune faute n'est caractérisée ; la caractérisation de l'état antérieur de la victime, par les experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) et cette commission à sa suite, est inexacte ; il en va de même s'agissant de l'évaluation du risque d'accident thromboembolique, qui devait être évalué à la valeur de 2 et non 4, entraînant une non-indication du relai par héparine ; il s'ensuit que le manquement relevé, l'absence de relai par héparine, n'est pas constitué ; l'origine de l'accident vasculaire cérébral n'est pas déterminable, l'absence de relai d'héparine n'en étant ni l'origine ni un facteur aggravant, au contraire du risque d'hémorragie porté par un tel relai ;
- il conviendra, le cas échéant, de diligenter une nouvelle expertise prenant en compte l'ensemble de ces éléments ;
- la victime étant décédée, le poste de préjudice relatif au bouleversement dans les conditions d'existence du fait du handicap de la victime ne saurait indemniser les ayants droit ;
- il n'y a pas lieu non plus de mettre à sa charge les frais d'expertise, qui ne font l'objet d'aucun justificatif ;
- compte tenu de la légitimité des contestations produites, il n'y a pas lieu de faire application de la pénalité prévue par l'article L. 1142-15 du code précité ; à tout le moins, le taux de 15 % apparaît disproportionné.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 12 juillet et 24 août 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Fitoussi, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à la condamnation du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône à lui verser une indemnité totale de 116 502,30 euros, pour les instances nos 2202339 et 2203941 ;
2°) à ce que le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône soit condamné à lui verser, sur la somme de 18 880 euros, les intérêts au taux légal à compter du 28 mars 2022 et ainsi que les intérêts capitalisés ;
3°) à ce que le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône soit condamné à lui verser, sur la somme de 97 622,30 euros, les intérêts au taux légal à compter du 24 mai 2022 et ainsi que les intérêts capitalisés ;
4°) à ce que le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône soit condamné au paiement de la somme totale de 17 475,35 euros correspondant à la pénalité de 15% en application des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
5°) à mettre à la charge de l'Hôpital Nord Ouest la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre émis est bienfondé dès lors que la responsabilité fautive du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône est engagée à raison des manquements retenus par les experts désignés par la CCI et cette commission elle-même dans son avis ; les éléments produits par le centre hospitalier ont déjà été soumis aux experts et à la CCI avant l'émission de son avis ;
- l'expertise sollicitée revêt un caractère frustratoire ;
- la transaction a été portée à la connaissance du centre hospitalier par l'émission du titre exécutoire en litige ; le manquement afférent, à le supposer établi, est sans incidence sur la régularité du titre émis.
Par ordonnance du 25 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 18 septembre 2023.
II. Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022 sous le n° 2203941, et deux mémoires, enregistrés les 24 juillet 2022 et 30 août 2023, le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône, représenté par Me Cantaloube, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 31 mars 2022 par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) pour le recouvrement de la somme de 97 622,30 euros et de le décharger de payer ladite somme ou, à titre subsidiaire, d'annuler le titre en litige en tant que la somme réclamée excède 96 422,30 euros ;
2°) d'ordonner une mesure d'expertise ;
3°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre exécutoire attaqué est irrégulier dès lors que la procédure d'émission de celui-ci a méconnu les garanties prévues par l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, la transaction n'ayant pas été portée à la connaissance du responsable ;
- ce titre est infondé ; sa responsabilité n'est pas engagée dès lors qu'aucune faute n'est caractérisée ; la caractérisation de l'état antérieur de la victime, par les experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) et cette commission à sa suite, est inexacte ; il en va de même s'agissant de l'évaluation du risque d'accident thromboembolique, qui devait être évalué à la valeur de 2 et non 4, entraînant une non-indication du relai par héparine ; il s'ensuit que le manquement relevé, l'absence de relai par héparine, n'est pas constitué ; l'origine de l'accident vasculaire cérébral n'est pas déterminable, l'absence de relai d'héparine n'en étant ni l'origine ni un facteur aggravant, au contraire du risque d'hémorragie porté par un tel relai ;
- il conviendra, le cas échéant, de diligenter une nouvelle expertise prenant en compte l'ensemble de ces éléments ;
- le préjudice relatif aux souffrances endurées ne saurait être évalué à une somme supérieure à 3 300 euros, après application du taux de perte de chance ;
- il n'y a pas lieu non plus de mettre à sa charge les frais d'expertise, qui ne font l'objet d'aucun justificatif ;
- compte tenu de la légitimité des contestations produites, il n'y a pas lieu de faire application de la pénalité prévue par l'article L. 1142-15 du code précité ; à tout le moins, le taux de 15 % apparaît disproportionné.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 12 juillet et 24 août 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Fitoussi, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à la condamnation du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône à lui verser une indemnité totale de 116 502,30 euros, pour les instances nos 2202339 et 2203941 ;
2°) à ce que le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône soit condamné à lui verser, sur la somme de 18 880 euros, les intérêts au taux légal à compter du 28 mars 2022 et ainsi que les intérêts capitalisés ;
3°) à ce que le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône soit condamné à lui verser, sur la somme de 97 622,30 euros, les intérêts au taux légal à compter du 24 mai 2022 et ainsi que les intérêts capitalisés ;
4°) à ce que le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône soit condamné au paiement de la somme totale de 17 475,35 euros correspondant à la pénalité de 15% en application des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
5°) à mettre à la charge du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre émis est bienfondé dès lors que la responsabilité fautive du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône est engagée à raison des manquements retenus par les experts désignés par la CCI et cette commission elle-même dans son avis ; les éléments produits par le centre hospitalier ont déjà été soumis aux experts et à la CCI avant l'émission de son avis ;
- l'expertise sollicitée revêt un caractère frustratoire ;
- la transaction a été portée à la connaissance du centre hospitalier par l'émission du titre exécutoire en litige ; le manquement afférent, à le supposer établi, est sans incidence sur la régularité du titre émis.
Par ordonnance du 25 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 18 septembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas,
- les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,
- et les observations de Me Veran, suppléant Me Cantaloube, pour le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a été pris en charge par les services du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône, le 22 septembre 2017, en vue de la réalisation d'une opération chirurgicale d'exérèse d'une tumeur gastro-intestinale, après arrêt de son traitement antivitamine K le 14 septembre précédent. M. C, trois jours après l'intervention, a présenté une hémiplégie gauche, causée par une occlusion complète de la veine parotide controlatérale. Les symptômes se sont par la suite maintenus. Dans le cadre d'une procédure menée devant la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) compétente, les docteurs Billon et Boulliat ont remis un rapport d'expertise concluant à la responsabilité fautive du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône, à raison d'une prise en charge inadaptée de l'état antérieur thromboembolique de la victime, ayant participé à hauteur de 60 % à la constitution des préjudices liés à l'accident vasculaire cérébral post-opératoire dont M. C a été victime. De tels constats ont été repris à son compte par la CCI dans son avis du 1er mars 2021. Par courrier du 30 juin 2021, le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône a refusé de présenter une offre d'indemnisation, contestant les conclusions expertales et l'avis subséquent de la CCI. En application des dispositions de l'article L. 1142-15 de la santé publique, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), s'est substitué au centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône et à son assureur, sur la base de deux protocoles d'indemnisation des 5 janvier 2022 et 27 février 2022. Par les requêtes susvisées, sur lesquelles il convient de statuer par un seul jugement, le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône demande l'annulation et la décharge de l'obligation de payer les titres exécutoires émis les 31 janvier et 31 mars 2022 par l'ONIAM en vue du recouvrement, à hauteurs respectives de 18 880 et 97 622,30 euros, des créances afférentes à ces deux protocoles d'indemnisation. L'ONIAM sollicite, à titre principal, la condamnation reconventionnelle de ce centre hospitalier à lui verser une somme de 17 475,35 euros au titre de la pénalité prévue par l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, une somme de 1 733,03 euros au titre du remboursement des frais d'expertise en application du quatrième alinéa de l'article L. 1142-15 du même code et, subsidiairement en cas d'annulation des titres exécutoires pour un motif de forme, la condamnation de ce centre hospitalier à lui verser une somme totale de 116 502,30 euros au titre des frais engagé par l'Office au bénéfice des consorts C.
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute".
3. Il ressort du rapport d'expertise des docteurs Billon et Boulliat, diligenté dans le cadre de la procédure menée devant la CCI compétente, que ces experts, et cette commission à leur suite, ont considéré que l'absence de relai par héparine de l'interruption du traitement anti vitamine K, suivi par M. C du fait de sa pathologie cardiovasculaire antérieure et incompatible avec l'intervention chirurgicale nécessitée, constituait un manquement aux bonnes pratiques et recommandations et était à l'origine, avec une perte de chance de 60 % de se soustraire aux conséquences dommageables de l'accident vasculaire cérébral ayant affecté M. C à l'issue de la chirurgie gastro-intestinale effectuée. Dans ses recommandations de 2014, la Haute autorité de santé (HAS) indique qu'un tel relai par héparine est indiqué s'agissant de patients présentant un risque thromboembolique élevé, notamment dans le cadre de fibrillations atriales valvulaires. Pour évaluer le risque afférent à la situation de M. C, ces experts ont utilisé l'échelle de risque dite CHADS-Vasc. et coté ce risque à la valeur de 4. Toutefois, ainsi que le relève le professeur B dans son rapport relatif à cette expertise, l'absence d'antécédant d'accident ischémique ou d'embolie systémique chez M. C aurait dû affecter une telle évaluation d'une valeur de 2, voire de 3 selon l'échelle modifiée CHA2DS2-Vasc, portant un tel risque entre 2,2 et 3,2 % de risque d'accident vasculaire pour 100 ans d'exposition à ce risque, selon une publication du European Heart Journal de 2012, risque alors indiqué comme faible par une conférence de consensus de l'American College of Cardiology. Enfin, d'une part, le bénéfice d'un tel relai par héparine dans de telles conditions n'est pas démontré par la seule étude disponible, dite BRIDGE de 2015, et, d'autre part, l'origine de l'accident vasculaire ayant affecté M. C demeure, aux termes du rapport d'expertise des docteurs Billon et Boulliat, indéterminée.
4. Dans ces conditions, les éléments produits à l'instance ne permettent pas au tribunal de se prononcer en toute connaissance de cause sur le bienfondé des titres exécutoires émis par l'ONIAM à l'encontre du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône. Il y a lieu, dès lors, et avant dire droit, de procéder à une expertise, aux fins précisées ci-après.
D E C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur les requêtes du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône, procédé à une nouvelle expertise médicale.
Article 2 : L'expertise sera confiée à deux médecins, l'un spécialisé en chirurgie vasculaire et l'autre spécialisé en chirurgie digestive, distincts des précédents experts désignés par la CCI. Ils accompliront leur mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : Les experts auront pour mission :
1°. se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. C et, notamment, tous documents relatifs aux soins médicaux et chirurgicaux et aux diagnostics pratiqués sur lui au centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône dans le cadre des traitements antérieurs relatifs à sa condition cardiovasculaire et gastro-intestinale, et dans tous les autres établissements où il a été pris en charge ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. C ;
2°. décrire l'état de santé de M. C et les soins et prescriptions antérieurs à son admission au centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône, ainsi que les conditions dans lesquelles il a été pris en charge et soigné dans cet établissement ;
3°. rechercher si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science et s'ils étaient adaptés à l'état de M. C ou si, au contraire, des erreurs, manquements, maladresses ou négligences ont été commis par les services du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône ; spécifiquement, indiquer si la situation thromboembolique de M. C et les risques hémorragiques liés à l'opération gastro-intestinale subie caractérisaient des risques particuliers, qu'il conviendra de caractériser ; préciser, notamment, si l'interruption du traitement antivitamine K était indiquée et si elle s'est réalisée dans des conditions adéquates ; indiquer si, dans ces conditions, un relai par héparine était indiqué ; caractériser, à partir des éléments disponibles, l'origine de l'accident vasculaire cérébral ayant affecté M. C ainsi que le lien pouvant être établi entre cet accident et les traitements antérieurs ;
4°. indiquer si les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à M. C une chance sérieuse de se soustraire aux conséquences de l'accident vasculaire cérébral dont il a été victime ; dans l'affirmative, déterminer l'ampleur de la chance perdue ;
5°. préciser si les dommages constatés ont un rapport avec l'état initial de M. C, ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité avec un manquement reproché au centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône, ou avec la réalisation des risques inhérents à l'intervention gastro-intestinale subie, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;
6°. évaluer l'ensemble des préjudices subis par M. C, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec l'état initial ou son évolution ; dire notamment :
- à quelle date l'état de M. C pouvait être considéré comme consolidé ;
- si M. C a subi une incapacité fonctionnelle temporaire et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
- s'il subsistait une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux ;
- si l'état de M. C justifiait la présence d'une tierce personne ; le cas échéant, fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention ;
- donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, etc.) et en évaluer l'importance ;
7°. de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
8°. tenter de parvenir à un accord entre les parties, si faire se peut.
Les experts disposeront des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Ils pourront entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de leur mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence du centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône et de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Article 5 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié au centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Nos 2202339, 2203941
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026